Maurice Emmanuel
Maurice Emmanuel
Maurice Emmanuel dans les années 30
| Naissance | 2 mai 1862 Bar-sur-Aube, |
|---|---|
| Décès | 14 décembre 1938 (à 76 ans) Paris, France |
| Activité principale | compositeur |
| Maîtres | Léo Delibes, Ernest Guiraud |
| Élèves | Olivier Messiaen, Henri Dutilleux, Georges Migot, Yvonne Lefébure, Robert Casadesus |
Maurice Emmanuel, né à Bar-sur-Aube le 2 mai 1862, mort à Paris le 14 décembre 1938, est un compositeur et musicologue français.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Il passe son enfance en Bourgogne à Beaune (Côte-d'Or) où ses parents s'installent à partir de 1867. C'est là qu'il découvre les chants folkloriques des vignerons.
En 1880, il entre au Conservatoire de Paris où il est l'élève de Théodore Dubois (harmonie), Louis-Albert Bourgault-Ducoudray (histoire de la musique) et Léo Delibes (composition). Ce dernier s'oppose à ses innovations musicales, en particulier l'utilisation des anciens modes grecs et médiévaux. Il juge la sonate pour violoncelle et piano, op.2 de son élève, en ces termes : "Mon garçon, tant que vous écrirez de cette musique-là, vous pourrez rester chez vous !" et lui barre l'accès au grand Prix de Rome. Dépité, il continue de prendre des leçons auprès d'Ernest Guiraud. C'est ainsi qu'il rencontre le jeune Debussy, en faveur duquel il apportera plus tard un témoignage intéressant.
Il poursuit parallèlement des études supérieures à la Sorbonne : il obtient sa licence ès lettres en 1886) et soutient en 1896 une thèse de doctorat L'Orchestique grecque et l'éducation du danseur grec. À l'École du Louvre il travaille avec François-Auguste Gevaert. De 1904 à 1907, il est Maître de chapelle à l'église Sainte-Clotilde. En 1907, il est nommé professeur d'histoire de la musique au Conservatoire de Paris, poste qu'il occupera jusqu'en 1936.
Robert Casadesus, Yvonne Lefébure, Georges Migot, Jacques Chailley, Olivier Messiaen, Henri Dutilleux, Jean Rivier figurent au nombre de ses élèves.
Mais cette carrière d'érudit a quelque peu masqué celle du musicien dont les œuvres sont peu jouées et appréciées à leur juste valeur, jusqu'à la création en 1929 à l'Opéra de Paris de sa tragédie lyrique Salamine , d'après Les Perses d'Eschyle, qui obtient un certain succès et qui lui vaut sa nomination comme chevalier de la Légion d'honneur.
Œuvres [modifier]
Relativement peu abondante (73 opus composés dont seulement 30 ont été conservés), l'œuvre d'Emmanuel est d'une grande qualité. Elle a su conserver son originalité sans subir l'influence de l'impressionnisme dominant du début du siècle. Ses premières compositions, en particulier la première sonatine pour piano (1893) témoignent déjà de l'affranchissement de son style au debussysme. La sonate pour clarinette, flûte et piano de 1907 est très caractéristique de l'art d'Emmanuel : de facture néoclassique, l'œuvre assimile subtilement sa connaissance des rythmes de l'Antiquité comme celle de l'instrumentation populaire du XIXe siècle, ses deux sujets de prédilection.
Musique instrumentale [modifier]
- Sonate pour violoncelle et piano, op.2 (1887)
- 6 sonatines pour piano
Premiere Sonatine, op.4 (1893)
Deuxieme Sonatine "pastorale", op.5 (1897)
Troisieme Sonatine, op. 19 (1920)
Quatrieme Sonatine "sur des modes hindous", op. 20 (1920)
Cinquieme Sonatine "all francese", op. 22 (1925)
Sixieme Sonatine, op. 23 (1925)
- Sonate pour violon et piano, op.6 (1902)
- Quatuor à cordes, op.8 (1903)
- Suite sur des airs populaires grecs pour violon et piano, op.10 (1907)
- Sonate pour clarinette, flûte et piano, op.11 (1907)
- Sonate pour Cornet à piston (ou Bugle) et piano, op.29 (1936)
Musique pour orchestre [modifier]
- Ouverture pour un conte gai, op.3 (1890)
- Zingaresca, pour orchestre à cordes, 2 pianos, 2 flûtes et timbale, op.7 (1902)
- 2 symphonies:
- Symphonie n°1 en La, op.18 (1919)
- Symphonie n°2 "bretonne" en La, op.25 (1930-31) (dont le quatrième mouvement fait référence au pardon de Rumengol dans le Finistère)
- Suite française, op.26 d'après la 5e sonatine (1934-35)
- Poème du Rhône, op.30 (1938), poème symphonique d'après Frédéric Mistral, œuvre posthume orchestrée par Marguerite Béclard d'Harcourt
Musique sacrée [modifier]
- O filii, op.9, pour soli, chœur et orgue (1905)
- Trois pièces pour orgue ou harmonium, op.14 (1892-1911)
Musique vocale [modifier]
- In memoriam, op.12 pour chant, violon, violoncelle et piano (1908)
- 3 Odelettes anacréontiques, op.13, pour chant, flûte et piano (1911)
- 30 Chansons bourguignonnes, op.15, pour voix soliste ou chœur et piano (1913)
- Musiques, op.17, 12 mélodies pour chant et piano (1908)
- Vocalise (dite "alla siciliana"), op.24 pour chant et piano (1926)
- Deux Noëls populaires, op.27, pour choeur, viole de gambe (ou violoncelle) et piano (1935) :
Musique de scène [modifier]
- Pierrot peintre, op.1 (pantomime) sur un livret de Félix Régamey (1886)
- Prométhée enchaîné, op.16, tragédie lyrique d'après Eschyle (1916-18)
- Salamine, op.21, tragédie lyrique d'après Eschyle (1921-23, 1927-28)
- Amphitryon, op.29, comédie musicale d'après Plaute (1936)
Écrits [modifier]
- Essai sur l'orchestique grecque, Paris, 1895
- Histoire de la langue musicale, 2 vol.,Paris, 1911
- Traité de l'accompagnement modal des psaumes, Lyon, 1913
- Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, Paris, 1926
- César Franck, Paris, 1930
- Anton Reicha, Paris, 1936
Maurice Emmanuel, auteur de nombreux articles de revues, a participé à l'édition des Œuvres complètes de Jean-Philippe Rameau. Il en a rédigé les commentaires des volumes XVII et XVIII, Paris, Durand, 1913
Esquisses [modifier]
En 1896, ce sont ses propres esquisses qui illustrent sa thèse sur l'Orchestique grecque. Sa vie durant, il continuera de dessiner : ses encres de Chine sont conservées dans la Collection Anne Eichner-Emmanuel avec le concours de l'Association des Amis de Maurice Emmanuel[1].
Sources [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Maurice Emmanuel. Dans Marc Honegger (dir.), « Dictionnaire de la Musique, Les hommes et leurs œuvres », Bordas, Paris 1986
- Christophe Corbier, Maurice Emmanuel, « horizons », bleu nuit éditeur, Paris 2007, 176 p., (ISBN 2-913575-79-X)
- Maurice Emmanuel, compositeur français, Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) sous la direction de Sylvie Douche, Editions Bärenreiter à Prague (ISBN 978-80-96385-34-1)
- Christophe Corbier, Poésie, musique et danse : Maurice Emmanuel et l'hellénisme, Classiques GARNIER, coll. Perspectives comparatistes, Paris 2011, 700 p. (ISBN 978-2-8124-0201-2)
- AMPHITRYON de Maurice Emmanuel, Musique de scène d'après Plaute, Sylvie Douche (dir.), PUPS Paris 2012, 396 p. (ISBN 978-2-84050-825-0)
- Correspondances inédites à des musiciens français 1914 - 1918, Sylvie Douche, L'HARMATTAN Paris 2012, Collection Mémoires du XXe siècle, 306 p. (ISBN 978-2-296-99688-5) = lettres de guerre adressées à Maurice Emmanuel, André Caplet, Blanche Selva et Gustave Charpentier.
- Bulletins des Amis de Maurice Emmanuel : six sont parus en 2005, 2006, 2007, 2008, 2009 et 2011, ISSN 1773-9519.
Notes et références [modifier]
- Catalogue de l'exposition En musique. Antony, Espace Bourdeau, 6 juin-22 juillet 2012.
Liens externes [modifier]
- Emmanuel Maurice sur la documentation de musicologie.org
- [vidéo] Sonate pour clarinette, flûte et piano (1907) sur YouTube.
- voir site www.abbreportages.com
- voir site www.timpani-records.com