Seconde guerre barbaresque

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Seconde guerre barbaresque
Dessin de 1905 représentant l'escadre de Decatur à Alger
Dessin de 1905 représentant l'escadre de Decatur à Alger
Informations générales
Date 1815
Lieu Côte des Barbaresques, Mer Méditerranée
Issue Victoire américaine
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Régence d'Alger
Commandants
US flag 15 stars.svg James Madison
US flag 15 stars.svg Stephen Decatur, Jr.
US flag 15 stars.svg William Bainbridge
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Mahmoud II
Flag of the Ottoman Empire (1453-1517).svg Omar Agha
Forces en présence
10 navires de guerre Nombre inconnu
Pertes
4  morts
10  blessés
53  morts
486  prisonniers
Batailles

La Seconde guerre barbaresque (appelée également guerre algéro-américaine ou guerre américano-algérienne[1]) de 1815 est le second conflit des guerres barbaresques, faisant suite à la guerre de Tripoli (1801–1805) aussi appelée première guerre barbaresque.

Il s'agit d'une guerre entre les États-Unis et les régences de l'Empire ottoman en Afrique du Nord (Régence de Tripoli, Tunisie beylicale et Régence d'Alger) connues collectivement comme les États barbaresques. La guerre opposant les États-Unis aux États barbaresques prend fin en 1815, mais il faut attendre l'année suivante pour que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas mettent fin au conflit international, plus large.

La Seconde guerre barbaresque met fin à l'habitude prise par les Américains de payer des rançons aux États pirates, et marque les prémices de la fin de la piraterie en Méditerranée occidentale. Durant des décennies, les puissances européennes construisent des bateaux toujours plus sophistiqués face auxquels les États barbaresques ne peuvent lutter[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la première guerre barbaresque (1801-1805), l'attention des États-Unis est détournée de la piraterie par ses mauvaises relations avec la Grande-Bretagne et la France qui culminent lors de la guerre de 1812. Les pirates barbaresques profitent donc de cette opportunité pour se remettre à attaquer les cargaisons et bateaux européens en méditerranée.

À la même époque, les puissances européennes sont occupées par les guerres napoléoniennes qui ne prendront fin qu'en 1815.

Suite au traité de paix et d'amitié entre les États-Unis d'Amérique et la régence d'Alger de 1795, un tribut de 12 000 sequins algériens (64 800 francs germinal) fut servi sans interruption jusqu’en 1810, le paiement est suspendu en 1811, la guerre devint officielle entre les deux nations en 1812.

La réponse américaine[modifier | modifier le code]

Gravure montrant l'escadron de Bainbridge dans la baie d'Alger.

À la fin de la guerre anglo-américaine de 1812, les États-Unis peuvent de nouveau se concentrer sur l'Afrique du nord. Le 3 mars 1815, le Congrès autorise le déploiement d'une force navale contre Alger, ainsi deux escadres sont préparées à la guerre. L'escadre dirigée par le Commandant William Bainbridge est réunie à Boston, tandis que celle sous les ordres du Commandant Stephen Decatur se trouve à New York. L'escadre de Decatur fut prête en premier et partit le 20 mai 1815. Elle comprenait les frégates USS Guerriere, avec 44 canons, commandée par le capitaine William Lewis, USS Constellation, avec 36 canons, commandée par le capitaine Charles Gordon, la frégate de cinquième rang USS Macedonian (un navire de la Royal Navy capturé en 1812), avec 38 canons, commandée par le capitaine Jacob Jones, le sloop de guerre Eperyie commandé par le capitaine John Downes et l'Ontario, avec 16 canons, commandé par le capitaine Jesse D. Elliott. L'escadre se compose également des bricks Firefly, Spark et Flambeau, comprenant chacun 12 canons[3]. L'escadre du commandant Bainbridge ne partira que le 1er juillet[3].

Négociations[modifier | modifier le code]

Gravure représentant Decatur et le Dey d'Alger.

Peu de temps après avoir franchi le détroit de Gibraltar, l'escadre de Decatur rencontre le vaisseau amiral algérien Meshuda, une frégate de 44 canons commandé par Rais Hamidou construite en 1802, qu'il capture durant la bataille du cap Gata. Il en sera de même pour le brick algérien Estedio, capturé dans la bataille du cap Palos. Le 28 juin, l'escadre atteint Alger et entame des négociations avec le Dey d'Alger Omar Agha qui finira par capituler le 30 juin 1815. La flotte de celui-ci qui se composait alors de plus de vingt gros navires dont cinq frégates et plusieurs corvettes était dispersé en Méditerranée et ne défendait pas sa capitale[4].

Le 3 juillet, américains et algériens signent à bord du USS Guerriere dans la baie d'Alger un accord. Selon ses termes, les navires algériens Meshuda et Estedio sont rendus à la régence en échange de la libération de prisonniers américains (estimés au nombre de 10) [5] . Des prisonniers européens sont échangés contre 500 barbaresques. But de l'opération, l'accord prévoit un droit de navigation complet aux États-Unis.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Article principal : Bombardement d'Alger (1816).
Bombardement d'Alger (1816), par George Chambers

Début 1816, la Grande-Bretagne entreprend une mission diplomatique soutenue par une petite escadre de navires de la Royal Navy à destination de Tunis, Tripoli et Alger afin de convaincre les Deys de cesser la piraterie et de libérer les esclaves chrétiens. Si le Dey de Tunis et celui de Tripoli n'opposent aucune résistance et coopèrent, le Dey d'Alger se montre plus récalcitrant. Le leader de la mission, Edward Pellew, pensant avoir réussi dans ses négociations retourne en Angleterre. Mais, en raison d'ordres confus, les troupes algériennes massacrent 200 pêcheurs corses, siciliens et sardes sous protection britannique. L'Europe est choquée par la nouvelle et considère les négociations de Pellew comme un échec.

Il est donc ordonné à Edward Pellew de retourner en Côte des barbaresques terminer sa mission et de punir les algériens. Il rassemble une escadre composée de cinq navires de guerre et d'un certain nombre de frégates, qui sera, plus tard, renforcée par une flottille de la marine royale néerlandaise. Le 27 août 1816, après que les négociations eurent échoué, la flotte lance un bombardement punitif de neuf heures. Pellew réussit, un coup de bluff puisqu'il menace le Dey de continuer si celui-ci n'accepte pas un accord, alors même qu'il a utilisé toutes ses munitions. Le Dey finit par accepter l'accord dans les mêmes termes que ceux refusés la veille.

Un traité est signé le 24 septembre 1816. 1 083 esclaves chrétiens et le consul britannique sont libérés[6].

Si après la première guerre barbaresque, les Européens ont été pris dans des guerres internes et contre les États-Unis, les temps sont bien plus calmes après 1816. Cela leur permet de concentrer leurs efforts sur la puissance barbaresque en Méditerranée. Au cours de ce siècle, Alger et Tunis deviennent des colonies françaises (1830 et 1881, respectivement), tandis que Tripoli repasse sous contrôle ottoman en 1835 avant d'être envahie par l'Italie en 1911. La Méditerranée passe alors sous le contrôle européen jusqu’à la décolonisation, après la Seconde Guerre mondiale.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Hrodej et Gilbert Buti, Dictionnaire des corsaires et des pirates, Editions La Martinière (ISBN 9782271077011, lire en ligne), p. 220.
  2. (en) Frederic C. Leiner, The End of Barbary Terror, America's 1815 War against the Pirates of North Africa, Oxford University Press, 2007,‎ 2007, 39–50 p. (ISBN 978-0-19-532540-9)
  3. a et b (en) Gardner Weld Allen, Our Navy and the Barbary Corsairs, Boston, New York and Chicago, Houghton Mifflin & Co.,‎ 1905, p. 281
  4. Le Raïs Hamidou : Notice biographique sur le plus célèbre Corsaire algérien du XIIIe siècle de l’hégire d'après des documents authentiques et pour la plupart inédits, Typographie Adolphe Jourdan, Alger,‎ 1859 (lire en ligne), p. XIII. — La mort du Raïs Hamidou.
  5. Mark Lardas, American Light and Medium Frigates 1794-1836, p. 28
  6. (en) Standley Goodwin, Marblehead’s Maritime History : The Ship's Pass, Marblehead Museum & Historical Society,‎ 2011, 29 p. (lire en ligne), p. 21

Sources[modifier | modifier le code]