Jean-Patrick Capdevielle

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Jean-Patrick Capdevielle

Naissance
Levallois-Perret, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Années actives Depuis 1978
Site officiel www.jpcapdevielle.com

Jean-Patrick Capdevielle est un auteur-compositeur-interprète français né le à Levallois-Perret.

À la croisée des influences américaines et anglaises, Capdevielle construit à travers ses premiers albums une œuvre singulière, portée par une voix rauque aux accents faubouriens, et des textes aux images sombres et poétiques, à la fois anars et visionnaires. Le tout sur des rythmiques inspirées, dont les guitares enlevées et les touches de saxo nous promènent de la scène londonienne des années 1960 aux clubs new-yorkais de la fin des années 1970. Ce style unique a durablement influencé la scène française, même si personne à ce jour ne peut réellement se déclarer son héritier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant d'être chanteur, Jean-Patrick Capdevielle a été journaliste à SuperHebdo, Salut les copains (le magazine), Mademoiselle Age Tendre, Actuel, puis directeur artistique. Dans les années 1960, il voyage aux États-Unis, puis vit à Londres, où il côtoie le "Swinging London" (notamment dans des clubs live tels que le Speakeasy et le Blaise's où il rencontre les Beatles, les Rolling Stones, Jimi Hendrix et d'autres rockers anglais), et il devient un ami proche d'Eric Clapton.

En 1970, il part s'établir aux Baléares, à Ibiza, où il s'adonne à la peinture et la composition musicale[1],[2]. En 1978, il adresse à une maison de disques ses premières maquettes. Le 45 tours Solitude, qualifié de « reggae en français » et produit par Ketchup Music (label appartenant à William Sheller), rencontre alors un succès certain. Il signe ensuite un contrat chez CBS.

En sort le premier album de Capdevielle, Les Enfants des ténèbres et les Anges de la rue, dont est extrait un 45 tour mettant en exergue la chanson Tout au bout de la ville.

De façon totalement imprévue, c'est la chanson présente sur la face B, intitulée Quand t'es dans le Désert, qui est préférée par les programmateurs des radios, au point de devenir un gigantesque succès. D'ailleurs, plus de 30 ans après, Capdevielle est toujours "poursuivi" par Quand t'es dans le Désert qu'on lui réclame systématiquement alors qu'il tente de faire connaître ses autres chansons (il a publié douze autres albums depuis).

Pour l'anecdote, Quand t'es dans le Désert a été considérée comme une critique au vitriol du giscardisme  : les paroles « Tous les rapaces du pouvoir menés par un gros clown sinistre plongent vers moi sur la musique d'un piètre accordéoniste » semblent désigner le Premier ministre et le président de la République en cette fin des années 1970  : Raymond Barre (le « gros clown sinistre ») et Valéry Giscard d'Estaing, connu pour sa pratique peu convaincante de l'accordéon (le « piètre accordéoniste »).

On notera aussi dès ce premier album la thématique de la femme "fatale" - qui allait s'avérer omniprésente dans toute l'oeuvre de Capdevielle - avec les titres Elle est comme personne ( Quand j'ai mal j'me plains pas d'la brûlure / J'suis venu seul à g'noux devant sa serrure / Quand mes derniers espoirs plafonnent / Elle est comme personne ) et Salomé (Elle est v'nue vers moi pour m'apprendre mon rôle / Quand ma solitude n'était vraiment pas drôle / J'ai senti l'orage quand ma voix s'est cassée / Mais déjà je dansais comme un clown sur la trace de Salomé).

Les deux premiers albums, Les Enfants des ténèbres et les Anges de la rue (, sacré album de platine et vendu à 450 000 exemplaires en peu de temps), et Deux (1980), régénèrent le paysage rock français et sont toujours classés parmi les « 100 disques essentiels du rock français » (respectivement 27e et 55e place du classement du mensuel Rolling Stone, en février 2010).

Extraite de l'album Deux, la chanson C'est dur d'être un héros est un véritable succès, mais plus encore la chanson Oh, Chiquita : le 45 tours se vend encore mieux que celui de Quand t'es dans le désert. Les titres La cité fantôme, Ton monde est vieux, Crachez la monnaie ou Les sables mouvants sont particulièrement percutants, et la chanson Barcelone est considérée par de nombreux admirateurs comme un véritable "bijou".

Pourtant, sans que l'on sache très bien pourquoi, les critiques sont bien moins enthousiastes concernant Deux et encore moins à la sortie du troisième album, Le long de la jetée, en 1981. C'est le début d'une longue défiance entre le chanteur et le monde de la critique.

Le premier album (réédité en CD fac-similé en novembre 2009 par Culture Factory) est suivi d'une tournée de concerts au printemps 1980, avec un passage à l'Olympia. Capdevielle enchaîne deux autres tournées : début 1981, avec un passage au Palais des sports de Paris, puis à l'automne 1982, de nouveau avec un passage à l'Olympia.

Capdevielle défie les critiques en 1982 avec un album au titre explicite : L'ennemi public. Les paroles de la première chanson, tout aussi explicitement titrée T'es pas fait pour ça, décrivent bien la situation  : "Ils t' jugent au nom des lois qu'ils inventent, Pour eux, t'es toujours sur la sale pente, Faut quitter ton manège Si personne te protège, Ils pèsent ta rage au poids d' leurs combines Paraît qu'on doit tout vendre en vitrine, Faut savoir ramper par terre Pour dev'nir un vrai chanteur populaire".

L'album, inégal, propose toutefois deux vivifiants "morceaux de bravoure" (L'homme de paille et La vie passe comme une rivière) et un bel hymne à la gloire du rock, titré Qu'est-ce qui va rester (quand le rock'n'roll aura cessé d'exister) ?, qui connait un certain succès.

Après la publication en 1983 de l'album live Dernier rappel, Jean-Patrick Capdevielle surprend, et désoriente même une partie de son public, avec des albums très différents des trois premiers.

C'est ainsi le cas de Mauvaises fréquentations, sorti en 1984  : à côté de Halloween et Caricature, probables tentatives de (vain) succès commercial, Capdevielle propose une série de chansons très personnelles, sombres, sobres voire minimalistes, comme Pas bien rose, Sous trop d'étoiles, Les ghettos dansent, Drôle de guerre, ou comme l'introspectif et nostalgique Dimanche treize.

La tentative commerciale est encore plus criarde en 1985 avec le "single" racoleur 40 à l'ombre, probablement imposé par la maison de disque et vainement promu dans les médias, ce qui a masqué hélas les autres chansons du surprenant album Planète X. Après un renversant Limbo, Capdevielle étudie la destinée humaine avec Monkey man et Planète X, y compris sur le plan géopolitique avec le décalé (car dansant) Danse on the map (Remix Gorbatchev) et avec le glaçant Hiver (il s'agit de l'hiver nucléaire  : "après les bombes, il y a eu l'hiver"). On notera aussi les étranges Sirène, sirène et Pièges, et l'incontournable femme fatale (bien dans la lignée des Salomé (1979), Chiquita (1980), Kathy (1981) ou Halloween (1984)) : Miss Miranda.

Après une pose de trois ans (il avait publié un album par an de 1979 à 1985), Capdevielle revient en 1988 avec le superbe Nouvel âge... resté pourtant l'un de ses albums les plus méconnus, malgré quelques passages en radio du titre Celle qui t’aimait. Une fois de plus, les introspections (Les heures noires, Face au mur au petit jour) alternent avec les destins de simples humains (Celle qui t'aimait, Deux étrangers, Double aller simple pour Pékin, Gueule d'ange), et celui de l'Humanité entière avec ce Nouvel âge ("Des chambres à gaz aux satellites, des famines aux cours de Wall Street Des puits secs aux jours de colère, des dieux barbares aux mercenaires Cent mille ans pour casser les barreaux des cages Cent mille ans pour trouver la clé du nouvel âge") qui semble faire écho à l'Hiver de l'album précédent.

L'album Vue sur cour, sorti en 1990, passe lui aussi assez inaperçu malgré le soin à nouveau apporté par Capdevielle à ses compositions.

Capdevielle explore ensuite le blues-rock en 1992 avec l'excellent Vertigo, enregistré à Nashville, resté lui aussi trop peu connu faute d'avoir pu dégager une chanson phare.

Parallèlement à sa carrière d'auteur-compositeur-interprète, il anime en 1985-1986 sur FR3 une émission de variétés, Les Totems du Bataclan. En 1986 toujours, il tourne en tant que comédien aux côtés de Marie-Christine Barrault dans un téléfilm de Philippe Vallois, L'Énigme des Sables. Puis il monte avec Paco Rabanne une maison de production, « Cadrages », qui produit notamment le long-métrage de la réalisatrice indienne Mira Nair Salaam Bombay ! (Caméra d'Or au 41e Festival de Cannes en 1988).

Il est également l'auteur du tube de Linda William' : Traces (1988), et la même année il participe à la chanson collective Liban. En 1993, et pour deux ans, il part vivre aux États-Unis, où il étudie le cinéma à UCLA (Californie) ; quand il revient, il réalise plusieurs clips, dont celui de Renaud Hantson (Si tu te bats, 1995). En 1995 sort également la compilation Politiquement correct signée sur le label Sony Music, avec quatre titres nouveaux (en cours de réédition en 2010).

En 1997, il écrit et réalise pour la soprano Emma Shapplin Carmine Meo, un album d'opéra chanté en italien du XIVe siècle, qui s'avère un succès international vendu à plus de deux millions d'exemplaires et obtenant pas moins de 39 disques d'or et 17 de platine. Les musiques sont construites sur le modèle des grands compositeurs italiens du XIXe siècle, de Donizetti à Vincenzo Bellini.

Les textes sont pour l'essentiel écrits directement en italien du XIVe siècle par Capdevielle[3]. Poursuivant dans cette voie, Jean-Patrick Capdevielle écrit et compose en 2001 un opéra néo-romantique, toujours en italien du XIVe siècle : Atylantos... une légende de l'Atlantide, avec Chiara Zeffirelli (soprano), Elena Cojocaru (soprano), Jade Laura d'Angelis (soprano) et Nikola Todorovitch (ténor). Il est toujours en projet de le monter sur scène.

À côté de cela, revenant à ses premières amours et au pop-rock, il coproduit avec Philippe Deyrieu l'album Pop Tasty du groupe Montparnasse (2005), puis en 2007, il écrit six textes sur les onze chansons de l'album 2007 de David Hallyday.

L'année 2006 voit entre temps son retour dans les studios, où il enregistre l'album Hérétique #13, sorti en (signé O+ Music), avec un nouveau single et un clip (Miss Démocratie). Cet album remporte un succès d'estime : chacun en dit du bien, mais personne ne l'écoute. Il a en effet été boycotté par les radios.

En janvier 2008, Jean Patrick soutient Sweet Air en interprétant le projet Baltimore. Rejoignant ainsi Jacques Higelin, Maurane et Riké de Sinsemilia en soutien aux otages du monde...

En 2009, tout en continuant à écrire des textes pour d'autres (Ray Daxman, Philippe Deyrieu, etc.) et composer des morceaux pour lui-même, Jean-Patrick Capdevielle travaille sur un projet innovant de webradio, Maradioamoi[4] qui sera finalement abandonné après la version bêta. Un nouvel album musical devrait sortir en 2013.

Discographie[modifier | modifier le code]

Année Titre Label
1978 Solitude (premier 45 tours) Ketchup Music
1979 Les Enfants des ténèbres et les Anges de la rue CBS
1980 /2 CBS
1981 Le Long de la jetée CBS
1982 L'Ennemi public CBS
1983 Dernier Rappel (double Live) CBS
1984 Mauvaises Fréquentations CBS
1985 Planète X CBS
1986 D'où viennent les danseuses (45 tours inédit) CBS
1987 Nouvel Âge WEA
1990 Vue sur cour WEA
1992 Vertigo Virgin France
1995 Politiquement correct (compilation avec inédits) TriStar
2007 Hérétique 13 O+

Compositeur[modifier | modifier le code]

Année Titre Interprète
1988 Traces Linda William'
1998 Carmine meo Emma Shapplin
2001 Atylantos Chiara Zeffirelli, Elena Cojocaru, Jade Laura D’Angelis, Nikola Todorovitch

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ces éléments biographiques sont évoqués sur le site web de l'artiste : [1]
  2. ainsi que sur sa page MySpace : [2]
  3. Et non pas écrits en français puis traduits en latin ou en vieux provençal par un médiéviste italien comme indiqué dans cette source (précision obtenue auprès de l'artiste) « Emma Shapplin biography » (consulté le 25 janvier 2009)
  4. Site de Maradioamoi

Liens externes[modifier | modifier le code]