Et vogue le navire…

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Et vogue le navire…

Titre original E la nave va
Réalisation Federico Fellini
Scénario Federico Fellini
Tonino Guerra
Acteurs principaux
Sociétés de production Drapeau : Italie Vides Produzione
Drapeau : Italie Radiotelevisione Italiana
Drapeau : Italie Società Investimenti Milanese
Drapeau : France Gaumont
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 1983
Durée 128 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Et vogue le navire… (E la nave va) est un film franco-italien réalisé par Federico Fellini. Sa première eut lieu à la Mostra de Venise le 10 septembre 1983.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En juillet 1914, une croisière est organisée à l'occasion des funérailles d'une cantatrice célèbre. Ses cendres doivent être dispersées au large d'une île. La croisière comprend un équipage des plus hétéroclites, transportant notamment un rhinocéros, symbole absurde ainsi que des chanteurs lyriques, des vieux musiciens érudits plus ou moins décadents, un Grand Duc autrichien, etc. Ces passagers seront rejoints par des naufragés serbes qui apportent avec eux leur musique et leurs danses populaires. S'opposent alors musique savante sclérosée et musique populaire vivante...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Acteurs[modifier | modifier le code]

Chanteurs[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

Le système est en réalité plus complexe qu'une simple opposition et interprétable de mille et une manières. L'image du bourgeois de l'époque, qui chante alors que son règne tombe, est évoquée par l'image de l'orchestre du Titanic. La tonalité générale du film reste comique, entraînante. La musique y tient une part très importante, on a pu d'ailleurs parler de film-opéra (hommage à l'opéra italien). Elle est faite notamment d'arrangements d'opéras de Verdi ou d'oratorios de Rossini par G. Plenizio, mais aussi de chants populaires d'Europe centrale, etc.

Accueil[modifier | modifier le code]

« Décors et costumes minutieusement fidèles à l'époque. Images somptueuses. Récit d'intensité inégale mais de constante qualité. Interprétation à la hauteur des personnages. Le tout mis en œuvre par Federico Fellini, réalisateur virtuose, puissant ironiste et seul maître à bord. Une force de la mâture. »

— Jean-Paul Grousset, Le Canard enchaîné, 11 janvier 1984

« D’emblée le film, mi-rêve mi-opéra, mi-nostalgique mi-satirique, s’annonce comme un voyage totalement fantastique au pays qui n’existe que dans l’univers fellinien (…). Il y a, c’est simple, et si compliqué, Fellini, tel qu’en lui-même. Déconcertant, voire fumeux, imprévisible, ennuyeux presque dans ses redites et pourtant, encore, ici surtout, étrangement fascinant. »

— Annie Coppermann, Les Échos, 4 janvier 1984

« Seuls les admirateurs inconditionnels de l’auteur de La Strada peuvent parler de "Et vogue le navire" en termes de chef d’œuvre. Et pourtant, toute la première partie est magnifique et le départ pour une longue croisière du fabuleux Gloria N. (…) est un grand moment de cinéma baroque, brillant, poétique, en un mot, fellinien. Mais ce long voyage tombe vite dans un excès de stylisation et les allégories se précipitent, dans un désordre qui se veut créateur mais qui, sur plus de deux heures, devient surtout incohérent. De ce trop long voyage subsistent quelques moments admirables, trop rares, et noyés sous le flot. »

— L'Événement du jeudi, 2 janvier 1984

« Fellini lui-même serait sans doute bien incapable d’entrer dans le détail des significations multiples de tel personnage, de telle scène. Mais le plus évident, c’est l’imagination du cinéaste. Il donne constamment la joie de voir des images d’une beauté et d’une originalité profondes. »

— Robert Chazal, France-Soir, 5 janvier 1984

« Très beau, mais aussi très froid et très triste, "E la nave va", à deux ou trois exceptions près (…), se fige dans la caricature, s’enlise dans le symbole, se laisse prendre au piège de sa propre glaciation. La mort a trop bien accompli son œuvre. C’est un film que l’on a envie de délivrer. »

— Claude Sartirano, L'Humanité Dimanche, 6 janvier 1984

« D’où vient la relative déception devant le film ? Ou plutôt : pourquoi la déception, qui est un des grands sujets felliniens, est elle-même décevante ? Les grands films de Fellini sont en général ceux où il escamote en cours de route et le sujet noble du fil met sa matière triviale. Escamoter n’est ni montrer, ni démontrer, mais c’est tout l’art de Fellini. Or dans "E la nave va", l’unité de lieu finit par se retourner contre Fellini, l’empêchant de trouver des lignes de fuite, le privant d’ironie. Prestidigitateur sans chapeau et sans sourire, soudain obligé de gérer la lourdeur (en argent et en signification) du film-galère, danseur ankylosé qui, à force de chercher en tout le détail qui tue, filme « tout au détail » et ne surmonte pas la peur de couler avec l’ensemble. »

— Serge Daney, Libération, 12 septembre 1983

Liens externes[modifier | modifier le code]