Carantilly

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Carantilly
Le château de Carantilly.
Le château de Carantilly.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Manche
Arrondissement Saint-Lô
Canton Saint-Lô-2
Intercommunalité Saint-Lô Agglo
Maire
Mandat
Pierre Bourge
2014-2020
Code postal 50570
Code commune 50098
Démographie
Gentilé Carantillais
Population
municipale
660 hab. (2014)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 03′ 55″ nord, 1° 14′ 26″ ouest
Altitude Min. 67 m – Max. 119 m
Superficie 10,70 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Manche

Voir sur la carte administrative de la Manche
City locator 14.svg
Carantilly

Géolocalisation sur la carte : Manche

Voir sur la carte topographique de la Manche
City locator 14.svg
Carantilly

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Carantilly

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Carantilly

Carantilly est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 660 habitants[Note 1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Au centre du département de la Manche, Carantilly fait partie du canton de Saint-Lô-2 dans l'arrondissement de Saint-Lô mais adhère depuis le à la communauté de communes de Canisy[1].

À mi-chemin entre Saint-Lô (15,5 km à l'est) et Coutances (18,5 km à l'ouest), en bordure de la départementale 972, la commune joint deux chefs-lieux de canton : Marigny (4,5 km au nord) et Cerisy-la-Salle (4,5 km au sud).

Avec un point culminant à 92 m (lieu dit « le Poteau »), Carantilly s'étend sur quelque 1 070 hectares (ou 5 350 « vergées » comme il peut être dit en Basse-Normandie).

C'est le bocage, pays de talus et de haies, à vocation essentiellement agricole. Au nord, une belle surface boisée s'étend en profondeur, tandis que plus au sud paraissent des prairies verdoyantes que traverse la rivière, la Terrette.

Communes limitrophes de Carantilly[2]
Cametours Marigny-le-Lozon
(comm. dél. de Marigny)
Quibou
Cametours Carantilly[2] Quibou
Cerisy-la-Salle Cerisy-la-Salle Dangy

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Karantelago[3] ou Karentelago[4] vers 1056, de Karantilleio en 1198[3], Quarantilleio au XIIIe siècle[3], Carantilie vers 1280[3], de Karantilleyo en 1332[4] et Carantelly en 1391[3]. Le toponyme est issu d'un anthroponyme qui peut être gaulois tel que Carantillus[3] ou roman tel que Carantilus[5] ou Carantilius[4].

Le gentilé est Carantillais[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La réorganisation du diocèse par Geoffroy de Montbray conduit à la scission entre Carantilly et Quibou, cette dernière devenant une paroisse indépendante.

L'église et la paroisse de Carantilly étaient placées sous la dépendance personnelle du duc de Normandie, Guillaume le Conquérant. Ce dernier y disposait d'un certain nombre de droits et d'honneurs.

En 1065, Carantilly est en tout ou partie le fief du comte de Mortain, Robert, frère de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre. La Corbetière sera une seigneurie indépendante de celle de Carantilly jusqu'à la guerre de Cent Ans. Le comte Robert de Mortain cède son fief de Carantilly à la famille de Soulle « à charge de fournir 54 hommes pour monter la garde de nuit à la foire de Montmartin-sur-Mer, et de faire chaque année 40 jours de garde à la barre de Montfautrel, à l'entrée du château de Mortain ».

Hélie Desfontaines est le premier curé dont le nom soit conservé. Depuis 1271, on a pu retrouver la trace de quelque 35 curés à Carantilly. On ne connaît pas la date de la création de la paroisse, ni celle de la première église même si sa dédicace à Notre-Dame tend à laisser penser qu'elle remonterait comme souvent dans ce cas, aux Ve et VIe siècles. Elle fait partie du doyenné de Cenilly et de l'archidiaconé de la Chrétienté (archidiaconé englobant l'église cathédrale). D'après le Livre noir de l'évêché de Coutances et d'Avranches, la cure a un revenu de 105 livres en 1278.

À la suite de l'extinction de la famille de Soulle, la seigneurie de Carantilly passe à la famille de Grimouville.

On compte au XVe siècle deux moulins à Carantilly (celui de l'étang et celui du Boscq) et deux étangs, d'après le Rôle de fouage.

Renaissance[modifier | modifier le code]

C'est à la suite d'un mariage entre 1510 et 1520 que la seigneurie de Carantilly est transmise à la famille de Magneville.

L'Époque moderne[modifier | modifier le code]

Les tourments des guerres de religion n'épargnent pas Carantilly, où des protestants pillent l'église en 1562. Les troubles auront périodiquement lieu jusqu'en 1664.

Les héritiers de la famille de Magneville cèdent Carantilly en 1577 à Roland de Gourfaleur, seigneur de Bonfossé, qui en fait l'acquisition pour son épouse.

Après le décès de sa fille et de son gendre (Simon de Bois-Davy), Nicolas de Soulbieux acquiert en 1660 pour ses petits-enfants la seigneurie de Carantilly. Elle quitte le patrimoine de la famille de Gourfaleur pour celui de la famille de Bois-Davy.

On trouve les premières traces encore disponibles d'une école de garçons à Carantilly. Sa fondation, bien antérieure, ne peut être datée, vu la destruction des archives de l'église en 1562. Une école de filles existera, située dans le pavillon de l'étang.

Louis Coudreau de Planchoury, après avoir épousé la petite-fille de Nicolas de Soulbieux, quitte sa Touraine natale pour s'établir, à la mort de sa femme, comme seigneur de Carantilly.

Durant les années 1720, la construction de la partie centrale de l'actuel château débute sous les ordres de Louis Coudreau de Planchoury, seigneur de Carantilly. Un manoir plus ancien y était jusqu'alors établi. Il marie sa fille en 1729 avec Thomas-Honoré de Mons, seigneur de Vareville, qui devient par là même, seigneur de Carantilly.

L'abbé Pierre-François Dufour, curé de la paroisse, fait bâtir le « manoir presbytéral » en 1760 dans le style du château dont il enviait l'extension.

La période révolutionnaire[modifier | modifier le code]

François-Germain Lerouvillois (1784-1791), curé de Carantilly, est élu le 28 mars 1789 député du clergé de Coutances en vue des États généraux convoqués à Versailles. Cette année-là, Carantilly compte 330 feux, soit quelque 739 habitants.

Trois ans plus tard, Jean Chardin est le premier maire de Carantilly et l'église de Carantilly sert de "temple de la Raison". Par la suite, la maison de l'école des garçons (biens du clergé) fut vendue à un Carantillais.

La bataille de la Fosse oppose en novembre 1799 les républicains aux armées chouannes du comte Louis de Frotté sans qu'on puisse bien établir ce qui s'y déroula. Jules Barbey d'Aurevilly y fait allusion dans L'Ensorcelée sans beaucoup de crédit historique.

Le Premier Empire[modifier | modifier le code]

Carantilly compte 1 599 habitants en 1806[7].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La gare de Carentilly-Marigny. Si des trains s'y arrêtent toujours, le bâtiment n'est plus en service.

On décide d'abattre le clocher de l'église, vu son délabrement et afin d'allonger la nef. En 1861, le nouveau clocher est bâti, suivra la sacristie. Après la démolition des deux chapelles latérales datant de 1640 et la reconstruction de la nef (1883), la partie neuve de l'église est bénite le par Mgr Germain. C'est encore lui qui bénit le la plus grosse cloche du clocher (1 000 kg), qui rejoint ses deux « sœurs » (respectivement 400 et 600 kg chacune).

En 1878, la ligne de chemin de fer Lison-Lamballe et la gare sont mises en service.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La première association de Carantilly est créée en 1908 : la société de Tir La patriote voit le jour, à l'initiative de M. Voisin, instituteur.

La Première Guerre mondiale fauche trente-et-un Carantillais, sans qu'on puisse citer les blessés, les victimes directes ou indirectes de ce conflit.

L'affaire criminelle Georges Ozouf et Auguste et Marie-Rosalie Marinel se déroule à Carantilly et est jugée à Coutances, par la cour d'assises de la Manche les 8, 9 et [8].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le château est tour à tour occupé par les Allemands qui réparent des véhicules dans la salle principale puis par les Américains qui y installent un hôpital provisoire. Par la présence de la gare toute proche, le secteur est l'objet de bombardements alliés. On dénombre huit habitants de Carantilly tués lors de l'opération Cobra : Carantilly reçoit le la croix de guerre 1939-1945[9].

La salle des fêtes Émile-Beaufils est construite en 1956 par des bénévoles et la commune se dote dans les années qui suivent d'une place au cœur du bourg, non loin de l'église.

La ligne EDF haute tension en provenance de la centrale nucléaire de Flamanville, construite dans les années 1980, survole le territoire de la commune avec dix pylônes. Pendant cette période, l'étang du château est aménagé et il devient un parcours de santé et un lieu de pêche fort prisé après son inauguration le .

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le recensement précédant le nouveau millénaire fait apparaître que Carantilly compte 536 habitants. Une station d'épuration et son réseau tout-à-l'égout sont créés en 2007.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires
Période Identité Étiquette Qualité
1792   Jean Chardin    
1800 1826 Jacques Corbet   Propriétaire
1826 1830 Alexandre de Mons de Carantilly   Propriétaire
1830 1837 Jean-Baptiste Blanchard    
1837 1848 Victor-Adrien Gosset   Propriétaire.
1848 1853 Jean-Baptiste Blanchard   Cultivateur.
1853 1869 Léon-François Gosset   Juge suppléant de la justice de paix de Marigny.
1869 1871 François-Louis Corbet   Adjoint faisant fonction de maire d'octobre 1869 à septembre 1870, maire d'octobre 1870 à juillet 1871.
1871 1878 Prosper-Basilide Giret    
1878 1881 Emmanuel-Auguste Rihouey    
1881 1892 Henry-Alfred Gosset   (neveu de Victor Gosset)
1892 1900 Isidore-Louis Guesnet    
1900 1910 Adolphe-Édouard Gosset   Propriétaire et conseiller d'arrondissement (neveu d'Henri Gosset).
1910 1945 Gaston de Mons de Carantilly   Propriétaire et industriel (petit neveu d'Alexandre de Mons de Carantilly).
1945 1953 Léon Guesnet   Agriculteur
1953 1971 Georges Leclerc   Agriculteur
1971 1983 Louis Gourbin   Assureur
1984 1986 André Rihouey   Retraité de l'EDF
1986 2001 Jean Simon   Artisan peintre en bâtiments
2001 2004 Pierre L'Orphelin   Artisan plombier chauffagiste
2004 2008 Henri Dupont   Agriculteur
2008[10] 2014 Marylène Henry   Enseignante.
2014[11] en cours Pierre Bourge   Militaire en retraite.
Les données manquantes sont à compléter.

Le conseil municipal est composé de quinze membres dont le maire et trois adjoints[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2014, la commune comptait 660 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Carantilly[13]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2]. Au premier recensement républicain, en 1793, Carantilly comptait 1 600 habitants, population jamais atteinte depuis.

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 600 1 586 1 599 1 452 1 442 1 426 1 466 1 456 1 376
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 237 1 162 1 052 1 001 1 006 913 885 803 743
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
739 706 643 631 635 645 625 686 682
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
607 627 527 526 536 530 580 627 660
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (juillet 2016)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

Le château[modifier | modifier le code]

Charretterie.
Pressoir.

Le château actuel, construit sur les fondations d'un manoir plus ancien, date du XVIIIe. Il est l'œuvre, vers 1720, pour la grande partie centrale de Louis de Coudreau de Planchoury, seigneur de Carantilly (1676-1768) et de son gendre Thomas Honoré de Mons, et pour les ailes latérales de Léonor de Mons, petit-fils du premier (1726-1795).

Les façades du château sont classées au titre des Monuments historiques depuis le , les toitures, l'escalier intérieur en fer forgé, plusieurs pièces et les communs ont été inscrits à la même date et de nombreuses dépendances ont été inscrites le [15].

L'église[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame.

Dans son aspect actuel, l'église Notre-Dame date de 1883. Elle a subi maintes transformations depuis ses origines (fin XIIIe-début XIVe). L'architecture romane a disparu avec les modifications de la nef. Les fresques du fond du chœur datant du Moyen Âge ont été recouvertes au XVIIIe siècle.

En 1710, on fait réaliser un retable en bois sculpté, recouvrant deux fenêtres à lancettes et un oculus. On reperce encore à cette époque les fenêtres du mur sud du chœur.

Derrière les autels de la Vierge et de saint Joseph, deux pierres gardent le souvenir de « l'honete persone Michel Corbet » notable rural mort en 1640, donateur de fortes rentes pour le salut de son âme, et de Jean Blanchard prêtre ayant fait édifier en 1650 une chapelle dédiée à sainte Anne et sainte Barbe.

Le fin clocher qui domine le bourg remonte également au XIXe siècle. Le vieux clocher à bâtière avait été abattu en 1855. Il abrite depuis lors trois cloches de 400, 600 et 1 000 kg chacune. Les vitraux ont été mis en place après la guerre et sont signés Max Ingrand. Les lustres, de facture plus récente, ont été acquis en 1981 grâce au produit de kermesses paroissiales, et à la générosité de Marguerite de Mons.

Le presbytère[modifier | modifier le code]

Le presbytère.

Le presbytère fut construit en 1760. Il est inscrit aux Monuments historiques depuis 2009[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale 2014.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Carantilly rejoindra Canisy le 1er janvier - Marigny
  2. « Géoportail (IGN), couche « Limites administratives » activée »
  3. a, b, c, d, e et f Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 1 : Formations préceltique, celtiques, romanes, Genève, (lire en ligne), p. 218
  4. a, b et c Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Paris, Larousse,
  5. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, Condé-sur-Noireau, Éd. Charles Corlet, (ISBN 2-905461-80-2), p. 86
  6. René Gautier, 601 communes et lieux de vie de la Manche, Éditions Eurocibles, (ISBN 978-2354-58-0360), p. 130
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Jean-François Miniac, Les Nouvelles Affaires criminelles de la Manche, de Borée, avril 2012.
  9. [PDF] « Communes décorées de la croix de guerre 1939-1945 », sur Mémorial Dormans (consulté le 27 octobre 2016)
  10. « Municipales à Carantilly. Marylène Henry ne se représente pas », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 26 juillet 2016)
  11. « Pierre Bourge succède à Marylène Henry à la mairie », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 26 juillet 2016)
  12. « Carantilly (50570) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le 27 juillet 2016)
  13. Date du prochain recensement à Carantilly, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. « Château », notice no PA00110351, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Presbytère », notice no PA50000066, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]