Korrigan

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Korrigan

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Un dessin de Korrigan

Créature

Autres noms Kornikaned, koril, korig, couril, corric, kriore, kéréore, kannerez noz, poulpiquet, teuz, boléguéan, hoseguéannet, boudic, boudiguet, bouffon noz...
Groupe Créature du folklore
Sous-groupe Petit peuple
Habitat Grottes, tumuli, dolmen
Proches Nain, lutin, farfadet

Origines

Origine Folklore breton
Région Bretagne

Le korrigan est une créature légendaire de Bretagne, comparable au lutin français. Bienveillant ou malveillant selon les cas, il peut faire preuve d'une extrême générosité, mais est capable d'horribles vengeances.

Étymologie et terminologie[modifier | modifier le code]

« Korrigan » (du breton korr, nain, suivi du diminutif ig et du suffixe an, pluriel breton : korriganed) signifie « petit nain » avec un suffixe hypocoristique très fréquent dans les noms de personnes. Au féminin, on trouve parfois une forme féminisée à la manière française, « korrigane », qui peut désigner une fée malfaisante. Les préfixes corr (littérature galloise) et cor (ancien cornique) désignent tous deux un nain. Bien qu'il soit connu comme « le lutin de Bretagne », le korrigan renvoie étymologiquement au nain (korr)[1],[2] et non au lutin.

La langue bretonne connaît un très grand nombre de mots pour désigner le petit peuple, et dans cette « région infestée de lutins », il est commun de les distinguer par leur habitat[3]. Pierre Dubois attribue aux kornikaneds les bois, aux korils, courils, corrics, kriores, kéréores et kannerez noz les landes, aux poulpiquets les vaux, aux teuz les prés, aux boléguéans les tumuli, aux hoseguéannets les cercles de pierres et aux boudics, boudiguets et bouffon noz les fermes[4]. Mais la Bretagne connaît aussi des « farfadets », « duz », « korrigs », « komaudons », « korandons », « kormandons », « kérions », « ozégans », « fomiquets » ou encore « chorriquets ». Au fil du temps, toutes ces petites créatures jadis distinctes sont venues à être désignées sous l'unique nom de « korrigan »[2].

Description[modifier | modifier le code]

Les marionnettes-korrigans de la Cie. Coppelius.

Les korrigans font aussi partie du petit peuple, ce sont des esprits prenant l'apparence de nains dans la tradition celtique[réf. souhaitée], et en particulier bretonne. Leur apparence est variée, ils peuvent être dotés d'une magnifique chevelure et d'yeux rouges lumineux, à l'aide desquels ils sont censés ensorceler les mortels ou être décrits comme étant petits, noirs et velus, coiffés de chapeaux plats avec des rubans de velours, les filles étant coiffées de bonnets violets. Pierre Dubois les décrit comme des nains cornus hauts d'une à deux coudées, aux pieds de boucs, aux sabots de fer et aux griffes de chat[5].

Les contes les situent le plus souvent dans des grottes, les tumuli ou encore dans des dolmens[5]. Mais ils hantent également les sources, les fontaines ou les landes du pays breton.

On leur attribue les ronds de sorcières qu'on trouve parfois sur les prés ou dans les sous-bois. On dit qu'ils y font cercle pour danser à la tombée du jour. Au mortel qui les dérange, il arrive qu'ils proposent des défis qui, s’ils sont réussis, donnent le droit à un vœu (ce qui est en général le cas pour les hommes bons) mais qui peuvent, en cas d'échec, se transformer en pièges mortels menant tout droit en enfer ou dans une prison sous terre sans espoir de délivrance. Dans la nuit du 31 octobre, on prétend qu'ils sévissent à proximité des dolmens, prêts à entraîner leurs victimes dans le monde souterrain pour venger les morts des méfaits des vivants. Cette tradition les rattache à la non moins celtique Halloween à l'origine fête de Samain; nouvel an celtique, devenue au fil des siècles et des religions la fête que nous connaissons aujourd'hui.[réf. nécessaire]

Parfois aussi, ils symbolisent la résistance de la Bretagne à la christianisation et on leur prête alors des facéties nocturnes au voisinage des églises prenant les prêtres pour cibles.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Les korrigans sont devenus bien connus ces dernières années dans l'illustration et la littérature populaire bretonne. Pascal Moguérou en a notamment fait son thème favori depuis plusieurs années [6]. Renaud Marhic a publié un polar noir intitulé Korrigans Connection[7], Erwan et Ronan Le Breton, une bande dessinée, Les Contes du Korrigan, chez Soleil « celtic »[8]. Un collectif a travaillé sur Les Contes du Korrigan.

Barradig le Korrigan de Roc'h Trevezel, par la Cie. Coppelius[9], est un spectacle féérique de marionnettes à fils traditionnelles. Les textes sont dits et chantés par les personnages sur des airs de chants traditionnels irlandais ou tirés du folklore breton (Barzaz Breiz). Barradig est un korrigan qui vit dans les Monts d'Arrée à Roc'h Trevezel où il coule des jours paisibles, jusqu'au jour où son meilleur ami Tad Hunvreer disparait sans laisser de trace. Il part à sa recherche accompagné d'une hermine et chemin faisant, rencontre les créatures mystérieuses qui peuplent les nuits et l'imaginaire de Bretagne.

Citations[modifier | modifier le code]

« C'est l'heure de se lever, de courir dans la vallée et d'effrayer les passants, la nuit nous appartient, évitez notre chemin, car nous sommes les korrigans. »

— G. Foucher , extrait de la chanson des korrigans du spectacle chanté pour marionnettes Barradig le Korrigan de Roc'h Trevezel, par la Cie. Coppelius

« Poulpiquet est le nom donné, dans la légende, aux enfants des jolies korriganes qui, fils ou filles des affreux korrigans, exercent la laideur de leur père avec une effroyable prodigalité. Or, les clients du petit café nous ayant paru pour la plupart fort laids, nous avions baptisé le lieu de leurs rencontres "le café des Poulpiquets" qui devint ensuite, par abréviation "le Poulpiquet". »

— René Peter , Une saison avec Marcel Proust, Gallimard, collection « NRF », 2005 (ISBN 978-2070774340)

« J'ai paru au jour, sous les dehors bénins d'un chaton de deux mois. Bonnes gens ! vous m'avez recueilli, sans savoir que vous hébergiez le dernier démon de cette Bretagne ensorcelée. "Gnome", "poulpiquet", "kornigaret", "korrigan", c'est ainsi qu'il fallait me nommer, et non "Poum" ! »

— Colette , Poum

Nots et références[modifier | modifier le code]

  1. Gilbert Millet et Denis Labbé, Les mots du merveilleux et du fantastique, volume 40 de coll. Le français retrouvé, Belin, 2003, (ISBN 2701133424 et 9782701133423), p. 149
  2. a et b Martineau 2003, p. 119
  3. Martineau 2003, p. 84
  4. Dubois 1992, p. 73
  5. a et b Dubois 1992, p. 72
  6. « Le Grand Livre des Korrigans »
  7. Korrigans Connection, collection Polars&Grimoires, EdB 2009, (ISBN 978-2-35998-009-7), voir « Renaud MARHIC, Korrigans Connection »
  8. « Contes du Korrigan (Les) »
  9. http://www.coppelius.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Recueils de contes[modifier | modifier le code]

  • Pascal Jézéquel (ill. Pascal Moguérou), Les korrigans ou les petits contes secrets de la Lande, Au Bord des continents,‎ 1999 (ISBN 978-2911684142)
  • Dominique Besançon (dir.) et Sylvie Ferdinand (dir.), Gnomes, Lutins, Korrigans, farfadets, trolls et autres génies du monde, Terre de Brume,‎ 2003 (ISBN 2-84362-296-4)
  • Dominique Besançon (dir.), Petites Histoires de… Lutins et korrigans, Terre de Brume,‎ 2007, 96 p. (ISBN 9782843623462)

Études[modifier | modifier le code]

  • Anne Martineau, « La grande tribu des lutins », dans Le nain et le chevalier: Essai sur les nains français du moyen âge, Presses Paris Sorbonne, coll. « Traditions et croyances »,‎ 2003 (ISBN 9782840502746, lire en ligne), p. 83-138. Thèse recensée et critiquée par Bernard Ribémont dans les Cahiers de recherches médiévales et humanistes en 2003, [lire en ligne] Document utilisé pour la rédaction de l’article