Dick Cheney

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Dick Cheney
Portrait de Dick Cheney
Portrait de Dick Cheney
Fonctions
46e vice-président des États-Unis
Président George W. Bush
Prédécesseur Al Gore
Successeur Joe Biden
17e Secrétaire à la Défense des États-Unis
Président George H. W. Bush
Prédécesseur Frank Carlucci
Successeur Les Aspin
7e Chef de cabinet de la Maison-Blanche
Président Gerald Ford
Prédécesseur Donald Rumsfeld
Successeur Hamilton Jordan
Biographie
Nom de naissance Richard Bruce Cheney
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Lincoln (Nebraska) (États-Unis)
Nationalité américaine
Parti politique Parti républicain
Conjoint Lynne Vincent
Enfant(s) Elizabeth Cheney
Mary Cheney
Diplômé de Université du Wyoming
Profession Homme d'affaires

Signature

Dick Cheney Dick Cheney
Vice-Présidents des États-Unis
Secrétaires à la Défense des États-Unis

Richard Bruce Cheney ['tʃi:ni], dit Dick Cheney, né le à Lincoln (Nebraska), est un homme d'affaires et un homme politique américain.

Membre du Parti républicain, il est le 46e vice-président des États-Unis aux côtés du président George W. Bush, du au .

Jeunesse et origines[modifier | modifier le code]

Dick Cheney, fils de Richard Herbert Cheney, agent du département de l'Agriculture des États-Unis et de Marjorie Dickey Cheney, a grandi à Casper (Wyoming).

Selon les affirmations de Lynne Cheney à la télévision le , Barack Obama aurait un ancêtre commun avec Dick Cheney et l'ancien président Harry Truman : Marin Duval, un protestant Français, né à Laval ou Nantes au XVIIe siècle[1].

Il excelle durant sa scolarité aussi bien en cours qu'en sport et est diplômé en 1959.

Il entre immédiatement dans la vie active en travaillant sur les lignes électriques de la compagnie locale d'électricité. Il intègre également l'université Yale grâce à une bourse scolaire, mais c'est à l'université du Wyoming qu'il obtient sa maîtrise en sciences politiques en 1966.

En 1964, il se marie avec Lynne Vincent, rencontrée au collège, et de laquelle il a deux enfants, Elizabeth (née en 1966) et Mary (née en 1969).

Dick Cheney est exempté de service militaire à cause de son statut d'étudiant et de jeune père de deux enfants en bas âge.

Il entre dès la fin des années 1960 dans la vie politique.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Dick Cheney (à gauche) en 1976.

La carrière politique de Dick Cheney commence en 1969 dans l'administration de Richard Nixon, au sein même de la Maison-Blanche.

Sous la présidence de Gerald Ford, Cheney devient Secrétaire général de la présidence. À cette époque, avec Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense, il s'oppose à la politique d'apaisement d'Henry Kissinger que les deux hommes jugeaient trop molle à l'égard de l'Union soviétique.

En 1976, il dirige la campagne de Gerald Ford aux côtés de James Baker.

En 1978, Cheney est élu en tant que républicain au Congrès fédéral où il représente le Wyoming et est réélu jusqu'en 1989.

De ces années au Congrès, on lui reproche d'avoir refusé de voter en faveur d'un jour férié en l'honneur de la naissance de Martin Luther King, Jr. et d'avoir voté contre la création du département fédéral de l'éducation. On lui reproche également d'avoir voté contre l'imposition de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud et le régime d'apartheid et d'avoir qualifié Nelson Mandela et l'ANC de terroriste et d'organisation terroriste.

Il s'est aussi illustré par la défense des intérêts pétroliers et du monde des affaires.

Portrait officiel du secrétaire à la Défense

À partir de 1989, il devient le secrétaire à la défense du président George Bush père (1989-1992).

C'est dans cette fonction qu'il supervise l'opération Just Cause au Panama et l'opération « Tempête du désert » au Koweït en 1991, année où il reçoit la médaille présidentielle de la liberté pour avoir « assuré la défense de l'Amérique dans des temps de grands bouleversements internationaux ».

En 1993, Cheney rejoint le think tank (cercle de réflexion) néo-conservateur American Enterprise Institute (Institut de l'Entreprise Américain) après la défaite de George Bush à l’élection présidentielle.

De 1995 à 2000, il dirige la société d'ingénierie civile Halliburton spécialisée dans l'industrie pétrolière. Le fait que cette société ait décroché de gros contrats en Irak en 2003 lui est très fortement reproché. En 1997, avec Donald Rumsfeld et d'autres, il fonde le think tank néoconservateur PNAC (Project for the New American Century) - « Projet pour un nouveau siècle américain » - dont le but est de promouvoir le leadership global des États-Unis au XXIe siècle.

En 2000, en dépit d'une santé fragile à la suite de plusieurs attaques cardiaques, il se choisit lui-même pour être candidat républicain à la vice-présidence aux côtés de George W. Bush sous l'instigation de ce dernier, démissionne de ses fonctions à Halliburton et cède une grande partie de ses titres à des organismes de charité. La même année, Cheney rejoint comme membre le Conseil consultatif du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) [2].

En janvier 2001, il devient vice-président des États-Unis.

Vice-président des États-Unis[modifier | modifier le code]

Dick Cheney, Dennis Hastert et George W. Bush, Discours sur l'état de l'Union en 2003
Cheney et Berlusconi (à droite)

Dès le début, Cheney l'expérimenté prend les choses en main et se révèle le vice-président le plus puissant que le pays ait connu jusque là. Il se charge de guider le jeune Bush encore novice sur de nombreux sujets de politique interne ou internationale.

Certains de ses détracteurs disent même qu'il est le véritable président des États-Unis, du moins dans les premiers mois de l'administration Bush.

Cheney prend en main la direction du groupe chargé du développement de la politique énergétique incluant parmi ses membres des dirigeants du groupe Enron en dépit de la faillite retentissante de celui-ci.

En juillet 2003, la Cour suprême des États-Unis ordonne au groupe de rendre public ses documents incluant des informations confidentielles sur la politique énergétique et la révélation de possibles conflits d'intérêts parmi les participants.

Le 11 septembre 2001, Cheney prend directement en charge la gestion de la crise à la suite des attentats alors que le président est physiquement mis à l'abri et dans l'incapacité temporaire d'exercer ses fonctions.

Pendant un certain temps, Cheney est lui aussi mis physiquement à l'écart pour éviter d'être au même endroit que le président et être avec lui la cible d'un attentat.

Le , Dick Cheney devient le second vice-président à exercer par intérim la fonction de président pendant une hospitalisation du président Bush.

Ses détracteurs l'accusent d'avoir poussé le président à l'invasion de l'Irak en plaidant notamment pour une opération militaire contre Saddam Hussein sans la saisine préalable de l'ONU, d'avoir affirmé que le dictateur possédait des armes chimiques et bactériologiques et qu'il avait remis en route son programme de fabrication d'une bombe atomique.

Dick Cheney est accusé également d'avoir persisté à soutenir à tort de l'existence de liens entre le régime irakien et Al-Qaida et affirmer que les soldats américains seraient « accueillis en libérateurs » par la population.

Liens avec Halliburton[modifier | modifier le code]

Ses liens avec l'industrie pétrolière lui sont reprochés et il est accusé d'être intervenu pour que Halliburton obtienne de gros contrats de fournitures aux armées et de reconstruction.

En dépit des vérifications les plus sévères, un seul document existe dans ce sens. C'est en l'occurrence un courriel du Pentagone indiquant que « l'attribution d'un contrat de 7 milliards de dollars à une filiale d'Halliburton, sans appel d'offres, en mars 2003, a été approuvée à tous les niveaux, y compris le cabinet de M. Cheney ».

Le Pentagone exonère M. Cheney, car ce « feu vert » demandé visait à s'assurer que Dick Cheney, susceptible d'être considéré comme responsable d'un traitement de faveur pour son ancienne entreprise, ne voyait pas d'inconvénient à ce que ce marché soit attribué sans mise en concurrence.

Dick Cheney a reçu près de 1 350 000 stock-options de la part de Halliburton[3], d'une valeur totale supérieure à 43 millions de dollars.

Second mandat[modifier | modifier le code]

Dick Cheney et George W. Bush en 2006

Le , en pleine campagne électorale, le franc parler connu de Cheney fait la une des journaux quand il injurie publiquement ("...go fuck yourself ") le sénateur démocrate du Vermont, Patrick Leahy, un de ses principaux détracteurs.

Le 2 novembre 2004, Dick Cheney est réélu au côté de George W. Bush.

En février 2005, il confirme qu'il ne sera pas candidat à la présidence en 2008.

Le , Dick Cheney quitte ses fonctions, remplacé par Joe Biden, vice-président de Barack Obama.

Affaire Valerie Plame[modifier | modifier le code]

En octobre 2005, Dick Cheney est accusé dans un article du New York Times d'avoir révélé à son chef de cabinet, Lewis Libby, l'identité d'un agent secret de la CIA, Valerie Plame. Il serait alors indirectement à l'origine de la divulgation criminelle à la presse de l'identité de cet agent. Cette affirmation du New York Times contredit les déclarations de M. Libby, qui dit avoir appris l'identité de Plame par des journalistes.

Révéler l'identité d'un agent de la CIA est un crime fédéral aux États-Unis alors que Dick Cheney est considéré comme un adversaire historique de la Centrale de renseignement dont il dénonce depuis la fin des années 1980 les échecs et les insuffisances (incapacité à prévoir la disparition de l'Union soviétique, incapacité de prévoir l'invasion du Koweït par Saddam Hussein, le peu d'informations sur l'arsenal irakien...). Il aurait ainsi tenté d'utiliser la CIA comme bouc émissaire pour avoir gonflé l'ampleur des programmes d'armes de destruction massive de Saddam Hussein et d'avoir fourni de faux renseignements au gouvernement sur l'achat d'uranium au Niger par l'Irak.

Lewis Libby a été inculpé le pour avoir révélé l'identité de Valerie Plame.

Accident de chasse[modifier | modifier le code]

Le , au cours d'une partie de chasse au Texas, en visant une caille, Dick Cheney blesse Harry Whittington, l'un de ses partenaires, un avocat de 78 ans.

L'information met 24 heures à filtrer et fait dans un premier temps l'objet de plaisanteries, de commentaires acerbes et d'humour ravageurs, du New York Times (« Le vice-président s'est apparemment comporté comme un adolescent qui pense que, s'il ne dit rien sur l'accident, personne ne s'apercevra que la portière de la voiture familiale a été arrachée ») à Jeb Bush arborant un badge humoristique en passant par David Letterman (« On n'a pas attrapé Ben Laden, mais on a eu un avocat de 78 ans »), l'humoriste Andy Borowitz (« Cheney blâme une erreur des services de renseignement ») jusqu'au sénateur démocrate Patrick Leahy, qui avait été insulté par le vice-président en juin 2004, estimant qu'il s'en était « finalement bien tiré ».[réf. nécessaire] L'accident est aussi brocardé dans les séries animées Les Griffin et South Park.

Attentat[modifier | modifier le code]

Le , un attentat-suicide fit 23 morts et 20 blessés à l'extérieur d'une base militaire américaine en Afghanistan, visitée au même moment par Dick Cheney[4]. Un porte-parole des talibans revendique l'attentat pour son groupe et mentionne que Cheney était la cible visée par l'attentat[5]. Le vice-président dit avoir entendu l'explosion, mais se trouvait en sécurité à l'intérieur à ce moment-là.

Après la vice-présidence[modifier | modifier le code]

Après son départ de la vice-présidence, où le démocrate Joe Biden lui succède en 2009, Dick Cheney reste très actif sur la scène politique américaine[6]. Il défend le bilan, décrié, de l'administration Bush[7], et critique la politique menée en matière de sécurité nationale par le président Barack Obama, jugée trop laxiste et comme n'accordant pas assez d'importance aux guerres d'Irak et d'Afghanistan dans la lutte contre le terrorisme[6],[8]. Il prend notamment comme exemple l'attentat manqué sur le sol américain, du [8]. Selon le journaliste du Washington Post Bob Woodward, Cheney, ses idées et sa doctrine regagneraient d'ailleurs beaucoup en influence en cas d'attentat frappant les intérêts américains[6].

Républicain politique[modifier | modifier le code]

Dick Cheney est, avec Donald Rumsfeld, catalogué en tant que républicain nationaliste, mais pas néo-conservateur, même s'ils partagent de nombreuses idées. Dick Cheney se définit lui-même comme étant « très à droite ».

Une de ses filles, Mary Cheney, est homosexuelle (et militante de cette cause) et, à la différence de M. Bush, Cheney estime que les régimes matrimoniaux relèvent des États et que le gouvernement fédéral n'a pas à s'en mêler.

Globalement, Dick Cheney est partisan d'un État aussi minimal que possible.

Il est un fervent adversaire du droit à l'avortement et en faveur des armes à feu de toutes catégories, y compris les balles perce-blindage.

Santé[modifier | modifier le code]

Dick Cheney a été victime de 5 crises cardiaques depuis l'âge de 37 ans. En 1988, il a subi un quadruple pontage coronarien, et plus tard deux angioplasties afin de dégager des artères coronaires rétrécies. Sa dernière crise cardiaque remonte à 2010. Depuis 2001, un stimulateur cardiaque lui a été implanté. Le , il annonce son rétablissement à la suite d'une transplantation cardiaque[9],[10].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Dans le film W. : L'Improbable Président (2008) d'Oliver Stone, son rôle est joué par Richard Dreyfuss.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

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2000 et 2004
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