Catastrophe de Seveso

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45° 39′ 14″ N 9° 09′ 02″ E / 45.65389, 9.15056 La catastrophe de Seveso s'est produite le 10 juillet 1976. Un nuage contenant de la dioxine s'est échappé d'un réacteur de l'usine chimique Icmesa, située dans la commune de Meda, et s'est répandu sur la plaine lombarde en Italie. Quatre communes, dont Seveso, ont été touchées. Le 12 juillet, le travail reprenait normalement dans l’usine. Après la mise en grève du personnel le 16 juillet, l’usine ferme le 18. Les laboratoires Hoffmann-Laroche ne communiquent l’émission de TCDD aux autorités que le 19 juillet. Jusqu’au 23 juillet, la population continue à vivre dans un milieu contaminé. L’alarme est tirée ce jour par le Centre de recherche médicale de Roche, à Bâle. Ce dernier déclare que la population doit être évacuée, qu’il faut détruire les maisons et enterrer l’usine. Le 26 juillet, les premiers habitants sont évacués : 225 personnes quittent leur maison. Les jours suivants, on se rend compte que la zone touchée est plus vaste et 500 nouvelles personnes sont évacuées. Le directeur général de Givaudan reconnaît qu’il n’existait aucun plan d’urgence La quantité de TCDD relâchée par l’accident est sujette à de nombreux débats: selon les différentes études, la quantité estimée de dioxine rejetée à l’atmosphère est comprise entre 0,2 et 40 kg[1].

L'accident[modifier | modifier le code]

Cet accident industriel est dû à la surchauffe d'un réacteur fabricant du 2,4,5-trichlorophénol qui a libéré un nuage toxique contenant plusieurs produits mal identifiés sur le moment. On a d'abord pensé qu'il s'agissait seulement de 1,2,4,5-tétrachlorobenzène et de polyéthylène glycol, les réactifs de départ. C'est seulement au bout de quatre jours, quand apparurent les premiers cas de chloracné, que les laboratoires Hoffmann-Laroche identifièrent l'agent responsable, le 2,3,7,8-TCDD, produit plus connu sous le nom de dioxine de Seveso. L'usine Icmesa, située à Meda, commune limitrophe de Seveso appartient à la société Givaudan.

À l'époque, la connaissance de la toxicité de la dioxine est limitée par l'absence quasi complète de données scientifiques. On sait en revanche que l'une des substances libérée est composante des défoliants utilisés au Viêt Nam par l'armée américaine (L'Agent orange). La question de dangers éventuels pour la santé est rapidement posée.

Peu après l'accident, les feuilles des arbres jaunissent et les animaux domestiques meurent par dizaines. Seveso est alors considérée comme « la plus grande catastrophe depuis Hiroshima » et non plus seulement comme une « catastrophe environnementale ».

Le bilan exact sera connu sept ans plus tard, au moment de l'ouverture du procès des responsables des différentes sociétés incriminées. 193 personnes, soit 0,6 % des habitants de la zone concernée, ont été atteintes de chloracné, essentiellement des enfants. Aucune n'est décédée, un petit nombre seulement a gardé des séquelles. La moyenne des cancers et des malformations fœtales n'a pas augmenté de manière significative. La seule victime indirecte fut le directeur de l'usine qui a été assassiné par les Brigades rouges.

En revanche, sur le plan écologique, les effets de la catastrophe sont tangibles : outre les 3 300 animaux domestiques morts intoxiqués, il faut abattre près de 70 000 têtes de bétail. Par ailleurs, les sols agricoles et les maisons nécessiteront de lourds travaux de décontamination.

Cet accident, qui a donné son nom depuis à tous les sites de production classés à risques en Europe (1 249 rien qu'en France), a exposé les dangers des activités industrielles chimiques en milieu urbain.

L'épisode des fûts de dioxine[modifier | modifier le code]

L'incinérateur de Bâle qui a brûlé, en 1985, les derniers déchets toxiques, résidus de la catastrophe de Seveso

En août 1982, les déchets chimiques, contenant de la dioxine, sont enlevés du réacteur, en vue du démantèlement des installations, et transférés dans 41 fûts pour être envoyés par route à l'usine Ciba de Bâle afin d'être incinérés.

Leur trace se perd après le passage de la frontière à Vintimille et ils disparaissent quelque part en France. On les découvrira en mai 1983 à Anguilcourt-le-Sart (Aisne) dans un abattoir désaffecté, où ils avaient été transportés illégalement. Ils seront finalement incinérés chez Ciba en novembre 1985. Une société du Bas-Rhin a diffusé un certain nombre de boues de Seveso dans le secteur de Haguenau et de Baerenthal. Une partie des boues a été déposée dans les cours des ateliers de l'ancienne prison de Haguenau, devenue aujourd'hui un IUT. Les boues sont toujours en place. À Baerenthal, les boues ont été livrées gratuitement pour servir de remblais et de terrasses d'été à de nombreux particuliers.

Cette affaire, très médiatisée, sera officiellement conclue par un rapport de mai 1986.

Une hypothèse crédible veut que deux séries de 41 fûts furent remplis. Une série avec des déchets industriels venant de l'usine Icmesa non contaminés, et l'autre série avec les déchets toxiques. Et c'est la première série de fûts (non contaminés) qui auraient été incinérés à Bâle devant la presse. L'autre série de fûts contenant les déchets de dioxine du réacteur auraient eux été envoyés par route en Allemagne de l'Est[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Qu’est-ce que la castrophe de Seveso ? », sur www.natura-sciences.com (consulté le 11 août 2014)
  2. Der Spiegel 46/1993

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]