Île de Sein
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Cet article est une ébauche concernant le monde insulaire, le département français du Finistère et la Bretagne.
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| Île de Sein Enez Sun |
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L'île de Sein vue du phare. |
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| Géographie | ||
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| Pays | ||
| Localisation | océan Atlantique | |
| Coordonnées | ||
| Superficie | 0,58 km2 | |
| Point culminant | 0 - 9 m | |
| Géologie | Île continentale | |
| Administration | ||
| Région | Région Bretagne | |
| Département | Finistère | |
| Démographie | ||
| Population | 200 hab. | |
| Densité | 344,83 hab./km2 | |
| Gentilé | Sénans | |
| Autres informations | ||
| Fuseau horaire | UTC+1 | |
| Îles de France | ||
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L'île de Sein est une île française qui a donné son nom à la commune nommée Île-de-Sein.
Sommaire |
Géographie[modifier]
Elle est située dans l’océan Atlantique, au large de la péninsule bretonne, à 8 km de la pointe du Raz, dont elle est séparée par le raz de Sein. Son nom breton est Enez Sun.
Ce bout de roche, sentinelle avancée dans l'océan, émergeant à peine du niveau de la mer, reçoit de plein fouet le déferlement des nombreuses tempêtes. L'habitat est resserré, regroupé autour du port pour faire front aux éléments : les ruelles étroites s'entremêlent pour que s'y perdent les vents et les embruns[1].
Elle s'étend sur quelques 2 km et serpente comme un S inversé dont la largeur varie de 30 à 500 mètres.
Histoire[modifier]
Citée dès 43 ap. J.C. par le géographe romain Pomponius Mela, sous le vocable Sena, l'origine du nom est incertaine. Plusieurs hypothèses sont émises : présence d'un oracle desservi par neuf prêtresses, appelées Cènes ou Sènes par les Gaulois ; « Site ou lieu des Fées » dans l'Insula Seidhun du XIe siècle, de l'irlandais sith signifiant fée, esprit et tun/dun signifiant hauteur ou lieu) ; du latin senos signifiant vieux ou sinus désignant un endroit resserré entre les roches[2].
On retrouve au cours de l'histoire plusieurs orthographes, entre autres: Ille de Sayn en 1303, Isle de Sainct au XVIIe siècle, isle des Saints au XVIIIe ou encore Île-des-Saints en 1842[3], voire Seins[4] avant de devenir l'actuelle Île de Sein.
Naufrages[modifier]
Les naufrages dans les parages de l'Île de Sein ont été très nombreux : voici une liste, très incomplète, de quelques-uns :
- Les insulaires ont, de 1617 à 1763, sauvé d'une perte certaine un vaisseau de ligne, une frégate, deux corvettes, un lougre, trois embarcations de commerce, dans lesquelles se trouvait un transport ramenant cinq cents hommes de troupes françaises des colonies; cinq équipages entiers de bâtiments de guerre et de négoce, et le 16 décembre 1796, sept cents hommes sur les mille cinq cents hommes d'équipage du "Le Peletier", ex "Séduisant", grand vaisseau de guerre venu se fracasser sur l'îlot de Tévennec à 5,5 km au NE de l'Île de Sein[5].
- Le 18 septembre 1835, 4 îliens dont le recteur de l'île, réussirent à sauver en formant une chaîne humaine, encordés les uns aux autres, 8 naufragés du Bellissima, brick anglais, venu se briser sur les écueils de l’île[5].
- 22 mai 1908 : naufrage du vapeur danois Oscarshal, qui allait de Dunkerque à Nantes, sur la chaussée de Sein :
« Le navire, dont on aperçoit seulement les mâts et la cheminée, repose sur la roche Namonic, à environ deux milles en dedans du phare d'Ar Men, sur la chaussée. (...) À marée basse, le pont du vapeur se découvre. L'avant du navire est défoncé. Le capitaine, M. Nils Œurum, interviewé, nous a assuré avoir corné pendant quatre jours, ayant toujours marché dans la brume et à très petite allure. De Dunkerque au raz de Sein, il n'a jamais vu la terre et n'a aperçu qu'un simple feu de navire à hauteur de Douvres. Dans la nuit du sinistre, il n'a même pas vu le feu d'Ar Men, ni entendu sa sirène. Les habitants de l'Île de Sein ont perçu le soir du naufrage, les coups de sifflet et de corne de l'Oscarshal, de onze heures du soir à une heure du matin. Le navire avait presque traversé la chausse de Sein (sans s'en douter) lorsque l'accident se produisit. Deux cent mètres plus loin, il était sauf[6]. »
- 24 novembre 1910 : le vapeur espagnol Arratia, de Bilbao, s'échoue, perdu dans la brume, près de l'Île de Sein et disparaît quelques jours plus tard[7].
- 20 mai 1922 : naufrage du paquebot anglais Egypt, de la Peninsular Oriental Company, qui faisait route de Londres vers Bombay, à la suite d'un abordage avec le vapeur Seine dans le raz de Sein par 110 m de fond, à 28 milles au nord du phare d'Ar Men (98 morts). L'Egypt transportait entre autres de l'or et des espèces pour une valeur de plus de 1 million de livres. L'épave fut repérée en 1926 et de grandes quantités d'or récupérées en 1930[8].
« Les passagers allaient se mettre à table lorsqu'un choc épouvantable se produisit. Le navire venait d'être abordé par bâbord, entre les deux cheminées, par le cargo français Seine, qui faisait route vers Le Havre. Ce fut aussitôt une épouvantable panique. Ceux ds passagers qui n'avaient pas été blessés dans le choc remontèrent, affolés, sur le pont. Le capitaine et les officiers prenaient toutes les dispositions pour assurer leur sauvetage. Mais l'équipage, composé en bonne partie d'Hindous, s'empara des embarcations, s'opposant, revolver au poing, à ce que les femmes et les enfants y prennent place d'abord. Bien qu'éventré, l'Egypt continuait sa marche dans le brouillard et s'éloignait de plus en plus de la Seine dont les canots, qui avaient été mis immédiatement à la mer, essayaient en vain de recueillir les naufragés. Cette longue agonie du paquebot dura près de vingt minutes; et la panique était presque générale. Des passagers se jetaient à l'eau, d'autres montaient dans des embarcations déjà surchargées, faisant chavirer plusieurs d'entre elles. Grâce aux appels des sirènes du navire naufragé, la Seine put le retrouver dans la brume, au moment où il achevait de couler. En dix voyages, deux des embarcations purent sauver 29 passagers et 218 hommes d'équipage. Elles ramenèrent également quatre morts et trois blessés. (...) La Seine fit alors route sur Brest avec ses 247 rescapés[9]. »
« Aussitôt après l'abordage, l'équipage hindou, soutiers, chauffeurs et matelots du pont, s'empara des embarcations et repoussa les passagers. Ce fut un instant de panique, mais les officiers de l'équipage remirent l'ordre énergiquement. Quatre chaloupes seulement purent être mises à la mer. Des scènes déchirantes eurent lieu : une femme se laissa couler avec ses deux enfants, ne voulant pas s'en séparer. Des hommes donnèrent résolument leur place dans les embarcations, ou leur ceinture de sauvetage. L'imprimeur du bord, M. Lenner, qui était muni d'une ceinture de sauvetage, s'apprêtait à se lancer à la mer quand, apercevant une femme affolée sur le pont et réclamant du secours, il lui passa sa ceinture et, après ce geste héroïque, disparut dans les flots. À ce moment de son récit, Miss Byne fond en larme et s'excuse de ne pouvoir continuer. La déchirure de la coque, par suite du choc, provoqua l'explosion ds chaudières. Plusieurs personnes furent brûlées. Le navire coula par l'arrière. L'Egypt mesurait 160 mètres de long, 20 mètres de large environ, jaugeait près de 8 000 tonnes et calait 25 pieds en charge. (...) L'inhumation des victimes a eu lieu dans le cimetière de Kerfautras [à Brest][10] »
Sauvetage[modifier]
Le sauvetage en mer dans ces parages dangereux est assuré par le canot tous temps de la SNSM, le Ville de Paris (SNS 060).
Faunes et flores[modifier]
L'île contient d'innombrables galets, les oiseaux limicoles y font leur nids dessus. Elle possède des chevrettes, des moutons et des lapins.
En mer, du congre, des homards, des berniques, des maquereaux et des dauphins.
Transports[modifier]
La Compagnie maritime Penn ar Bed assure la liaison permanente du continent à l'île de Sein. La traversée dure 1 heure. Hors la saison estivale et vacances scolaires, une seule rotation a lieu tous les jours sauf le mercredi. Durant les vacances scolaires, le bateau assure alors la rotation aux mêmes horaires que les autres jours). Départ d'Audierne Ste-Evette à 9 heures 30 et retour de Sein à 16 heures. En cas de départ de Douarnenez: départ du quai du Rosmeur à 10 heures et retour de Sein à 15 heures 30.
Notes et références[modifier]
- Ile de Sein - "Fragment de terre sur l'océan"
- Mairie de l'île de Sein
- M. Bourgat, Code des douanes ou Recueil des lois et règlements sur les douanes en vigueur au 1er janvier 1842, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k371147/f40.image.r=Molene.langFR
- A. Delandre, "Traité pratique des douanes", tome 2, 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61172403/f193.image.r=Molene.langFR
- [PDF] www.photosdefrance.com, « Histoire de l'Île de Sein (maquette provisoire du 13 janvier 2010 - 317 pages) ». Consulté le 16 juillet 2010
- Journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest du 24 mai 1908, citée par "Navigazette" n° 997 du 4 juin 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55245689.image.r=Molene.f3.langFR
- Journal La Lanterne no 11271 du 27 novembre 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75081399/f3.image.r=Molene.langFR
- "Revue de droit maritime", juillet 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62116418/f221.image.r=Ouessant.langFR
- Journal Le Figaro n° 142 du 22 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k293222f/f2.image.r=Ouessant.langFR
- Journal Ouest-Éclair n° 7506 du 23 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k583783t/f3.image.r=Ouessant.langFR