Frières-Faillouël

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Frières-Faillouël
Vue de Frières-Faillouël, avec son église et sa mairie (au centre).
Vue de Frières-Faillouël,
avec son église et sa mairie (au centre).
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Laon
Canton Chauny
Intercommunalité Chauny-Tergnier-La Fère
Maire
Mandat
Charles-Édouard Lauriston
2014-2020
Code postal 02700
Code commune 02336
Démographie
Population
municipale
1 010 hab. (2014 en augmentation de 4,88 % par rapport à 2009)
Densité 66 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 41′ 18″ nord, 3° 14′ 34″ est
Altitude Min. 57 m
Max. 108 m
Superficie 15,26 km2
Localisation

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Frières-Faillouël est une commune française, située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Frières-Faillouël, village de 1 000 habitants, est situé à l'ouest du département de l'Aisne et dans sa moitié nord. Le village est situé à 40 km de Laon, chef lieu de l'Aisne et à 25 km de Saint-Quentin, capitale économique du département.

Le village est à l'extrémité nord-est du canton de Chauny (arrondissement de Laon), mais se situe plus près de la ville de Tergnier que de celle de Chauny. Il bénéficie du code postal de Tergnier.

Il est situé sur les axes D 32 (axe est-ouest) et D 937 (axe nord-sud), ainsi que la D 430 et la D 1090. Son territoire est traversé à l'est par un axe majeur du département, la D 1, axe à 2 x 2 voies Saint-Quentin - Soissons.

Frières et Faillouël constituent des lieux d'habitation distincts, distants d'environ 700 m (D 32). Entre les deux, on trouve des champs, le terrain de sport municipal et le château.

La majorité du territoire est constituée de champs et de forêts.

Les altitudes sont les suivantes :

  • 77 m à la Mairie (Frières)
  • 88 m aux Francs Bois, D 32 (Frières)
  • 89 m en haut de la rue Pasteur (Frières)
  • 97 m au point le plus haut de la forêt, rue conduisant à Noureuil (Frières)
  • 68 m rue du Chaufour
  • 79 m à l'étang rue Fourcroix (Faillouël)
  • 96 m aux croisement des rues du Bois l'abbé et Courroire (Faillouël)
  • 98 m au point le plus haut de la D 937 (Faillouël)
  • 106 m au château d'eau (Faillouël) - point haut du village

Les villes et villages alentour sont Mennessis, Jussy, Flavy-le-Martel, Villequier-Aumont, Viry-Noureuil, Vouël (Tergnier).

Histoire[modifier | modifier le code]

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L'église de Frières en 1914, avant sa destruction.
L'église de Frières après sa destruction en 1917 (?)
La place et la Mairie provisoire après la guerre (environs de 1920-25 ?).
La Grande Rue et le Café Pronier-1928.
La rue de Philadelphie dans les années 1950.

Les différents noms portés Frières ont évolué avec le temps : Feraria ou Ferarioe en 877, Ferrarie en 878, Ferrières en 1111 et 1728, Ferrarioe en 1124, Ferrière en 1261, 1289 et 1440. En 1829, il apparaît Frières-Faillouël.

L’étymologie de Frières indiquerait, selon les théories :

  • que ce nom viendrait du latin ferrum, qui veut dire fer et désignerait une forge,
  • Peigné Dellacourt rappelle que dans une charte délivrée par Louis le Bon on trouve l’inscription « villa actum Ferrarias ». Ce nom rappellerait les enclos destinés à retenir le gros gibier, les cerfs, les sangliers.

Faillouël a porté comme noms Foillovellum, Foilluollum, Filluellum, Folluel en 1126, Folloel en 1201, Foilluel en 1202/1205 et 1263, Folluel en 1441. En 1842, apparaît Faillouël. Le nom pourrait provenir de Folleia (folie), les folies étant les petites maisons de plaisance ou de chasse.

Les traces de présences humaines sont attestées à deux endroits de la commune : en effet des habitats gallo-romains y ont été détectés. L'un d'eux a été repéré en 1972 lors de la construction de la D1Saint-Quentin - Soissons. Les engins de travaux publics ont détruit l'ensemble du site sous les yeux des archéologues, qui ont malgré tout pu récupérer du matériel archéologique, en particulier une magnifique figurine en terre cuite d'un canidé tenant une flûte de Pan et des céramiques des IIe, IIIe et IVe siècles. Exposée au musée de Noyon, la statuette y a depuis été volée…

La seconde trace est un établissement gallo-romain repéré, près de Frières.

À l'époque romaine, le village est sur le territoire du peuple des Viromanduens (capitale : Vermand / Saint Quentin).

La première trace écrite évoquant le village date du 5 mai 877, lorsque Charles le Chauve donne les deux tiers du village à l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne (le 5 mai 877 est la date de la consécration de l'église Saint-Corneille en présence de Charles le Chauve).

À partir du Moyen Âge[modifier | modifier le code]

En 1046, le village est donné par Gérard 1er, évêque de Cambrai à l’abbaye de Neufchâteau.

Au XIIe siècle s’établit à Faillouël un prieuré de frères croisés de l’ordre de Saint-Augustin, dépendant de l’abbaye de Sainte Croix. Il semble que c’est le comte Jean de Faillouel, seigneur de Condren, qui ait permis la création des religieux de Sainte-Croix en leur donnant des terres dont il avait la possession à Faillouël.

Dès 1300, la terre de Faillouël est rattachée à celle de Condren.

En 1230, un moulin à vent (d'où la « rue du Vieux Moulin »), puis au XIVe siècle une église (pour l'église, sources non vérifiées).

En 1430, les terres de Frières, Chauny…, sont vendues au duc de Bourgogne par le duc d’Orléans.

En 1659, des meurtres et des pillages sont commis dans le village par des régiments de Picardie, de Turenne et de Rambure.

Une occupation d'époque médiévale a été repérée sur les hauteurs de Faillouël, et cette légende (réelle) d'un château fait partie depuis longtemps de l'histoire du village, racontée de génération en génération. En effet, une motte castrale (ouvrage de défense qui s'apparente à un petit château de bois sur une motte, entourée d'un fossé) est clairement repérée à la « Butte du roi », sur les hauteurs de Faillouël. La motte, le fossé, et l'enceinte (rue du Bois l'abbé et rue Courroire) sont facilement repérables. Cela a été confirmé par l'intervention des archéologues, rendue obligatoire avant l'autorisation de construire des habitations, sur ces terrains historiquement et archéologiquement sensibles. Des habitats des XIIe et XIIIe siècles ont été repérés ; néanmoins, l'intérêt du site n'ayant pas été jugé primordial, les permis de construire ont été accordés. Il est regrettable de voir dans ce secteur un développement de l'urbanisation important, alors même qu'il s'agit d'une occupation historique de première importance pour la commune.

Révolution française et XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Entre 1790 et 1794, Faillouël est rattaché à Frières.

Avant la Révolution française, la société locale est divisée entre gros fermiers, propriétaires de fermes dépassant la centaine d’hectares, et ouvriers agricoles très dépendants. Ces deux classes s’affrontent lors de la décennie révolutionnaire. Un des épisodes de cet affrontement est celui de la levée en masse décrétée par la loi du 24 février 1793. Le règlement de la levée prévoyait que la commune financerait l’équipement des recrues. Les recrues de la commune imposent à l’ancien seigneur, Le Sellier de Chezelles, de verser 8 000 livres, arguant qu’étant le plus favorisé de la commune, il était aussi celui qui avait le plus à perdre et donc avait le plus intérêt à la défense de la patrie[1].

Faillouël étant situé sur la route postale de Château-Thierry à Saint Quentin, un relais de poste est installé (il est attesté dans le livre de poste français de 1845, le précédent étant Chauny, le suivant Saint Quentin). Des routes postales vers Roupy et Ham partent également de Frières. Ce relais de poste est à l'origine de la poste installée à Faillouël, disparue dans les années 2000.

Au XIXe siècle, l'activité économique est principalement liée à l'agriculture, mais on compte également une fabrique de sucre, un four à chaux (rue du Chaufour), une brasserie, une briqueterie.

Le dimanche 23 octobre 1859, trois nouvelles cloches sont installées dans le clocher pour remplacer l’ancienne et bénites par l’évêque et l’abbé Bahin, curé de Frières. Elles portent les noms de Sophie Caroline, Marie Eugénie et Marthe Alexandrine.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Il semble que le village ait eu une briqueterie, des fours à chaux, une brasserie, une carrière de marne, une fabrique d’ardoises et une d'une sucrerie[2].

Durant la Première Guerre mondiale, le village est fortement touché. Les allemands déclarent la guerre à la France le 3 août 1914. Ils progressent rapidement en France par la Belgique et les Ardennes. Fin août-début septembre, les allemands arrivent à Frières et occupent le village. Le front se stabilise sur une ligne Roye-Noyon-Soissons de mi-septembre 1914 à mars 1917. Le vicomte Jacques Le Sellier de Chezelles, ayant aidé à l’évacuation d’habitants, est condamné par les allemands à être fusillé. Il se suicide avant d’être exécuté.

En février 1917, les allemands reculent et le 15 mars 1917, les alliés reprennent le village. Avant de quitter Frières-Faillouël, les allemands entreprennent la destruction systématique du village : ils dynamitent les édifices et les maisons, les 2 châteaux de la famille Le Sellier de Chezelles, l’église, détruisent les arbres, les puits, ...

Mais les 22 et 23 mars 1918, les allemands progressent et occupent de nouveau le village. On peut voir des plaques commémoratives à la mairie et à la maison du garde, en lisière de forêt vers Viry-Noureuil, qui indiquent que ce sont les hommes alliés du Xe Essex qui se sont battus à cette occasion.

Le village sera repris par les français le 7 septembre 1918.

À la fin de la guerre, seules la grille du château, de la ferme rue Pasteur, la façade de l’église et la chapelle du cimetière ne sont pas détruites. Des baraquements provisoires sont construits. Le village est décoré de la croix de guerre (Journal officiel du 21 octobre 1920).

Dans les années 1920-1930, l’église, la mairie et le village sont progressivement reconstruits.

La grande ferme de la famille Le Sellier de Chezelles est reconstruite en 1919-1922, sur le plans de l'architecte parisien André Granet. Le château situé entre Frières et Faillouël, qui datait d'après 1870, est reconstruit aux environs de 1930 par les architectes parisiens Gustave Olive et Joseph Martin. Le vieux château du XVIIIe siècle (situé entre le ferme rue Pasteur et la mairie actuelle) n'est pas reconstruit.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le village est épargné, notamment car il abrite un terrain d'aviation de l'armée de l'air allemande, la Luftwaffe, dès 1943. Le terrain d'aviation est situé le long de la D32 aux Francs Bois (dénommés « Les Francs du roi » au cadastre) et les avions (des Messerschmitt Bf 109) sont stationnés en lisière de forêt. Un des as de l’armée de l’air allemande participe d’ailleurs aux combats depuis le terrain d’aviation de Frières : Theodor Weissenberger qui, en 1944, fêtera à la maison du garde-chasse des Franc Bois sa 200e victoire aérienne.

Des résistants de Frières-Faillouël participent aux actions de sabotage et de résistance, notamment au sein du groupement B (région de Laon) des Forces Françaises de l'Intérieur (FFI). Le 26 mai 1944, Monsieur Chede, un résistant du village, fait exploser un petit passage sous le canal de Saint Quentin à Mennessis, le faisant exploser : il vide ainsi le canal. Il cachera également des aviateurs alliés. Le groupe de résistance Liberation nord est également investi, notamment lors d'une action de récupération d'armes et de munitions parachutées sur un terrain du village avec 15 résistants. Le message déclencheur de l'action diffusé sur Radio Londres sera "J'aime les frites"...

Économie[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

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Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1790 1804 Charles Lemoine    
1804 1806 Jean Baptiste Pierre Alexandre Le Sellier de Chezelles    
1806 1824 Jean Louis Ducellier    
1824 1828 Jean Cousin    
1828 1847 Charles Hippolyte Le Sellier de Chezelles    
1847 1852 Louis François Aimable Grégoire    
1852 1872 Pierre Antoine Roger Le Sellier de Chezelles    
1872 1881 Charles Antoine Cousin   - Les données manquantes sont à compléter.
1892 1904 Henri Marius Grégoire    
1904 1908 Jules Eugène Willot    
1908 1915 Jacques Le Sellier de Chezelles    
1915 1919 Emile Lapostat    
1919 1935 Arthur Poëtte    
1935 1942 Léon Vaudron    
Les données manquantes sont à compléter.
1944 1948 Marceau Verrier    
1948 1959 Henri Lardot    
1959 1971 Paule Michel    
1971 1977 Charles Lambert    
1977 1989 Gaston Froment    
1989 en cours
(au 12 mai 2014)
Charles-Édouard Law de Lauriston de Boubers UDI (PR) Agriculteur
Vice-président de la CC Chauny-Tergnier (2014[3] → )
Réélu pour le mandat 2014-2020[4]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[6].

En 2014, la commune comptait 1 010 habitants[Note 1], en augmentation de 4,88 % par rapport à 2009 (Aisne : -0,02 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 160 1 378 1 449 1 403 1 648 1 643 1 658 1 665 1 600
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 527 1 426 1 331 1 191 1 177 1 134 1 077 1 001 1 019
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 055 912 908 402 568 618 646 664 658
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
698 660 574 635 775 774 811 963 1 010
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La mairie de Frières-Faillouël.
L'église de Frières-Faillouël.

L'église a été reconstruite dans les années 1930. La précédente, détruite lors de la Première Guerre mondiale, datait semble-t-il du XIVe siècle.

La mairie date de la même époque.

Le château a été reconstruit lui aussi dans les années 1920.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Brassart, « "Plus de vingt paysanneries contrastées en révolution". De la pluralité des dynamiques sociales du politique en milieu rural pendant la révolution », Annales historiques de la Révolution française, 359 | janvier-mars 2010, mis en ligne le 1er janvier 2013, consulté le 8 avril 2014.
  2. encyclopedie.picardie.fr.
  3. « L'exécutif », Conseil communautaire, sur http://www.ccct.fr (consulté le 6 août 2016).
  4. Emmanuel Défente, « Lauriston vise l’intercommunalité : Réélu maire de Frières-Faillouël, Charles-Edouard Lauriston vise également la première vice-présidence de la communauté de communes pour représenter les ruraux. », L'Union L'Ardennais,‎ (lire en ligne).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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