Université de tous les savoirs

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L'Université de tous les savoirs (UTLS) est un projet du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur français ayant pour objet la diffusion des connaissances.

Initiative de Jean-Jacques Aillagon, le projet a été mené sous la direction du philosophe Yves Michaud. L’Université de tous les savoirs a été créée en l’an 2000 pour marquer le passage au XXIe siècle par une grande encyclopédie vivante de 366 conférences, une pour chaque jour de l’année. Lancée le 1er janvier 2000 avec une allocution de François Jacob sur le thème « Qu’est-ce que la vie ? », l’Université de tous les savoirs a organisé plus de 1 000 conférences. Aux 735 conférences proposées gratuitement au grand public par les plus grands scientifiques, chercheurs et intellectuels venus faire part de l’état de leurs recherches les plus actuelles, s’ajoutent 302 conférences organisées par ces mêmes chercheurs dans les lycées depuis octobre 2006. Soutenue par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche pour la première activité, l’Université de tous les savoirs au lycée a également reçu le soutien du ministère de l’Éducation nationale et plusieurs régions : IDF, Paca, Aquitaine, Bourgogne, Auvergne, Nord-Pas-de-Calais.

UTLS a su créer un lien d’information et de sensibilisation entre les lycées et les universités, les lycéens et les chercheurs. Aucun scientifique ni intellectuel n’ayant refusé d’intervenir devant les lycéens, bien au contraire. Les lycéens ont ainsi découvert un aperçu de ce que l’université leur propose. Enfin, L’UTLS a également créé, avec le concours du ministère de l’Éducation nationale, un projet au service des enseignants. Il se présente sous forme de séminaires sur le thème : « Respect et autorité dans les classes ».

Depuis l’origine du projet, le CERIMES assure la diffusion des conférences sur Canal-U où toutes les conférences sont consultables et téléchargeables.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

L’association avait pour buts :

  • d’organiser des conférences présentant à un large public la recherche et le savoir actuels;
  • de diffuser les savoirs vers le grand public par tous les moyens techniques;
  • d’apporter toute aide et assistance aux organismes, institutions, associations, communautés, entreprises et personnes qui voudraient organiser des conférences et diffuser des savoirs;
  • de contribuer à la diffusion de la recherche et du savoir francophones.

Créée le 22 mars 2001, l’"Utls - la suite" était une association Loi 1901.

Elle a cessé son activité le 29 septembre 2013.

Au conseil d‘administration ont siégé :

  • Yves Michaud, vice-président chargé de la programmation, professeur des universités
  • Catherine Labrusse-Riou, vice-présidente chargée des affaires administratives et financières professeur des facultés de droit
  • Daniel Malingre, président, conseiller maître à la cour des comptes

Au 31 décembre 2007, l’assemblée générale était notamment composée de :

  • Jean-Jacques Aillagon, président du château de Versailles, ancien ministre de la Culture
  • François Amblard, Institut Curie
  • Florence Bellivier, université Paris 10
  • Pierre Binetruy, Laboratoire de physique théorique, université de Paris Sud Orsay, IN2P3
  • Jean-Benoit Bost, mathématicien, université de Paris Sud Orsay
  • Jean Dalibard, Laboratoire des atomes froids, École normale supérieure
  • Jean-Luc Domenach, chercheur à la fondation nationale des sciences politiques en Chine
  • Serge Haroche, professeur de physique au Collège de France
  • Didier Houssin, professeur de médecine, délégué interministériel à la lutte contre la grippe aviaire
  • Claude Jaupart, volcanologue, géophysicien, Institut de physique du globe de Paris
  • Catherine Labrusse-Riou, vice-présidente chargée des affaires administratives et financières, professeur des facultés de droit
  • Daniel Malingre, président, conseiller maître à la cour des comptes
  • Philippe Martin, université Paris-1, TEAM
  • Yves Michaud, vice-président chargé de la programmation, professeur des universités
  • Jean-Pierre Mohen, conservateur général du Patrimoine, directeur du département rénovation, musée du l'Homme
  • Olivier Soubrane, chirurgien, hôpital Cochin
  • Alain Trembleau, Laboratoire de développement et évolution du système nerveux de l’École normale supérieure
  • Bernard Vaudeville, architecte, ingénieur, École nationale des Ponts et Chaussées
  • Claude Weisbuch, physicien - directeur de recherche du CNRS.

Rayonnement[modifier | modifier le code]

L'UTLS a acquis depuis 2000 une très grande visibilité dans les milieux universitaires et intellectuels francophones et dans le monde de l'entreprise.

Elle a bénéficié d'un soutien important de la part de l'ensemble du monde de la recherche et de la part des grandes institutions d'enseignement et de recherche.

Elle est reconnue par le monde de l'entreprise et elle a bénéficié des soutiens financiers de Sanofi Synthelabo, du groupe GENERALI Assurances, de la MGEN ou du groupe EADS.

Elle est une référence pour la presse (écrite, radio, TV, internet) avec laquelle elle a réalisé plusieurs opérations.

Elle a su fidéliser un public varié : 14 % d'étudiants, 23 % de retraités, 10 % de chômeurs, 48 % de personnes occupant un emploi à plein temps.

Francophonie[modifier | modifier le code]

Depuis 2000, l'UTLS a reçu les plus grands scientifiques français : les prix Nobel : François Jacob, Claude Cohen-Tannoudji, Jean-Marie Lehn ; Les médailles Fields : Alain Connes, Jean-Christophe Yoccoz, Pierre-Louis Lions... ainsi que de grands intellectuels et scientifiques étrangers francophones : le sociologue Zygmunt Bauman, le philosophe Peter Sloterdijk, l'historien Eric Hobsbawm, le prix Nobel de physique Gerardus 't Hooft… devenant la vitrine des savoirs francophones.

Au niveau international, l'UTLS est devenue un modèle repris dans plusieurs pays : en Hongrie, au Brésil, en Finlande, en Tunisie, au Pérou, en Bolivie.

Dans le cadre de l'année de la France en Chine elle a été invitée par la plus grande université de Chine (université Tsinghua à Pékin) pour organiser une série de 14 conférences (7 conférences en mai 2005 et 7 conférences en septembre 2005) pour présenter le meilleur de la recherche scientifique française, ainsi qu'en Corée et au Viêt Nam.

Yves Michaud et l'UTLS[modifier | modifier le code]

« Entretien avec Guillemette de la Borie », La Croix, 7 octobre 2013

Comment est née l'Université de tous les savoirs ?[modifier | modifier le code]

Dans le cadre des célébrations du second millénaire, Jean-Jacques Aillagon avait eu l'idée, pour l'an 2000, d'une encyclopédie vivante de toutes les connaissances dans leur état le plus actuel, délivrées par les meilleurs chercheurs de toutes les disciplines. J'ai proposé ensuite la formule « Deux tiers de sciences, un tiers d'humanités ». Nous nous étions donnés pour objectif de réintroduire les sciences et techniques dans la culture générale, souvent assimilée seulement aux arts et aux humanités...

Pourquoi avoir fait ce choix ?[modifier | modifier le code]

Parce qu'on aura de plus en plus besoin d'expertise dans ces domaines. C'est là que l'Université de tous les savoirs (UTLS) a sans doute eu le plus d'influence. Nous voulions aussi améliorer les compétences du plus grand nombre, notamment des décideurs politiques, sur les sujets faisant l'objet de débats de société : les manipulations génétiques, le réchauffement climatique...

Pour quelle raison avez-vous décidé de poursuivre aussi longtemps ?[modifier | modifier le code]

À cause de la demande du public et de celle du monde savant, pour qui s'est ouverte une tribune importante qu'ils ne voulaient pas voir se refermer. L'UTLS s'est en même temps démultipliée à l'étranger, avec les « Programmes d'Alembert » menés par les ambassades françaises, une « université des Andes » en Amérique latine, en Hongrie, en Chine, en Corée... En 2005, nous avons signé des accords avec les régions pour des interventions dans les lycées, transdisciplinaires, hors programmes scolaires et à un niveau élevé de vulgarisation. De ces rencontres pouvaient naître un déclic, une vocation...

Alors, pourquoi arrêter ?[modifier | modifier le code]

En France, on ne sait pas arrêter les choses ! L'UTLS a été une innovation, qui est arrivée à son terme. Si on continuait dans la formule actuelle, on irait forcément vers le déclin. Il faut inventer autre chose : le flambeau de l'innovation est à reprendre. Car les conditions de transmission de la connaissance ont changé.

Que voulez-vous dire ?[modifier | modifier le code]

Pour moi, le basculement a eu lieu autour de 2005, avec la montée en puissance et en qualité de Wikipédia […] et l'arrivée de YouTube. Il y a aujourd'hui des bandes passantes plus larges et une multitude de sites proposent des cours en ligne. Le public aussi a changé : il ne se déplace plus pour chercher des informations, il va sur Internet. Il y a aussi l'importance plus grande de l'image : les jeunes ne demandent plus des textes en ligne, mais des vidéos. […] Enfin, les formes de l'attention ont évolué : là où, il y a treize ans, l'on pouvait proposer des modules d'une heure et quart, quarante minutes sont devenues un maximum. Et là où l'on venait suivre un module entier, on picore maintenant parmi les propositions.

À quoi pourrait ressembler l'après-UTLS ?[modifier | modifier le code]

J'avais 55 ans quand j'ai commencé, j'en ai 69 à présent et ne suis pas le mieux placé pour l'inventer; mais, bien sûr, j'ai mes idées... Selon moi, il faudrait « virtualiser » l'UTLS dans un grand portail où se retrouveraient toutes les connaissances françaises, à diffusion internationale. Il y a un besoin, et des francophones, partout dans le monde. Et réfléchir sur un mode de validation des savoirs : pour les jeunes générations, ils devraient être diplômants. […]

La gratuité est-elle toujours d'actualité ?[modifier | modifier le code]

Il faut aussi redéfinir le mode de financement. L'État a subventionné le projet et ne nous a jamais manqué ou presque. Mais quand nous avons cherché des mécénats, nous n'avons pas réussi. Pourtant, ce n'était pas encore la crise. Aujourd'hui, il faudrait un modèle entrepreneurial et viser l'autofinancement. On est prêt à payer une formation quand on considère qu'on en a besoin. Sauf les lycéens, qui n'iront pas chercher seuls des choses savantes sur Internet... Maintenant que la formule est rodée, il faudrait aussi la décentraliser : aux universités régionales de s'ouvrir, elles qui se plaignent de manquer d'étudiants en sciences...

Avez-vous des regrets ?[modifier | modifier le code]

Sur les sujets de technologie, sur les métiers d'ingénieurs, nous n'avons pas suscité l'intérêt comme il aurait fallu... En informatique, tout va si vite qu'il est difficile de trouver des experts ayant un point de vue surplombant leur discipline. Il faudrait aussi parler de l'Inde, de l'Amérique latine... […]»

Liens externes[modifier | modifier le code]