Xavier Cugat

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Xavier Cugat

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Xavier Cugat (1900-1990)
Surnom Cugi, Le Roi de la rumba
Naissance 1er janvier 1900
Gérone, Espagne
Nationalité Drapeau d'Espagne Espagnol
Décès 27 octobre 1990 (à 90 ans)
Barcelone, Espagne
Profession Chef d'orchestre
Violoniste
Peintre
Dessinateur
Caricaturiste

Xavier Cugat (né le 1er janvier 1900 à Gérone et mort le 27 octobre 1990 à Barcelone), surnommé Cugi ou encore le Roi de la rumba de par sa musique « d'inspiration tropicale », est Catalan d'origine mais peut être considéré comme un musicien Cubain par son œuvre. Il aura cependant fait la plus grande partie de sa carrière aux États-Unis. Artiste accompli, il est aussi bon musicien que peintre et dessinateur. Il fera, pendant un certain temps, carrière dans la caricature. On en gardera le souvenir d'un homme de talent à la vie sentimentale tumultueuse (4 mariages).

Biographie et carrière[modifier | modifier le code]

Xavier Cugat est fasciné très jeune par la musique qu'il découvre auprès du luthier de sa ville. La légende rapporte que ce dernier, lassé de ses questions, lui offre un violon. Son père le trouve très doué et lui permettra de suivre des cours de formation musicale.

Les années difficiles[modifier | modifier le code]

Il est âgé de 4 ans lorsque sa famille émigre à Cuba où il s'initie aux rythmes tropicaux.

Au cours de sa dixième année, il gagne quelque argent en interprétant inlassablement La Veuve Joyeuse et El Anillo de hierro (zarzuela) à la terrasse des bars et cafés.

Il travaille ensuite au cinéma Le Payret où il assure un fond musical aux films muets projetés dans la salle. Il est accompagné par Moisés Simons[1].

Sur recommandation de son professeur de violon et après avoir passé une audition, il est engagé par le directeur de l'Orchestre symphonique de La Havane dont il devient premier violon à l'âge de 12 ans.

Il est âgé de 18 ans lorsqu'il séjourne à New York et y rencontre un jeune pianiste catalan avec lequel il montera un duo pour jouer dans les cafés et restaurants en vogue. Tous deux s'exhibent en particulier à l'hôtel Waldorf Astoria, lieu de séjour de nombreux artistes lorsqu'ils sont de passage au Metropolitan Opéra. Cugat fait ainsi la connaissance d'Enrico Caruso, se lie d'amitié avec lui et l'accompagne dans sa tournée à travers les États-Unis.

À force de travail, Xavier Cugat progresse et peut, grâce à ses appuis dans le monde de la musique, se présenter au Carnegie Hall où il ne rencontre qu'un succès mitigé.

Sa famille revient s'installer en Catalogne et permet ainsi au jeune Cugat de partir étudier en Allemagne.

En 1924 Xavier Cugat revient aux États-Unis. Il se présente à nouveau devant le public de Carnegie Hall qui, cette fois-ci, l'acclame. Mais le succès n'est toujours pas présent parmi les critiques. Profondément vexé, Cugat s'engage dans l'orchestre populaire de Vincent Lopez sans avoir l'habitude de ce genre de musique...

À New York, il retrouve Rita Montaner avec qui il a travaillé au conservatoire lorsqu'elle y étudiait le chant. Elle a fondé un orchestre dont Cugat prendra la direction. En 1926, ils sont tous deux engagés à Broadway dans la revue à succès Una noche en España. Ils se marient.

En 1928 Cugat suivra Rita à Paris où elle est engagée pour chanter mais sans son orchestre. Le rôle de mari effacé ne lui convient pas vraiment. Il divorce et part s'établir en Californie comme vendeur d'antiquités.

Un nouvel échec avec l'orchestre symphonique de San Francisco le pousse vers l'illustration. Il entre comme caricaturiste au Los Angeles Times. À cette occasion, il fait la connaissance d'acteurs hollywoodiens dont Charlie Chaplin qu'il croquera en caricature. Cugat épouse en deuxièmes noces la chanteuse Carmen Castillo.

Rudolph Valentino le pressent pour interpréter le tango de son film Les Quatre Cavaliers à la tête d'une petite formation. Cette dernière, composée du pianiste cubain Nilo Menéndez, de l'accordéoniste Billy Hobbs, du percussionniste Ray González, de Xavier Cugat et de la chanteuse Carmen, se transforme en groupe semi-professionnel et anime le cabaret Montmartre à Los Ángeles puis celui de La Enseñada à Puerto Vallarta, (Mexique). Ce dernier cabaret, situé en plein désert mexicain, n'attire guère les foules si bien que l'expérience mexicaine est un échec.

De retour en Californie, Valentino introduit Cugat au cabaret Cocoanut Groove. Sa formation interprète de la musique latino-américaine que Xavier Cugat, bien que connaissant mal cette culture, adapte au goût des Américains.

Le succès[modifier | modifier le code]

Le Tango est de plus en plus à la mode sur la Côte Ouest des États-Unis. Cugat se met au goût du jour et lance la Rumba à la tête de l'orchestre du cabaret Cocoanut Groove. Il baptise cette formation "Xavier Cugat y sus Gigolos". Le succès est au rendez-vous. Sa formation figure en première place dans les spectacles du cabaret. Xavier Cugat ambitionne alors une carrière cinématographique. Ce seront les films Charros, Gauchos y Mano en 1927, Xavier Cugat y sus Gigolos et Xavier Cugat y su companía en 1928.
En 1931, il engage une jeune danseuse de 13 ans, Margarita Carmen Cansino, la future Rita Hayworth, pour se produire à Tijuana. La même année, Chaplin lui demande d'interpréter au violon un des thèmes musicaux de son film Les Lumières de la ville.

La consécration[modifier | modifier le code]

La renommée de Cugat s'étend peu à peu et dépasse les frontières de la Californie dès le début des années 1930. Il s'installe au Waldorf Astoria en 1932. Sa formation en devient le groupe résident et assure la représentation quotidienne, en soirée, du cabaret de l'hôtel, le Starlight Roof, puis, très rapidement il obtient les matinées du Start Room dans ce même hôtel. Il a conservé le fidèle Nilo Menéndez au piano ainsi que le percussionniste Ray Gonzalez auxquels il adjoint Alberto Calderon à la batterie et José Piñita à la trompette. Sa nièce Margot assure les numéros de danse, Carmen Castillo est chanteuse du groupe. En fait, l'orchestre joue souvent en solo.
Il se voit contraint de remplacer Carmen et Margo à la demande de la direction qui les trouve un peu « vieillissantes ». Il conservera néanmoins Carmen à ses côtés jusqu'à leur séparation et la fera participer à ses nombreux enregistrements et tournées.

Pour sa première émission radiodiffusée au sein du programme Cena en el Waldorf Astoria, il y propose des thèmes tirés de la musique latino-américaine en vogue.

Dès 1933, Cugat enregistre Caminito, En el Rancho grande, Dusk, Gypsy airs, etc. qui deviennent des airs à la mode.

Cugat part en tournée dans un coast to coast avec sa formation qu'il baptise Xavier Cugat y su Orquesta del Waldorf Astoria. Il puise largement dans la musique cubaine qu'il réécrit en la remaniant pour la mettre au goût des Américains. Bien que sa musique n'ait plus qu'un très lointain rapport avec ses liens d'origine, Cugat reste l'auteur qui a le plus contribué à la diffusion des rythmes cubains depuis la fin des années 1920 et pendant la majeure partie des années 1930.

Cugat fait appel à divers chanteurs lors de ses enregistrements mais ce sont les voix masculines qui prédominent : Alfredito Valdès, Machito (Negro a Reza, 1939), Miguelito Valdès (1940-1941) dans un de ses plus grands succès, Perdida (1940) dont un extrait sert de support musical à une scène du film Casablanca, Pozo Gonzales dit « chano » (Anna Boroco Tinde), Tito, le portoricain (Bim Bam Bum, en 1942), Connie Francis qui interprète la chanson Frère Jacques dans le film 2046 de Wong Kar-wai[2], Alys Robi, célèbre chanteuse canadienne française qui popularise grand nombre de chansons sud-américaines en versions françaises, et enfin l'inoubliable voix féminine de Dinah Shore en 1939.
Tous ont contribué à la notoriété de l'orchestre de Xavier Cugat qui se produit à l'Empire Room, sur les antennes de NBC, à Cleveland et à Chicago (1940) pour ne citer que les enregistrements les plus importants.

De 1942 à l'été 1946, la guerre éloigne l'orchestre des studios d'enregistrements. Il se met à la disposition de l'Administration américaine pour de nombreuses tournées dans les campements militaires de l'étranger. C'est ainsi, qu'en 1946, on le retrouve dans les Philippines auprès des prisonniers japonais.

En 1947, Cugat quitte le Waldorf Astoria emmenant avec lui deux chanteurs de talent : Dean Martin et Jerry Lewis. On le retrouve lors d'une tournée au Venezuela la même année, au Pérou en 1960, en Bolivie en 1962. Il enchaîne les tournées internationales avec son orchestre auquel il adjoint les voix féminines de Lorrain Allen, Carmen Miranda, Lina Romay puis d'Abbe Lane. Il recrutera cette dernière en 1950 et la gardera dans son groupe tout au long de la décennie. Le premier thème qu'elle interprétera aux côtés de Cugat sera The wedding Samba.

Il est au Japon en 1965, enregistre sur des thèmes français, espagnols et italiens pour l'Europe et remporte partout le même succès.

Au cours de sa carrière, Xavier Cugat a parcouru quasiment tous les pays du monde. Le secret de sa réussite tient au fait qu'il a toujours su adapter la musique latino-américaine (qu'il qualifie de « tropicale »), en en simplifiant les thèmes pour les rendre accessibles au goût du public dont il est l'hôte.

Aboutissement de sa faculté d'adapter les genres, il propose, au cours des années 1960, une musique purement « commerciale » comme Cugi's cocktail (1963).

En 1963, Cugat sera profondément affecté tant sur le plan sentimental que musical par le départ d'Abbe Lane mais rebondira très vite en entraînant dans son sillage une nouvelle chanteuse Charo Baeza dont il fera sa quatrième épouse et qu'il appointera comme chanteuse de Folk.

En marge de ses tournées, Cugat trouve le temps de participer au tournage de quatre films entre 1948 et 1949 à la tête de son orchestre.

La retraite[modifier | modifier le code]

Xavier Cugat décide de mettre un terme à sa carrière musicale en 1970.

Il se retire en Catalogne et continue de peindre, dessiner, caricaturer, présentant ses œuvres dans de nombreuses salles d'exposition. En 1990 il reçoit la Creu de Sant Jordi, distinction décernée par la Generalitat de Catalogne.

Xavier Cugat est mort le 27 octobre 1990 à Barcelone.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Xavier Cugat est cité, avec Yma Sumac, dans le tube de Vanessa Paradis, Joe le taxi en 1987.

Il est aussi évoqué dans le 102e des 480 souvenirs cités par Georges Perec dans Je me souviens.

Discographie[modifier | modifier le code]

La discographie de Xavier Cugat est trop importante pour être détaillée dans cet article. Nous avons sélectionné quelques disques essentiels, quasiment tous gravés sur vinyl.

  • The Early years, N.Y. 1933-38, Harlequin 55.
  • Xavier Cugar & his Ochestra. Rumba Rumbero, N.Y. 1937-1943, Tumbao 023.
  • Xavier Cugat & his Orchestra, N.Y. 1940-1942, Tumbao 002.
  • The War years, N.Y. 1941-45, Harlequin 174.
  • With José Luis Moneró, N.Y. 1946-48, Harlequin 170.
  • Live from The Waldorf Astoria, N.Y. 1950-54, Harlequin 161.
  • Cugi's Cocktails. Xavier Cugat & his Orchestra, N.Y. 1963, Mercury 20832.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Moisés Simons est un fils émigrant juif à Cuba. Il est né le 24 août 1890 à La Havane et mort le 28 juin 1945.
  2. Frère Jacques est une chanson d'Ernesto Lecuona arrangée par Xavier Cugat

Liens externes[modifier | modifier le code]