Phalanthos (Tarente)

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Phalanthos chevauchant un dauphin, nomos de Tarente, 510-500 av. J.-C.

Dans la mythologie grecque, Phalanthos (en grec ancien Φάλανθος / Phálanthos) est le fondateur mythique de Tarente.

Les origines[modifier | modifier le code]

Phalanthos est un personnage mythologique ayant vécu en Grèce au VIIIème siècle avant Jésus Christ. Né hors mariage et de l'union d'un Lacédémonien et d'une femme spartiate durant la guerre messénienne, il appartient au groupe des Parthéniais, ou Parthénois, réjetés par les Lacédémoniens pour leur illégitimité. Ceux-ci, élevés à l'écart du peuple qu'ils voulaient leur, développèrent entre eux une forte fraternité. Menés par Phalanthos, ils fomentèrent un complot contre ceux qui les avaient exclus.Trahis et dénoncés par les Hilotes, membres d'une autre communauté d'anciens Lacédémoniens, ils furent chassés et quittèrent la terre de leur enfance. A la suite de cela, ils allèrent consulter l'oracle de Delphes qui désigna Phalanthos comme l'oeciste (c'est-à-dire le chef) des Parthéniais et lui indiqua le futur emplacement de la colonie de Tarente.

Remarque : Delphes, la prophétesse (c’est-à-dire, selon l’étymologie grecque, "celle qui parle à la place [du dieu]") était appelée la Pythie ou "prêtresse pythienne".


Les sources historiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs témoignages nous ont transmis le récit de Phalanthos, en revanche, ceux-ci connaissent différentes versions. En effet, des historiens qui l'ont cité, on peut évoquer Pausanias, un grec, qui en 406 av. JC nous raconte la chose suivante : «Vous voyez donc [...] Phalanthe de Lacédémone, et un peu plus loin un dauphin pour marquer l’aventure arrivée à Phalanthe. Car on dit qu’avant d’aborder en Italie il fit naufrage dans la mer Crissée, et qu’un dauphin le porta jusqu’au rivage». Etait appelé autrrefois mer Crissé (qui s'écrit aussi Crissa, ou Krisa) ou encore mer d'Alçyon l'actuel golfe de Corinthe

On peut aussi citer l'historien Ergias de Rhodes, qui nous parle principalement du départ en mer de Phalanthos, mais aussi et surtout qui définit un bon nombre de termes qui lui sont liés, notamment son propre prénom : selon lui, un Phalanthos est un chef phénicien qui est représenté comme roi de Ialysos. Il explique par ailleurs que Phalanthos part en mer à cause de son obligation de céder la ville d'Achaia à son adversaire, le grec Iphiclos. Selon Ergias, Iphiclos promet de laisser partir Phalanthos et son peuple par mer, mais il lui donne des bateaux sans avirons, sans voiles et sans timon. (Il est frappant de voir que Phalanthos, dans le navire de Penteskouphia, occupe la place du timonier.) Dans cette seconde version, on remarque que Phalanthos ne part pas après avoir été dénoncé, mais que la ville lui appartenait et qu'il part à la suite de sa défaite face au grec Iphiclos.


Les restes[modifier | modifier le code]

Peu avant sa mort, Phalanthos fait la demande que ses cendres soient rapportées à Tarente, lesquelles n'ont pourtant pas été retrouvées. Il est dit que ce geste a assuré la prospérité à la ville par la suite. En mémoire de ce bienfait, les habitants ont décerné à Phalanthos les honneurs divins.

On a retrouvé ces pièces de monnaie datant de 510 à 500 avant J.C. Il réside une confusion quant à la personne représentée sur ces pièces : certains historiens pensent qu'il s'agit de Taras, d'autres affirment qu'il s'agit de Phalanthos. L'indécision concernant l'identité du personnage vient du fait qu'ils auraient tout deux été sauvés, à la suite de leur naufrage, par un dauphin. De ce fait, l'évocation de ces deux personnages -Taras, et Phalanthos- ne peut se faire séparément : leur mémoire se trouve rassemblée dans tout ce qui nous reste d'eux -c'est-à-dire ces pièces.

Sources[modifier | modifier le code]

"Grand Dictionnaire de la Mythologie grecque et romaine" Par Jean-Claude Belfiore

«Impressions d'îles» Par Françoise Létoublon https://books.google.fr/books?id=6ReIbMI-0sEC&pg=PA167&dq=phalanthos+tarente&hl=fr&sa=X&ei=TIq3VJHrMYryUueOgsAO&ved=0CCkQ6AEwAQ#v=onepage&q=phalanthos%20tarente&f=false

«Histoire de la Grèce, depuis les temps les plus reculés» (Volume 5) Par George Grote A. L. de Sadous https://books.google.fr/books?id=m8oWAAAAQAAJ&pg=PA110&dq=phalanthos&hl=fr&sa=X&ei=-eSwVO_rCYSrU5HRgIAH&ved=0CEYQ6AEwBQ#v=onepage&q=phalanthos&f=false (page 216)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources antiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bérard, La colonisation grecque de l'Italie méridionale et de la Sicile dans l'Antiquité. L'histoire et la légende, Paris, 1957, p. 162-175.
  • Marinella Corsano, « Sparte et Tarente : le mythe de fondation d'une colonie », dans Revue de l'histoire des religions 196, 2, 1979, p. 113-140.
  • (it) G. Maddoli, « Falanto spartiata », dans Mélange de l'École française de Rome 95, 1983, p. 555-564.
  • (it) Domenico Musti, Strabone e la Magna Grecia, Padoue, 1988, p. 151-172.
  • (en) Irad Malkin, Myth and Territory in the Spartan Mediterranean, Cambridge, 1994 [lire en ligne].
  • Claudia Antonetti, « Phalanthos “entre Corinthe et Sycione” », dans Dialogues d'histoire ancienne 22/1, 1996, p. 65-78 [lire en ligne].
  • (en) Jonathan M. Hall, A History of the Archaic Greek World, ca. 1200-479 BCE, Blackwell, 2007, (ISBN 0-631-22668-0), p. 111-114 [lire en ligne].