Somalie italienne

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Somalie italienne

1905 – 1936

Drapeau Blason
Description de l'image Italian Somaliland.png.
Informations générales
Statut Colonie italienne
Capitale Mogadiscio
Langue italien (administrative), somali (habitants)
Superficie
Superficie ~ 500 000 km² (1960)
Histoire et événements
1884-1889 Colonisation italienne
1936 Inclusion dans l'Afrique orientale italienne
1941 Conquête britannique
1941-1949 Contrôle britannique
1950-1960 Administration italienne
1er juillet 1960 Fusion avec la Somalie britannique et indépendance de la Somalie

Entités suivantes :

1936-1941 Somalie italienne

La Somalie italienne est une colonie italienne de 1889 à 1936, intégrée à l'Afrique orientale italienne de 1936 à 1941, puis administrée à nouveau par l'Italie de 1950 à 1960.

Histoire[modifier | modifier le code]

Construction du territoire[modifier | modifier le code]

À partir de 1884, la compagnie de navigation Filonardi met en place des liaisons maritimes entre l'Italie et le sud de la côte Somalienne (Benadir). En décembre 1888, des troupes italiennes occupent le «sultanat d'Obbie», dont le dirigeant signe un protectorat le 8 février 1889.

Le 7 avril, le «sultan du Miggiurtine» (actuel Puntland) accepte à son tour le protectorat de l'Italie. Les trois territoires sont réunis en une seule colonie en 1905, officialisée par une loi du 5 avril 1908[1].

L"expansion est alors bloquée au nord et au sud par les colonies anglaises (Somaliland et Kenya) et à l'ouest par l'Éthiopie. Cependant le 15 juin 1924, l'Italie prend possession du territoire autour de Kismayo (Oltre-Giubba), au sud de la Somalie, suite à la cession par l'Angleterre en application du Pacte de Londres de 1915.

Colonisation[modifier | modifier le code]

La colonisation de la Somalie Italienne fut dure et brutale : l'Italie ne forme aucun ingénieur ou administrateur somalien, tous les secteurs importants sont aux mains des Italiens. Les jeunes n'ont pas accès à l'enseignement et les principales structures éducatives sont les médersas, écoles religieuses où l'on apprend l'arabe (pas de réfèrences).

L'une des rares opportunités d'ascension sociale pour un indigène somalien était d'intégrer le corps militaire des Ascaris, l'armée coloniale Italienne.

L'Italie tente de développer la culture de la banane durant l'entre-deux guerre, en particulier dans la région «entre les fleuves», sous l'impulsion du duc des Abruzzes. Cette agriculture toujours subventionnée remplaçait des productions vivrières et utilisait de la main d'œuvre contrainte[2].

En 1929, le chemin de fer Mogadishu-Villaggio Duca degli Abruzzi (Jowhar) est construit en Somalie italienne.

En 1926, un accord entre le gouvernement britannique et gouvernement italien prévoit le rattachement de la région du Jubaland, jusqu'alors au Kenya, à la Somalie sous colonisation italienne[3].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1936, après la conquête de l'Éthiopie par l'Italie, la Somalie est intégrée à l'Afrique orientale italienne.

Le 3 août 1940 (ou le 4 selon d'autres sources), environ 40 000 Italiens envahissent le Somaliland britannique sous le commandement du général Guglielmo Nasi[4].

Les Italiens s'emparent de Berbera le 19 et annexent le Somaliland britannique à l'Afrique orientale italienne[4].

En 1941, les Britanniques occupent la Somalie, qu'ils quittent à la fin de 1949. L'administration de la région est alors confiée par les Nations Unies à l'Italie pour dix ans afin de préparer l'indépendance du pays[5]. Le drapeau de l'actuelle Somalie est adopté le 12 octobre 1954.

La raison qui explique que la Somalie fut confiée à l'Italie pour un mandat de 10 ans, par l' O.N.U résulte que en 1945, ce pays n'avait pas de cadres politiques. Entre 1922 et 1941, la politique coloniale menée par les fascistes Italiens, dans les colonies Italiennes, et particulièrement en Somalie italienne, était très discriminatoire, et dure : toute l'administration était aux mains des colonisateurs blancs, et l'immense majorité de la population n'avait pas accès à l'éducation, et était donc analphabète. Aucun "indigène" Somalien n'était aux responsabilités.

10 ans pour former une élite politique et des administrateurs, était sans doute une période trop courte, tant les besoins étaient énormes. Dans la perspective de l'indépendance, en 1960, les Italiens, par des accords de coopérations, et l'envoi de coopérants, vont continuer à aider à développer l'embryon du nouvel état, en l'aidant à former sa gendarmerie, son armée, son système éducatif, son système ferroviaire, et ses routes, et en développant les activités des ports de Mogadiscio, et Merca. Mais à la veille de l'indépendance du pays, beaucoup restait à faire, et les difficultés et problèmes économiques vont rester très importants, ce qui pèsera lourd pour la suite de l'histoire du pays. Au début de 1960, les nationalistes Somaliens vont refuser la prolongation du mandat Italien, et fixer l'indépendance du pays avant la fin de l'année 1960.

Les Italiens, qui devaient amener les Somaliens vers la démocratie vont constater leur échec, dès l'indépendance du pays en Juillet 1960, les militaires, formés par les Italiens, renversent les institutions civiles, ce qui débouchera par la suite à la longue dictature de Syad Barre.

Indépendance[modifier | modifier le code]

Le , le Somaliland, ancienne Somalie britannique, devient indépendant. La Somalie italienne proclame à son tour son indépendance le 1er juillet suivant, date à laquelle les deux territoires fusionnent pour former la République de Somalie.

En 1991, l'ancien Somaliland proclame à nouveau son indépendance. Même si elle n'est pas reconnue par la communauté internationale, la République de Somalie se trouve de fait correspondre au territoire de l'ancienne colonie italienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hess, Italian Colonialism, p. 101-102.
  2. Mankhaus (Ken), «The question of ethnicity in Somali studies. The case of Somali Bantu identity», in Hoehne (Markus), Luling (Virginia), éd., Milk and Peace, Drought and War. Somali culture, society and politics, London, New York, Hurst and Company, Columbia university Presse, 2010, 437 p., pp. 87-104.
  3. Philippe Foro, L'Italie fasciste, Armand Colin,
  4. a et b Mockler, p. 241-249.
  5. Rossi, 1980.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (it) Giovanni Buccianti, L’egemonia sull’Etiopia (1918-1923) - Lo scontro diplomatico tra Italia, Francia e Inghilterra, Milano, Giuffré, 1977, 403 p.
  • (en) Robert L. Hess, Italian Colonialism in Somalia, Chicago, University of Chicago Press, 1966, 234 p.
  • (en) Anthony Mockler, Haile Selassie's War: The Italian-Ethiopian Campaign, 1935-1941, New York, Random House, 1984
  • (it) Gianluigi Rossi, L’Africa italiana verso l’indipendenza (1941-1949), Milano, Giuffrè, 1980, 626 p.
  • (it) Ercole Tuccimei, La Banca d'Italia in Africa, presentazione di Arnaldo Mauri, Laterza, Bari, Collana storica della Banca d'Italia, 1999