Cathédrale Saint-Corentin de Quimper

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Cathédrale Saint-Corentin
Image illustrative de l'article Cathédrale Saint-Corentin de Quimper
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Diocèse de Quimper et Léon (siège)
Début de la construction XIIIe siècle
Fin des travaux XVe siècle
XIXe siècle (flèches)
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1862)
Site web www.quimper.fr/624-la-cathedrale-saint-corentin.htm
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Commune Quimper
Coordonnées 47° 59′ 44″ N 4° 06′ 08″ O / 47.995556, -4.102222 ()47° 59′ 44″ Nord 4° 06′ 08″ Ouest / 47.995556, -4.102222 ()  

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La cathédrale Saint‑Corentin est un lieu de culte catholique situé dans le centre-ville de Quimper, dans le Finistère, en Bretagne. Siège du diocèse de Quimper avant la Révolution française, le bâtiment est depuis 1801 le siège du diocèse de Quimper et Léon. Le monument actuel, de style gothique, est édifié du XIIIe au XIXe siècle sur la base d'édifices plus anciens, en particulier une cathédrale romane attestée en 1128.

Classée Monument Historique depuis 1862 et entièrement restaurée dans les années 2000, elle est considérée comme l'élément majeur du patrimoine quimpérois, attirant de nombreux touristes venus admirer ses flèches culminant à plus de 80 mètres au dessus du sol et encadrant la statue du roi Gradlon.

Histoire[modifier | modifier le code]

La cathédrale pré-romane[modifier | modifier le code]

La cathédrale romane[modifier | modifier le code]

Bien qu'attestée en 1128 et en 1424, la cathédrale romane n'a pas fait l'objet d'études historiques, ni de fouilles archéologiques. On ignore donc pour l'essentiel ses caractéristiques et l'époque de sa construction[1]. Le seul vestige connu est un chapiteau sculpté dans le style de ceux de Sainte-Croix de Quimperlé mentionné par René-François Le Men en 1877[2].

Sa place au cœur du réseau viaire concentrique du Quimper médiéval permet néanmoins de supposer que sa construction est liée à la réorganisation de l'espace public situé aux alentours. En effet, ainsi que l'ont démontré les fouilles archéologiques, l'actuelle place Laënnec accueille à partir de 1060 - 1080 un grand cimetière traversé par des allées convergeant vers la nef de l'actuelle cathédrale gothique, emplacement supposé de la cathédrale romane. Jean-Paul Le Bihan émet l'hypothèse que ce grand projet urbain est ordonné par le duc de Bretagne et comte de Cornouaille Hoël II, dont la famille a fréquemment été associée à la charge d'évêque de Quimper[1]. Le culte de saint Corentin est également très vivace chez les princes cornouaillais. Cette période de construction, commençant aux alentours de 1070, est compatible avec le chapiteau roman mentionné par Le Men[2].

Le Bihan fait également l'hypothèse que l'emplacement de la cathédrale romane à cet endroit - sous la nef de l'actuelle cathédrale gothique - aurait permis la conservation d'un monument plus ancien le temps des travaux et situé sous le chœur de l'actuelle cathédrale gothique. Cet emplacement est également davantage à l'abri des grandes marées qui peuvent remonter le cours de l'Odet. La découverte, en 1992, des vestiges d'une abside sous le bras nord du transept gothique laisse supposer la présence d'un baptistère de plan circulaire construit à l'arrière du chevet roman[2].

D'après Le Men, le chœur de la cathédrale romane est démoli en 1424 pour laisser place aux travaux de construction de la nef gothique[1]. Le Bihan pense que c'est la cathédrale entière qui a été démolie à cette occasion[3].

La cathédrale gothique[modifier | modifier le code]

La cathédrale gothique a été construite en trois fois. De 1239 à 1336 est construit le chœur, à l'Est de la cathédrale romane qui est conservée pour le culte. La nef et le transept sont construits de 1424 à 1485, après démolition de la cathédrale romane[4]. Les flèches de la façade occidentale ne seront quant à elles construites qu'à la fin du XIXe siècle par Joseph Bigot.

L’édification du chœur[modifier | modifier le code]

L'édification de la nef[modifier | modifier le code]

La première pierre de la façade est posée en 1424. Les portails nord (portail des Baptêmes) et sud (portail Sainte-Catherine) sont en place avant 1433, mais les tours ne seront pas terminées avant le XIXe siècle. À la suite de la façade, on construit la nef, puis le transept. Les voûtes de la nef ne sont complètement posées qu'entre 1486 et 1493.

Les temps modernes[modifier | modifier le code]

Le 1er février 1620, vers les 7 heures du matin, la flèche de la cathédrale fut touchée par la foudre, mais ce n'est que dans l'après-midi, qu'on vit apparaître de la fumée, puis des flammes. La foule, accourue en grand nombre, crût voir un horrible démon vert se trémoussant dans les flammes. Les chanoines du chapitre approchèrent les saintes reliques des flammes ; peine perdue, l'incendie poursuivit ses ravages, malgré l'emploi de 150 barriques d'eau et d'une cinquantaine de charretées de fumier et le diable continuait à évoluer en haut du clocher. Pour lutter contre ce fait de sorcellerie, les chanoines décidèrent alors de jeter dans le brasier un pain de seigle renfermant une hostie et d'asperger le feu d'eau bénite mélangée à du lait de femme. Tout aussitôt, le démon quitta les flammes et le feu s'éteignit, mais le clocher était totalement ruiné. La légende affirme que le pain de seigle contenant l'hostie fut retrouvé intact au milieu des cendres. Cette anecdote est connue sous le nom du « diable de Quimper-Corentin ».

La Révolution[modifier | modifier le code]

Sous la Révolution, la cathédrale est transformée en temple de la Raison. Mobilier, objets sacrés et statues sont brûlés ou dispersés[5]. Le bâtiment n'est rendu à sa vocation religieuse qu'avec le Concordat.

Les flèches de Saint-Corentin[modifier | modifier le code]

Les travaux reprennent : c'est à ce moment que sont taillés les garde-corps des galeries hautes de la nef. L'un des évêques du XIXe siècle, Mgr Graveran, décide de reprendre le projet des flèches, ébauché par Claude de Rohan. Il impose aux fidèles une contribution d'un sou annuel, et ce durant cinq ans, pour financer les travaux. À l'intérieur de la cathédrale, on « reconstitue » une atmosphère médiévale, quitte à supprimer des retables. Yan' Dargent est alors embauché pour orner les murs des chapelles. Enfin, ce n'est qu'en 1854 que les flèches sont dressées par Joseph Bigot, architecte du château de Kériolet. À noter entre celles-ci, une statue équestre de Gradlon, qui aurait été couronné roi de Cornouaille en 388. Le peintre-verrier Émile Hirsch, va créer jusqu'en 1875, 23 verrières, sous la direction de Joseph Bigot[6]

La cathédrale est classée Monument Historique sur proposition de Prosper Mérimée en 1862[7].

La cathédrale de nos jours[modifier | modifier le code]

La cathédrale Saint-Corentin a fait l'objet d'opérations de rénovation durant près de vingt ans, subventionnées par le ministère de la Culture, par le biais de la Conservation régionale des Monuments historiques, service de la DRAC Bretagne[8]. Il s'agissait de consolider les structures de la cathédrale, de remplacer les pierres abîmées et de restaurer les fresques. L'inauguration du portail occidental de l'édifice, le 12 décembre 2008, a marqué la fin de ce travail de restauration.


Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Le Bihan et Villard 2005, p. 145
  2. a, b et c Le Bihan et Villard 2005, p. 146
  3. Le Bihan et Villard 2005, p. 222
  4. Le Bihan et Villard 2005, p. 224
  5. On retrouve ainsi un vitrail de la cathédrale au château de Castelnau-Bretenoux, dans le Lot, acquis par Jean Mouliérat, son dernier propriétaire privé. [1]
  6. Philippe Bonnet, Quimper, la cathédrale, Paris, Zodiaque 2003, p. 67 et passim.
  7. « Notice no PA00090326 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  8. DRAC Bretagne, « Quimper, histoire d'un restauration »,‎ 2008 (consulté le 2 juillet 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Guide du patrimoine. Bretagne, Monum. Éditions du patrimoine, Paris (France), (ISBN 2-85822-728-4), 2002, p. 375–383.
  • Philippe Bonnet, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris (France), 2003, (ISBN 2-7369-0296-3).

Ouvrages thématiques[modifier | modifier le code]

  • Tanguy Daniel (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Rennes & Quimper, Presses universitaires de Rennes & Société archéologique du Finistère,‎ 2005, 287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).
  • Yves Gallet, « Les ducs, l'argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) », dans Le prince, l'argent, les hommes au Moyen Âge. Mélanges offerts à Jean Kerhervé, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008, (ISBN 978-2-7535-0602-2), p. 103-116.
  • Yves Gallet, « Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L’architecture (XIIIe ‑ XVe siècle) », Congrès Archéologique de France, session 2007 : Finistère, Paris, Société Française d'Archéologie, 2009, (ISBN 978-2-901837-34-3), p. 261-292.
  • Jean-Paul Le Bihan (dir.) et Jean-François Villard, Archéologie de Quimper : matériaux pour servir l'Histoire, t. 1 : De la chute de l'empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper & Saint-Thonan, Centre de Recherche Archéologique du Finistère & éditions Cloître,‎ 2005, 459 p. (ISBN 2-910981-06-1)

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

  • René-François Le Men, Monographie de la cathédrale de Quimper, Jacob, Quimper, 1877.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]