Histoire de Melody Nelson

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Histoire de Melody Nelson

Album par Serge Gainsbourg
Sortie 24 mars 1971
Enregistré 4, 5, 8 et 11 mai 1970 (Studio des Dames, Paris)
21-23 avril 1970 (Marble Arch, Londres)
11-14 janvier, 1er, 2, 4 février 1971 (Studio des Dames, Paris)
Durée 27:57
Genre Rock progressif
Producteur Jean-Claude Desmarty
Label Philips
Critique

Albums par Serge Gainsbourg

Histoire de Melody Nelson est le premier album-concept de Serge Gainsbourg sorti en 1971, écrit en collaboration avec le compositeur et arrangeur Jean-Claude Vannier.

Sommaire

Mise en perspective de l'œuvre [modifier]

L'Histoire de Melody Nelson est un pan à part de l'œuvre de Gainsbourg, pouvant se rapprocher musicalement de L'Homme à tête de chou, son second album concept, paru cinq années plus tard. Rendant hommage à la littérature et aux ouvrages de Vladimir Nabokov, Gainsbourg construit cet album autour d'un récit, et d'une femme, sa muse, Jane Birkin, qui prête succinctement son image et sa voix au personnage éponyme, ne donnant que son « nom », et n'émettant que quelques sons équivoques dans Melody, En Melody et Ballade de Melody Nelson.

Résumé [modifier]

C'est l'histoire de Melody Nelson, une jeune fille aux cheveux rouges, une adorable garçonne, âgée d'une quinzaine d'années. Dans Melody, à vélo, elle fut percutée par la Rolls Royce Silver Ghost 1910 à 26 chevaux de Serge Gainsbourg. Puis, dans l'album, la séduction et une romance s'ensuivent (L'hôtel particulier), puis, dans un parti subjectif et émotionnel, l'auteur dévoile les sentiments et les doutes du narrateur (notamment dans Ah Melody et Valse de Melody) jusqu'à la perte de la jeune fille, dont l'avion, un 707 à destination de Sunderland, s'écrase (Cargo Culte, référence au culte du cargo). Après l'accident, Serge chercha le corps de Melody dans Cargo Culte (elle qui n'avait pas de 7 à ses chiffres portes-bonheurs, d'où les 7 minutes de Melody et Cargo Culte).

Forme [modifier]

Gainsbourg abandonne globalement le chant pour une narration où son ton et l'orchestration millimétrée transcendent les textes pour y plonger l'auditeur. Les harmonies ne sont pas sans rappeler Bonnie & Clyde que Gainsbourg a composé en une nuit pour une autre de ses muses, Brigitte Bardot. La basse et la batterie, notamment sur En Melody, sont résolument funk.[réf. souhaitée]

Les thèmes s'enchevêtrent et se répondent, les saillies mélodiques (notamment les chœurs et les violons) sont saupoudrées au fil de l'album (discrets motifs de Melody que l'on retrouve dans L'hôtel particulier...). L'opus peut d'ailleurs s'écouter en boucle parfaite. Ces thèmes créent une unité de corps, et à la fois un enchaînement de surprises.

Une vidéo mettant en image l'album complet a été réalisé en 1971 par Jean-Christophe Averty. Entre long clip et film musical, on y voit Serge Gainsbourg et Jane Birkin jouant les scènes de l'album, évoluant soit sur des décors de studio, soit sur des peintures (notamment du surréaliste belge Paul Delvaux) ou d'autres graphismes de style psychédélique.

Titres [modifier]

Histoire de Melody Nelson
No Titre Auteur(s) Durée
1. Melody Gainsbourg 7:34
2. Ballade de Melody Nelson Gainsbourg, Vannier 2:00
3. Valse de Melody Gainsbourg 1:32
4. Ah ! Melody Gainsbourg, Vannier 1:46
5. L'hôtel particulier Gainsbourg 4:08
6. En Melody Gainsbourg, Vannier 3:27
7. Cargo culte Gainsbourg 7:37

Personnel [modifier]

Les musiciens ne sont mentionnés ni sur le vinyle, ni sur le CD. Les studios d'enregistrement ne sont pas précisés non plus sur le vinyle. D'après les dernières recherches effectuées par l'équipe de réédition de l'album pour l'édition du 40ème anniversaire (Sébastien Merlet, Andy Votel, Jérémie Szpirglas), les musiciens de session sont les suivants[1]:

Enregistrement guitare, basse, batterie : Marble Arch, Londres (21-23 avril 1971)

  • Directeur orchestration et arrangement : Jean-Claude Vannier
  • Production : Jean-Claude Desmarty
  • Prise de son : Jean-Claude Charvier
  • Assistant : Rémy Aucharles
  • Mastering : Jean-Marie Guérin
  • Réédition : Jean-Yves Billet

Accueil et postérité [modifier]

Boudé par le public à sa sortie (seulement 71 400 exemplaires vendus et certifié disque d'or en 1983[2]), Melody Nelson est reconnu aujourd'hui comme un album important et influent pour d'autres musiciens. Son influence dépasse aussi largement le cadre national, avec outre le groupe français Air, David Holmes, Placebo, Lenny Kravitz, Jarvis Cocker du groupe Pulp, Portishead et Beck, qui dans son album de 2002 « Sea Change » signe un titre, « Paper Tiger » comportant des parties instrumentales du morceau Melody. De La Soul sort également Held Down qui reprend l'instrumental de Ha melody.

Jean-Claude Vannier joua l’album au Barbican de Londres le 21 octobre 2006 avec comme invités vocaux Jarvis Cocker, Badly Drawn Boy, Brigitte Fontaine, Mick Harvey et le chanteur principal des Super Furry Animals, Gruff Rhys. Vannier joua l’album dans son intégralité, ainsi que son album solo, L’Enfant assassin des mouches. Une nouvelle représentation a été donnée au Hollywood Bowl de Los Angeles le 28 août 2011. Pour accompagner Jean-Claude Vannier, une rimbambelle de talents internationaux a répondu présente : Beck, Sean Lennon, Charlotte Kemp Muhl, Ed Droste, Victoria Legrand, Mike Patton, China Forbes (Pink Martini), Zola Jesus, Joseph Gordon-Levitt et Lulu Gainsbourg - accompagnés du Los Angeles Symphonic Orchestra.


Pour fêter les 40 ans de cet album mythique, des coffrets deluxe sorti en 2011 avec des versions alternatives et des bonus inédits.

Sur l'album de reprises Monsieur Gainsbourg Revisited, sorti en 2006, figurent deux titres issus de l'Histoire de Melody Nelson. Le groupe Placebo réinterprète la Ballade de Melody Nelson (The Ballad Of Melody Nelson) et Michael Stipe, chanteur de R.E.M., L'Hôtel Particulier (L'Hôtel). Selon l'édition française du magazine Rolling Stone, cet album est le 4e meilleur album de rock français[3].

Certains albums manifestement postérieurs à la sortie de Melody Nelson sont basés sur le travail de Serge Gainsbourg. En témoigne l'album du producteur Danger Mouse accompagné de Daniele Luppi dans le projet "Rome", dont les sonorités de basses rondes, ainsi que les arpèges de guitares sont vraisemblablement inspirée de Melody Nelson[4].

Reprises [modifier]

Références [modifier]

  1. Sources : A. Votel/J. Szpirglas, Histoire de Melody Nelson, Edition du 40ème anniversaire
  2. http://www.infodisc.fr/CDCertif_O.php?debut=1200
  3. Rolling Stone, n°18 de février 2010
  4. Emmanuelle Piganiol, « Danger Mouse : "Dis-moi ce que tu écoutes !" », sur Mondomix, 2011. Consulté le 05 août 2012
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