Île de Sein

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'île. Pour la commune, voir Île-de-Sein. Pour les homonymes, voir Île de Sein (homonymie).
Île de Sein
Enez Sun
L'île de Sein vue du phare.
L'île de Sein vue du phare.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation océan Atlantique
Coordonnées 48° 02′ 12″ N 4° 50′ 58″ O / 48.036667, -4.84944548° 02′ 12″ N 4° 50′ 58″ O / 48.036667, -4.849445  
Superficie 0,58 km2
Point culminant 0 - 9 m
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Finistère
Commune Île-de-Sein
Démographie
Population 215 hab. (2013[1])
Densité 370,69 hab./km2
Gentilé Sénans
Autres informations
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Île de Sein
Île de Sein

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Île de Sein
Île de Sein
Îles de France

L'île de Sein (Enez-Sun en breton) est une île française qui a donné son nom à la commune nommée Île-de-Sein.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de Sein est une île située dans l’océan Atlantique, au large de la péninsule bretonne, à 8 km de la pointe du Raz, dont elle est séparée par le raz de Sein. Son nom breton est Enez Sun.

Ce bout de roche, sentinelle avancée dans l'océan, émergeant à peine du niveau de la mer, reçoit de plein fouet le déferlement des nombreuses tempêtes. L'habitat est resserré, regroupé autour du port pour faire front aux éléments : les ruelles étroites s'entremêlent pour que s'y perdent les vents et les embruns[2].

Elle s'étend sur quelque deux kilomètres et serpente comme un S inversé dont la largeur varie de 30 à 500 mètres.

Toponymie[modifier | modifier le code]

La forme française semble provenir du celtique continental - dit 'gaulois' - et dérive de senos[3] - vieux, ancien - que l'on retrouvera en breton contemporain sous la forme 'Hen' - ancien, vieux, avec croisement avec le latin senus (courbe, par extension golfe, baie).

Le toponyme breton Sun - Enez Sun = Île de Sein - est la forme contractée de Sizun dont l'étymologie est incertaine. Il est proposé le sens de 'crête, espace rocheux découpé...'; ce qui semblerait être confirmé par la rudesse du paysage de l'île de Sein et, avec un toponyme proche, celui de 'Sizun en Monts d'Arrée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Île-de-Sein.

Étymologie et origines[modifier | modifier le code]

Le nom "Sein" proviendrait de la présence d'un oracle desservi par neuf prêtresses, appelées Cènes ou Sènes par les Gaulois selon Pomponius Mela. « Sur l'île de Sein vivent les Sénès. Elles sont au nombre de neuf… », écrit Jules César dans son ouvrage La Guerre des Gaules. « Site ou lieu des Fées » dans l'Insula Seidhun du XIe siècle, de l'irlandais sith signifiant fée, esprit et tun/dun signifiant hauteur ou lieu) ; du latin senos signifiant vieux ou sinus désignant un endroit resserré entre les roches[4].

Lucien Boulain penche plutôt pour une contraction du mot "Sizun", du nom du Cap Sizun situé en face sur le continent[5]. Par exemple, la monographie du Père Guillaume Le Roux consacrée au prédicateur Julien Maunoir, publiée en 1848, parle encore de "l'île de Sizun"[6].

Les graphies "Île des Saints" ou "Île des Sains"[7], ou encore "Saintz" ou "Sainct", étaient aussi usitées par le passé. La carte de Mercator la dénomme Seyn insula.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La Veuve de l'Île de Sein (1880).

Une épidémie de choléra sévit dans l'île vers 1880. Le peintre Émile Renouf peint lors d'une visite dans l'île à cette époque son tableau La veuve de l'Île de Sein.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'Île de Sein a été faite Compagnon de la Libération par le général de Gaulle.

Les Tri Yann ont chanté Sein 1940, en hommage aux hommes de l'île qui sont partis vers l'Angleterre en juin 1940[8].

Naufrages[modifier | modifier le code]

Les naufrages dans les parages de l'Île de Sein ont été très nombreux : voici une liste, très incomplète, de quelques-uns :

  • Les insulaires ont, de 1617 à 1763, sauvé d'une perte certaine un vaisseau de ligne, une frégate, deux corvettes, un lougre, trois embarcations de commerce, dans lesquelles se trouvait un transport ramenant cinq cents hommes de troupes françaises des colonies ; cinq équipages entiers de bâtiments de guerre et de négoce, et le 16 décembre 1796, sept cents hommes sur les mille cinq cents hommes d'équipage du "Le Peletier", ex "Séduisant", grand vaisseau de guerre venu se fracasser sur l'îlot de Tévennec à 5,5 km au NE de l'Île de Sein[9].
  • Le 18 septembre 1835, quatre îliens dont le recteur de l'île, réussirent à sauver en formant une chaîne humaine, encordés les uns aux autres, huit naufragés du Bellissima, brick anglais, venu se briser sur les écueils de l’île[9].
  • 22 mai 1908 : naufrage du vapeur danois Oscarshal, qui allait de Dunkerque à Nantes, sur la chaussée de Sein :

« Le navire, dont on aperçoit seulement les mâts et la cheminée, repose sur la roche Namonic, à environ deux milles en dedans du phare d'Ar Men, sur la chaussée. (...) À marée basse, le pont du vapeur se découvre. L'avant du navire est défoncé. Le capitaine, M. Nils Œurum, interviewé, nous a assuré avoir corné pendant quatre jours, ayant toujours marché dans la brume et à très petite allure. De Dunkerque au raz de Sein, il n'a jamais vu la terre et n'a aperçu qu'un simple feu de navire à hauteur de Douvres. Dans la nuit du sinistre, il n'a même pas vu le feu d'Ar Men, ni entendu sa sirène. Les habitants de l'Île de Sein ont perçu le soir du naufrage, les coups de sifflet et de corne de l'Oscarshal, de onze heures du soir à une heure du matin. Le navire avait presque traversé la chausse de Sein (sans s'en douter) lorsque l'accident se produisit. Deux cent mètres plus loin, il était sauf[10]. »

  • 24 novembre 1910 : le vapeur espagnol Arratia, de Bilbao, s'échoue, perdu dans la brume, près de l'Île de Sein et disparaît quelques jours plus tard[11].
  • 20 mai 1922 : naufrage du paquebot anglais Egypt, de la Peninsular Oriental Company, qui faisait route de Londres vers Bombay, à la suite d'un abordage avec le vapeur Seine dans le raz de Sein par 110 m de fond, à 28 milles au nord du phare d'Ar Men (98 morts). L'Egypt transportait entre autres de l'or et des espèces pour une valeur de plus de 1 million de livres. L'épave fut repérée en 1926 et de grandes quantités d'or récupérées en 1930[12].

« Les passagers allaient se mettre à table lorsqu'un choc épouvantable se produisit. Le navire venait d'être abordé par bâbord, entre les deux cheminées, par le cargo français Seine, qui faisait route vers Le Havre. Ce fut aussitôt une épouvantable panique. Ceux des passagers qui n'avaient pas été blessés dans le choc remontèrent, affolés, sur le pont. Le capitaine et les officiers prenaient toutes les dispositions pour assurer leur sauvetage. Mais l'équipage, composé en bonne partie d'Hindous, s'empara des embarcations, s'opposant, revolver au poing, à ce que les femmes et les enfants y prennent place d'abord. Bien qu'éventré, l'Egypt continuait sa marche dans le brouillard et s'éloignait de plus en plus de la Seine dont les canots, qui avaient été mis immédiatement à la mer, essayaient en vain de recueillir les naufragés. Cette longue agonie du paquebot dura près de vingt minutes; et la panique était presque générale. Des passagers se jetaient à l'eau, d'autres montaient dans des embarcations déjà surchargées, faisant chavirer plusieurs d'entre elles. Grâce aux appels des sirènes du navire naufragé, la Seine put le retrouver dans la brume, au moment où il achevait de couler. En dix voyages, deux des embarcations purent sauver 29 passagers et 218 hommes d'équipage. Elles ramenèrent également quatre morts et trois blessés. (...) La Seine fit alors route sur Brest avec ses 247 rescapés[13]. »

« Aussitôt après l'abordage, l'équipage hindou, soutiers, chauffeurs et matelots du pont, s'empara des embarcations et repoussa les passagers. Ce fut un instant de panique, mais les officiers de l'équipage remirent l'ordre énergiquement. Quatre chaloupes seulement purent être mises à la mer. Des scènes déchirantes eurent lieu : une femme se laissa couler avec ses deux enfants, ne voulant pas s'en séparer. Des hommes donnèrent résolument leur place dans les embarcations, ou leur ceinture de sauvetage. L'imprimeur du bord, M. Lenner, qui était muni d'une ceinture de sauvetage, s'apprêtait à se lancer à la mer quand, apercevant une femme affolée sur le pont et réclamant du secours, il lui passa sa ceinture et, après ce geste héroïque, disparut dans les flots. À ce moment de son récit, Miss Byne fond en larme et s'excuse de ne pouvoir continuer. La déchirure de la coque, par suite du choc, provoqua l'explosion des chaudières. Plusieurs personnes furent brûlées. Le navire coula par l'arrière. L'Egypt mesurait 160 mètres de long, 20 mètres de large environ, jaugeait près de 8 000 tonnes et calait 25 pieds en charge. (...) L'inhumation des victimes a eu lieu dans le cimetière de Kerfautras [à Brest][14] »

Sauvetage[modifier | modifier le code]

Le sauvetage en mer dans ces parages dangereux depuis 1980 est assuré par le canot tous temps de la SNSM, le Ville de Paris (SNS 060) [15].

Le Ville de Paris (SNS 060), amarré à Île de Sein en 2009

Faunes et flores[modifier | modifier le code]

L'île contient d'innombrables galets, les oiseaux limicoles y font leur nids. Elle possède des chevrettes, des moutons et des lapins.

En mer, du congre, des homards, des berniques, des maquereaux et des dauphins.

Pêche[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

La Compagnie maritime Penn ar Bed assure la liaison permanente du continent à l'île de Sein. La traversée dure 1 heure. Hors la saison estivale et vacances scolaires, une seule rotation a lieu tous les jours sauf le mercredi. Durant les vacances scolaires, le bateau assure alors la rotation aux mêmes horaires que les autres jours. Départ d'Audierne Ste-Evette à 9 heures 30 et retour de Sein à 16 heures. En cas de départ de Douarnenez: départ du quai du Rosmeur à 10 heures et retour de Sein à 15 heures 30.

L'île de Sein est une île sans voitures[16].

Légendes[modifier | modifier le code]

Des Marie Morgane (sirènes bretonnes) auraient vécu dans les eaux de l'Ile de Sein.

Aspects littéraires et artistiques[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Tableaux[modifier | modifier le code]

De nombreux artistes sont venus dans l'île, « attirés par l'âpre beauté de l'endroit »[17]. Parmi eux, Emmanuel Lansyer visite l'île en 1868 et Émile Renouf peu après[18].

Films[modifier | modifier le code]

  • Plusieurs films ont été tournés en tout ou partie à l'Île de Sein[8] :
    • Jean Epstein : Mor Vran (1929-1930)
    • Jean Delannoy : Dieu a besoin des hommes (1950)
    • Raymond Vogel et Alain Kaminker : La mer et les jours (1958, documentaire)
    • Jean Becker : Élisa (1995)
  • Un téléfilm :
    • Laurent Dousseaux : Les Robinsonnes (2003)

Musique[modifier | modifier le code]

Chanteurs[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une naissance sur l'Ile de Sein, une première depuis 35 ans 7sur7 (01/12/2013)
  2. Ile de Sein - "Fragment de terre sur l'océan"
  3. Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Une approche linguistique du vieux-celtique continental, Errance - Collection des Hespérides, 2003 (ISBN 2-87772-237-6)
  4. Mairie de l'île de Sein
  5. Lucien Boulain, Raz de Sein : diverses légendes sur la ville d'Is (françaises et bretonnes), études sur l'affaissement progressif du littoral, monographie de l'île de Sein (relation de voyage), A. de Kerangal, Quimper, 1893, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529105z/f24.image.r=Perguet.langFR
  6. R.P.G. Guillaume Le Roux, "Recueil des vertus et des miracles du R. P. Julien Maunoir", L. Prud'homme, Saint-Brieuc, 1848, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624088k/f61.image.r=Sein.langFR
  7. Par exemple par Dubuisson-Aubenay et François-Nicolas Baudot dans Itinéraire de Bretagne, manuscrit de 1636
  8. a, b et c http://www.mairie-iledesein.com/artistes.htm
  9. a et b [PDF] www.photosdefrance.com, « Histoire de l'Île de Sein (maquette provisoire du 13 janvier 2010 - 317 pages) » (consulté le 16 juillet 2010)
  10. Journal La Dépêche de Brest et de l'Ouest du 24 mai 1908, citée par "Navigazette" n° 997 du 4 juin 1908, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55245689.image.r=Molene.f3.langFR
  11. Journal La Lanterne no 11271 du 27 novembre 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75081399/f3.image.r=Molene.langFR
  12. "Revue de droit maritime", juillet 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62116418/f221.image.r=Ouessant.langFR
  13. Journal Le Figaro n° 142 du 22 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k293222f/f1.image.r=Ouessant.langFR
  14. Journal Ouest-Éclair n° 7506 du 23 mai 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k583783t/f3.image.r=Ouessant.langFR
  15. http://www.mairie-iledesein.com/snsm.htm Site de la mairie de L'Île de Sein
  16. J'arrive à faire face à à peu près tout], Le Tigre (magazine), n°19, Juillet-août 2012.
  17. René Pichavant, Sein, l'île des cormorans bleus, Douarnenez, éditions Morgane, 1991
  18. http://maisonmariehenry.over-blog.com/article-emile-renouf-la-veuve-de-l-ile-de-sein-45425108.html
  19. http://pagesperso-orange.fr/louis.capart/

Sur les autres projets Wikimedia :