Regia Marina

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Pavillon de la Regia Marina

La Regia Marina (Marine Royale) était la Marine militaire du Royaume d'Italie jusqu'en 1946.

Elle est devenue la Marina Militare Italiana (Marine Militaire italienne) lors de la proclamation de la République italienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

La Regia Marina est née le 17 mars 1861, lors de la proclamation du Royaume d'Italie par le parlement de Turin. L'unification des Marines qui la constituaient - sarde, bourbonne, toscane et pontificale - remonte, par contre, au 17 novembre 1860. La flotte, qui avait également englobé les hommes et les navires de la Marine de Giuseppe Garibaldi et hérité de la tradition navale des deux principales marines qui la composaient - celle du Royaume de Sardaigne et celle du Royaume de Naples, disposait de nombreux navires à voile et à vapeur. Cependant, le manque de cohésion de ses différentes composantes limita son efficacité à ses débuts.

La bataille de Lissa[modifier | modifier le code]

Le « baptême du feu » de la nouvelle marine eut lieu à la bataille de Lissa, près de l'île éponyme en mer Adriatique, dans le cadre de la troisième guerre d'Indépendance italienne en 1866, au cours de laquelle l'Italie s'opposait à l'Empire austro-hongrois. Au cours de cette bataille, la dernière grande bataille où l'on utilisa l'éperon, la flotte autrichienne infligea une sévère défaite à la flotte italienne, grâce surtout aux incompréhensions et aux erreurs commises par cette dernière. La Regia Marina perdit les cuirassés Re d'Italia et Palestro ainsi que 640 hommes. La cravate noire au double nœud que les marins italiens portent encore aujourd'hui sur leur tenue marque le deuil causé par cette défaite.

De Lissa à la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans les années qui suivirent la tragédie de Lissa, les Forces Armées se sont considérablement développées. La Regia Marina construisit de nouveaux cuirassés modernes et se lança dans la modernisation de sa flotte.

Parmi les évènements qui impliquèrent la Regia Marina lors des 2 dernières décennies du XIXe siècle et des premières années du XXe siècle jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale, les plus marquants sont :

La Marina pendant la Grande Guerre[modifier | modifier le code]

Lorsque l'Italie entre en guerre le contre les Empires Centraux (Empire allemand, Empire austro-hongrois et Empire ottoman), elle confie à la Regia Marina des missions de surveillance de l'Adriatique et de blocage des approvisionnements maritimes de l'Empire austro-hongrois via le blocage du canal d'Otrante.

Son budget en 1914 est l'équivalent de 1,545 milliard de francs valeur 1930 (contre 3,2 milliards pour la marine française)[1]. Son ordre de bataille, au , est le suivant[2]. :

Pendant le conflit, un gros effort fut consacré au développement de la composante aérienne de la Marina. Outre les avions basés à terre, la Marina a utilisé des hydravions embarqués à bord. De nouvelles armes d'assaut et des unités rapides furent conçues et réalisées:

  • parmi les premières, la Torpedine Semovente Rossetti (mignatta): une torpille guidée par un équipage et dotée de deux charges explosives de 175 kg chacune;
  • parmi les unités rapides d'assaut, le MAS (Motoscafo Anti Sommergibile), une unité légère, rapide, armée de mitrailleuse, de torpilles et de bombes anti-sous-marines développées dans le but de mener des missions de sabotage des ports ennemis de la Haute Adriatique et de contrer les sous-marins.

L'Italie a en outre construit et maintenu en service divers cuirassés, mais ces derniers n'ont pris part à aucune bataille navale d'envergure. En effet, les marines italiennes et autrichiennes se contentèrent pendant la plus grande partie du conflit de surveiller plutôt passivement l'ennemi. Les deux nations entreprirent cependant quelques manœuvres:

Entre les deux Guerres[modifier | modifier le code]

La Conférence de Washington sur le désarmement naval après la guerre, conclue en février 1922 avec le Traité naval de Washington, établit la parité du tonnage global entre les marines italiennes et françaises, aussi bien pour les navires de guerre (175 mille tonnes chacune) que pour les porte-avions (60 mille tonnes chacune). Cette décision a influencé le développement de la flotte italienne entre les deux guerres en imposant le maintien de l'équilibre avec la France.

Le gouvernement fasciste décida de moderniser la Regia Marina, afin d'être en mesure de concurrencer la Flotte de la Méditerranée de la Royal Navy britannique. Entre la fin des années 1920 et le début des années 1930 fut lancée la construction des croiseurs lourds de 10 000 tonnes, après celle des contre-torpilleurs, torpilleurs, des sous-marins (l'effort de construction de ces derniers fut particulièrement soutenu. En juin 1940, avec 113 sous marins, la Régia Marina tenait la première place en nombre d'unités et la deuxième place en tonnage, juste derrière la marine nationale française) et des cuirassés de la classe Littorio.

Afin de minimiser, en théorie, l'impact d'une rencontre entre les navires italiens et les bâtiments britanniques, techniquement supérieurs, la Regia Marina basa sa stratégie de développement sur des navires rapides destinés à combattre en Méditerranée, le rayon d'action pouvant être alors sacrifié au profit de la vitesse. Dans cette optique, elle développa des canons de calibre inférieur mais à plus longue portée que les canons britanniques. En outre, afin de gagner en vitesse, les nouveaux navires italiens furent dotés d'un blindage plus léger (comme par exemple le croiseur Giovanni dalle Bande Nere). En 1923, suite à la naissance de la Regia Aeronautica, le matériel, les bases et le personnel de la composante aérienne de la marine passèrent, en même temps que l'effectif, le matériel et les structures du Regio Esercito, sous le commandement et le contrôle de la nouvelle Armée de l'air. Par conséquent, la coordination entre les composantes aérienne et navale perdit de son efficacité. Ce qui, joint à une politique de développement des armements orientée vers la construction de grands navires de guerre qui délaissa totalement les porte-avions (Mussolini considérait l'Italie comme un porte avion naturel) et en grande partie les moyens aéronavals, influença négativement le cours des batailles navales des forces armées italiennes dans la Méditerranée au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Suite au soutien que Mussolini apporta au faisceau fasciste de Francisco Franco, la Regia Marina pris part, entre 1936 et1939, à la guerre civile espagnole en assurant la protection des convois de troupes et d'armes et en bloquant les côtes iberiques.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le cuirassé Littorio et un croiseur italien lors de la reddition de l'Italie en 1943.

Lorsque l'Italie entra en guerre le 10 juin 1940, la Regia Marina était la 5e marine du monde et possédait des cuirassés neufs ou profondément modernisés avec lesquels elle défia la suprématie britannique en Méditerranée. Elle manquait d'aéronautique navale, Mussolini considérant l'Italie comme un porte-avions insubmersible mouillé en Méditerranée. Dans la nuit du 11 au 12 novembre 1940, l'attaque des avions torpilleurs britanniques Fairey Swordfish du porte-avions HMS Illustrious contre la flotte italienne dans la base navale de Tarente (la Nuit de Tarente), porta un grand coup à la Marine italienne alors que l'assaillant ne subit que des pertes légères : les cuirassés Conte di Cavour, Caio Duilio et Littorio furent torpillés alors que seuls deux des vingt Swordfish furent abattus. Des mois de réparation furent nécessaires pour les cuirassés Littorio et Caio Duilio. Le Conte di Cavour ne reprit jamais le combat. Cette attaque historique fut une des sources d'inspiration des Japonais pour leur attaque contre la flotte américaine à Pearl Harbor en décembre 1941.

Le 27 novembre, la Regia Marina affronta la flotte britannique lors de la bataille du cap Teulada. Entre le 27 et le 29 mars 1941, la flotte britannique infligea un autre gros coup à la Regia Marina lors de la bataille du cap Matapan. Trois croiseurs et 2 contre-torpilleurs italiens furent coulés, la Royal Navy ne perdant qu'un avion torpilleur. Le plus grand succès de la Regia Marina pendant la guerre fut la pose de mines sur les cuirassés britanniques mouillés dans le port d'Alexandrie le 19 décembre 1941.

Le peu de trafic commercial dans la Méditerranée en comparaison des nombreux convois envoyés par les États-Unis entre les deux rives de Atlantique pour ravitailler leurs alliés européens entraîna l'implication de quelques sous-marins italiens souvent basés à Bordeaux dans la bataille des convois.

D'autres forces navales italiennes (parmi lesquelles des MAS, vedettes lance-torpilles ainsi que des hommes et du matériel de la X MAS) opérèrent en mer Noire, aux côtés des Allemands, afin de bloquer le trafic naval soviétique, aussi bien militaire que commercial.

Au cours de la guerre, les navires italiens, bien qu'ayant la réputation d'avoir été bien conçus, pêchèrent par leur faible armement anti-aérien et, surtout, par l'absence de radar. Ce dispositif dont disposait la flotte britannique, ainsi que le décryptage des messages italiens chiffrés par le crypteur allemand Enigma (rendu possible grâce au travail d'Alan Turing) et la suprématie absolue du ciel des britanniques et donc le manque de couverture aérienne italienne, eut une énorme influence sur l'issue de nombreuses batailles en faveur de la flotte britannique. À la fin de la guerre, la Regia Marina avait perdu presque 700 000 tonnes alors qu'elle n'en avait coulé que 470 000 et qu'elle a perdu près de 36 000 hommes.

Les principaux navires perdus sont deux cuirassés, seize croiseurs, 58 contre-torpilleurs et torpilleurs, 128 sous-marins et 76 escorteurs. Il restait à flot en septembre 1945, cinq cuirassés, neuf croiseurs, onze contre-torpilleurs et torpilleurs, onze sous-marins et 46 escorteurs[3].

Selon les ordres reçus après l'armistice signé avec les Alliés en septembre 1943, les navires, hommes et matériel de la Regia Marina furent consignés, pour presque la totalité, par les forces britanniques et américaines. Un accord de coopération avec les ex-ennemis permit aux marins italiens de continuer à combattre aux côtés de ceux-ci pour libérer le pays de l'occupation nazie.

Flotte[modifier | modifier le code]

Unités de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Cuirassés[modifier | modifier le code]

  • basés à Venise:
    • Classe "Re Umberto": Sardegna
    • Classe "Saint Bon": Ammiraglio di Saint Bon, Emanuele Filiberto
  • basés à Durazzo:
    • Classe "Duilio": Dandolo
  • basés à Tarente:

Croiseurs[modifier | modifier le code]

  • basés à Brindisi:
    • Classe "Garibaldi": Giuseppe Garibaldi, Varese, Francesco Ferruccio
    • Classe "Vettor Pisani": nave Vettor Pisani
    • Classe "Lombardia": Lombardia, Liguria, Elba, Puglia
    • Classe "Libia": Libia
  • basés à Tarente:
    • Classe "Pisa": Pisa, Amalfi
    • Classe "San Giorgio": San Giorgio, San Marco
    • Classe "Piemonte": Piemonte

Contre-torpilleurs et Torpilleurs[modifier | modifier le code]

  • basés à Tripoli:
    • Classe "Lampo": Ostro, Lampo
  • basés à Tobrouk:
    • Classe "Lampo": Euro, Strale
  • basés à Valona:
    • Classe "Lampo": Dardo
  • basés à Brindisi:
    • Classe "Nembo": Nembo, Turbine, Espero, Borea, Aquilone
    • Classe "Ardito": Ardito, Ardente
    • Classe "Audace": Audace, Animoso
    • Classe "Pilo": Francesco Nullo
  • basés à Venise:
    • Classe "Nembo": Zeffiro
    • Classe "Soldati Artigliere": Bersagliere, Garibaldino, Corazziere, Lanciere, Artigliere
    • Classe "Soldati Alpino": Alpino, Fuciliere, Pontiere, Ascaro
  • basés à Tarente
    • Classe "Soldati Artigliere": Granatiere
    • Classe "Indomito": Impavido, Insidioso, Irrequieto
  • basés à La Spezia:
    • Classe "Indomito": Impetuoso

Unités de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Porte-avions[modifier | modifier le code]

  • Classe "Aquila": Aquila (paquebot Roma transformé mais jamais utilisé) et Sparviero (navire civil Augustus modifié, mais jamais terminé)

Cuirassés[modifier | modifier le code]

croiseurs lourds[modifier | modifier le code]

  • Classe "Trento": Trento, Trieste, Bolzano - 8 canons da 203 mm, 36 nœuds, 10 000 t
  • Classe "Zara": Zara, Fiume, Goriza,Pola - 8 canons da 203 mm, 36 nonœudsdi, 10 000 t

Croiseurs légers[modifier | modifier le code]

(seuls les 4 premiers ont été achevés).

  • Classe « Etna » : "Etna", ”Vesuvio"(ex siamois - inachevés)
  • Navires: Taranto, San Giorgio et Bari

Contre-torpilleurs et Torpilleurs[modifier | modifier le code]

  • Classe "Leone": 3 unités - 2 283 t
  • Classe "Navigatori": 12 unités - 2 010 t, parmi lesquels le Leone Pancaldo
  • Classe "Oriani" o "Poeti": 4 unités - 1 950 t, parmi lesquels le Vittorio Alfieri et le Giosué Carducci
  • Classe "Soldati": 12 unités (répartis entre les classes "Soldati-I serie" ou "Camicia Nera"parmi lesquels le "Bersagliere"et « l'Alpino » et "Soldati-II serie"): 7 unités - 1 620 t, parmi lesquels le « Velite »
  • Classe "Grecale": 4 unités - 1 449 t, parmi lesquels le Grecale, le Scirocco
  • Classe "Dardo": 4 unités - 1 450 t, parmi lesquels le Strale
  • Classe "Mirabello": 2 unités - 1 383 t
  • Classe "Folgore": 4 unités - 1 220 t
  • Classe "Borea": 8 unités - 1 092 t
  • Classe "Sauro": 4 unités - 1 058 t
  • Classe "Sella": 2 unités - 935 t

Sous-marins[modifier | modifier le code]

  • Classe "600-Serie Acciaio": 13 unités - 715 t, parmi lesquels le Bronzo et le Cobalto
  • Classe "600-Serie Adua": 17 unités - 698 t, sous-marins côtiers, parmi lesquels l'Alagi, l’Ascianghi, l’Axum, le Dagabur, le Dessiè et le Scirè
  • Classe "600-Serie Argonauta": 7 unités - 665 t, parmi lesquels le Salpa
  • Classe "600-Serie Perla": 10 unités - 700 t, parmi lesquels l’Iride et l'Ambra
  • Classe "600-Serie Sirena": 12 unités - 701 t
  • Classe "Archimede": 2 unités - 985 t
  • Classe "Argo": 2 unités - 794 t
  • Classe "Balilla": 4 unités - 1 450 t, parmi lesquels l'Enrico Toti
  • Classe "Bandiera": 4 unités - 941 t
  • Classe "Bragadin": 2 unités - 981 t
  • Classe "Brin": 5 unités - 1 016 t
  • Classe "Cagni": 4 unités - 1 708 t
  • Classe "Calvi": 5 unités - 1 550 t
  • Classe "Classe R": 2 unités - 2 210 t Romolo et Remo
  • Classe "Fieramosca": 1 unité - 1 556 t
  • Classe "Flutto-I serie": 8 unités - 958 t
  • Classe "Flutto-II serie": 8 unités - 958 t
  • Classe "Foca": 3 unités - 1 333 t
  • Classe "Glauco": 2 unités - 1 055 t
  • Classe "Liuzzi": 4 unités - 1 187 t, parmi lesquels le Bagnolini
  • Classe "Mameli": 3 unités - 830 t
  • Classe "Marcello": 11 unités - 1 063 t
  • Classe "Marconi": 6 unités - 1 195 t, parmi lesquels le Gugliemo Marconi
  • Classe "Micca": 1 unité - 1 570 t
  • Classe "Pisani": 4 unités - 880 t, parmi lesquels le Vittor Pisani
  • Classe "Settembrini": 2 unités - 953 t
  • Classe "Squalo": 4 unités - 933 t

Missions principales[modifier | modifier le code]

Troisième Guerre d'Indépendance[modifier | modifier le code]

Guerre italo-turque (1911-1912)[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vincent-Bréchignac, Les flottes de combat 1931,‎ Décembre 1930, p. XXVIII
  2. Bernard Crochet et Gérard Pioufrer, La 1ere guerre mondiale, De Lodi,‎ 03/09/2007 (ISBN 9782846902595), p. 25-40
  3. Jean Moulin, « Les flottes de 1939 à 1946 », Marines & Forces navales, no 10 H,‎ décembre 2004, p. 8 (ISSN 0998-8475)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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