François Pinault

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François Pinault

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François Pinault (centre), en compagnie de Dominique de Villepin et d'Emmanuel Cueff, en août 2006.

Naissance 21 août 1936 (78 ans)
Les Champs-Géraux (Côtes-du-Nord)
Nationalité Drapeau : France française
Profession
Homme d'affaires,
Collectionneur d'art moderne et contemporain
Autres activités

François Pinault, né le 21 août 1936 aux Champs-Géraux dans les Côtes-du-Nord, est un homme d'affaires français, ancien président de Kering (ex-groupe Pinault-Printemps-Redoute) et propriétaire du club de football le Stade rennais. Il est également collectionneur d'art moderne et contemporain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Né dans les Côtes-du-Nord d'un père marchand de bois d'origine paysanne, François Pinault quitte l'école à 16 ans avec un mépris durable pour les diplômes et l’establishment. Après avoir effectué son service militaire en Algérie en 1962, il rencontre Louise Gautier, la fille du marchand de bois fournisseur de la scierie de son père et se fait embaucher par celui-ci. Après son mariage en 1962 avec Louise Gautier, mariage qui durera cinq ans[1] et dont il a 3 enfants (François-Henri, son frère Dominique et sa sœur Laurence qui ont grandi dans un pavillon de la banlieue de Rennes[2]), il reprend l'entreprise et la renomme Établissements Pinault, avec l'aide du Crédit lyonnais[3] et l'appui de son beau-père qui lui prête même 447 000 francs[4]. Il développe rapidement son activité et rachète des dizaines d'entreprises du secteur à partir de 1970. En 1973, il vend son entreprise pour 25 millions de francs.

C'est sa seconde femme, Maryvonne Pinault, antiquaire à Rennes, qu'il épouse en 1970 et dont il a un enfant, qui lui fait découvrir le monde de l'art[5].

Financier et homme d’affaires[modifier | modifier le code]

François Pinault devient peu à peu financier et fait fructifier sa fortune en spéculant sur le marché du sucre en 1974. Il joue sur un conseil que lui fournit Roland Gadala, administrateur de Peugeot et de Saint-Gobain. Ce dernier le présentera ensuite à Jean Garnier. La politique l'intéresse. Il choisit alors de se rapprocher des jeunes Républicains indépendants, dont le patron à Rennes, est Jean-Marie Le Chevallier, futur maire du Front national à Toulon. Il s'engage en faveur de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing.

Il poursuit ses acquisitions, essentiellement d’entreprises proches du dépôt de bilan en bénéficiant d'une loi avantageuse qui lui permet de dégager rapidement des plus-values.

Par l'intermédiaire de Michel Giraud, président du conseil régional d'Île-de-France, il rencontre Jacques Chirac en novembre 1981, et va devenir un de ses amis les plus proches en l'aidant par des rachats d'entreprises en Corrèze. En 1983, Ambroise Roux, ancien patron de la Compagnie générale d'électricité (aujourd'hui Alcatel), le parraine pour entrer à l'Association française des entreprises privées (AFEP). Il rachète Isoroy en 1986 pour un prix symbolique. Grâce à ses relais politiques Alain Madelin et Jacques Chirac et un prêt de 300 millions de francs du Crédit lyonnais[6], il prend en 1987 75 % du capital de la Chapelle Darblay[7], numéro un français du papier journal, entreprise gérée par l'État depuis son dépôt de bilan en 1981, ce dernier lui injectant 2,7 milliards de francs. Il revend la Chapelle Darblay dans la foulée à Pinault SA pour 450 millions de francs, empochant une plus-value de 110 millions à titre personnel. Pinault SA la revend en 1990 au groupe public finlandais Kymmene pour 1,4 milliard de francs et réalise au passage une plus-value de 620 millions de francs[6]. Construit sa fortune pendant douze ans en rachetant des entreprises en dépôt de bilan pour le franc symbolique à la barre des tribunaux de commerce, ce repreneur d'affaires est alors appelé le « Bernard Tapie du bois »[8].

Il croise aussi sur son chemin Bernard Arnault, autre grand financier, et lui rachète Conforama. À la fin des années 1980, il fait entrer Pinault SA sur le marché boursier grâce à un groupe d'investisseurs institutionnels (AGF, Barclays et LCL). Ces opérations boursières lui permettent de racheter les grands magasins du Printemps en 1991 et le vendeur par correspondance La Redoute. En 1992, il crée Artémis, la holding patrimoniale destinée à accueillir certaines participations. En 1994, c'est la fusion de La Redoute avec Pinault-Printemps. Le nouveau groupe prend le nom de Pinault-Printemps-Redoute (PPR, devenu Kering en 2013). Il devient propriétaire de la Fnac en 1994, du magazine Le Point en 1997, de 16 % de Bouygues, de la maison de ventes aux enchères Christie's en 1998, du magazine financier L'Agefi en 2000. Il profite de l'achat du Point pour ne pas payer l'impôt de solidarité sur la fortune grâce à un artifice comptable[9]. Il a aussi utilisé des sociétés-écrans situées dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises pour cacher un quart de sa fortune pendant une vingtaine d'années, évitant ainsi d'être assujetti à l'impôt sur le revenu jusqu'en 1997[10],[11].

En 1995, il appuie auprès de Jacques Chirac le choix de Loïk Le Floch-Prigent pour la présidence de la SNCF. C'est à ce moment qu'il se lance dans l'économie du luxe pour tenter de concurrencer Bernard Arnault en rachetant 60 % de la maison de luxe Gucci. En 2007, son fils à la tête de Kering lance une OPA sur Puma (un groupe allemand possédé par la famille Herz) pour environ cinq milliards d'euros, afin de le recentrer sur la mode accessible à tous.

Il est également propriétaire depuis 1998 du Stade rennais football club, club de football professionnel de Rennes évoluant en Ligue 1.

Collectionneur[modifier | modifier le code]

Palais Grassi, Venise.
Pointe de la Douane de mer, Venise.

Depuis 2001, François Pinault transmet progressivement les rênes de son empire au premier de ses quatre enfants (François-Henri[12], diplômé de HEC Paris en 1985), pour se consacrer pleinement à sa passion, l'art contemporain. François Pinault est le plus riche collectionneur d'art et possède une collection estimée à 1,4 milliard de dollars[13]. Il a pris goût à l'art moderne et contemporain à la fin des années 1980, sans avoir la moindre formation ou connaissance sur le sujet au départ. Il constitue dans les années 1990 la plus importante collection privée d'art contemporain en France, et l'une des toutes premières dans le monde. En 1998, il réalise une acquisition majeure avec le rachat de la maison britannique de ventes aux enchères Christie's pour 1,2 milliard d'euros[14], qui l'installe comme un des principaux acteurs mondiaux du marché de l'art.

En 2005, François Pinault achète le Palazzo Grassi, ex-propriété de la famille Agnelli puis de FIAT, situé à Venise sur les bords du Grand Canal, et y ouvre au public sa première exposition d'art contemporain. Il décide en mai 2006 de présenter une partie de sa collection personnelle, après avoir abandonné en 2004 un projet de construction, lancé en 1999, d'un musée sur l'île Seguin à Boulogne-Billancourt à cause de « délais administratifs trop longs » à son goût.

En mai 2007, il obtient après une forte lutte contre l'institution Guggenheim[15],[16], un accord de principe pour l'achat et les travaux de la Douane de Venise, qui devient une extension sur 5 000 m2 de ses collections présentées au Palazzo Grassi depuis 2005, notamment pour les œuvres monumentales. En 2008, l'architecte Tadao Ando réalise le projet architectural, et Jean-Jacques Aillagon organise l'ensemble du projet muséal sur Venise[17].

Relations politiques[modifier | modifier le code]

Si certains le disaient plus proche de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, entretenant même quelques amitiés au PS[18], d'autres ont affirmé qu'il avait plaidé la cause de Nicolas Sarkozy auprès de l'ancien président après l'engagement de Sarkozy auprès d'Édouard Balladur pour la présidentielle de 1995[19]. Il est aussi propriétaire de l'hebdomadaire Le Point dont le centre de gravité est au centre-droit et de tradition libérale.

En 2012, François Pinault fait connaître son intention de voter pour François Hollande[20].

Fortune[modifier | modifier le code]

La capitalisation boursière de Kering, qu'il contrôle à hauteur de 41 % via la holding Artémis, est de 19.7 milliards d'euros le 7 mai 2014.

En 2010, il possède la 7e fortune française avec une fortune personnelle estimée à 8,5 milliards de dollars US (6,216 milliards d'euros)[21]. Il est 59e fortune mondiale en 2012 et troisième française avec un patrimoine professionnel de 8,1 milliards d'euros.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « François Pinault », sur LSA
  2. Airy Routier, « La vie après la vie de François Pinault », sur Challenges,‎ 9 février 2012
  3. Renommé LCL depuis.
  4. Stéphane Sahuc, « François Pinault », sur L'Humanité,‎ 2005
  5. Airy Routier, « Patricia Barbizet, la femme de confiance », sur Challenges,‎ 9 février 2012
  6. a et b Nazanine Ravaï, La république des vanités, Grasset,‎ 1997, p. 151
  7. Voir sur boursilex.com.
  8. Nicolas Beau, Olivier Toscer, Une imposture française, Éditions des Arènes,‎ 2006, p. 75
  9. « Médias français, une affaire de famille », Marie Bénilde, Le Monde diplomatique, novembre 2003.
  10. Le Nouvel observateur, du 1er au 7 novembre 2001.
  11. « Argent public, fortunes privées », par Olivier Toscer, Le Monde diplomatique, décembre 2003.
  12. Né le 28 mai 1962.
  13. Les plus grands collectionneurs privés d'art, Journal du Net, 30 mai 2014
  14. D'après L'Express du 13 avril 2000 cité par Aymeric Mantoux dans Voyage au pays des ultra-riches, Éditions Flammarion Capital, 2010 (ISBN 978-2-8104-0287-8), p. 84.
  15. « Pinault peut savourer », Le Monde du 8 mai 2007.
  16. « François Pinault gagne la bataille de Venise » Le Figaro du 6 avril 2007
  17. « Destination Venise » dans Le Figaro du 18 août 2008.
  18. Comment Sarkozy cherche à contrôler les médias, Marianne, no 464 Semaine du 11 mars 2006 au 17 mars 2006
  19. Sarkozy et les patrons, Le Point, 26/08/2004, no 1667
  20. Les étranges liens de Julie Gayet et François Pinault, valeursactuelles.com, 13 janvier 2014
  21. sur challenges.fr.
  22. Décret du 30 décembre 2011 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]