Conflits en Érythrée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Article général Pour un article plus général, voir Érythrée.
carte de l’Érythrée

L’Érythrée est un des pays qui a l’indice de développement humain (IDH) le plus bas au monde avec 0,35 pour une population d’environ six millions d’habitants. Ce pays se situe dans la Corne de l’Afrique et a pour avantage géographique d’avoir un accès direct sur la mer, avec un littoral long de 1 150 km. L’Érythrée comporte des hauts plateaux dans le centre du pays, avec un climat tempéré, une zone de déserts arides sur la côte, et une zone de plaines dans le nord-ouest du pays. Ces facteurs sociaux et géographiques ont eu pour conséquence l'apparition de plusieurs conflits, internes et externes[1].

Histoire et indépendance[modifier | modifier le code]

L’Érythrée était une région éthiopienne de 1952 jusqu’à ce qu’en 1993, Issayas Afewerki prenne le pouvoir et déclare l'indépendance érythréenne. Ce dernier est encore président aujourd’hui, dans cette république à parti unique, qui est dans les faits un régime autoritaire et dictatorial.

Frontières de l’Érythrée[modifier | modifier le code]

L’Érythrée a des frontières avec le Soudan, l'Éthiopie et Djibouti. Il existe de fortes tensions et même des conflits ouverts avec ces pays. Les zones les plus dangereuses en Érythrée sont celles qui sont proches des frontières.

Conflits externes[modifier | modifier le code]

Conflit avec Djibouti[modifier | modifier le code]

L’historique du conflit entre l’Érythrée et Djibouti a pour enjeu la région de Ras Douméra, qui donne le contrôle sur la baie de Bab-el-Mandeb, lieu de passage et d’accès au canal de Suez pour les bateaux de commerce. Ras Doumeira est à la frontière entre l’Érythrée et Djibouti, et c’est l’endroit le moins large de la Mer Rouge. Ces facteurs géographiques peuvent expliquer les conflits entre ces deux pays.

La guerre djibouto-érythréenne n’a fait que très peu de victimes, notamment en 2008, mais les enjeux sont très importants car Ras Douméra est une région très stratégique dans la Corne de l'Afrique. Ceci explique, entre autres, la mise en place en 2008 de sanctions des Nations Unies qui n'ont été levées que dix ans plus tard (le 14 novembre 2018).

Conflit avec l’Éthiopie[modifier | modifier le code]

Le conflit le plus conséquent est celui avec l'Éthiopie, et il a des raisons historiques. En effet, l’Érythrée était une région éthiopienne et les deux pays n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur le tracé des frontières, ce qui entraîne des tensions. Les deux pays se réclament des territoires l'un à l'autre. Bien qu’il y ait des revendications tout le long de la frontière, les conflits les plus violents se font autour de la région de Badmé, dans le nord-ouest du pays. La guerre entre ces deux pays aurait fait une dizaine de milliers de victimes selon des sources variées[2].

Badmé est un tout petit village d’environ 4 000 habitants qui sert de prétexte à ce conflit puisqu’il se situe dans la région de Gash-Barka, riche d’une agriculture qui jouit du bassin versant du Nil[3].

Autres conflits à cause de l'eau[modifier | modifier le code]

Il existe des tensions entre les pays qui se partagent le bassin versant du Nil, notamment le Soudan, l'Éthiopie et l’Érythrée. Chacun de ces trois pays pourrait avoir la volonté d’agrandir ses frontières en revendiquant un territoire pour jouir d’une zone particulièrement exploitable pour l’agriculture.

Tous ces conflits externes peuvent avoir pour conséquence de créer des conflits internes[4].

Conflits internes[modifier | modifier le code]

Système militaire[modifier | modifier le code]

Le dictateur érythréen a choisi d’imposer un service militaire à durée indéterminée, ce qui lui permet de se garantir une armée importante, ce qui est nécessaire puisque l’Érythrée est en conflit avec plus de la moitié de ses pays frontaliers.

Prisons en Érythrée[modifier | modifier le code]

Le gouvernement peut mettre en prison n’importe qui pour n’importe quelle raison, sans aucun jugement. Or la situation des prisonniers est invivable, du fait des tortures, du grand nombre d’individus dans de petites salles, et des exécutions. Ces prisons sont destinées aux personnes ayant enfreint la loi (crimes, délits, tentatives de traverser la frontière). L’alternative à ces prisons est le « container » : il s’agit d’envoyer une cinquantaine de prisonniers dans un conteneur en plein désert, sans aucune hygiène et sous une forte chaleur. Les journalistes sont eux aussi envoyés dans ces prisons, car il n’y a aucune liberté de presse et d’information en Érythrée.

Selon le site de l'ONG Reporters sans frontières, l’Érythrée est le pays qui connaît la pire situation en ce qui concerne la liberté de la presse, devant la Corée du Nord[5].

Dans ce pays de la Corne de l’Afrique, les prisons peuvent aussi accueillir des Témoins de Jéhovah par exemple. En effet, il n’y a que quatre religions autorisées en Érythrée. Tout individu ne suivant pas l'une de ces quatre religions est envoyé en prison et est forcé à se convertir, ou alors est exécuté, sans aucun passage devant la justice[6].

Question de l'émigration[modifier | modifier le code]

Tous ces faits en Érythrée poussent les citoyens à quitter le pays, beaucoup cherchant à rejoindre l’Europe, mais il y a beaucoup de morts lors de la traversée de la Mer Méditerranéenne. La grande majorité des Érythréens ne parvient pas jusqu’en Europe[7],[8],[9].

En 2015, près de 24000 immigrés clandestins passés en Europe provenaient d’Érythrée — soit environ 8 % du total — selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]