Éléphant d'Afrique

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Loxodonta

Les éléphants d'Afrique (Loxodonta) forment un genre d'éléphants, des mammifères proboscidiens de la famille des éléphantidés. Les deux espèces actuelles de ce genre, l'Éléphant de savane et l'Éléphant de forêt étaient autrefois considérées comme une même espèce.

Classification[modifier | modifier le code]

Parties signataires du Memorandum sur la protection de l'éléphant en Afrique de l'Ouest établi sous l'égide de l'ONU et de la Convention de Bonn

Le genre comprend les deux espèces suivantes :

  • L'éléphant de savane d'Afrique - Loxodonta africana (Blumenbach, 1797) —, l'espèce africaine la plus connue, a des oreilles plus longues et plus grandes que celles de l'Éléphant d'Asie (Elephas maximus). Il présente également une taille moyenne plus importante et un dos concave. Les mâles et les femelles ont des défenses externes, et sont d'habitude moins poilus que leurs cousins asiatiques.
  • L'éléphant de forêt d'Afrique - Loxodonta cyclotis (Matschie, 1900) — possède des oreilles généralement plus petites et plus circulaires que l'espèce de savane et des défenses plus minces et plus droites. Il peut peser jusqu'à cinq tonnes, et mesurer 3,5 mètres. Cette espèce, moins connue en raison des obstacles écologiques et politiques, est plus difficile à étudier et à protéger. On la rencontre principalement en forêt dense d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest, mais se trouve aussi parfois en lisière de territoire forestier, comme les éléphants de savane.

Les différents éléphants africains ont longtemps été considérés comme des représentants de sous-espèces du taxon Loxodonta africana. Des études sur quatre gènes en 2001 ont permis de démontrer que les deux principales sous-espèces africaines Loxodonta africana africana et Loxodonta africana cyclotis étaient en fait deux espèces phylogénétiques distinctes : en Afrique, il convient donc de distinguer désormais l’éléphant de la savane Loxodonta africana et l’éléphant des forêts Loxodonta cyclotis[1]. Ces résultats, contestés par d'autres scientifiques, ont été confirmés par une étude portant sur 375 régions de leur ADN nucléaire comparés avec l'éléphant d'Asie et deux « cousins » disparus, le Mammut americanum et le Mammuthus primigenius. La divergence entre les deux espèces s'est produite à la même période que la divergence de l’éléphant d’Asie et le mammouth laineux, tandis que la séparation entre les lignées de l'éléphant d'Afrique et celles d'Asie datent de 4,2 à 9 millions d'années[2].

Menaces et protection[modifier | modifier le code]

Menaces[modifier | modifier le code]

La population des éléphants d'Afrique a très fortement chuté depuis plusieurs décennies, en raison du braconnage ainsi que, sur le long terme, de la destruction des habitats. L’effectif total du continent africain est estimé à 415 000 éléphants, mais il peut y avoir entre 117 000 et 135 000 éléphants de plus dans des zones n’ayant pas été systématiquement recensées[3]. Pour donner une idée de la vitesse d'extinction, au début du XXe siècle, il y avait entre 3 et 5 millions d'éléphants[4], et avant la colonisation européenne, il y avait environ 20 millions éléphants de savane, selon une étude de l'ONG Elephants without borders publiée fin août 2016[5]. L'éléphant de savane d'Afrique a été classé en 2004 dans la catégorie des espèces vulnérables de la liste rouge de l'UICN[6]. L'éléphant de forêt d'Afrique est lui classé en danger par l'UICN. Le braconnage est favorisé par le commerce illégal de l'ivoire[7]. Le commerce de l'ivoire a alimenté pendant longtemps les fabriques de sculpture sur ivoire en Chine, qui heureusement commencent à fermer depuis 2017[8].

Protection[modifier | modifier le code]

L'ONG britannique Save the Elephants lutte pour la protection de l'éléphant d'Afrique[9]. Le WWF mène aussi des programmes de conservation, selon plusieurs axes : la lutte antibraconnage, la réduction du commerce illégal, l'atténuation des conflits hommes-éléphants et le renforcement des capacités dans les pays de l’aire de répartition en aidant des gouvernements des États de l’aire de répartition à produire des stratégies nationales et sous régionales de conservation des éléphants[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred L. Roca, Nicholas Georgiadis, Jill Pecon-Slattery et Stephen J. O'Brien, « Genetic Evidence for Two Species of Elephant in Africa », 24 août 2001, Science 293 (5534), 1473. résumé
  2. Nadin Rohland et coll, « Genomic DNA Sequences from Mastodon and Woolly Mammoth Reveal Deep Speciation of Forest and Savanna Elephants », 21 décembre 2010, PLoS Biology 8(12). résumé
  3. Le braconnage est à l’origine du pire déclin subi par l’éléphant d’Afrique depuis 25 ans, selon un rapport de l’UICN
  4. Éléphant : plus grand mammifère terrestre, sur le site du WWF
  5. Sciences et Avenir/AFP, « Au Gabon, protéger les éléphants mais aussi les villageois », 16 juin 2017, lire en ligne
  6. Loxodonta africana sur le site de l'UICN
  7. Mélissa Kalaydjian, « En Afrique, les éléphants s’éteignent et le trafic d’ivoire s’amplifie », Libération, 8 septembre 2017, lire en ligne
  8. Rachael Bale, « Le plus grand marché d'ivoire au monde est sur le point de fermer », National Geographic, 9 novembre 2017, lire en ligne
  9. Site internet de l'ONG Save the Elephants
  10. Éléphant : plus grand mammifère terrestre, sur le site du WWF

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]