Abel-Anastase Germain

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Abel-Anastase Germain
Image illustrative de l'article Abel-Anastase Germain
Biographie
Naissance
Saint-Sylvain (France)
Décès (à 64 ans)
Coutances
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
Dernier titre ou fonction Évêque de Coutances et Avranches
Évêque de Coutances et Avranches

Auxiliante Deo[1].
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Abel-Anastase Germain, né le à Saint-Sylvain et mort le à Coutances[2], est un prélat français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après de très brillantes études classiques au lycée de Caen et de théologie au séminaire de Bayeux, Germain reçut la prêtrise le 11 octobre 1857, et fut nommé aumônier du lycée où il avait été élève, puis, en 1870, curé de la cathédrale de Bayeux.

Sa réputation d’orateur ne fit que grandir dans ce nouveau poste. Cinq ans après, il fut nommé par décret présidentiel du 19 novembre 1875 à l’évêché de Coutances, préconisé le 28 janvier 1876 et sacré le 19 mars, dans la cathédrale de Bayeux, par Mgr de Bonnechose.

La prédication et le ministère apostolique ont été le principal intérêt de Germain qui encourageait de tout son pouvoir les manifestations extérieures du culte, les processions et les pèlerinages. Sa renommée de beau diseur, élégant et plein de verve, lui fit confier le soin de parler sur la tombe de nombreux évêques : NN. SS. les cardinaux de Bonnechose et Guilbert, Mgr Hasley, Mgr Ducellier, Mgr Rousselet, Mgr Lecoq, Mgr Trégaro, auxquels l’unissait une affection particulière.

Les œuvres établies par ses prédécesseurs ne laissant pas de place pour des fondations nouvelles, il consacra beaucoup de temps à la préparation de ses travaux de prédicateur. Ses mandements exposent sous des formes très variées les grandes lois de la morale chrétienne, et les éloges funèbres qu’il a prononcés formeraient une histoire de l’épiscopat français à la fin du XIXe siècle. C'est Mgr Germain qui fut co-consécrateur le dans la chapelle du Séminaire des Missions étrangères de Paris de Pierre-Marie Osouf, nommé vicaire apostolique du Japon septentrional et consacré par Mgr Forcade[3], assisté de Mgr Petitjean, premier vicaire apostolique effectif du Japon.

C’est sous son épiscopat qu’ont lieu le 3 juillet 1877, les fêtes grandioses du couronnement de saint Michel en présence d’un cardinal, de huit évêques, d’un millier de prêtres et d’une foule innombrable. Ce jour-là, alors que le canon tonne et que joue une musique militaire, l’évêque manque perdre la vie : en effet, juché au sommet d’une échelle pour couronner la tête de l’Archange, Mgr Germain est sur le point de perdre l’équilibre et de tomber dans le vide[4].

Mgr Germain obtint l’ouverture du procès de canonisation de Marie-Madeleine Postel, fondatrice et supérieure de la communauté de la Miséricorde à Saint-Sauveur-le-Vicomte. C’est sous son épiscopat que cette servante de Dieu fut déclarée Vénérable.

Frappé en pleine activité épiscopale par une angine de poitrine qui l’enleva en quelques heures, il fut inhumé dans sa cathédrale. Son oraison funèbre fut prononcée, le jour des obsèques, par Mgr Jourdan de la Passardière, évêque titulaire de Rosea, et le jour du service trentain, par Mgr Touchet, évêque d’Orléans qui le caractérisa en l’appelant seminiverbius, un semeur de parole évangélique.

Il portait les titres honorifiques d'assistant au trône pontifical et de comte romain. On lui doit trois cents mandements et lettres pastorales ; panégyriques, discours, oraisons funèbres. Il avait rédigé la préface de : Le Mont Saint-Michel, par Mgr Germain, l’abbé Brin et M. Corroyer (Paris, Didot, in-4°, 1888).

Armoiries[modifier | modifier le code]

Dalle funéraire de Mgr Germain en la cathédrale de Coutances.

Écartelé : au 1er et au 4e, de gueules à la main bénissante, de carnation, posée en fasce, entourée d’un nimbe crucifère d’or, et mouvant d’une nuée d’argent ; au 2e et au 3e d’azur à un M couronné, le tout à l’antique, d’argent, et sur le tout, d’or au saint Michel de carnation, les ailes éployées au naturel, habillé de pourpre, foulant aux pieds un dragon de sable et le perçant d’une lance de gueules.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La Revue catholique du diocèse de Coutances et Avranches a publié plusieurs articles sur Germain en date de novembre et décembre 1897 et de novembre et décembre 1898. —— Mgr Germain, obsèques, oraison funèbre, par Mgr Touchet, évêque d’Orléans. Saint-Lô, Jacqueline, 1897, in-8° de 80 p., avec un portrait. — Article biographique dans le t. II de l’Histoire du diocèse de Coutances et Avranches, par l’abbé Lecanu, in-4°, Coutances. — France ecclésiastique, Paris, Plon, 1898. — Annuaire du Clergé, année 1898. — Articles de l’Univers et de la Vérité française (novembre 1897).

Iconographie[modifier | modifier le code]

Un portrait peint à Rome, d’après une photographie. — Lithographie signée : Lafosse ; Lemercier éd., 1876. — Une gravure sur bois.

Sources[modifier | modifier le code]

  • L’Épiscopat français depuis le Concordat jusqu’à la Séparation (1802-1905), Paris, Librairie des Saints-Pères, 1907, p. 211-12.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Comte de Saint Saud, Armorial des prélats français du XIXe siècle, Paris, 1906, H. Daragon, 415 p., p. 88. Consultable sur Gallica.
  2. Archives départementales de la Manche, 5 Mi 1882 1897, Registre des décès de la commune de Coutances, 1897, p. 38, acte n° 126.
  3. Archevêque d'Aix
  4. Jean-François Hamel, René Gautier (dir.), Dictionnaire des personnages remarquables de la Manche, tome 3, éd. Eurocibles, Marigny.