Aux armes et cætera (chanson)

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Aux Armes et Cætera

Single par Serge Gainsbourg
extrait de l'album Aux armes et cætera
Sortie 1979
Enregistré janvier 1979
Dynamic Sounds Studios, Kingston, Drapeau de la Jamaïque Jamaïque
Durée 03 min 07
Genre reggae
Auteur-compositeur Rouget de Lisle
Serge Gainsbourg
Producteur Philippe Lerichomme
Label Philips Universal

Pistes de Aux armes et cætera

Aux armes et cætera est une chanson composée en 1979 par Serge Gainsbourg à partir de La Marseillaise sur un air de reggae. Elle fait partie de l’album éponyme.

Circonstances[modifier | modifier le code]

En 1979, Serge Gainsbourg traverse une période difficile à la suite de l’insuccès de ses œuvres poétiques et a contrario de l’engouement du public pour la chanson disco Sea, Sex and Sun qu’il a bâclée. Il a raconté qu’il avait ouvert son Grand Larousse encyclopédique à la page Marseillaise découvrant qu’à partir du deuxième refrain il était marqué Aux armes, et cætera, ce qui lui donna alors l’idée d’un titre pour une nouvelle chanson[1].

Quelques années plus tard, il acheta le manuscrit original signé Rouget de Lisle[2]. À partir du deuxième refrain, Rouget de Lisle écrit : « Aux armes, Citoyens ! etc. ».

Enregistrement[modifier | modifier le code]

L’enregistrement de l’album a été effectué à Kingston en Jamaïque en moins d’une semaine. Gainsbourg fait écrire la musique par de célèbres musiciens jamaïcains, notamment Sticky Thompson, mais aussi Sly Dunbar et Robbie Shakespeare (Sly & Robbie), et les choristes de Bob Marley : les I Threes[3]. L’album, qui inclut Aux armes et cætera sort en avril 1979.

Diffusion et polémiques[modifier | modifier le code]

Il est reconnu que c’est par l’album Aux armes et cætera que le reggae a fait son apparition en France[réf. souhaitée]. Sa promotion a démarré le 1er avril dans l’émission Top Club dimanche et Serge Gainsbourg a ensuite été invité dans de nombreuses émissions de télévision. L’impact se fait tout d’abord sur le plan musical, puisque le reggae est un genre nouveau, de surcroît en français.

Réaction de Michel Droit[modifier | modifier le code]

Au printemps 1979, la chanson titre devient un tube si important qu’elle provoque une vive réaction des militaires et de certains conservateurs. La polémique est lancée par le futur académicien Michel Droit, qui rédige une violente diatribe contre ce qu’il nomme « l’odieuse chienlit […] une profanation pure et simple de ce que nous avons de plus sacré. » Le texte paraît le 1er juin 1979 dans le Figaro Magazine : « Quand je vois apparaître Serge Gainsbourg je me sens devenir écologiste. Comprenez par là que je me trouve aussitôt en état de défense contre une sorte de pollution ambiante qui me semble émaner spontanément de sa personne et de son œuvre, comme de certains tuyaux d’échappement… » L’éditorialiste, révolté par cette version de l’hymne national, s’emporte jusqu’à la limite de l’antisémitisme, allant jusqu’à insinuer que Gainsbourg fait du tort aux autres Juifs[réf. souhaitée]. Il reproche à Gainsbourg d’ouvrir la porte à un regain d’antisémitisme, en déformant la version originale de La Marseillaise. La controverse devient rapidement phénoménale, ce qui apporte aussi une certaine notoriété au chanteur. L’album devient d’ailleurs disque de platine en quelques mois.

Serge Gainsbourg répond deux semaines plus tard par un article intitulé « On n’a pas le con d’être droit » paru dans Le Matin-Dimanche : « Peut-être Droit, journaliste, homme de lettres, de cinq dirons-nous, […] croisé de guerre 39-45 et croix de la Légion d’honneur dite étoile des braves, apprécierait-il que je mette à nouveau celle de David que l’on me somma d’arborer en juin 1942 noir sur jaune et ainsi, après avoir été relégué dans mon ghetto par la milice, devrais-je y retourner, poussé cette fois par un ancien néo-combattant ? »

Jane Birkin a aussi réagi en écrivant à Michel Droit.

Altercation avec les militaires[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 1980, alors que Serge Gainsbourg doit se produire à Strasbourg, la salle de concert est investie par des militaires parachutistes, qui désapprouvent la version de la Marseillaise chantée par Gainsbourg et distribuent des tracts. La situation est tendue, et Gainsbourg fait le choix de se présenter seul sur le devant de la scène. Il entonne a cappella le premier couplet de La Marseillaise dans sa version originale, un poing levé, et les paras se mettent tous au garde à vous pour l’hymne national. Il termine en leur adressant un bras d'honneur avant de se retirer.

Cet évènement relaté par les médias participe à l’envolée des ventes de son album, et Aux armes et cætera devient le premier disque d’or de sa carrière. En quelques mois, l’album est vendu à 300 000 exemplaires[3]. Il entame alors une tournée triomphale avec Sly & Robbie et accompagnés des choristes de Bob Marley, les I Threes.

Gainsbourg déclare à propos de cette chanson : « Je suis un insoumis qui a redonné à La Marseillaise son sens initial. » Quelques années plus tard, il achète une copie du manuscrit original de La Marseillaise de Rouget de Lisle à la salle des ventes de Versailles, pour la somme de 135 000 francs de l’époque (soit environ 20 580 euros).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]