Vent catabatique

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Vents catabatiques le long de la côte antarctique causant une polynie

Un vent catabatique, du grec katabatikos qui veut dire descendant la pente, est un vent gravitationnel produit par le poids d'une masse d'air froide dévalant un relief géographique. Diverses conditions météorologiques sont nécessaires pour son déclenchement : une inversion de température en altitude et un faible gradient de pression possiblement accompagné d'une dépression en aval. Une fois le processus enclenché, la masse d'air froid s'accélère et la vitesse du vent peut être extrêmement élevée (plus de 300 km/h), nettement plus que le vent anabatique.

On retrouve les plus spectaculaires vents de ce type en Antarctique ou en Arctique au Groenland, en particulier autour de Tasiilaq où il prend le nom de Piterak. Cependant, il peut se produire partout où les conditions nécessaires sont réunies. Le mistral et la bora sont ainsi deux vents catabatiques européens connus mais le vent qui descend des montagnes par une nuit dégagée et froide en est un autre exemple.

Principe[modifier | modifier le code]

Photo de polynie créée par un vent catabatique en Antarctique.

On peut refroidir l'air de deux façons : par radiation ou par modification par la couche sous-jacente. Dans le premier cas, il s'agit d'une masse d'air qui perd son énergie vers les couches supérieures, comme dans le cas de la température de surface qui descend la nuit lors d'un ciel dégagé. Dans le second cas, l'air passe sur une surface plus froide et prendra graduellement la température de celle-ci comme dans le cas de l'air passant sur un glacier.

Dans les deux cas, si le gradient de pression dans la région engendre un vent, la masse d'air froid se déplacera avec celui-ci et aucun vent catabatique n'est possible. Par contre, si une inversion de température garde l'air froid dans une couche près du sol et que le vent est faible ou nul, on assistera à la formation d'une goutte d'air froid. La goutte froide crée une haute pression locale. Si elle se trouve à une altitude supérieure à de l'air plus chaud, ce dernier forme une basse pression locale et la goutte froide descendra la pente pour le remplacer. Cette dernière étant plus dense que de l'air plus chaud, elle s'immiscera en bas de celui-ci lors du contact. La force du vent dépend de la différence entre les deux masses d'air, de la pente et de la friction causée par le relief.

Le vent catabatique se distingue des vents de type fœhn qui descendent également la pente. Ces derniers sont le résultat d'un forçage par le vent de l'air par-dessus le relief et sa température au sommet de l'obstacle n'est pas dû à un refroidissement local.

Ainsi, le Mistral ou la Bora ne sont pas des vents de type foehn à proprement parler mais des vents catabatiques même si ces vents sont très secs en aval. En effet, le Mistral classique est engendré par une descente d'air froid stagnant sur les hauts plateaux du Massif central vers le la Basse Vallée du Rhône. Il semblerait que le vent de Santa Ana soit lui aussi un vent catabatique. Il est originaire du Grand Bassin dans l'Utah, soufflant en Californie du Sud.

Effets[modifier | modifier le code]

Temps associé[modifier | modifier le code]

La goutte froide dévalant la pente dans un vent catabatique est déjà relativement peu humide et la subsidence en diminue encore l'humidité relative par compression adiabatique. Il en résulte une plus ou moins grande dissipation des nuages dans l'air remplacé par la goutte. Cependant, la masse d'air au-dessus de l'altitude d'où est parti le vent catabatique ne subit pas de modifications. Cela a pour résultat de faire remonter la base des nuages plus haut en altitude mais pas nécessairement de dégager le ciel complètement. S'il y avait des précipitations, elle deviendront plus faibles ou nulles et l'apparition de virga est possible.

Vol à voile[modifier | modifier le code]

Les vents catabatiques sont défavorables à la pratique du vol à voile car ils engendrent des courants descendants qui peuvent être dangereux.

Phénomène de Loewe[modifier | modifier le code]

Les vents catabatiques peuvent en moins d'une minute passer de la force d'un ouragan au calme plat. Quelques instants plus tard, la tempête peut recommencer. Ce phénomène serait dû à un creux de pression engendré par le différentiel d'épaisseur de la couche d'air descendant et pourrait être assimilé au coup de bélier dans une canalisation. Ce phénomène est observé en Arctique et en Antarctique depuis longtemps mais également ailleurs dans le monde. Ainsi, le 18 novembre 1991, la vitesse du vent de Santa Ana dans le désert de Mojave est passée de 160 km/h au calme plat entre 6 heures et 8 heures[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • McKnight, TL & Hess, Darrel (2000). Katabatic Winds. En , Physical Geography: A Landscape Appreciation, pp. 131-2. Upper Saddle River, NJ: Prentice Hall. ISBN 0130202630

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Dennis Pagen, Understanding the sky, Dennis Pagen Sport Aviation Publications,‎ 1992, 280 p. (ISBN 0-936310-10-3), p. 158

Lien externe[modifier | modifier le code]

(fr) Explications sur les vents catabatiques (en Terre Adélie)