Royaume de Saba

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Cet article traite des Sabéens, habitants de la région du Yémen. Pour les Sabéens comme courant religieux ancien, voir à Sabéisme.
Royaumes yéménites III°s ap. J.-C. CE.

Le royaume de Saba (version latine) ou de Shéba (version chamito-sémitique) est un royaume habituellement situé en Arabie du sud, au Yémen, au nord de Éthiopie et dans l'actuelle Érythrée. Ce royaume, évoqué par la Bible[1] et le Coran[2], a bel et bien existé, mais il est difficile de séparer le mythe de l'histoire.

Ses habitants s'appellent les Sabéens. Les sources suggèrent une existence bien postérieure à la période biblique du règne de Salomon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Colonnes de l'ancien temple de Mahram Bilqis près de Marib

Le premier véritable royaume du Yémen est le premier royaume sabéen de Marib vers -1500. Selon les spécialistes [réf. nécessaire], l'épisode biblique de la visite de la reine de Saba à Jérusalem pour rencontrer le roi Salomon (fin du Xe siècle av. J.-C.) tendrait à montrer la puissance de ce royaume de Saba. Encore faut-il être prudent car l'identification du royaume de Sabé à celui du royaume de Saba n'est pas certaine puisque la première réelle mention de ce dernier provient des inscriptions assyriennes de -750 av. J.-C[3],[4].

Le royaume « historique » de Saba date de -716 av. J.-C., soit plus de trois siècles après la date possible du règne de Salomon, lorsque le Mukkarib Yâthiamar, roi de Saba, paie tribut à l'Assyrien Sargon II. Des forces centrifuges semblent alors menacer l'unité du royaume, puisque vers -700 av. J.-C., Karib'il Watar, fils de Dhamar'alî, lance deux campagnes contre la ville de Nashan pour réduire ses velléités d'indépendance. Il fait appel à l'aide des cités d'Haram et de Dekaminahû. Puis, de -689 à -681 av. J.-C., il fonde l'empire sabéen avec pour capitale Maryab (ou Mareb), après avoir détruit le royaume d'Awsân. Il s'agit du premier État yéménite unifié réellement attesté.

Cet État subit une attaque de l'Hadramaout, qui établit une brève domination au milieu du VIe s. avec deux rois étrangers qui siègent sur le trône de Maryab. Ils doivent faire face à la pénétration d'une nouvelle tribu, celle de Ma'în, royaume commerçant qui reconnaît la suzeraineté du royaume de Saba et devient son vassal.

Une violente guerre au VIe s. se termine par le triomphe du rival de Saba, Qataban, qui établit son empire et éclipse Saba de -500 à -110 av. J.-C. Au cours de cette domination, Saba peut vassaliser une nouvelle tribu arabe migrante, celle d'Amîr vers -200. Avec le déclin progressif de Qataban, Saba reprend son influence et au IIe siècle av. J.-C. impose peu à peu son pouvoir. Avec la disparition en -120 du royaume de Ma'in, l'ensemble du Jawf est sous le contrôle de Saba. L'aristocratie sabéenne s'approprie les régions de Nashan, Nashq et Manhiyat. Le reste est abandonné aux tribus nomades. Mais la chute de Qataban déclenche une lutte acharnée entre Saba et Hadramaout qui se lance dans une politique hégémonique au début du Ier siècle ap. J.-C. et écrase finalement Saba, obligée de reconnaître sa domination.

Vers 100, le royaume de Saba connaît un renouveau, qui ne résiste pas à une nouvelle puissance, l'Himyar qui établit à son tour son empire de 230 à 532, durant lequel Saba décline peu à peu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. I Rois, X, 1-3 ; Is., LX, 6 ; Ps., LXXII, 15
  2. L'Alcoran, Sourate 27 : Le Chapitre de la Fourmy (traduction André Du Ryer) ou Le Koran, Sourate 27 : La Fourmi (traduction Albin de Kazimirski Biberstein)
  3. Selon une autre source, les inscriptions d'Arad-Nannar, il est probable que Saba existait depuis plus longtemps encore. En effet ces inscriptions évoquent l'un des plus anciens rois de l'état d'Ur, "Sabum"/"Sabou", dont on pense qu'il désigne "le royaume de Saba". Si cette hypothèse devait être un jour étayée de preuves, elle ferait remonter l'histoire de Saba jusque vers l'an 2500 av. J.-C.
  4. Lire "Une inscription chaldéenne avec une dédicace à Ghimil-Sin, roi d'Ur", Léon Heuzey, Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 1901, Volume 45 Numéro 2, pp. 256-257 http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1901_num_45_2_16793

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Breton, L'Arabie heureuse au temps de la reine de Saba, VIIIe-Ier siècle avant J.-C., Paris, Hachette, collection La vie quotidienne, 1998
  • Joseph Chelhod, Arabie du Sud : histoire et civilisation : le peuple yéménite et ses racines, Paris, Maisonneuve & Larose, tome 1, 1995
  • (en) Andrey Korotayev, Ancient Yemen, Oxford, Oxford University Press, 1995. (ISBN 0-19-922237-1)
  • Abdulghani Al-Hajebi, La Représentation de l'Arabie heureuse dans les récits des voyageurs français de la Renaissance à l’époque de la colonisation, thèse de doctorat en Langue et littérature françaises sous la direction de François Bessire, université de Rouen, 2010, annonce sur thèse.fr