Tommaso Traetta

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Tommaso Traetta

Tommaso Traetta (né le [1] à Bitonto, près de Bari et mort le à Venise) était un compositeur italien du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Traetta part très jeune pour Naples, où il étudie au Conservatorio di Santa Maria Loreto, sous la férule des compositeurs Nicola Porpora, Leonardo Leo et Francesco Durante.

En 1748, il achève ses études au Conservatoire et enseigne le chant. Il compose, pour les églises et les couvents de Naples, des messes, des vêpres, des motets et des litanies dont les manuscrits sont encore existant. Il fait ses débuts dans l'opéra à l'âge de 24 ans, avec Farnace, créé avec succès au théâtre San Carlo de Naples et qui obtient un grand succès. En 1757 au théâtre delle Dame à Rome, il donne Ezio considéré comme une de ses œuvres majeures, puis La Nitteti à Reggio d'Émilie, Didone abbandonata à Venise, Demofoonte à Milan et Olimpiade à Vérone. Traetta s'est essayé avec succès à l'opéra buffa notamment avec le délicieux le Serve Rivali plein de joie et de fines réparties.

En 1758, il est invité par le régent du duché de Parme, Philippe de Bourbon, et devient maître de chapelle et il enseigne l'art du chant aux princesses de la famille ducale. La même année, il donne Solimano.

Sous l'influence du premier ministre d'origine française Guillaume du Tillot[2], qui voulait réformer le melodramma serio, Traetta reprit le livret utilisé par Jean-Philippe Rameau pour Hippolyte et Aricie en 1733, qui est remanié par Carlo Innocenzo Frugoni. L'œuvre est représentée en 1759 et reprise en 1763 lors du mariage de l'infante de Parme avec le prince des Asturies. Il reçoit du roi d'Espagne une pension.

Le succès d' Ippolito ed Aricia est tel que le compositeur et le librettiste composent un nouvel opéra, I Tintaridi, inspiré de Castor et Pollux (de Rameau), qui est représenté à Parme en 1760. En 1763, Traetta, est appelé à Vienne pour la création d' Ifigenia in Tauride considérée comme une de ses œuvres majeures, sur un livret de Mario Coltellini, comme il l'avait été en 1761 pour celle d'Armida, sur un livret du comte Giacomo Durazzo. En 1762, Sofonisba avait été créée à l’Opéra de Mannheim.

En 1765, après la mort du duc de Parme, Traetta est appelé à Venise où il dirige le Conservatoire de l'Ospedaletto à Venise, puis entre au service de Catherine II de Russie, à Saint-Pétersbourg, de 1769 à 1775, sa santé s'affaiblit en raison de la rigueur du climat et c'est avec la plus grande peine qu'il réussit à se faire congédier, Catherine II s'étant attachée à lui et lui écrivant des livrets. Il se rend à Londres où il réalise le drame Germondo représenté au théâtre du roi qui ne fut pas un succès puis il revient à Venise où il écrit quelques œuvres sans retrouver le feu de ses anciennes productions, il meurt le 6 avril 1779[3], à 52 ans.

Les œuvres[modifier | modifier le code]

Musique sacrée[modifier | modifier le code]

Au Conservatoire de Naples, il a été retrouvé un Stabat Mater à quatre voix et orchestre, ainsi que deux Leçons [lectiones : lectures] pour les matines de Noël, des motets et des oratorio(s), dont une Passion selon Saint Jean pour 4 voix et orgue (1786). Traetta a écrit, pour les jeunes filles du Conservatoire de l'Ospedaletto de Venise, un oratorio latin intitulé Rex Salomon (Le Roi Salomon). La Bibliothèque du Conservatoire de Florence possède une messe à 4 voix et orchestre. De son côté, la Bibliothèque nationale de Munich (Allemagne) possède un autre Stabat Mater. La Bibliothèque universitaire de Hambourg (Id.) possède ses 4 antiennes mariales, pour voix solistes, cordes et basse continue.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ludwig Gerber, dans son premier Lexique des musiciens (Leipzig, 1790-1792) écrivait que Traetta était né à Naples en 1728 ("aus das Jahr 1728"). Choron et Fayolle, en le recopiant dans le Dictionnaire historique des musiciens (Paris, 1811) ont reproduit la même date, suivis par tous les autres biographes. Le lieu et la date se trouvent au bas d'un portrait de Traetta réalisé à Londres par Ghinocchi en 1776
  2. Jean-Benjamin de Laborde écrit (Essai sur la musique, Paris, 1780, tome III, p. 239) que Traetta changea de style et imita le goût français qui était celui de la cour de Parme, mais il n'y a pas de trace de ce changement dans les partitions d'Armida ni dans celle d'Iphigénie composées vers 1761 et 1763
  3. Moschini, Della letteratura veneziana del secolo XVIII (1807), partie III, page 208

Références[modifier | modifier le code]

  • Ludwig Gerber, Historisch-biographisches Lexikon der Tonkünstler, Leipzig, Breitkopf, 1790-1792, 2 vol.
  • Marco Russo, Tommaso Traetta : i Libretti della Riforma - Parma 1759-61, Facoltà di Lettere di Trento, Trente, 2005;
  • Marco Russo, Tommaso Traetta : Maestro di cappella napoletano, Edizioni San Marco dei Giustiniani, Genova, 2006.
  • Fabrizio Cassoni, Gianfranco Spada, Le Feste d'Imeneo, Tommaso Traetta a Parma, Traettiana, Londres, 2010.
  • Susanne Dunlap, Armida - Traetta, Salieri and Righini in Vienna, Traettiana, Londres, 2011.
  • www.operanapolitain.com, l'opéra napolitain du XVIIIe siècle

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel de Tommaso Traetta
  2. Site sur l'opéra napolitain du XVIIIe siècle