Vincent Delerm

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Vincent Delerm

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Vincent Delerm au centre Georges Pompidou (avril 2012)

Informations générales
Nom de naissance Vincent Delerm
Naissance 31 août 1976 (38 ans)
Évreux, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète, dramaturge
Genre musical Pop, chanson française
Instruments Piano
Années actives 1998
Labels tôt Ou tard
Site officiel tôt Ou tard

Vincent Delerm est un auteur-compositeur-interprète, arrangeur musical, auteur dramatique et photographe occasionnel français. Il est né le 31 août 1976 à Évreux.

Il est le fils de l'écrivain Philippe Delerm et de Martine Delerm, illustratrice de romans pour la jeunesse.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Il se met au piano influencé par William Sheller, Barbara et Michel Berger. D'autre part il affectionne particulièrement la mélancolie amoureuse d'Alain Souchon, les textes des chansons anglaises des groupes The Smiths et Pulp ainsi que la musique baroque d'Angelo Branduardi.

Le groupe anglais The Cure fait également partie des influences majeures de Vincent Delerm, comme il l'a dit à de nombreuses reprises et le prouve sur son DVD Les Pelouses de Kensington où il démontre, piano à l'appui, qu'une des mélodies de Robert Smith lui a inspiré un de ses titres, Le Baiser Modiano.

Au cours de ses études universitaires en lettres modernes à Rouen, il a consacré sa maîtrise à « François Truffaut, cinéaste écrivain » sur le thème « en quoi le cinéma de Truffaut est-il littéraire ? ». Il se lance aussi dans le théâtre, participe activement à une troupe et se prend de passion pour le cinéma.

Il donne ses premiers concerts à Rouen en février 1998, notamment Salle Ronsard, une minuscule salle au cœur d'une cité universitaire. Le spectacle s'appelle La Mauvaise Compagnie présente Vincent. Puis à Paris en 1999 « Au Limonaire » et surtout au Théâtre Les Déchargeurs où il restera à l'affiche durant plusieurs semaines. Il envoie une maquette de ses chansons au comédien François Morel qui, sous le charme, en parle autour de lui. Cela lui permet de participer à certaines émissions de radio, notamment sur France Inter où il fait la connaissance de Thomas Fersen grâce à qui il signe dans la maison de disques tôt Ou tard pour enregistrer son premier disque.

Un chanteur de scène[modifier | modifier le code]

Son premier album sort le 30 avril 2002 et il avait déjà acquis une bonne expérience des concerts publics. Il passe en première partie de quelques chanteurs comme Julien Clerc et part ensuite à travers la France pour une longue tournée dont il est la vedette.

Son deuxième album, Kensington Square, sort en 2004, son troisième, Les Piqûres d'araignée, en 2006, Quinze chansons, en novembre 2008 et son dernier album Les amants parallèles en novembre 2013.

Ses chansons décrivent en général des scènes de la vie quotidienne. Il cite d'ailleurs fréquemment des marques ou des noms propres, afin de mieux ancrer ses chansons dans la réalité de chacun en se référant à la mémoire collective. Son répertoire est souvent humoristique, mais prend parfois un ton plus grave. Ses textes évoquent l'amour, les relations familiales ou amicales.

L'influence du cinéma[modifier | modifier le code]

Il fait référence à des acteurs comme Fanny Ardant, Jean-Louis Trintignant, chante en duo avec Irène Jacob, demande à Mathieu Amalric de réciter le générique de fin de son album Kensington « comme dans un film » (on pense notamment au générique parlé au début du Mépris de Godard sur une musique fort ressemblante). Il fait également référence à Vladimir Cosma dans Les trottoirs à l'envers accompagnée d'une partie du thème de la Septième Cible, ainsi qu'à Claude Lelouch dans Deauville sans Trintignant (extrait d'Un homme et une femme).

Mise en scène[modifier | modifier le code]

En concert à La Cigale à Paris le 30 mars 2009

Jusqu'en 2005, lors de ses tournées, il se mettait en scène comme un personnage qui s'interrogeait tout au long d'un monologue intérieur. Il n'hésitait pas à jouer de son style intello-sérieux-timide teinté d'humour et de sa complicité avec le public. Il avait son piano à queue comme seul partenaire et des lumières qui éclairaient subtilement ses concerts. Depuis, il a expérimenté de nouvelles mises en scène. Sans abandonner son piano et sa formule piano-voix pour certaines chansons, il s'assure désormais la collaboration de cinq musiciens : un violoniste, un violoncelliste, un bassiste, un batteur et un trompettiste, le fidèle Ibrahim Maalouf, qui a notamment participé à l'enregistrement de ses albums Kensington Square et Les Piqûres d’araignée. Collaboration qui se développe de façon extra-musicale puisque sur le premier album d'Ibrahim Maalouf distribué par Discograph, Vincent signe tous les clichés photos du livret. C'est ainsi qu’il présente ses nouveaux concerts depuis 2006. On le connaissait déjà comme un cinéphile averti (ses inclinations pour le cinéma de Truffaut et de Rohmer) et comme auteur dramatique (Le Fait d’habiter Bagnolet et une nouvelle pièce en préparation). Inventif, il insère maintenant dans ses concerts diverses projections (mini-film et autres animations). Fort de son expérience de comédien, il a étoffé son expression scénique : avec son sens inné de la comédie, il peut esquisser une danse sur un air de tango comme il n'hésite pas à se déguiser, avec ses musiciens, en Mexicain moustachu avec sombrero et poncho, le temps d'une chanson appropriée (Natation synchronisée). Il s'en donne à cœur joie en interprétant quelques-unes de ses chansons avec des orchestrations big band enlevées[1] (Quatrième de couverture, Fanny Ardant et moi) comme il peut interpréter dramatiquement, en piano-voix, des chansons mélancoliques telles que Le Baiser Modiano et Voici la ville, son hommage à la ville de Rouen où il a fait ses études. Ayant une complicité indéniable avec son public, il propose des reprises en chœur de ses grands succès en recourant même à un karaoké à sa façon pour son inénarrable tube : Tes parents. À l'Olympia, le 31 mai 2007, il a également repris, en duo avec Jean Rochefort, une chanson jadis popularisée par Fernandel, Félicie aussi, entonnée par tout le public.

Le 23 janvier 2009, il repart en tournée pour promouvoir son quatrième album. Il offre aux spectateurs plus qu'un concert traditionnel, un véritable spectacle centré sur le thème du cinéma avec, comme toujours, de nombreuses interventions parlées : speech sur les aléas de la recherche d'une place dans un cinéma, anecdote savoureuse sur un dîner réunissant les jurés du Festival du film de Cabourg auquel Vincent a participé, débriefing d'un film avec sa partenaire juste après le générique de fin. Encore une fois, Vincent utilise de nombreuses voix off : la sienne, celle de Fanny Ardant lisant une partie de sa chanson À Naples il y a peu d'endroits pour s'asseoir et celle d'Alain Souchon avec lequel il chante L'Amour en fuite en duo virtuel. Un entracte avec distribution de bonbons Mi-cho-ko et projections de publicités hilarantes à cause de leur côté désuet apporte une « respiration » dans ce concert, tout comme la diffusion d'une interview surréaliste de Johnny Hallyday, d'une chanson célébrant l'amitié franco-gabonaise et d'un reportage sur le pouillot fitis. Un livre de photos prises par Vincent couplé avec le DVD du concert filmé les 3 et 4 juillet 2009 au Bataclan sort le 16 novembre 2009.

En décembre 2011 au théâtre des Bouffes du Nord, il crée le spectacle musical Memory qu'il a mis en scène avec l'aide de Macha Makeïeff. Dans ce spectacle théâtral où la proportion de chansons est faible, Vincent Delerm, accompagné du multi-instrumentiste Nicolas Mathuriau, joue le rôle de Simon qui s'interroge entre autres sur le temps qui passe et les multiples manières de le retenir, les modes qui se démodent et les façons de faire la fête qui ne sont pas les mêmes en France et à Los Angeles. Ce spectacle est joué en province, en Suisse et en Belgique en 2012 et en 2013. La dernière représentation de Memory a lieu à l'Olympia le 16 avril 2013.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Honneur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • Évreux, un lieu de naissance, une chanson et une ville d'« eux » Normandie : « Les normands aiment bien se plaindre de la laideur ou de la froideur de leur ville, c'est une sorte de tradition. Proust a écrit sur les villes qui finissent en « eux » : Dreux, Lisieux, Évreux. Il avait observé que le nom de la ville était à lui seul une promesse d'ennui terrible. Je n'ai pas vécu à Évreux, mais j'y suis né, parce que mes parents habitent non loin. Enfant, je n'y allais jamais, sauf quand j'avais rendez-vous chez le dentiste ! Dans mon souvenir, Évreux est un endroit totalement clinique. Je trouvais amusant d'y situer une séparation amoureuse lyrique, un drame sentimental d'un romantique achevé. Évreux est une de mes toutes premières chansons, la plus ancienne de toutes celles que j'ai enregistrées à ce jour. »[2]
  • À propos du name dropping :
    • « L'affection qu'on peut avoir pour une chanson c'est quelque chose de vraiment très intuitif. Si on commence à faire le compte effectivement du nombre de noms propres qu'il y a dans une chanson, c'est qu'elle n'est pas faite pour vous et de toutes façons je ne prétends pas faire des chansons qui sont faites pour plaire à tout le monde. Ça fait très plaisir qu'il y ait des gens qui les écoutent, mais en même temps ça fait aussi partie du jeu qu'il y ait des gens qui ne les aiment pas trop. Dans mon cas, je ne sais pas, on a vendu 400 000 albums[3], ça fait quand même beaucoup de Français qui n'ont pas le disque, donc c'est assez logique. »[4]
    • « Il y en a qui pensaient que je faisais le malin en étalant ma culture… Mais je ne voulais pas être l'antidote intellectuel à Star Academy. » […] « Ce style très réel, faits, lieux et détails, ce n'était pas des ornements inutiles, c'était ma manière de présenter les choses. Au départ, on écrit comme on peut. Ensuite, se faire répéter ça, qu'on en fait trop, c'est comme se faire dire qu'on porte toujours le même polo bleu. On finit par le porter un peu moins. Cela dit, je n'ai pas tellement d'inclination à le rappeler à mes détracteurs, mais ça a plu. »[5]
  • « Je ne me réclame pas underground. »[6]
  • Sans inquiétude : « Mon premier album s'est vendu à 400 000 exemplaires. Ce n'est pas un score conventionnel pour de la chanson telle que je la fais. Donc je ne me fais pas d'illusions. Si mon nouveau disque ne s'écroule pas, ce sera peut-être le prochain ou celui d'après. Mais je ne suis pas inquiet. Le seuil de vente atteint sur mon précédent disque m'octroie la possibilité de composer pendant dix ans sans avoir de soucis à me faire. »[6]
  • « J'aime l'idée qu'un chanteur parle de sa vie. »[7]
  • De ses chansons que certains qualifient de minimalistes : « Je n'aime pas qu'on parle de minimalisme… C’est juste la vie qui est comme ça et qui retient des éléments qui n'ont pas forcément l'air d'être les plus importants. »[8]
  • De ses chansons qui seraient destinées à un public de bobos : « Quand bien même il n'y aurait que des bobos dans mon public et que je ne vendrais pas un seul disque hors Paris, je ne vois pas où serait le problème. Ce n'est pas le cas, mais admettant que ça le soit, on ne va pas en prison pour ça. C'est vraiment un délit de sale gueule. »[8]
  • « Je ne me considère pas comme un chanteur socialement engagé. Je n'ai pas de leçon à donner. Ce n'est pas le but de mes chansons. »[9]
  • « Il y a un truc très affectif dans la chanson, comme dans le rire. On dit que ce sont les gens que l'on aime bien qui nous font rire. Je crois que la chanson porte ça aussi. Tu ne peux pas aimer un chanteur en l'admirant froidement. Il faut qu'il nous touche. »[10]

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Albums live[modifier | modifier le code]

Contributions[modifier | modifier le code]

Enregistrements référents[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • 2003 : Vincent Delerm : Un soir boulevard Voltaire — Réalisation de Bruno Sevaistre — 1 DVD tôt Ou tard / Warner, liste des titres :
    1. La File d'attente (inédit) — 2. Tes parents — 3. La Vipère du Gabon — 4. Sentier des douaniers (inédit) — 5. Puissance quatre (inédit) — 6. Deauville sans Trintignant — 7. La Véranda (inédit) — 8. Les Assiettes (inédit) — 9. Les Barres asymétriques (inédit) — 10. Cosmopolitan — 11. Châtenay-Malabry — 12. L'Heure du thé — 13. Les Connaissances (inédit) — 14. Le Monologue shakespearien — 15. L'Appartement (inédit) — 16. Fanny Ardant et moi — 17. Les Trottoirs à l'envers (hommage inédit aux génériques de fin composés par Vladimir Cosma, sur la musique du Concerto de Berlin, composition de Cosma pour le film La Septième Cible de Claude Pinoteau) — 18. Bonus track : Les Yeux revolver (reprise d'Elle a les yeux revolver, paroles de Marc Lavoine et musique de Fabrice Aboulker)
  • 2004 : Les Pelouses de Kensington — Réalisation de Bruno Sevaistre — Documentaire sur l'enregistrement de son deuxième album — 1 DVD tôt Ou tard.
  • 2005 : Le Fait d'habiter Bagnolet — Théâtre — 1 DVD Copat Productions.
  • 2009 : 23 janvier - 18 juillet 2009 — Livre-DVD live (concert enregistré en juillet 2009 au Bataclan + bonus) — Livre 144 p. + 2 DVD tôt Ou tard.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Auteur[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ses ouvrages[modifier | modifier le code]

Ses contributions[modifier | modifier le code]

  • Diasporas, 1er album musical d'Ibrahim Maalouf, 2007, label Mis'Ter ProductionsDocument utilisé pour la rédaction de l’articleLes photos qui illustrent le livret sont l'œuvre de Vincent Delerm.

Ouvrages référents[modifier | modifier le code]

Bande dessinée

Partitions[modifier | modifier le code]

  • Vincent Delerm, 11 titres piano chant : recueil des partitions des chansons de son premier album, Éditions Lili Louise Musique 2003.
  • Vincent Delerm — Kensington Square, 10 titres piano chant : recueil des partitions des chansons de son deuxième album, Éditions Lili Louise Musique 2004.
  • Vincent Delerm — Les Piqûres d'araignée : recueil des partitions des chansons de son troisième album (piano, voix et guitare) — Contenu : 29 avril au 28 mai, À Naples il y a peu d'endroits pour s'asseoir, Ambroise Paré, Déjà toi, Favourite song, Il fait si beau, Je t'ai même pas dit, Les Jambes de Steffi Graf, Les Piqûres d'araignée, Marine, Sépia plein les doigts, Sous les avalanches, Voici la ville — Éditions Paul Beuscher, 2006[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Remarques de professionnels à propos de l'expression musicale des spectacles donnés sur scène, extraites d'un entretien entre deux spécialistes français de la comédie musicale, Jean-Pierre Cassel et Lambert Wilson (Comédie amicale, propos recueillis par Paola Genone, L'Express du 21 juin 2004) :
    Jean-Pierre Cassel : ton père (Georges Wilson) me disait qu'une comédie musicale sans big band, c'est comme un chanteur sans voix. Ça coûte malheureusement trop cher.
    Lambert Wilson : il faut arrêter de séparer musique et jeu dramatique. On emploie les mêmes termes pour en parler, intonation, rythme, syncope.
  2. Propos recueillis par Sophie Delassein pour Le Nouvel Observateur du 21 septembre 2006.
  3. De son premier album paru en 2002.
  4. Interview par Thierry Lecamp sur Europe 1 le 9 avril 2004.
  5. Propos recueillis par François Desmeules, 1er février 2007 (article L'Art de conjuguer Voir Canada).
  6. a et b Propos recueillis par Angélique Lamy pour le magazine Le Pianiste, mai-juin 2004.
  7. Libération.fr, 6 octobre 2006.
  8. a et b Propos recueillis par Mélanie Carpentier et Thomas Yadan pour Evene.fr le 28 octobre 2006.
  9. Propos recueillis par Gaelle Le Franc et Laure Nouraout pour Le Petit Journal.com - Barcelone 7 novembre 2006.
  10. Propos recueillis par Fabien Perrier dans L'Humanité du 5 décembre 2006.
  11. Source : voir accréditation Sacem
  12. Disponible chez www.free-scores.com

Liens externes[modifier | modifier le code]

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