Guerre de Tripoli

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Guerre de Tripoli
Incendie de l'USS Philadelphia.
Incendie de l'USS Philadelphia.
Informations générales
Date 14 mai 1801 - 10 juin 1805
Lieu Mer Méditerranée et côtes d'Afrique du Nord-Ouest
Issue Victoire des États-Unis
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la Suède Suède (1800-1802)
États de la côte des Barbaresques
Commandants
Richard Dale
William Eaton
Edward Preble
Rais Hamidou
Forces en présence
7 frégates
500 mercenaires arabes et grecs (bataille de Derna)
Plusieurs dizaines de navires
4 000 hommes à terre
Pertes
2 vaisseaux détruits
environ 100 morts ou blessés
Plusieurs navires détruits
Plus de 2 000 morts ou blessés
Batailles
Tripoli (1re) · Port de Tripoli (1re) · Tripoli (2e) · Port de Tripoli (2e) · Derna

La guerre de Tripoli (en anglais Tripolitan War) aussi appelée première guerre barbaresque (First Barbary War) ou guerre de la côte barbaresques (Barbary Coast War), est la toute première guerre déclarée et engagée par les États-Unis d'Amérique après leur indépendance, et la première de leurs deux guerres contre les États du Maghreb, alors connus sous le nom d'États barbaresques, qu'étaient le sultanat indépendant du Maroc et les trois régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli, provinces — dans les faits quasiment indépendantes — de l'Empire ottoman.

Elle dure du 14 mai 1801 au 10 juin 1805.

Contexte[modifier | modifier le code]

En Méditerranée, des nations d'Europe se voyaient dans l'obligation de payer un tribut aux États du Maghreb pour protéger leurs intérêts commerciaux sous peine de voir leurs navires attaqués par les corsaires barbaresques. À l'indépendance des États-Unis, les navires de commerce américains perdirent la protection de la Royal Navy.

En 1785, les pirates barbaresques, en particulier ceux d'Alger, commencèrent à s'emparer des navires de commerce américains se trouvant en Méditerranée. Onze navires américains furent capturés pour la seule année 1793 et leurs équipages étaient détenus en attendant le paiement d'une rançon.

À l'instar des nations européennes, les États-Unis se plièrent dans un premier temps aux exigences des provinces ottomanes en payant un million de dollars par an pour libérer les équipages capturés, et signèrent différents traités (voir le traité de Tripoli, le traité de paix et d'amitié avec le bey d’Alger et celui avec le bey de Tunis).

Pour lutter contre cette menace, il fut décidé par le Naval Act of 1794 de construire des navires de guerre pour protéger le commerce américain.

Quand le bey de Tripoli augmenta le montant de la protection en demandant 225 000 dollars de plus — le budget fédéral s'élevait à 10 millions de dollars en 1800 —, la tension s'accrut et les États-Unis refusèrent de payer le tribut pour le passage de leurs navires en 1801. Le dey de Tripoli incita alors ses alliés de Tunis et d'Alger à déclarer la guerre aux jeunes États-Unis qui semblaient lointains et encore fragiles.

La guerre[modifier | modifier le code]

Une escadre de l'United States Navy fut envoyée sur place. Elle se composait de trois frégates et d'une goélette. Arrivée en juillet, elle bloqua Tripoli.

La frégate USS Philadelphia s'échoue contre un récif le 31 octobre 1803. Pour éviter que l'épave puisse être récupérée par les Tripolitains, elle est ensuite détruite dans le port de Tripoli le 16 février 1804, à l'occasion d'un raid audacieux mené par l'Intrepid, un ketch tripolitain capturé sous le commandement de Stephen Decatur[1].

Tripoli fut bombardée les 3, 7 et 25 août et le 3 septembre 1804[2].

Traité de paix et suites[modifier | modifier le code]

Par un traité signé le 4 juin 1805, les États-Unis furent libérés de l’obligation de payer tribut aux Tripolitains. À compter de cette date, une escadre américaine mouilla en Méditerranée en permanence, exception faite de la période de la guerre de Sécession, mais une seconde guerre éclata au printemps 1815 et une expédition navale fut menée par Decatur contre le dey d’Alger.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « USS Philadelphia (1800-1803) », sur le Naval History and Heritage Command (consulté le 18 août 2014).
  2. Moulin 2003, p. 23.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) James Tertius De Kay, A rage for glory : the life of Commodore Stephen Decatur, USN, New York, Free Press,‎ 2004, 237 p. (ISBN 978-0-7432-4245-5)
  • (en) Joshua E. London, Victory in Tripoli : how America's war with the Barbary pirates established the U.S. Navy and built a nation, Hoboken, Wiley Pub.,‎ 2005, 276 p. (ISBN 978-0-471-44415-2)
  • (en) Jean Moulin, L'US Navy : 1898-1945 du Maine au Missouri, t. 1, Rennes, Marines éditions,‎ 2003, 512 p. (ISBN 978-2-915379-02-0)
  • (en) David Smethurst, Tripoli : the United States' first war on terror, New York, Ballantine Books,‎ 2006, 308 p. (ISBN 978-0-89141-859-7)
  • (en) Joseph Wheelan, Jefferson's war : America's first war on terror, 1801-1805, New York, Carroll & Graf Publishers,‎ 2003, 414 p. (ISBN 978-0-7867-1232-8)
  • (en) Richard Zacks, The pirate coast : Thomas Jefferson, the first marines, and the secret mission of 1805, New York, Hyperion,‎ 2005, 432 p. (ISBN 978-1-4013-0003-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]