Nestor Burma

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le personnage de roman. Pour la bande dessinée, voir Nestor Burma (bande dessinée). Pour la série télévisée, voir Nestor Burma (série télévisée).
Nestor Burma
Origine Drapeau de la France Français
Sexe Masculin
Activité(s) Détective privé
Adresse Rue de Mogador, Paris

Créé par Léo Malet
Interprété par René Dary
Daniel Sorano
Michel Galabru
Michel Serrault
Gérard Desarthe
Guy Marchand
Adrien Ledoux
Première apparition 120, rue de la gare (1943)
Dernière apparition Poste restante (1983) (nouvelle)

Nestor Burma est un détective privé de fiction, créé en 1942 par Léo Malet. « On peut le considérer comme le premier privé de la littérature policière française »[1]. « Ce Gavroche monté en graine (selon l'expression de Boileau-Narcejac) entretient d'assez mauvais rapports avec la police officielle, toujours prête à le soupçonner des pires méfaits. Cynique, gouailleur, très désinvolte, il ne connaît pas toujours la réussite, mais ne laisse pas les dames indifférentes »[2]. La plupart de ses aventures ont pour cadre la ville de Paris, notamment dans les romans de la série des Nouveaux Mystères de Paris, dont le titre est un clin d'œil aux Mystères de Paris d'Eugène Sue et dont l'action se déroule dans un arrondissement particulier de la ville, à chaque fois différent.

Sources d'inspiration du personnage[modifier | modifier le code]

Nestor Burma, « le détective qui met le mystère KO, est fort proche d'un Spade ou d'un Marlowe, version française »[3]. Bien que Malet ait précisé qu'il ne connaissait que les romans de Dashiell Hammett et que Burma a été créé bien avant Marlowe, le héros de Chandler, cette filiation entre le détective français et les privés américains s'explique par le ton des récits. Le discours critique, ironique et farci de sarcasmes de Nestor Burma à l'égard des institutions, des profiteurs, des nantis et de la société française d'après-guerre dans son ensemble, rejoint les propos acides, cynique et désabusés des grands enquêteurs du roman noir américain. Cependant, Burma n'est pas un simple clone francisé de ses modèles, car Léo Malet a mis beaucoup de lui dans son héros qui emprunte à son créateur « son indépendance, son franc-parler, ses difficultés financières et sa pipe à tête de taureau »[4]. C'est pourquoi « Nestor Burma occupe une place privilégiée dans l'œuvre de Léo Malet : ce que ce dernier a vécu, il l'a transmis à son héros ; ce qu'il n'a pu ou osé vivre, il le lui a également accordé, faisant de ce personnage son véritable double »[5]. Même s'il a voulu rendre le personnage antipathique « par haine imbécile du flic. [...] Je n'ai jamais été très flicophile et je voulais faire un personnage vraiment dégueulasse »[6], il reconnaît n'y être pas arrivé, « mais comme sans le vouloir, j'ai dû y mettre un peu de moi-même, il a paru quand même plus sympathique que je n'aurai cru »[6].

Malet a révélé qu'il a trouvé le nom de son personnage en lisant Le Mystérieux Docteur Fu-Manchu de Sax Rohmer dans le texte original anglais. Dès les premières lignes, un soir, à Londres, on sonne à la porte du docteur Petri qui va ouvrir. Sur le seuil, un « homme bien charpenté, engoncé par un pardessus .... Smith, s'écrie Petri, Nayland Smith de Burma »[7]. Reste le prénom, Nestor. Malet commente l'avoir choisi parce que « cela claquait et faisait un tantinet baraque foraine. [...] J'ai appris plus tard que ce mot venait du grec « noir » ou « celui qui se souvient »... Enfin, comme son homonyme le roi de Pylos (et tant qu'on y est, Pylos est l'anagramme approximatif de Police), mon héros est enclin aux longs discours. C'est ce que Breton eût appelé : le hasard objectif »[8].

Biographie de fiction[modifier | modifier le code]

Nestor Burma a de nombreux traits en commun avec son créateur Léo Malet : il « a été anarchiste (Brouillard au pont de Tolbiac), prisonnier dans le Stalag[9] (120, rue de la Gare) et flâneur dans Paris. Comme Malet, Burma est adepte du calembour et de la contrepèterie, et il aime taquiner les jolies filles »[10]. Le héros est donc bien français et sa singularité s'explique par les événements qui ont marqué son existence, par l'affection ludique qu'il accole aux jeux de mots et par son attitude gouailleuse à l'égard des femmes. Mais c'est également, comme tout héros du roman noir, « un homme d'action, un dur à cuire, qui n'hésite pas à faire usage, chevaleresquement ou non, de ses poings. Il connaît bien les vies diurnes et nocturnes de la capitale, et quelques milieux interlopes, profession oblige, [tout comme] les faits divers criminels qui ont défrayé sa chronique »[11]. Il a aussi une tête dure, et c'est tant mieux, puisqu'il ne se passe pas une enquête digne de ce nom sans qu'il se fasse matraquer, de préférence sur l'occiput, au point d'être encore un peu sonné à son réveil. Ajoutez à cela des nerfs d'acier, au demeurant fort utiles quand, comme lui, on est un détective qui a le chic d'avoir découvert en carrière une quantité alarmante de cadavres.

À l'occasion de certaines de ses enquêtes, le détective, qui en est à la fois le héros et le narrateur, dévoile au lecteur quelques bribes de son passé (inspiré de celui de son créateur), notamment dans Brouillard au pont de Tolbiac[12]. « Burma, né le 7 mars 1909, rue du Bassin, à Celleneuve, un faubourg de Montpellier »[13], est élevé par Omer Burma, son grand-père paternel. Il monte à Paris alors qu'il est encore adolescent, dans la seconde moitié des années 1920. En 1926, il est emprisonné à la Petite-Roquette. De 1927 à 1929, il fréquente les milieux anarchistes. Avant de devenir détective privé, il survit en exerçant divers petits emplois, dont celui de figurant pour le cinéma, ainsi qu'il l'explique dans Corrida aux Champs-Élysées[14]. Burma vend aussi des journaux et « loge au foyer végétalien de la rue de Tolbiac. Avant-guerre, il s'établit détective un peu comme il se serait installé poète. Mais il faut l'argent prélevé dans le portefeuille d'un acteur assassiné (que Burma était censé protéger), ajouté à celui donné par son assassin, pour permettre à l'Agence Fiat Lux d'ouvrir ses portes »[15].

Nestor Burma exerce, « toujours aux limites de la morale communément admise »[16], dans son agence Fiat Lux, située rue des Petits-Champs, qui est « parmi celles où l’on rencontre les plus jolies femmes de Paris »[17]. Son domicile se trouve rue de Mogador, « entre le théâtre Mogador et une boutique de lingerie féminine »[18]. Il a une secrétaire, Hélène Chatelain, « qu'on dit avoir été inspirée à Malet par sa maîtresse »[19], ainsi que deux collaborateurs, Roger Zavatter et Louis Reboul, qui est manchot. Tous trois l'assistent, à l'occasion, au cours de ses enquêtes. Il bénéficie également de l'aide ponctuelle de ses amis : Marc Covet, « le journaliste-éponge » du Crépuscule, surnommé ainsi en raison de son penchant pour l'alcool, et le commissaire Florimond Faroux, chef de la Section centrale criminelle à la Police Judiciaire, lequel s'agace souvent de trouver Nestor Burma mêlé aux affaires les plus invraisemblables et les plus sanglantes dont le fonctionnaire est amené à s'occuper[20], mais qui n'hésite pas à se porter garant du détective auprès de ses collègues de la police quand des soupçons pèsent sur Burma[21]. « C'est à Perry Mason, l'avocat cher à E. S. Gardner, qu'aurait songé Léo Malet en créant l'entourage de Burma »[22]. Si, dans la grande majorité des cas, c'est aux truands et aux malfrats que Burma à affaire, « dans les récits de ses enquêtes, il n'a jamais recours à ce fameux romantisme de la pègre qui fut un temps à l'honneur dans le roman noir français des années 1950. Un lucide, Burma, qui n'aura pas succombé aux mythologies frelatées de son époque »[23].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Certains des romans ayant Nestor Burma pour héros ont été adaptés en films ou téléfilms à plusieurs reprises, ainsi qu'en bande dessinée par Jacques Tardi.

Au cinéma, Nestor Burma est interprété par René Dary, Michel Galabru et Michel Serrault. Léo Malet n'apprécia pas Michel Galabru dans le rôle de son détective : « Galabru est un bon acteur mais ce n'est pas le personnage »[6]. Il aurait plutôt vu dans le rôle tout d'abord Charles Vanel, puis Yves Montand[6]. Et Jean Tulard estime que « l'erreur fondamentale des auteurs d'adaptations cinématographiques de ses aventures fut de faire appel à Galabru ou à Serrault, excellents acteurs par ailleurs mais qui donnèrent du rôle une interprétation trop chargée. Le premier titulaire, René Dary, était le plus vraisemblable : simple, direct, sympathique mais forte tête »[24].

Depuis les années 1990, Nestor Burma est également connu grâce à la série télévisée du même nom, dans laquelle il est incarné par Guy Marchand. Cette adaptation transpose l'action des Nouveaux Mystères de Paris dans les années 1990. Léo Malet était au départ sceptique quant au choix des acteurs. Si elle est peu fidèle à la lettre des intrigues, la série rend cependant bien l'atmosphère des Nouveaux Mystères et, avec un certain décalage, le personnage de Burma[25].

Il est à noter que Guy Marchand avait déjà interprété le personnage de Marc Covet, dans Nestor Burma, détective de choc (1981).

Reprise du personnage[modifier | modifier le code]

Les admirateurs de Nestor Burma peuvent aussi lire avec curiosité la trilogie de Patrick Pécherot, publiée dans la Série Noire (Gallimard), Les Brouillards de la butte, Belleville-Barcelone et Boulevard des branques, qui ont pour personnage principal « Nestor dit Pipette » (parce qu'il fume une pipe à tête de taureau). Dans le premier ouvrage, l'auteur reprend l'action exactement là où Léo Malet l'avait laissée dans son roman inachevé Les Neiges de Montmartre (il y croisera notamment André Breton) ; dans le troisième, il sera finalement fait prisonnier par les Allemands et partira au Stalag. Patrick Pécherot y a très bien restitué la langue et le style de Léo Malet.

Cycle Nestor Burma[modifier | modifier le code]

La publication du cycle des aventures de Nestor Burma ne suit pas l'ordre chronologique de ses aventure. Ainsi, 1943, date de parution de 120, rue de la Gare, est à peu près contemporaine à l'action de ce premier roman. Mais trois romans publiés ultérieurement reviennent sur des enquêtes antérieures du détectives : Gros plan du macchabée (1949), qui raconte la première enquête de Burma, Nestor Burma et le Monstre (1946) et L'Homme au sang bleu (1945). En outre, Les Neiges de Montmartre (1974), premier chapitre d'un roman inachevé de la série des Nouveaux Mystères de Paris, se penche sur une toute première enquête, alors que le héros n'a que 16 ans. La série des Nouveaux Mystères de Paris forment le cœur et le fleuron du cycle des aventures de Nestor Burma. Léo Malet caressait le projet, qui fut accepté par les éditions Robert Laffont, d'une enquête policière par arrondissement parisien. Cinq arrondissements, sur les 20 qui composent Paris, n'ont pas servi de cadre à un roman : les 7e, 11e, 18e, 19e et 20e. Pour ce dernier arrondissement, il reste en contrepartie la nouvelle intitulée Les Neiges de Montmartre (1974).

Romans[modifier | modifier le code]

Pont de Bir-Hakeim où Léo Malet eut l'idée de la série Les Nouveaux Mystères de Paris

Série Les Nouveaux Mystères de Paris[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Les Nouveaux Mystères de Paris.

Liste des romans[modifier | modifier le code]

Autres romans[modifier | modifier le code]

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Solution au cimetière (1946)
  • Pas de veine avec le pendu (1952)[27] (Titre initial : Entreprise de transport)
  • Faux Frère (1955)
  • Les Neiges de Montmartre (1974)[28], premier chapitre présenté sous forme de nouvelle du roman inachevé dédié au 20e arrondissement de Paris du cycle des Nouveaux Mystères de Paris (Titre initial : L'Année folle de Nestor Burma : autre titre : Les Anars de la butte)
  • Poste restante (1983)

Nouvelles avec Nestor Burma par un autre auteur que Léo Malet[modifier | modifier le code]

Scénario[modifier | modifier le code]

  • La Nuit d'Austerlitz, scénario original écrit par Léo Malet et Stellio Lorenzi pour le téléfilm de 1954 (voir ci-dessous). Le texte apparaît dans le tome II de l'intégrale du cycle Nestor Burma (2006) dans la collection « Bouquins » aux Éditions Robert Laffont.

Pièce radiophonique[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

  • Chanson de Nestor Burma, écrite vers 1954-1955, texte publié en 1974, mise en musique, interprétée et enregistré par Gérard Dôle sur disque 45 tours, aux Éditions de Minuit moins cinq, en 1982.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Série télévisée[modifier | modifier le code]

En bande dessinée[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

  • Nestor Burma, détective de choc, d'après la nouvelle La Solution au cimetière, mise en scène Philippe Labonne, avec Adrien Ledoux dans le rôle de Nestor Burma, Théâtre des Lucioles, Festival d'Avignon 2006

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005, p. 110.
  2. Denis Fernandez Recatala, Le Polar, p. 40.
  3. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005, p. 110.
  4. Le Nouveau Dictionnaire des œuvres de tous les temps et de tous les pays, tome IV, p. 4998.
  5. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, p. 327.
  6. a, b, c et d Interview de Léo Malet Polar no 8 janvier 1980
  7. Cité par Denis Fernandez Recatala, dans Le Polar, p. 41. Malet lit Sax Rohmer dans le texte original anglais : le docteur Petrie est surpris de voir Nayland Smith revenu de Birmanie (Burma, en anglais).
  8. Cité par Denis Fernandez Recatala, dans Le Polar, p. 41.
  9. Pendant la Seconde Guerre mondiale
  10. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005, p. 110.
  11. Jacques Baudou, Les Nombreuses Vies de Nestor Burma, p. 6.
  12. C'est une des raisons qui expliquent, selon Nadia Dhoukar (ainsi qu'elle l'explique dans sa présentation du roman pour le premier volume de la collection « Bouquins » consacré aux Nouveaux mystères de Paris) que « ce roman est généralement celui que les lecteurs adeptes du détective préfèrent » (op. cit., p. 836.)
  13. Jacques Baudou, Les Nombreuses Vies de Nestor Burma, p. 9. (Léo Malet est lui aussi né à Montpellier.)
  14. « ...depuis l'époque où j'étais figurant, le cinéma était égal à lui-même », explique-t-il après avoir assisté au (non) tournage d'une scène sur un plateau de cinéma (chap. VII, « Un bel article pour Rabastens »). Léo Malet a également été figurant pour le cinéma.
  15. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, p. 327. Les faits sont racontés dans le roman Gros plan du macchabée.
  16. Claude Mesplède, Dictionnaire des littératures policières, p. 327.
  17. Dans Des kilomètres de linceuls
  18. Léo Malet, « Nayland Smith de Burma », in Léo Malet, Nestor Burma - Les Nouveaux Mystères de Paris (I), Robert Laffont, coll. « Bouquins », p. 943.
  19. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005, p. 110.
  20. « Lorsqu'une bonne femme se suicide, se trouver à son chevet ; lorsqu'un jeune homme se fait estourbir, s'arranger pour que ce soit une connaissance de bistrot ; lorsqu'on vole une voiture, offrir la sienne... Je le répète, il y a de l'abus », fait par exemple observer Faroux à Burma dans Corrida aux Champs-Élysées (chap. X, « Pochette surprise. »)
  21. Dans Casse-pipe à la Nation, par exemple, alors que Nestor vient de tuer, en état de légitime défense, un homme qui tentait de le jeter dans le vide.
  22. Jean Tulard, Dictionnaire du roman policier : 1841-2005, p. 110.
  23. Jacques Baudou, Les Nombreuses Vies de Nestor Burma, p. 7.
  24. Préface Les Enquêtes de Nestor Burma et Les Nouveaux Mystères de Paris collection Bouquins, volume 2, p. X, Éditions Robert Laffont
  25. Guy Marchand est Nestor Burma sur le pont Article de l'Humanité, 10 février 1995
  26. Jeu de mots entre Boulevard... ossements et Boulevard Haussmann.
  27. Titre définitif de cette nouvelle dans l'édition intégrale, tome I, de la collection « Bouquins » chez Robert Laffont (1986, réédition 2006). Nouvelle initialement parue sous le titre Entreprise de transport dans Mystère magazine no 51, avril 1952, et reprise sous le titre Pas de veine avec le pendu dans la revue Maintenant en 1979. Voir Bibliographie dans Jacques Baudou, Les Nombreuses Vies de Nestor Burma, p. 235.
  28. Titre définitif de cette nouvelle dans l'édition intégrale, tome II, de la collection « Bouquins » chez Robert Laffont (1986, réédition 2006). Nouvelle initialement parue sous le titre L'Année folle de Nestor Burma dans Matulu no 30, décembre 1974, et reprise sous le titre Les Anars de la butte dans Playboy no 66, mai 1979. Voir Bibliographie dans Polar no 8 (1979) et Jacques Baudou, Les Nombreuses Vies de Nestor Burma, p. 235.
  29. Mystère magazine no 48, janvier 1952
  30. Mystère magazine no 59, décembre 1952 et dans la collection Bouquins Éditions Robert Laffont, 1989
  31. dans Polar revue trimestrielle no 2, janvier 1991
  32. Le scénario de ce téléfilm est une œuvre originale écrite par Léo Malet, en collaboration avec le réalisateur Stellio Lorenzi.

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]