Marie-Thérèse de Modène

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Marie-Thérèse de Modène
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Marie-Thérèse de Modène, comtesse de Chambord

Titre

Épouse du prétendant légitimiste au trône de France


(36 ans, 9 mois et 8 jours)

Prédécesseur Marie-Thérèse de France
Successeur Marie-Béatrice de Modène
(Succession légitimiste)
Marie-Isabelle d'Orléans
(Succession orléaniste)
Biographie
Titulature Princesse de Modène
Archiduchesse d’Autriche-Este
Comtesse de Chambord
Dynastie Maison d'Autriche-Este
Nom de naissance Maria Teresa Beatrice Gaetana[1] d'Austria d'Este
Naissance
Modène (Modène)
Décès (à 68 ans)
Goritz (Empire austro-hongrois)
Sépulture Couvent des Franciscains de Castagnavizza
Père François IV de Modène
Mère Marie-Béatrice de Savoie
Conjoint Henri d'Artois
Religion Catholicisme

Marie-Thérèse, princesse de Modène, princesse royale de Hongrie et de Bohême, et archiduchesse d’Autriche-Este, est née le 14 juillet 1817 et morte le 25 mars 1886. Fille du duc François IV de Modène et de Marie-Béatrice de Savoie, elle épouse en 1846 Henri d'Artois, comte de Chambord, prétendant légitimiste au trône de France sous le nom d'« Henri V ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Marie-Thérèse d'Autriche-Este, princesse de Modène, vers 1840.

Marie-Thérèse Béatrix Gaétane[2] d'Autriche-Este, qui naît le 14 juillet 1817, est la fille aînée du duc souverain de Modène, François IV, et de son épouse, Marie-Béatrice de Savoie, fille du roi Victor-Emmanuel de Sardaigne.

Elle appartient à la branche des Habsbourg-Lorraine d'Autriche-Este, née d'une alliance matrimoniale entre la princesse Marie-Béatrice d'Este, princesse de Modène et héritière des duchés de Massa et de Carrare, et le prince Ferdinand de Habsbourg-Lorraine, grands-parents de Marie-Thérèse. Ce mariage permettait au duc Hercule III de Modène, qui n'avait pas de fils, de se trouver un héritier en la personne de son beau-fils le prince Ferdinand, en vertu de la loi salique de Modène qui empêchait les femmes d'accéder au trône. Marie-Béatrice était cependant l'héritière de sa mère, la duchesse de Modène Marie-Thérèse Cibo de Malaspina, souveraine des duchés de Massa et de Carrare.

Exilé durant la Révolution française et le Premier Empire, François d'Autriche-Este, fils aîné de Marie-Béatrice et de Ferdinand, devint après les morts de son grand-père (Hercule III en 1803) et de son père (Ferdinand d'Autriche en 1806) l'unique héritier du duché occupé.

En 1814, après la chute de Napoléon, le duché de Modène fut restauré et le père de Marie-Thérèse monta ainsi sur le trône sous le nom de François IV. Marié à sa propre nièce, Marie-Béatrice de Savoie fille de Marie-Thérèse d'Autriche-Este, le duc ne consomma son mariage que cinq ans plus-tard avec la naissance de Marie-Thérèse. Celle-ci fut suivit de deux garçons, François et Ferdinand, puis d'une fille, Marie-Béatrice.

Mariage[modifier | modifier le code]

Armes du comte et de la comtesse de Chambord.

Vers 1845, la dauphine de France (1778-1851), comtesse de Marnes, dont le mari fut à la tête de la branche aînée des Bourbons, incite son neveu Henri d’Artois (1820-1883), prétendant légitimiste au trône de France et petit-fils du roi Charles X (1757-1836), à épouser une princesse de la Maison d'Autriche-Este, pour deux raisons principales : ils sont catholiques et François IV est le seul souverain européen à ne pas avoir reconnu la monarchie de Juillet. Le prince Henri porte son dévolu sur la fille cadette du duc, la princesse Marie-Béatrice de Modène, qu'il estime plus jolie que sa sœur aînée. Séduite par celui-ci, Marie-Béatrice est cependant déjà promise à un cousin du prince, le comte de Montizón, Jean de Bourbon, frère du prétendant carliste au trône d'Espagne. Le comte de Chambord convole alors avec l'aînée, Marie-Thérèse, qui a presque trente ans, soit trois ans de plus que lui, et qui souffre de surdité. Le mariage a lieu en 1846 dans le duché de Modène, en présence de toute la famille de la princesse et du prince. Elle porta alors le titre de courtoisie de comtesse de Chambord et fut considérée comme reine de France de jure par les partisans de son mari.

Le couple n'eut pas d'enfant, ce dont la comtesse de Chambord souffrit énormément. Elle présentait une malformation due à l'avancée d'une travée osseuse de son bassin qui barrait de long en large l'entrée de son utérus. Il lui était impossible d'enfanter. Le terme utilisé à cette époque pour désigner une personne présentant ce type de malformation était bréhaigne.

Retour en France, exil et fin de vie[modifier | modifier le code]

La comtesse de Chambord vers la fin de sa vie (1885).

Son époux étant exilé, elle s'installe avec lui au château de Frohsdorf en Autriche. Après la chute du Second Empire, le comte de Chambord fut appelé par de nombreux députés légitimistes et orléanistes pour accepter de devenir « roi » avec une troisième restauration, suite aux élections de 1871 qui ont donné une vaste majorité royaliste à l'assemblée. Henri d'Artois accepte et se réconcilie avec son cousin le comte de Paris, chef de la branche d'Orléans, qui voudrait néanmoins que d'Artois, n'ayant pas d'enfants, le choisisse comme hétitier. Mais la majorité des députés refusant de renoncer au drapeau tricolore, le projet de restauration avec le comte de Chambord est abandonné par le président royaliste Patrice de Mac-Mahon, qui préfère soutenir les orléanistes. Henri d'Artois revient alors en France à Versailles pour rencontrer Mac-Mahon et pour le convaincre de rétablir les Bourbons. Mais la majorité des députés, y compris les orléanistes, refuse toujours le drapeau blanc. Après un court séjour en France, le comte de Chambord repart pour l'exil en 1873.

La branche aînée des Bourbons s'éteint avec le comte de Chambord, en 1883. En effet, le couple n'eut pas d'enfant ce qui marqua le début d'une querelle (toujours d'actualité) entre les maisons de Bourbon d’Espagne et d'Orléans pour savoir laquelle a le plus de légitimité à la Couronne de France.

Marie-Thérèse soutenait l'ancien prétendant carliste Jean de Bourbon, chef de la nouvelle branche aînée des Bourbons et époux de sa sœur Marie-Béatrice, et s'opposait aux Orléans et surtout au comte de Paris qu'elle n'appréciait guère depuis l'échec de la restauration de 1873.

La comtesse de Chambord, alors considérée par les légitimistes comme « reine douairière », meurt deux ans et demi après son époux, le au palais Lantieri à Gorizia (Italie).

Elle est inhumée au couvent des franciscains de KostanjevicaNova Gorica, actuellement Slovénie).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Duché de Modène, Almanacco di corte : per l'anno bisestile 1832. (almanach de la cour royale de Modène), Modène, per gli Eredi Soliani, Tip. Reali, coll. « Almanacco di corte », , 368 p. (OCLC 801118590, lire en ligne), Nascite de' sovrani e principi d'Europa., « Modena. », p. 31.
  2. Maria Theresia Beatrix Cajetana von Este : acte de mariage no 29, archives de Bruck an der Mur.

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Serge Bernstein et Pierre Milza – Histoire du XIXe siècle – Collection Initial – Éditions Hatier – Paris 2013.

André Castelot – « Madame Royale » – Éditions Perrin – 1950.

C.J. Grand – « L’ange de l’exil – Madame la comtesse de Chambord – Marie Thérèse d’Este, reine de France et de Navarre » - Lecoffre – 1872.

Daniel de Montplaisir – « Le comte de Chambord, dernier roi de France » – Perrin – 2008.

Jean-Paul Roussilhe – La duchesse de Berry ou la mère persécutée – Éditions Rencontres de Lausanne – Lausanne 1966.

Souvenirs de la duchesse d’Uzès – Éditions Lacurne – Paris 2011.

Prosper Védrenne – «  La comtesse de Chambord – Marie Thérèse, reine de France, épouse d’Henri V – Enfance, vie, portrait, avenir » - Tolra – 1871.

Pierre Kalmar - «Marie-Thérèse Béatrix Gaétane d'Este-Modène, archiduchesse d'Autriche-Este, princesse de Modène, comtesse de Chambord, duchesse de Bordeaux et reine de France et de Navarre. Une petite biographie » - CRÉBU NIGO - 2017.