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André Boulloche

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André Boulloche
Illustration.
André Boulloche, ici étudiant polytechnicien portant l'uniforme de l'école.
Fonctions
Député français

(10 ans, 11 mois et 13 jours)
Élection 12 mars 1967
Réélection 30 juin 1968
11 mars 1973
Circonscription 2e du Doubs
Législature IIIe, IVe et Ve (Cinquième République)
Groupe politique FGDS (1967-1973)
PSRG (1973-1978)
Prédécesseur Georges Becker
Successeur Marcel Domon
Maire de Montbéliard

(13 ans)
Prédécesseur Jean-Pierre Tuefferd
Successeur André Lang
Ministre de l'Éducation nationale

(11 mois et 15 jours)
Président Charles de Gaulle
Gouvernement Michel Debré
Prédécesseur Jean Berthoin
Successeur Michel Debré (par intérim)
Louis Joxe
Ministre délégué à la Présidence du Conseil

(6 mois et 1 jour)
Président René Coty
Gouvernement Charles de Gaulle III
Prédécesseur André Malraux
Successeur poste supprimé
Biographie
Nom de naissance André François Roger Jacques Boulloche
Date de naissance
Lieu de naissance Paris 7e, France
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Malsburg-Marzell (Bade-Wurtemberg)
Nationalité Française
Parti politique SFIO
PS
Diplômé de École polytechnique
Résidence Doubs

André Boulloche, né le à Paris et mort le près de Malsburg-Marzell (Bade-Wurtemberg, Allemagne)[1], est un homme politique français.

Il est membre de la SFIO, compagnon de la Libération, haut fonctionnaire (ingénieur général des Ponts et Chaussées) et ministre du général de Gaulle en 1959, maire de Montbéliard à partir de 1965, député du Doubs de 1967 à sa mort.

André François Roger Jacques Boulloche naît à Paris (7e arrondissement) le 7 septembre 1915. Il est le second fils de Jacques André Boulloche (1888-1945)[Note 1] et de Hélène Marguerite Thérèse Chaperon (1888-1944).

Il est issu de deux lignées de notables provinciaux, du côté paternel. Du côté de sa mère se trouvent des notables girondins. La branche paternelle, normande, est issue de robins ayant opté pour la fonction publique : son grand-père paternel a été doyen à la Cour de Cassation, son père, polytechnicien (promotion 1907) et ingénieur général des Ponts et chaussées, achève sa carrière comme directeur des routes au ministère des travaux publics. Sur le plan politique, ils sont libéraux et dreyfusards[2].

André Boulloche suit des études secondaires au lycée de Beauvais (Oise), où son père est un temps en poste, puis, après le baccalauréat en 1931, au lycée Janson-de-Sailly à Paris en classes préparatoires ; il est reçu en 1934 à moins de 19 ans à l'École polytechnique et en sort deux ans plus tard ingénieur des Ponts et chaussées. Il fait alors son service militaire dans le Génie à Versailles puis à Metz. Il passe également une licence de droit en 1941[3].

Rappelé en 1939 comme lieutenant au 6e régiment du Génie dans l'Est, il supporte mal la drôle de guerre et demande sa mutation pour l'armée de l'Air. À partir de janvier 1940, il effectue un stage comme observateur en avion à Dinard[3].

Le refus de la capitulation de 1940

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Après la défaite de juin 1940, au début de l'occupation allemande, la famille d'André Boulloche refuse en bloc l'armistice, le régime de Vichy et la collaboration[Note 1].

Ses proches participent de façon active à la Résistance. Trois d'entre eux sont morts en déportation : sa mère Hélène à Ravensbrück le 25 octobre 1944, son frère Robert, inspecteur des finances, à Ellrich (annexe de Dora - Buchenwald) le 20 janvier 1945, et son père Jacques, ingénieur général des Ponts et Chaussées, à Buchenwald le 19 février 1945. Ses sœurs Jacqueline et Christiane ont été agents de liaison (boîtes aux lettres, transmissions de courrier, parachutages) pour la Résistance parisienne avant de rejoindre le maquis en juin 1944[4].

Au moment de la débâcle, désireux de continuer la guerre, André Boulloche parvient avec une dizaine de camarades à rejoindre l'Afrique du Nord en s’embarquant à Port-Vendres le 24 juin 1940. Débarqué à Oran, il tente sans succès de gagner Londres et, démobilisé début septembre, regagne la métropole. Nommé, en octobre 1940, ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées à Soissons, il entre rapidement dans le mouvement de Résistance « Organisation civile et militaire » (OCM)[3].

En janvier 1941, il entre en contact par l'intermédiaire de son frère Robert avec André Postel-Vinay qui lui demande de constituer un réseau de renseignements dans l'Aisne. Il fait bientôt entrer dans l'organisation son chef direct aux Ponts et Chaussées, Pierre Pène puis son collègue Jean Bertin. De par ses fonctions, il peut facilement obtenir des informations sur la localisation des troupes ennemies et sur les travaux entrepris par l'occupant[3].

Après l'arrestation de Postel-Vinay, fin décembre 1941, André Boulloche prend la responsabilité du réseau pour la région nord ; durant l'année 1942, le réseau s'accroît et de nombreux agents opèrent dans toute la zone occupée. En dehors du travail de renseignements, il prend des contacts avec les responsables de l'Armée secrète (AS) et organise l'infrastructure militaire de la Résistance. Recherché par la Gestapo, il passe la frontière espagnole le 25 décembre 1942 avec deux camarades, suivant l'itinéraire Oloron-Pampelune. Arrêté, il est interné à Pampelune puis Ágreda et Jerada[3].

Passé au Portugal il parvient à gagner l'Angleterre par avion en mai 1943 et s'engage à Londres au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA). Volontaire pour des missions en France, il est déposé dans la région de Tours par opération Lysander le 13 septembre 1943, en qualité de délégué militaire de la Région P (Paris). Avec les responsables de l'Armée secrète, sous le pseudonyme d’Armand, il met en place l'organisation paramilitaire de la Résistance alors désorganisée par l’arrestation du général Delestraint. Il fait entreprendre de nombreux sabotages demandés par le Commandement interallié[3].

Arrêté à son domicile par la Gestapo le 12 janvier 1944 avec son adjoint Ernest Gimpel, à la suite d’une dénonciation, il tente de s'échapper ; blessé grièvement par balle au ventre, il est opéré, et laissé sans soins postopératoires dans une cellule de la "prison-hôpital" de la Pitié (pavillon Quentin). Il échoue dans une tentative d'évasion[4].

Incarcéré à Fresnes en février, il est transféré le 7 avril 1944 au camp de Royallieu (Compiègne). Il est ensuite déporté alors qu'il souffre d'une éventration due à la réouverture de ses blessures. Il fait partie du convoi du surnommé le « convoi des tatoués ». Les déportés sont d'abord envoyés à Auschwitz, où ils arrivent le 30 avril et sont immatriculés, puis rapidement, le 12 mai, en Allemagne au camp de Buchenwald. André Boulloche porte le matricule 185144[5],[6],[7]. Il est ensuite déporté à celui de Flossenbürg où il est libéré par les Américains le 23 avril 1945 après deux tentatives d’évasion[4].

Il est marqué à vie par son expérience de la déportation ; dans les camps, selon ses dires, il a compris « que le monde est une machine à écraser les petits », et il y a « découvert la classe ouvrière »[2].

Mémoire de la Résistance

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André Boulloche a été membre de nombreuses associations, particulièrement dans le monde des anciens combattants et résistants : lieutenant-colonel de réserve, il a été président du comité des anciens chefs de réseau de la France combattante et président de la commission de révision des titres de résistant. Compagnon de la Libération e(l'un des trente-trois polytechniciens), commandeur de la Légion d'honneur, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 et de la King's medal for courage, il a été membre du conseil de l'Ordre de la Libération à partir de 1958[2].

Lors de la fondation de l’amicale des Déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944, à Paris, en avril 1959, il est désigné président d'honneur, à l'instar d'un autre compagnon de la Libération, Rémy Roure[8].

Au service de la France

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À son retour, en 1946, André Boulloche reprend une carrière de haut fonctionnaire à Paris. Il est chargé de mission par le Ministère des Travaux publics aux États-Unis et se tourne vers la politique en adhérant la même année à la SFIO.

Après un voyage d'études d'un an aux États-Unis, il entre en 1947 au cabinet du président du Conseil Paul Ramadier dont il deviendra rapidement le directeur. Avec le même Paul Ramadier devenu ministre de la Défense, il contribuera à la modernisation des industries de l'armement et à la restructuration de nos armées, il veillera notamment à la relance de l'industrie aéronautique. Il est nommé en 1948 chef de l'arrondissement des Ponts et Chaussées de Versailles, puis en 1950, commissaire du gouvernement auprès de la RATP. Il fait ensuite preuve de qualité de grand administrateur comme directeur de l'Infrastructure au Ministère de l'Air, de 1953 à 1954, bâtissant des bases aériennes pour l'OTAN[4].

Lors des municipales de 1953, il est élu conseiller municipal de Fontainebleau où il représente l'opposition socialiste dans cette ville très bourgeoise. Il est candidat lors des cantonales de 1951, 1955 et 1958.

En juin 1955, Gilbert Grandval est appelé à la fonction de résident général au Maroc pour préparer l'indépendance : tous les directeurs de l'administration du protectorat sont alors changés. C'est ainsi qu'en août 1955, Boulloche est nommé directeur des travaux publics au Maroc. En 1956, dès la prise de pouvoir de Mohammed V de retour de son exil à Madagascar, il accepte le poste de secrétaire général du ministère des Travaux publics auprès d'un jeune ministre Mohammed Douiri, mission difficile dont il s'acquittera avec succès[4].

Il aura donc été le dernier directeur des Ponts et Chaussées du protectorat et le premier secrétaire général des Travaux Publics du Maroc indépendant. Dans ces deux fonctions, il a continué de servir la France. Dans cette période de transition il a trouvé des solutions à quelques problèmes délicats (entre la France et le Maroc, entre le secteur public et le secteur privé). Il a réglé notamment la question de l'indemnisation des entrepreneurs pour la période des troubles (circulaire Boulloche). Il a contribué à un véritable renouveau dans le domaine des travaux publics : création de Royal Air Maroc, chemins de fer, électricité, adduction et distribution de l'eau, ports de Mohammédia (ex-Fédala) et de Tanger. Mais son principal souci aura été la formation des futurs cadres du nouveau Maroc. Sa mission se termine en 1957 ; il dirige ensuite le cabinet de Maurice Bourgès-Maunoury, président du Conseil du 13 juin au 30 septembre 1957[4].

À son retour en France, il est particulièrement inquiet et vit dans la hantise des menaces que les événements d'Algérie font peser sur la démocratie française : l'essentiel pour lui est d'arrêter cette guerre insensée, et de négocier la paix dans l'intérêt des deux peuples, mais pour y parvenir, il faut un gouvernement qui s'engage. Très sensible au message que lui adresse Germaine Tillion, il estime en fin de compte que seul le général de Gaulle pourra éviter à la France une dictature de droite[4].

Après le retour au pouvoir du général, il accepte successivement le poste de ministre délégué à la Présidence du Conseil dans le troisième gouvernement Charles de Gaulle (-), dernier gouvernement de la IVe République, puis, sans en référer au Parti socialiste, celui de ministre de l'éducation nationale du premier gouvernement Michel Debré de la Ve République (8 janvier 1959 au 19 décembre 1959)[4],[Note 2].

Il explique sa position comme suit : « La guerre d'Algérie ronge comme un acide le tissu national, les civils ont peur des militaires, les militaires se méfient des gouvernants, une partie de la jeunesse doute de la cause pour laquelle elle se bat, parmi les chercheurs, les écrivains, les enseignants, beaucoup se sentent injustement soupçonnés de trahison, dans ce climat, les institutions démocratiques sont menacées ». Il croit devoir la préciser dans un message à Guy Mollet : « Il n'y a pas que la politique économique, il y a aussi l'Algérie et la Communauté pour lesquelles les idées du nouveau Président de la République sont très proches des nôtres. Allons-nous le laisser seul alors qu'une partie de son entourage est éloignée de nos idées, au risque de lui retirer un concours peut-être décisif à une politique dont le succès nous paraît indispensable ? »[4].

Seul socialiste – toutefois en congé du parti – de ce gouvernement, il quittera cependant le ministère de l'Éducation le à la suite d'un différend avec Michel Debré, portant sur les aides de l'État à l'école privée, mais il ne cessera jamais de harceler le général de Gaulle sur la question algérienne jusqu'à ce que l'indépendance soit devenue inévitable[4].

Un homme d'action

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Après son départ du gouvernement Debré, André Boulloche reprend sa carte de la SFIO. Il est nommé conseiller d'État en 1960, puis président de l’Institut du commerce extérieur en 1964.

Il se met au service de la Franche-Comté. Maire de Montbéliard à partir de 1965, président du District urbain du pays de Montbéliard[10] et député du Doubs de 1967 à 1978, il se révèle une fois de plus un homme d'action efficace : il se dépense sans compter pour stimuler le développement des collectivités qui lui ont fait confiance. L'immobilisme ? Ce terme doit être banni pour qualifier sa gestion municipale : de 1965 à 1978, cinq mille logements seront construits, trois cents hectares de terrain seront acquis par la ville, quarante hectares d'espaces verts seront aménagés, vingt-trois kilomètres de voies publiques, trente-neuf kilomètres d'égouts, neuf écoles maternelles, quatre écoles primaires, deux C.E.S., un lycée, une halle polyvalente, quatre gymnases seront réalisés[4].

Membre du Comité directeur du Parti socialiste en 1969, il est vice-président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, puis secrétaire national du PS chargé du Plan (1976). Il est membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en 1973[2].

Membre du Siècle, club où se retrouvaient des hommes politiques de tous horizons, il a présidé dans un autre domaine la société des amis de Paul Ramadier[2].

Un Européen convaincu

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André Boulloche était aussi un Européen convaincu membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Jacques Chaban-Delmas a très bien su rappeler la dimension européenne de son activité politique : « Membre du Conseil de l'Europe depuis juillet 1973, président du Comité mixte européen de coopération scientifique, il a joué un rôle considérable lors de la IVème Conférence parlementaire et scientifique de Florence en 1975. » Pour François Mitterrand : « André Boulloche a voulu sublimer ses combats et ses souffrances, comme s'il avait rencontré dans l'Europe une capacité pour l'humanité tout entière de construire l'un des éléments de la paix et de l'harmonie entre les peuples... se tournant vers les Allemands, en Allemagne où il avait tant souffert, il a su leur dire : mes amis. »[4]

André Boulloche déclare d'ailleurs lui-même : « Notre impatience est grande de voir l'Europe s'unir enfin. Lorsque nous regardons le chemin parcouru depuis La Haye en 1948 où celui qui vous parle se trouvait déjà, depuis Rome en 1958, force est de constater que le magnifique élan vers l'Europe unie a perdu quelque peu de son dynamisme, et même de son pouvoir de persuasion... dans un pareil domaine, qui n'avance pas recule. »[4]

La campagne pour les législatives de 1978

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Les progrès de l’Union de la gauche, et surtout en son sein du Parti socialiste, les difficultés du gouvernement Barre, laissent espérer une victoire de la gauche aux élections législatives de 1978. André Boulloche, dans ce cadre est souvent cité comme pouvant devenir le ministre des finances, voire, selon le témoignage de Robert Badinter, premier ministre d'un gouvernement de gauche. Il occupe une place de plus en plus stratégique dans le parti, étant alors le tenant d’une ligne modérée qui s’oppose aux nouvelles exigences du Parti communiste. Ce dernier remet en cause l’union et oppose désormais aux socialistes des revendications de révision du Programme commun, avec notamment de nouvelles exigences, comme la nationalisation des filiales des grands groupes, qui menace la coalition. En réponse, le 12 février 1978, André Boulloche présente le chiffrage du programme commun, tel qu’il est interprété par le parti socialiste[2].

Classé par la presse premier des députés de l'opposition, il est quasiment assuré de sa réélection et obtient au premier tour, 33 % des suffrages, l’ensemble de la gauche en totalisant un peu plus de 61 %. Il mène néanmoins une active campagne électorale en multipliant les déplacements[2].

Après son décès le 16 mars 1978, Guy Bêche, son assistant parlementaire qu’il avait choisi pour être son suppléant est élu largement au deuxième tour[2].

L'endroit en Forêt-Noire près du mont Blauen où André Boulloche a trouvé la mort.
Tombe d'André Boulloche au cimetière de Montbéliard[11].

Circonstances de sa mort

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Le 16 mars 1978 entre les deux tours, André Boulloche reprend le chemin de Montbéliard en avion à la suite d'une réunion électorale tenue à Saint-Dié, dans les Vosges. Au moment du décollage, le temps est beau et ce n'est qu'aux approches de Montbéliard que le pilote Renaud Mary se trouve aux prises avec une violente tempête de neige qui rend l'atterrissage impossible. Cherchant à fuir le mauvais temps, il essaie de se diriger sur Belfort, Mulhouse et enfin Fribourg-en-Brisgau pour tenter de se poser à l'aéroport de Bâle-Mulhouse[12].

En fait, le temps est redevenu beau à Montbéliard et l'avion ne fait que suivre le chemin que prend la tempête. Perdu dans les nuages, il se déporte vers l'Est et, vers 17 heures il s'écrase sur le massif montagneux de Blauen, en pleine forêt et à quelques kilomètres de Malsburg-Marzell (Allemagne) dans le sud-ouest de la Forêt-Noire[12].

Grièvement blessés, Renaud Mary et André Boulloche ont la force de sortir de l'avion. Dans la nuit, ils essayent de gagner, à défaut d'habitations, une route sur laquelle une voiture pourrait passer. Au bout d'une heure, Boulloche s'écroule près d'un abri forestier. Mary poursuit sa route quelques instants et s'écroule à son tour. Des recherches intenses se poursuivent dans l'angoisse mais ce n'est que le lendemain après-midi que l'on retrouve leurs cadavres[12].

Hommage et postérité

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Le 21 mars 1978 une foule imposante lui rend un dernier hommage à Montbéliard. François Mitterrand, Jacques Chaban-Delmas, Robert Galley, parmi d'autres, prononcent un discours à sa mémoire[2].

L'hôpital de Montbéliard prend le nom de centre hospitalier André-Boulloche l'année de sa disparition[13]. Le lycée général et technologique de Livry-Gargan en Seine-Saint-Denis[14] et le lycée professionnel de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique portent également son nom[15].

Marié une première fois le 31 mai 1949 avec Anne Richard dont il a eu trois enfants, il divorce et se remarie, le 24 septembre 1959 avec Charlotte Cécile Pathé (1922-2020), fille de Charles Pathé (1863-1957) pionnier du cinéma et fondateur et directeur général de Pathé-Cinéma[2].

Décorations

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Notes et références

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  1. a et b Jacques André Boulloche naît à Paris (1er arrondissement) le 2 novembre 1888. Il est le fils d'André Charles Boulloche, conseiller à la Cour de cassation, et de Marie Léonie Madeleine Goupil. Il entre à l'École polytechnique en 1907 et en sort ingénieur des Ponts et Chaussées. Combattant de la guerre 1914-1918, il est inspecteur général des Ponts et Chaussées au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. C'est alors un chef de famille dans laquelle tout est sacrifié à la Résistance. Trois d'entre elles vont mourir en déportation : sa femme Hélène à Ravensbrück le 25 octobre 1944, son fils aîné Robert, inspecteur des finances, à Ellrich (annexe de Dora - Buchenwald) le 20 janvier 1945, et lui-même à Buchenwald le 19 février 1945.
  2. Il conserve le même directeur de cabinet, Hubert Roussellier, dans ces deux fonctions[9].

Références

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  1. Archives en ligne de Paris 7e, année 1915, acte de naissance no 388, cote 7N131, vue 8/30 (avec mention marginale de décès)
  2. a b c d e f g h i et j André Boulloche, sa biographie sur le site de l'Assemblée nationale [lire en ligne]
  3. a b c d e et f André Boulloche, sur le site de l'ordre de la Libération [lire en ligne]
  4. a b c d e f g h i j k l et m André Boulloche, La Jaune et la Rouge, n° 583, mars 2003 [lire en ligne]
  5. Livre mémorial sur le site de la Fondation pour la mémoire de la déportation, convoi des tatoués, bddm.org
  6. « L'énigme du convoi des tatoués » sur le site de l'Amicale des déportés tatoués du 27 avril 1944, 27avril44.org
  7. Thomas Fontaine, Déporter. Politiques de déportation et répression en France occupée 1940-1944, Université Paris-I Panthéon-Sorbonne, 2013, p. 943-944, 948-949 (Lire en ligne)
  8. Thomas Fontaine, op. cit., p. 74
  9. « M. Hubert Roussellier est mort », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  10. « M. ANDRÉ BOULLOCHE (P.S.) EST RÉÉLU PRÉSIDENT DU DISTRICT DE MONTBÉLIARD », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. (photo ToutMontbeliard.com)
  12. a b et c « ANDRE BOULLOCHE, ses obsèques le 21 mars 1978 » (consulté le )
  13. « L'historique », sur Hôpital Nord Franche-Comté (consulté le ).
  14. « Lycée André Boulloche - Lycée Général et Technologique », sur lyceeboulloche.com (consulté le ).
  15. « Éducation : Le lycée André-Boulloche fait peau neuve », sur Maville par Ouest France, (consulté le ).
  16. « André BOULLOCHE », sur Musée de l'Ordre de la Libération (consulté le )

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Bibliographie et sources

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jacques Bourdillon, « À la mémoire d'André Boulloche (34), compagnon de la Libération, 1915-1978 », rubrique « Libres propos », La Jaune et la Rouge, no 583, mars 2003 - , par (45) ([lire en ligne (page consultée le 6 février 2020)]) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Sa biographie et celle de son père sur le site de la bibliothèque de l'École polytechnique : [lire en ligne (page consultée le 6 février 2020)]. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • André Boulloche, sur le site de l'Ordre de la Libération : [lire en ligne (page consultée le 6 février 2020)] Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes

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Liens externes

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