Guerre du Golfe (1990-1991)

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Guerre du Golfe (1990-1991)
Dans le sens des aiguilles d'une montre depuis le haut: USAF F-15E, F-16 et F-15C volant au dessus des puits de pétrole koweïtiens en feu; troupes britanniques du régiment de Staffordshire pendant l'opération Granby; vu par caméra d'un Lockheed AC-130; Highway of Death; M728 Combat Engineer Vehicle
Dans le sens des aiguilles d'une montre depuis le haut: USAF F-15E, F-16 et F-15C volant au dessus des puits de pétrole koweïtiens en feu; troupes britanniques du régiment de Staffordshire pendant l'opération Granby; vu par caméra d'un Lockheed AC-130; Highway of Death; M728 Combat Engineer Vehicle
Informations générales
Date (210 jours) (l'Opération Tempête du Désert prit fin officiellement le )
Lieu Irak, Koweït, Arabie saoudite, Israël
Issue Victoire de la Coalition
Belligérants
Forces de la Coalition : Flag of Iraq (1991-2004).svg Irak :
Guerre du Golfe (1990-1991)
Batailles
Invasion irakienne du Koweït :

Bataille des ponts · Prise du palais Dasman  Bataille de l'île de Failaka · Vol 149 British Airways

Intervention des forces de la Coalition :

Opération Artimon · Busiris · Salamandre · Daguet · Bataille d'Ad-Dawrah · Bataille de Khafji  · Bataille au large de Bubiyan · Bataille de Hafar Al-Batin · Opération Bouclier du désert · Tempête du désert · Highway of Death · Bataille de 73 Easting · Medina Ridge · Aérodrome de Jalibah · Bataille de Norfolk

Incidents après le cessez-le-feu :

Bataille de Rumaila · Aérodrome de Safwan

La guerre du Golfe de 1990-1991 ou guerre du Koweït, est un conflit qui opposa l'Irak de Saddam Hussein à une coalition de 34 États, soutenue par l'Organisation des Nations unies entre 1990 et 1991. La victoire prévisible de la coalition entraîna la libération du Koweït dont l'invasion en 1990 par l'armée irakienne avait provoqué le déclenchement du conflit. Cette guerre se place dans une série de conflits ayant touché la région du golfe Persique à partir des années 1980 : la « première guerre du Golfe » désigne généralement la guerre Iran-Irak de 1980-1988 et la « troisième guerre » référant à la guerre d'Irak menée à partir de 2003 par les États-Unis, le Royaume-Uni et d'autres pays coalisés contre l'Irak.

Lors de la guerre du Golfe de 1990-1991, la coalition internationale utilisa sa suprématie aérienne pour détruire le complexe militaro-industriel de l'Irak. Ensuite une attaque terrestre limitée lancée à partir de l'Arabie saoudite pulvérisa les forces armées irakiennes ; les pertes, très réduites par rapport aux prévisions de la coalition, furent dues pour un quart au feu ami.

Causes du conflit[modifier | modifier le code]

L'Irak de Saddam Hussein sort avec une industrie pétrolière exsangue et une dette pharaonique (150 % du produit intérieur brut) de la longue et coûteuse guerre qui l'opposa à l'Iran.

L'énorme diminution des exportations de pétrole de ces deux pays de l'OPEP est autant de bénéfices pour l'Arabie saoudite et le Koweït, auprès desquels l'Irak est respectivement endetté à hauteur de 45 milliards de dollars américains et de 15 milliards de dollars. Saddam Hussein exige des deux pays arabes non seulement l'annulation de ces dettes, mais aussi un don d'une valeur égale, et menace de représailles armées en cas de désaccord. La reconversion de l'économie de guerre en économie de marché s’opère lentement en Irak. Le Koweït dont Bagdad se voulait déjà souverain en 1958 et qui avait réchappé aux menaces du Général Kassem qui revendiquait « le territoire koweïtien comme partie intégrante de l'Irak » juste après la pleine indépendance déclarée le 19 juin 1961 grâce aux appuis britannique et arabe[2],[3], suscite l'ire de Saddam Hussein. Une diminution du cours du baril de pétrole brut d'un seul dollar fait perdre 1 milliard de dollars par an[4] à l'Irak. Or le Koweït, qui restreint l'accès irakien au Golfe Persique et à fortiori à la mer, produit de plus en plus de pétrole et ne respecte même pas ses quotas. L'ultime casus belli arrive lorsque le Koweït est accusé de forer du côté irakien de la frontière entre les deux pays.

Le 25 juillet 1990, Saddam Hussein rencontre l'ambassadeur américain à Bagdad, April Glaspie. Celle-ci, bien au fait de ce qui se prépare (« nous constatons que vous avez amassé des troupes nombreuses à la frontière »), lui laisse entendre que « les États-Unis n'ont pas d'opinion sur les conflits opposant deux pays arabes »[5]. Le 30 juillet, une réunion de médiation est organisée à Djeddah ; elle échoue[6].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Entraînement des forces britanniques, 6 janvier 1991.
4 F-111 lors de la campagne aérienne de 1991.
Avions de la coalition durant l'Opération Bouclier du Désert. De bas en haut:Un Alpha Jet et un Mirage F-1 du Qatar, un autre Mirage F-1 mais français, un F-16 américain et un CF-188 Hornet canadien.
Forces égyptiennes, syriennes, omanaises, koweïtiennes et françaises lors d'une revue le 8 mars 1991 après la victoire.
Image de la défaite des forces irakiennes le long de Highway of Death.

On peut distinguer quatre phases :

Effectifs des belligérants[modifier | modifier le code]

Effectifs et équipements de l'armée irakienne au Koweït et dans la région :

Effectifs de la coalition : 938 545 hommes

  • Drapeau des États-Unis États-Unis : 535 000 hommes, 80 navires, 6 porte-avions, 2 navires-hôpitaux, des sous-marins, 1 350 avions, 1 500 hélicoptères, 1 000 chars d'assaut, 2 000 blindés, 1 800 pièces d'artillerie
  • Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite : 118 000 hommes, 21 navires, 145 avions, 550 chars d'assaut, 1840 blindés, 500 pièces d'artillerie
  • Drapeau de la Turquie Turquie : 95 000 hommes, 92 avions dont 42 envoyés en renfort par l'OTAN (surveillance de la frontière, n'a pas participé au combat)
  • Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni : 36 000 hommes (terre : 29000, air : 4000, mer : 3000), aidés de 78 avions, 80 hélicoptères, 23 navires, 180 chars d'assaut, 300 blindés légers et 76 pièces d'artillerie (SAS dans la guerre du Golfe)
  • Drapeau de l'Égypte Égypte : 35 600 hommes (Corps expéditionnaire égyptien durant la deuxième guerre du Golfe), 300 chars d'assaut, 100 blindés légers, plusieurs pièces d'artillerie
  • Émirats arabes unis Émirats arabes unis : 40 000 hommes, confortés de 15 navires, 80 avions et 200 blindés
  • Oman Oman : 25 500 hommes, auxquels s'ajoutent 4 navires, 63 avions et 50 chars)
  • Syrie Syrie : 20 800 hommes, 300 blindés
  • Drapeau de la France France : 19 000 hommes (terre: 12 000, air: 1 160, mer: 2 400, réserves à Djibouti: 3400), 15 navires, 60 avions, 120 hélicoptères, 40 chars d'assaut, 100 chars légers, 600 blindés, 18 pièces d'artillerie (Opération Daguet)
  • Koweït Koweït : 22 000 hommes, 15 avions et 34 hélicoptères
  • Maroc Maroc : 17 000 hommes , quelques chars
  • Drapeau du Pakistan Pakistan : 10 000 hommes
  • Drapeau de l'Allemagne Allemagne : 5 navires, 18 avions, équipements radars déployés en Turquie dans le cadre de l'OTAN, divers équipements militaires envoyés en Israël pour sa protection (des blindés de détection de gaz toxiques, 10 hélicoptères, 2 sous-marins, des missiles, etc.) (n'a pas participé directement au conflit contre l'Irak)
  • Drapeau de Bahreïn Bahreïn : 7 400 hommes
  • Drapeau du Bangladesh Bangladesh : 6 000 hommes
  • Drapeau du Canada Canada : 2 700 hommes (Opération Friction : 3 navires, 37 avions, un Hôpital de campagne[8])
  • Drapeau de l'Italie Italie : 1 950 hommes, 5 navires, 22 avions
  • Nigeria Nigeria : 500 hommes
  • Niger Niger  : 800 hommes
  • Drapeau de l’Argentine Argentine : 900 hommes, 2 navires
  • Drapeau de l'Australie Australie : 600 hommes, 3 navires, 2 unités médicales
  • Drapeau de Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande : 2 avions de transport, 1 unité médicale de 40 personnes
  • Drapeau de l'Espagne Espagne : 500 hommes, 7 navires
  • Sénégal Sénégal : 495 hommes (dont 92 tués dans un crash d'un C-130 de l'armée saoudienne)
  • Drapeau de la Belgique Belgique : 400 hommes, 5 navires, 12 avions et des munitions pour les alliés (N'a pas participé aux opérations contre l'Irak, 12 F-16 en défense en Turquie.)
  • Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud : 1 avion de transport, 1 unité médicale,
  • Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas : 400 hommes, 3 navires, des équipements radars
  • Drapeau de la Grèce Grèce : 200 hommes, 1 navire
  • Sierra Leone Sierra Leone : 200 hommes
  • Drapeau du Honduras Honduras : 150 hommes
  • Drapeau de la Hongrie Hongrie : 1 unité médicale de 37 personnes
  • Drapeau du Danemark Danemark : 1 navire, 1 unité médicale, des missiles déployés en Turquie dans le cadre de l'OTAN
  • Drapeau de la Norvège Norvège : 1 navire
  • Drapeau du Portugal Portugal : 1 navire
  • Drapeau de la Pologne Pologne : 1 hôpital de campagne de 130 personnes, 2 navires-hôpitaux
  • Roumanie Roumanie : 1 hôpital de campagne de 360 hommes, 1 unité de décontamination chimique de 160 hommes
  • Drapeau de la Suède Suède : 1 hôpital de campagne avec 525 personnes
  • Tchécoslovaquie Tchécoslovaquie : 1 unité de lutte antichimique forte de 300 hommes, protégée par 37 soldats
  • Drapeau de Singapour Singapour : 35 médecins militaires

Une des particularités de la guerre est le nombre important de pays (34) y ayant participé, qui plus est, tous à l'encontre du camp irakien. Les besoins en pétrole satisfaisant un nombre croissant de pays, le paroxysme de l'anti-impérialisme, des mouvements pour la paix et la démocratie expliquent une telle intervention. Cela faisait plus de 23 ans et la guerre des Six Jours qu'aucune annexion ne s'était produite. La guerre civile libanaise touche à sa fin et l'URSS s'est retirée d'Afghanistan. De plus l'Union soviétique, et par ricochet, les États-Unis, membres du conseil permanent de l'ONU, cessent d'user de leur veto. Cette première en a fini des antagonismes Est-Ouest et est démocratique dans le cadre de la perestroïka et de la glasnost. Les États-Unis tirent profit de sa décomposition pour montrer que le futur leader d'un monde unipolaire est proche de l'ONU et aspire à la paix et à la démocratie[9]. La peur qu'un régime communiste profite de la guerre pour se mettre en place est inexistante chez les capitalistes, et réciproquement. Quant à l'arrivée d'un régime islamiste hostile aux occidentaux, la faible influence de l'Iran et les bonnes relations en façade entre la république islamique du Pakistan et les États-Unis la rendent peu redoutée. La volonté pour les États-satellites de l'URSS de démontrer leur aptitude à intervenir sans Moscou est également un facteur d'intervention.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Pertes[modifier | modifier le code]

Le « brouillard de guerre » rend les estimations des pertes humaines irakiennes très approximatives.

Prisonniers de guerre irakiens à la fin de la guerre.

Pertes militaires irakiennes[modifier | modifier le code]

  • 100 000 morts selon la Coalition, 20 000 morts et 60 000 blessés selon l'Irak, entre 3 000 et 5 000 morts et entre 8 000 et 15 000 blessés selon plusieurs experts[10]. 175 000 prisonniers de guerre annoncés à la fin du conflit, chiffre réévalué à 86 000 dont 2 500 blessés.
  • 139 avions (plus 114 réfugiés en Iran), 8 hélicoptères, 74 bateaux, 2 089 chars, 856 véhicules de transport, 2 140 pièces d'artillerie. Un total de 40 victoires aériennes alliés a eu lieu, 27 par des missiles AIM-7M, 10 par des missiles AIM-9M/P, 2 hélicoptères détruits au canon par des A-10, un autre détruit en vol par une bombe à guidage laser tirée depuis un F-15E Strike Eagle[11].

Pertes militaires alliées[modifier | modifier le code]

Au total, dans toute l'opération Tempête du désert, les pertes alliées au combat comprenaient 240 morts et 776 blessés, qu'il convient d'additionner avec les 138 soldats tués et 2 978 blessés hors combat, dans divers accidents, depuis Bouclier du désert ; 41 militaires alliés étaient par ailleurs prisonniers des Irakiens. 81 aéronefs (dont 48 américains, 7 britanniques et 3 saoudiens) sont détruits[12].

  • États-Unis : 148 morts, 458 blessés, 60 avions (34 abattus, 26 accidentés), 15 hélicoptères, 18 chars M1 Abrams, 20 VCI M2/M3 Bradley (dont 17 détruits par des tirs fratricides), une pièce d'artillerie, deux navires (USS Tripoli et USS Princeton) sont mis hors de combat par des mines.
  • Royaume-Uni : 6 morts, 6 blessés, 7 avions.
  • Arabie saoudite : 18 morts, 20 blessés, 2 avions.
  • Contingents Arabes : 13 morts, 43 blessés.
  • France : 3 morts, 27 blessés, 2 avions, 2 hélicoptères Gazelle (pertes des aéronefs accidentelles).
  • Italie : 1 avion.
  • Sénégal : 92 morts dans un crash d'un Lockheed C-130 Hercules de l'armée saoudienne le 21 mars 1991[13], 8 blessés.

Pertes civiles en Irak et conséquences à long terme[modifier | modifier le code]

On n'a aucun chiffre officiel sur les pertes civiles irakiennes, mais il faut différencier les morts directement dues aux bombardements (« dégâts collatéraux ») des morts causées par la destruction d'infrastructures civiles (installations électriques, services de distribution d'eau potable, etc.). En tout, on estime en général le bilan de 50 000 à 130 000 morts chez les civils, dont plus de 30 000 dans l'insurrection en Irak de 1991 après le cessez-le-feu. Une source non confirmée, la Bibliothèque des Émeutes, annonce un bilan de 750 000 morts dans cette guerre civile.

Selon le colonel Kenneth Rizel (2001[14]), l'application de la théorie des cinq cercles du colonel John A. Warden III durant la guerre, en ciblant les infrastructures matérielles et en préconisant l'usage de bombardements stratégiques couplés à des bombes guidées, aurait fait preuve d'un succès indéniable, bien que moralement problématique. Ainsi, selon lui, cette campagne aérienne a permis d'éviter nombre de « dégâts collatéraux », ne faisant que 3 000 morts chez les civils de façon directe malgré le largage de 88 000 tonnes de bombes en 43 jours[14] (ce qui est davantage que ce qui fut largué en 1943 par les Alliés). En revanche, la destruction des usines hydroélectriques et autres installations électriques, qui a permis d'anéantir les capacités de command and control de l'armée irakienne, a provoqué l'explosion d'épidémies de gastroentérites, de choléra et de typhoïde, en empêchant le fonctionnement des centres de traitement d'eau potable et d'eau usagée. Peut-être 100 000 civils sont ainsi morts indirectement, selon lui, tandis que le taux de mortalité infantile doublait[14]. L'organisation mondiale de la santé (OMS) n'enregistrait aucun cas de choléra en 1990, plus de 1 200 en 1991 et plus de 1 300 en 1994[15]. La prévalence de la typhoïde était passée d'environ 1 600 cas en 1990 à plus de 24 000 en 1994[15].

Le rapport d'une mission de l'ONU, dirigée par le sous-secrétaire Martti Ahtisaari et envoyée en mars 1991 pour évaluer les besoins humanitaires de l'Irak, décrivait l'état du pays comme « quasi-apocalyptique » [16].

Un autre rapport de l'ONU, de 1999[17], soulignait les effets à plus long terme de cette campagne de bombardements ayant anéanti la plupart des infrastructures nécessaires à la survie de la société (eau, électricité, hôpitaux, etc.). Selon ce rapport, le taux de mortalité à l'accouchement était passé de 50 pour 100 000 en 1989 à 117 en 1997, tandis que le taux de mortalité infantile (compris pour inclure les enfants de moins de 5 ans), passait pendant la même période de 30 pour 1 000 à plus de 97 pour 1 000[17]; entre 1990 et 1994, il avait été multiplié par 6[15]. Avant la guerre, en 1990, l'Irak produisait environ 8 900 millions de watts; en 1999, ce chiffre avait été réduit à 3 500[15]. Cette réduction est due à la fois aux bombardements aériens et aux sanctions économiques appliquées ensuite par l'ONU (résolution du Conseil de sécurité des Nations unies no 661 ; la résolution 687 d'avril 1991 permettait l'envoi de denrées alimentaires et de fournitures médicales, mais pas des matériaux nécessaires à la reconstruction du réseau électrique et d'eau potable)[15]. La difficulté essentielle tient à la distinction entre les morts indirectes causées par les bombardements et celles causées par les sanctions, qui ont empêchées la reconstruction du pays[15].

Pertes civiles dans les autres pays[modifier | modifier le code]

Chars d'assaut M-84 des forces armées koweïtiennes.
  • Koweït : 1 082 morts durant le conflit, 625 disparus, 400 tués par engins explosifs en 1991 (durée estimée pour un déminage total : 20 ans), milliers de blessés.
  • Jordanie : 14 morts, 26 blessés (chauffeurs de poids-lourds pris dans les bombardements alliés sur la route Amman-Bagdad).
  • Israël : 2 morts et 304 blessés par tir de Scud Irakien sur le pays qui est resté neutre.
  • Arabie saoudite : 2 morts, 76 blessés.

Autres préjudices humains[modifier | modifier le code]

La guerre du Golfe a généré une nouvelle entité pathologique : le syndrome de la guerre du Golfe.

Par ailleurs, l'utilisation d'uranium appauvri par la Coalition porte à polémique sur la santé des militaires des deux camps et de la population locale.

Coût du conflit[modifier | modifier le code]

Les pertes économiques, les dépenses militaires et les conséquences écologiques de ce conflit relativement court mais de haute intensité sont énormes.

Coût financier[modifier | modifier le code]

Le Quid 2000 indique :

  • Irak : 500 milliards de dollars de destructions pour faits de guerre depuis 1980 en incluant la guerre Iran-Irak (300 milliards de destructions militaires et 200 de destructions civiles), plus 200 de réparations dues à l'Iran et au Koweït. La dette concernant les fournisseurs étrangers dépassant les 50 milliards a été effacée en grande partie après la chute du régime de Saddam Hussein en 2003.
  • Koweït : 20 milliards de dollars de destructions.
  • États-Unis : 61,1 milliards de dollars de dépenses militaires, dont 43,1 furent remboursés par des pays alliés (Arabie saoudite : 16,8 ; Koweït : 11,1 ; Japon : 9,4 ; Allemagne : 6,6 ; Émirats : 4 ; Corée du Sud : 0,17 ; autres états : 0,02).
  • Arabie saoudite : 60 milliards de dépenses militaires et d'aides économiques.
  • France : 1,2 milliard de $ de dépenses militaires, plus pertes des exportations en Irak estimé à 3 milliards.
  • Royaume-Uni : 1,23 milliard de $ de dépenses militaires, 1,7 milliard de pertes économiques.
  • Turquie : 7 milliards de $ pertes économiques, 2,4 milliards d'aide de la part de l'Arabie saoudite, du Koweït, de l'Allemagne et de la CEE.
  • Jordanie : 3 à 4 milliards de pertes économiques.
  • L'ensemble des nations arabes a estimé au total les pertes financières à 800 milliards de $.

1,88 milliard de gallons d'essence ont été consommés sous la juridiction du U.S. Central Command durant les opérations Desert Shield et Desert Storm entre le 10 août 1990 et le 31 mai 1991. Soit 44,8 millions de barils en 295 jours [18].

Bilan écologique[modifier | modifier le code]

Avions de la coalition survolant des puits de pétrole incendiés par les troupes irakiennes lors de leur retraite après l'Opération Tempête du désert. Red Adair participa à leur extinction après le conflit.

En plus des destructions dues à tout conflit militaire et de l'impact sanitaire de l'uranium appauvri, il y eut un désastre écologique régional dû à l'incendie de 732 puits de pétroles koweïtiens par les forces irakiennes qui voulaient ainsi obscurcir le ciel dans l'idée de gêner l'activité aérienne de la Coalition et de nuire à l'économie mondiale, environ 20 millions de tonnes de pétrole furent déversées dans le sol.

Sur le quart sud du Koweït, une fumée noire s'éleva à 600 mètres du sol. La visibilité fut réduite de 25 à 4 km dans la région et il y eut une chute de la température jusqu'à -10 °C. Les conditions météorologiques furent modifiées jusqu'à 500 km à la ronde. Des traces de fumée furent retrouvées sur l'Himalaya. Le dernier puits fut éteint le 6 novembre 1991.

Lors de la marée noire due à l'ouverture volontaire du terminal de Mina al Ahmadi par l'Irak le , 800 000 tonnes de pétrole brut se répandirent dans le golfe Persique et polluèrent les côtes koweïtiennes, saoudiennes et iraniennes. Un bombardement mené par des F-111 de l'USAF pour limiter l'écoulement du brut et incendier le pétrole ainsi que les mesures prises telles que des barrages flottant ont limité les dégâts.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Den 1. Golfkrig », Forsvaret.dk,‎ 2010-09-24 (consulté en 2011-02-01)
  2. « 19 juin 1961 Proclamation d'indépendance du Koweït », sur http://www.acig.org/, Perspective Monde,‎ 9 septembre 2003 (consulté le 31 décembre 2010).
  3. Tom Cooper, Stefan Kuhn, Ahmad Sadik, « Kuwait « Emergency », 1961 », sur http://www.acig.org/, Air Combat Information Group,‎ 9 septembre 2003 (consulté le 31 décembre 2010).
  4. Cahier documentaire sur le Golfe L'Irak produit environ 2,5 millions de barils par jour à l'époque, soit environ 1 milliard de barils par an.
  5. Noam Chomsky considère que Saddam Hussein « interpréta de travers l'approbation américaine à son projet de modification, par la force, de sa frontière avec le Koweït ; il y vit le feu vert pour s'en emparer » dans La loi du plus fort. Mise au pas des États voyous, Le Serpent à Plumes, 2002, p. 56.
  6. (en) [PDF] « Preparation Paper Security Council 28 November 1990 Decision on Kuwait »,‎ novembre 1990 (consulté en 29 septembre 2009).
  7. Robert A. Pape, Bombing to Win: Air Power and Coercion in War, Cornell University Press? avril 1996, (ISBN 978-0801483110)
  8. (fr) Opération Friction, Jean Morin, Richard Gimblett, Dundurn Press Ltd., 1997, ISBN 1-55002-259-8
  9. http://www.ina.fr/politique/allocutions-discours/video/CAB91010762/guerre-du-golfe-les-quatre-points-du-discours-de-george-bush.fr.html George Bush père, discours en réponse à la victoire alliée
  10. (fr) Dix ans après la libération du Koweït, le face-à-face entre coalisés et irakiens dans le désert en 1991 rappelle les incertitudes de l'offensive terrestre, Ludovic Monnerat, 24 février 2001
  11. « Il y dix ans, le missile affirmait sa suprématie pendant la guerre du Golfe », Science et Vie, no 215 HS,‎ juin 2001, p. 118 (ISSN 0036-8369)
  12. Rapport d'information déposé en application de l'article 145 du Règlement par la commission de la Défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d'une mission d'information (sur les conditions d'engagement des militaires français ayant pu les exposer, au cours de la guerre du Golfe et des opérations conduites ultérieurement dans les Balkans, à des risques sanitaires spécifiques, 15 mai 2001
  13. Dédommagement des 92 « Diambars » décédés pendant l'opération « Tempête du désert»: Après avoir reçu des miettes, les familles des soldats vont donner la preuve que l'Etat avait encaissé 91 milliards, Abdou Aziz Seck, 9 novembre 2009, Le Populaire
  14. a, b et c Rizer, Kenneth, "Bombing Dual-Use Targets: Legal, Ethical, and Doctrinal Perspectives, Air & Space Power Journal, mai 2001
  15. a, b, c, d, e et f Ruth Blakeley, Department of Politics, University of Bristol, 2001 (Revised in February 2003), Bomb Now, Die Later
  16. Javier Pérez de Cuéllar. Report S/22366 to the United Nations Security Council, detailing the findings of the mission undertaken by Under-Secretary-General Martti Ahtisaari to assess the humanitarian needs arising in Iraq in the aftermath of the Gulf War.
  17. a et b United Nations Report. Annex II of S/1999/356. “Report of the Second Panel Established Pursuant to the Note by the President of the Security Council of 30 January 1999 (S/1999/100) concerning the current humanitarian situation in Iraq.
  18. J. P. Stucker, J. F. Schank, B. Dombey-Moore, Assessment of DoD Fuel Standardisation Policies, RAND Corporation, 1994

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]