Ellis Island

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Ellis Island
Vue aérienne d'Ellis Island dans l'Upper New York Bay à côté de la statue de la Liberté (non visible), deux symboles de l'immigration vers le nouveau monde et du rêve américain aux XIXe et XXe siècles.
Vue aérienne d'Ellis Island dans l'Upper New York Bay à côté de la statue de la Liberté (non visible), deux symboles de l'immigration vers le nouveau monde et du rêve américain aux XIXe et XXe siècles.
Géographie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Archipel Aucun
Localisation Upper New York Bay
Coordonnées 40° 41′ 55″ N 74° 02′ 28″ O / 40.698698, -74.04098540° 41′ 55″ N 74° 02′ 28″ O / 40.698698, -74.040985  
Superficie 0,13 km2
Point culminant 2 mètres
Géologie Île continentale artificialisée
Administration
Statut Monument national de la Statue de la Liberté

États New Jersey et New York
Comtés Hudson et Manhattan
Villes Jersey City et New York
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-5
Site officiel www.ellisisland.org

Géolocalisation sur la carte : New York

(Voir situation sur carte : New York)
Ellis Island
Ellis Island
Îles des États-Unis
Carte avec la position d'Ellis Island en rouge
Bâtiment principal de l'île, devenu « musée national de l'histoire de l'immigration des États-Unis » depuis 1990.
Séquences des studios Edison. L'arrivée et le débarquement du William Myers, le 9 juillet 1903.
Grand Hall du bâtiment principal, où étaient accueillis les immigrés.
Immigrants historiques vers le Nouveau Monde au XIXe siècle et XXe siècle devenus symboles des États-Unis.
Immigrants historiques vers le rêve américain en 1900.

Ellis Island est une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, moins d'un kilomètre au nord de Liberty Island qui abrite la statue de la Liberté. Elle a été, dans la première partie du XXe siècle, l'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Les services d'immigration y ont fonctionné du 1er janvier 1892 jusqu'au 12 novembre 1954. L'île est gérée par le gouvernement fédéral et fait désormais partie du monument national de la Statue de la Liberté, sous la juridiction du service des parcs nationaux des États-Unis et abrite un musée. Territorialement, elle est partagée entre la ville de Jersey City dans le New Jersey et la ville de New York dans l'État de New York. 83% de l'île appartient à la ville de New Jersey.

Ellis Island a été le sujet d'une querelle de frontière entre ces deux États américains. Selon le bureau de statistiques des États-Unis, l'île a une superficie officielle de 129 619 m2, dont la plus grande partie créée artificiellement. La portion naturelle de l'île, qui se trouve sur le territoire de la ville de New York, est de 21 458 m2 et est complètement entourée par la partie artificielle. Mais plus de 83 % de la superficie de l'île se trouvent sur le territoire de la ville de Jersey.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ellis Island est à 800 mètres de la Statue de la Liberté. Elle est située à New York, à l'embouchure de l'Hudson. L'île a une superficie de 11,1 hectares, dont plus de 83 % est artificielle ; elle est en forme de U pour permettre d'accueillir les bateaux à l'intérieur. La portion naturelle d'Ellis Island se situe sur l’État de New York et est complètement entourée de la portion artificielle qui se situe sur le New Jersey. L'altitude d'Ellis Island n’excède pas deux mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant 1892 et l'ouverture d'Ellis Island comme centre de réception des immigrés à New York, le débarquement des voyageurs se faisait à Fort Clinton ou Castle Clinton, à l'extrême sud de Manhattan (aujourd'hui dans Battery Park), au grand désespoir des habitants qui se plaignaient de la situation, imputant nombre de maux aux nouveaux arrivants. Ellis Island s'appelait Fort Gibson et était une place militaire qui faisait partie du système de défense de la ville contre la flotte britannique. L'île apparut alors comme une meilleure solution, permettant d'isoler les migrants avant leur acceptation aux États-Unis et d'éviter les évasions. Originalement appelée Little Oyster Island (île de la petite huître), on la nomma Ellis Island en référence à Samuel Ellis, colon venant probablement d'Écosse, qui en fut son propriétaire dans les années 1770, avant son rachat par l'État de New York.

Les bâtiments du centre d'immigration d'Ellis Island ont été créés par les architectes Edward Lippincott Tilton et William A. Boring qui reçurent une médaille d'or à l'exposition universelle de Paris en 1900 pour le design du bâtiment principal.

Le centre fédéral d'immigration ouvrit le 1er janvier 1892 et fut fermé le 12 novembre 1954 après le passage et l'inspection de plus de 12 millions d'immigrants par le bureau d'immigration des États-Unis. Durant les 62 années d'activité, plus de 8 millions d'immigrations ont été enregistrées localement par l'administration de l'État de New York au Castle Garden Immigration Depot à Manhattan.

1907 a été l'année la plus active à Ellis Island avec l'arrivée de 1 004 756 immigrants. Le 17 avril de cette année-là a vu l'arrivée de 11 747 immigrants.

Ceux qui présentaient des signes de maladies étaient renvoyés dans leur pays (cas extrême) ou mis en quarantaine sur l'île pour une très longue période. Par la suite, les immigrants se virent poser une série de 29 questions incluant leur nom, leur métier et la quantité d'argent qu'ils avaient sur eux. Généralement, ces immigrants étaient acceptés immédiatement et ne passaient que 3 à 5 heures sur l'île. Cependant, plus de 3 000 immigrants moururent à l'hôpital. Certaines personnes furent également refoulées, car on considérait qu'elles risquaient de rester chômeurs. Environ 2 % des arrivants virent ainsi leur admission aux États-Unis rejetée et furent renvoyés dans leur pays d'origine pour diverses raisons telles que leur santé ou leur passé criminel. Ellis Island était souvent surnommée The Island of Tears (l'île des pleurs) ou Heartbreak Island (l'île des cœurs brisés) à cause de ces 2 % qui n'étaient pas admis après leur long voyage.

L'auteur Louis Adamic (1899-1951), venu de Slovénie en 1913, décrit la nuit qu'il a passée à Ellis Island. Lui et plusieurs autres immigrants dormirent sur des lits dans un long corridor. N'ayant pas de couverture chaude, le jeune homme ne put dormir de la nuit, entendant les ronflements et plusieurs rêves se passant dans différentes langues. Il décrit aussi une cuisine tellement grande qu'elle pouvait accueillir 1 000 personnes.

Durant la Première Guerre mondiale, le sabotage allemand du dépôt de munitions Black Tom Wharf a endommagé les bâtiments d'Ellis Island. Durant la guerre, l'île fut utilisée pour interner des marchands allemands et autres ennemis de guerre ainsi que comme un centre pour aider les soldats américains blessés et malades à leur retour du front européen. Ellis Island recevait également plusieurs dizaines de milliers d'immigrants par an durant cette période, soit beaucoup moins qu'avant guerre. Après celle-ci, le nombre remonta au niveau d'avant-guerre.

Après 1924 et les lois sur les quotas d'immigration de Johnson-Reed, qui ont considérablement diminué l'immigration et transféré aux ambassades le rôle de choisir les futurs arrivants, le centre est devenu un lieu de détention et d'expulsion pour les étrangers indésirables.

Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, Ellis Island servit de base d'entraînement aux Gardes côtes et de camp pour les prisonniers de guerre. Environ 7 000 allemands, Italiens et japonais furent détenus sur l'île.

La loi sur la Sécurité interne de 1950 interdit aux membres des organisations communistes et fascistes d'immigrer aux États-Unis. Plusieurs d'entre-eux furent détenus à Ellis Island jusqu'en 1952, date à laquelle plusieurs lois furent changées.

En novembre 1954, Ellis Island fut finalement fermée et inscrite au patrimoine. L'île figure sur le Registre national des sites historiques américains. Aujourd'hui, elle abrite un musée accessible par bateau depuis le Liberty State Park de Jersey ainsi que depuis Manhattan.

Immigration[modifier | modifier le code]

L'île accueillit environ 12 millions de personnes entre son ouverture le 1er janvier 1892 et sa fermeture le 12 novembre 1954. La plupart des immigrés qui passaient par Ellis Island étaient européens, un certain nombre venant également de pays arabes dominés par l'Empire ottoman. La première immigrante se nommait Annie Moore, une jeune fille de 15 ans venant de comté de Cork en Irlande, le 1er janvier 1892 pour rejoindre avec ses deux frères, leurs parents, qui étaient venus à New York deux ans auparavant. Elle a été accueillie par les officiels et une pièce d'or de dix dollars.

La dernière personne à passer à Ellis Island fut un marchand norvégien du nom de Arne Peterssen en 1954. Après la signature du National Origins Acts en 1924, les seuls immigrants à venir à Ellis Island étaient des déportés ou des réfugiés de guerre. Actuellement, plus de 100 millions d'Américains ont un ou plusieurs ancêtres qui sont arrivés en Amérique en passant par Ellis Island.

Musée[modifier | modifier le code]

Dollar américain de 1986, édition limitée représentant la statue de la liberté et le bâtiment principal d’Ellis Island.

Un pont relie Ellis Island au Liberty State Park au New Jersey. Il a été construit pour la rénovation de l'île. Mais celui-ci est actuellement fermé au public (principalement du fait de l'opposition de la ville de New York).

Il existe un mur d'honneur en dehors du bâtiment principal. Contrairement à ce qui est parfois dit, il n'y est pas inscrit le nom de tous les migrants étant passés par l'île. Il offre surtout la possibilité aux gens de faire un don en l'honneur d'un immigrant.

Le cabinet d'architecture de Boston Finegold Alexander + Associates Inc., avec l'aide d'un cabinet new-yorkais, fut chargé de la restauration et de l'adaptation du bâtiment principal. Un budget de construction de 150 millions de dollars a été nécessaire pour accomplir ce travail, l'argent ayant été récolté par une campagne publique de levée de fonds. Le musée est ouvert depuis le 10 septembre 1990.

Dans le cadre de l'initiative du centenaire du Service des Parcs nationaux, la section sud de l'île fera l'objet d'un projet de restauration des 28 bâtiments qui n'ont pas encore été réhabilités.

Juridiction fédérale[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 1965, Ellis Island fut officiellement intégrée au monument national de la statue de la Liberté, gérée par le service des parcs nationaux américains. L'île se trouve du côté New Jersey de l'Hudson River. Durant la période coloniale, cependant, New York en avait pris possession, et le New Jersey l'avait accepté. Dans un accord entre les deux États américains, approuvé par le Congrès des États-Unis en 1834, le New Jersey acceptait que New York garde une juridiction exclusive sur l'île.

Par la suite, cependant, le gouvernement fédéral a artificiellement agrandi l'île pour pourvoir y installer le centre d'immigration qui ouvrira en 1892. L'agrandissement s'est poursuivi jusqu'en 1934. Neuf dixièmes de la superficie actuelle de l'île sont artificiels et n'existaient pas lors de l'accord de 1834.

Le New Jersey déclara que la nouvelle extension faisait partie de son État et porta l'affaire en justice, conduisant le maire de New York de l'époque, Rudolph Giuliani, à déclarer que son père, un immigrant italien qui était passé par Ellis Island, n'avait jamais voulu aller dans le New Jersey.

Ce conflit monta jusqu'à la Cour suprême des États-Unis, qui conclut en 1998 que le New Jersey a la juridiction sur toute la portion de l'île créée après l'entente de 1834. Cette décision amena plusieurs problèmes : quelques bâtiments, par exemple, tombaient sous la juridiction des deux États. Le New Jersey et État de New York décidèrent donc de partager l'île. Cependant Ellis Island reste la propriété du gouvernement fédéral et aucun remaniement légal n'a amené le contrôle physique d'une partie de l'île à un des deux États.

Dans les films[modifier | modifier le code]

Depuis l'époque du cinéma muet, Ellis Island suscite l'imagination des réalisateurs et des producteurs américains. Parmi les premiers films montrant l'île, on peut citer Traffic in souls (1913), The Yellow Ticket (1916), L'Émigrant de Charlie Chaplin (1917), My Boy (1921), The Strong Man (1926), We Americans (1928), Ellis Island (1936), Gateway (1938), et Exile Express (1939).

Plus récemment, l'île apparait dans une scène du film Hitch, où les héros interprétés par Will Smith et Eva Mendes prennent des jet skis pour se rendre à Ellis Island et y explorer le bâtiment principal. Golden Door, l'histoire de migrants siciliens sorti en 2006, se déroule en partie sur Ellis Island et s'achève par des scènes sur l'île.

Le film 3D IMAX, Across the Sea of Time, ayant comme sujet l'arrivée des immigrants de New York, incorpore des images récentes et des photographies anciennes d'Ellis Island.

Ellis Island comme porte d'entrée vers les États-Unis est décrite en détail dans le film Mottel the Cantor's Son de Sholom Aleichem. C'est également l'endroit où Don Corleone est retenu comme jeune immigrant dans Le Parrain 2. On le marque d'un X sur son chandail, symbole signifiant une personne présentant des troubles mentaux.

Dans le film X-Men, une rencontre des Nations unies sur l'île est la cible de Magneto, un mutant qui tente de changer artificiellement tous les délégués présents. Brother From Another Planet quant à lui s'ouvre sur Ellis Island.

Le film America, America raconte l'immigration d'un jeune turc (d'origine arménienne) appelé Stavros jusqu'à son arrivée aux États-Unis au début du XXe siècle. Il doit passer à la douane sur l'île et se fait passer pour son camarade qui est mort noyé le jour précédent.

Un documentaire sur l'hôpital d'Ellis Island a été tourné par Lorie Conway ; l'artiste interdisciplinaire Meredith Monk a également réalisé en 1981 un court-métrage éponyme relatant l'arrivée des immigrants sur l'île.

En 2013, The Immigrant de James Gray suit le parcours d'une immigrée polonaise. Le film s'ouvre sur la statue de la Liberté vue depuis Ellis Island. Plusieurs scènes du film s'y déroulent, notamment le plan final. The Immigrant rend aussi hommage au Parrain II, notamment les scènes de flashback (retour en arrière) retraçant la jeunesse de Vito Corleone.

En 2014, le film documentaire Ellis Island une histoire du rêve américain réalisé par Michael Prazan, revient sur l'histoire d'Ellis Island et sur les destins d'immigrants célèbres comme Lucky Luciano, William O'Dwyer, Pola Negri, Samuel Goldwyn ou encore George Voskovec.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • (en) Ellis Island Org Ce site permet après inscription de consulter les registres d'arrivée des immigrants, c'est une source d'informations importantes, on peut faire des recherches par patronyme et on y trouve le lieu de départ, le port de départ, l'éventuel lien de parenté des passagers, l'âge, le lieu de destination.