Rudolph Giuliani

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Rudolph W. Giuliani
Rudolph Giuliani en 2006.
Rudolph Giuliani en 2006.
Fonctions
97e maire de New York
1er janvier 199431 décembre 2001
Prédécesseur David N. Dinkins
Successeur Michael R. Bloomberg
Biographie
Nom de naissance Rudolph William Louis Giuliani III
Date de naissance 28 mai 1944 (70 ans)
Lieu de naissance New York (États-Unis)
Parti politique Parti républicain
Conjoint Regina Peruggi
Donna Hanover
Judith Nathan
Enfant(s) Andrew Giuliani (1986)
Caroline Giuliani (1989)
Diplômé de Manhattan College
Université de New York
Religion Catholique

Signature

Rudolph Giuliani
Maires de New York

Rudolph William Louis Giuliani III, dit « Rudy Giuliani », né le 28 mai 1944, est une personnalité politique américaine, membre du Parti républicain, maire de New York du 1er janvier 1994 au 31 décembre 2001.

Il est actuellement le président-directeur général de Giuliani Partners, LLC, la société qu'il a fondée en 2002.

Il a été l'un des favoris pour l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2008 avant de se retirer et d'apporter son soutien au sénateur de l'Arizona, John McCain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Giuliani est né dans une ferme catholique de Brooklyn, l'un des cinq arrondissements de la ville de New York, et a grandi à Garden City, Long Island. Ses deux parents sont enfants d'immigrants italiens. Son père Harold Giuliani a été condamné pour vols et fait plusieurs séjours à la prison de Sing Sing (prison). Après sa libération, il est engagé comme garde du corps de son beau-frère, Leo D'Avanzo, un petit caïd de la mafia new yorkaise.

Rudolph Giuliani fait ses études de vétérinaire au Manhattan College[1] avant de poursuivre en droit à l'université de New York.[réf. nécessaire]

Diplômé en 1968, il épouse Regina Peruggi.[réf. nécessaire]

Début de carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Il commence sa carrière professionnelle comme clerc auprès du juge Lloyd MacMahon, dans le district sud de New York.

Politiquement, il s'enregistre chez les démocrates, puis rejoint les indépendants et enfin les républicains.

En 1970, Giuliani entre au bureau du procureur fédéral.

Âgé de 29 ans à peine, il est nommé chef du bureau chargé des narcotiques.

En 1975, Giuliani part à Washington DC durant l'administration Ford où il est nommé Associate Deputy Attorney General et chef de cabinet de l'Attorney General adjoint. C'est à ce poste qu'il connaît ses premiers succès publics quand il fait condamner pour corruption le député Bert Podell.

De 1977 à 1981, durant la présidence de Jimmy Carter, Giuliani rejoint un cabinet juridique Patterson, Belknap, Webb and Tyler.

En 1981, quand les républicains reviennent à la Maison-Blanche, Giuliani est nommé Procureur général associé des États-Unis (Associate Attorney General), le n° 3 du département de Justice (équivalent du ministère de la justice), où il supervise un grand nombre d'administrations fédérales comme le département des drogues, les marshals fédéraux...

En 1982, il parvient à faire déclarer nul son mariage par l'église catholique (sa femme était sa cousine, ce qu'il dit avoir ignoré).

En 1983, Giuliani est nommé U.S. Attorney (procureur fédéral) du district sud de New York. C'est à ce poste qu'il poursuit avec succès des personnalités financières de Wall Street. Ainsi, Marc Rich est poursuivi par Giuliani pour évasion fiscale et pour commerce illégal avec l'Iran. Rich fuit les États-Unis pour s'installer en Suisse et est finalement gracié par Bill Clinton au dernier jour de son mandat en 2001.

Giuliani ne rencontre pas que des succès et il est accusé de faire de la justice spectacle et de procéder à des arrestations en dépit du manque d'éléments à charge. Mais les réussites de sa lutte contre la corruption, les trafiquants de drogue, le crime organisé et les criminels en col blanc sont vite reconnues et en peu de temps, 4152 affaires sont jugées et condamnées (contre seulement 25 cas de relaxe).

Qualifié d'incorruptible, Giuliani va même jusqu'à poursuivre et faire condamner un ami et contributeur financier de son allié, Alphonse D'Amato, sénateur de New York au Congrès des États-Unis, en dépit des pressions de ce dernier pour enterrer l'affaire.

En 1984, Rudolph Giuliani épouse Donna Hanover avec qui il a deux enfants (le couple divorce en 2002). Il se marie avec Judith Nathan en 2003.

Candidat à la mairie de New York[modifier | modifier le code]

En 1989, Rudolph Giuliani est le candidat républicain à la mairie de New York. Il est battu de justesse de 47 000 voix par le démocrate David Dinkins sur un total de près de 2 millions de bulletins exprimés (112 voix allèrent à un candidat indépendant).

En 1993, Giuliani se présente de nouveau à la mairie de New York contre Dinkins. Son programme est axé sur la lutte contre la criminalité, le chômage (la ville a perdu plus de 330 000 emplois en 4 ans) et le contrôle budgétaire (la ville est très endettée).

Dinkins reçoit le soutien affiché du président Bill Clinton mais accuse les électeurs de racisme (Dinkins est noir, la ville est plutôt démocrate, or en 1989, Dinkins a failli être battu et en 1993, doit affronter les critiques au sein même de son parti).

Giuliani est finalement élu avec 82 000 voix d'avance sur 1 889 000 voix exprimées (dont 53 000 voix portées sur un candidat tiers).

Maire de New York (1994-2001)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maire de New York.

Période de baisse de la criminalité[modifier | modifier le code]

Rudolph Giuliani, le 10 septembre 2002.

Comme dans le reste des États-Unis, la criminalité et la délinquance ont diminué durant les années 1990 à New York. Entre 1993 et 1998, le nombre de meurtres par an a été divisé par plus de trois[2] alors que le taux de délinquance ordinaire s'effondrait et que la prostitution était éradiquée de Times Square. Certains ont considéré que ces résultats ont été la conséquence (non classé par ordre d'influence) :

  • d'un travail concerté des diverses institutions municipales, en particulier des écoles.
  • de la baisse du chômage
  • d'une répression plus forte, (notamment contre les trafiquants en tout genre, les réseaux de prostitution et le crime organisé)
  • de la réhabilitation des quartiers du nord de Manhattan, par exemple de Harlem
  • de la « tolérance zéro » (sanction au premier délit même mineur)
  • de l'omniprésence de la police (passant de 27 000 en 1990 à 39 000 en 1999[3]) et de l'intégration des minorités ethniques dans les forces de l'ordre

Le sentiment d'insécurité a baissé. Ainsi, il est devenu tout à fait possible de se promener sans crainte dans tous les quartiers de Manhattan. Il est seulement conseillé aux touristes de faire plus attention la nuit et d'éviter alors Central Park, le Bronx et certains quartiers de Brooklyn[réf. nécessaire].

New York prospéra économiquement durant ce premier mandat et fut érigée en modèle pour les autres villes américaines après avoir longtemps été un contre-exemple.

Les détracteurs de Giuliani lui reprochèrent son autoritarisme, sa politique brutale de tolérance zéro, au risque, selon eux, d'emprisonner des innocents, de menacer les libertés civiles dont celles des minorités ethniques (la ville fut poursuivie une douzaine de fois pour violation du premier amendement) ou encore d'aseptiser la cité.

William Bratton, chef de la police de New York entre 1994 et 1996 porte en grande partie la réussite de la baisse de la criminalité. À son arrivée, la violence était endémique et une partie des forces de police étaient corrompues. Il a notamment imaginé et mis en pratique la théorie de la « vitrine cassée », selon laquelle, « tout crime, même le plus insignifiant, doit être sanctionné de la manière la plus sévère qui soit pour un effet dissuasif maximum » et créé un programme informatique qui identifie des points sensibles où les patrouilles de police se font plus présentes ; il a notamment aidé à ce que Manhattan redevienne fréquentable, permettant le retour au tourisme de masse[4].

Politique envers les sans-abris[modifier | modifier le code]

Durant ses mandats, le maire décréta que les « sans-toit » ne pourraient plus trouver refuge gratuitement et exigea que les demandeurs d’abri fassent l’objet d’une évaluation obligatoire pour trouver du travail. Dans son livre Leadership, Giuliani écrivit que sa réforme du système d’assistance sociale a occasionné une réduction du budget pour les aides sociales d’environ 60 % et que la municipalité s’était efforcée de « faire des révisions et examens afin d’éviter toute fraude »[5][réf. insuffisante]

Politique urbaine[modifier | modifier le code]

Giuliani imposa également des normes strictes en matière d'aménagement urbain. On lui doit la transformation de Times Square d'un quartier touristique de bas de gamme en un quartier plus chic, familial et en un haut lieu du monde des affaires et des spectacles.

Communication politique[modifier | modifier le code]

Dès son élection, Giuliani commença à effectuer des conférences de presse hebdomadaires depuis les marches du City Hall et à participer à des émissions télévisées new yorkaises populaires comme le Late Show, animé par David Letterman.

En 1999, il menaça de fermer les subventions au Brooklyn Museum s'il ne remplaçait pas un tableau qu'il jugeait insultant pour les chrétiens. Il reçut le soutien des groupes religieux avec qui il n'était pas toujours en bon termes. Giuliani fut cependant désavoué par les tribunaux.

Ambitions politiques[modifier | modifier le code]

Réélu triomphalement en 1998 pour un second et dernier mandat, Giuliani songea à se présenter aux élections sénatoriales de 2000 pour succéder au sénateur démocrate Daniel Patrick Moynihan qui ne se représentait pas. Favori des sondages, son adversaire est Hillary Clinton mais le 19 mai 2000, il annonce qu'il est atteint d'un cancer de la prostate et doit renoncer pour se faire soigner. Parallèlement, l'annonce de sa liaison avec Judith Nathan alors qu'il est toujours marié est habilement exploité par ses détracteurs politiques de tous bords.

L'impact du 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld et Rudolph Giuliani sur le site du World Trade Center à Manhattan, le 14 novembre 2001.

Il est encore maire de la ville quand surviennent les attentats du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center. Son action est très appréciée et glorifiée pour l'organisation des secours et son leadership reconnu. Surnommé « maire de l'Amérique », il est fait homme de l'année 2001 par Time Magazine. Il contribue largement à la victoire de son successeur à la mairie de New York, le républicain Michael Bloomberg.

Homme d'affaires et homme politique[modifier | modifier le code]

En 2004, après restructuration du capital, sa société devient la "Giuliani Capital Advisors LLC", société de conseil en fusion, acquisition, restructuration et stratégie.

Giuliani mena activement campagne pour George W. Bush lors de l'élection présidentielle de 2004. Il fut pressenti pour le poste de secrétaire d'État à la sécurité intérieure mais il recommanda à sa place son ancien chef de la police de New York, Bernard Kerik, qui finalement dut renoncer à ce poste.

Ambitions présidentielles[modifier | modifier le code]

Rudy Giuliani a été pressenti pour se présenter contre Hillary Clinton en 2006 ou pour prendre la succession de George E. Pataki au poste de gouverneur de l'État.

Rudolph Giuliani est surtout l'un des prétendants républicains à l'élection présidentielle américaine de 2008. Sa position pro-choice (favorable au droit à l'avortement), qu'il a tentée de nuancer pour courtiser l'électorat chrétien évangélique, est l'un de ses handicaps. Il a également désavoué sa propre politique en matière de contrôle des armes. Selon un sondage de 2005, la cote de popularité de Giuliani chez les républicains est de 63 % d'opinions positives (contre 17 % de négatives).

Il a appuyé les groupes pro-choix, ce qui pose problèmes chez les républicains conservateurs[6].

Il concentre sa campagne sur l'élection primaire de Floride, faisant l'impasse au début de l'année 2008 sur le caucus de l'Iowa et les premières primaires notamment dans le New Hampshire et la Caroline du Sud où se détachent les candidatures de John McCain, Mitt Romney et Mike Huckabee. Il perçoit ces États comme trop conservateurs et peu sensibles à son positionnement plutôt progressiste sur les questions de société. Il parie aussi sur l'affaiblissement et l'effondrement réciproque de ses adversaires au cours de primaires qu'il considère comme mineures, préférant se concentrer sur un État important, pourvoyeur de nombreux délégués à la Convention républicaine[7].

Néanmoins, bien qu'ayant commencé la campagne en tant que favori du camp républicain, l'émergence de McCain et de Romney et sa relative discrétion nationale finissent par lui faire perdre sa position de favori. Après avoir dominé les sondages pour les primaires de Floride, il n'arrive plus qu'en troisième place, avec seulement 15 % d'intentions de vote, à quelques jours du scrutin voire en quatrième place au niveau national.

Sa stratégie est alors qualifiée de perdante notamment par le tabloïd conservateur New York Post.

Au lendemain de la primaire républicaine de Floride du 29 janvier où il ne termine qu'à la troisième place avec 15 % des voix derrière John McCain (36 %) et Mitt Romney (31 %), l'ancien maire de New York abandonne la course présidentielle et apporte son soutien à John McCain[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) RACE FOR CITY HALL: The Republican Candidate; A Mercurial Mayor's Confident Journey - The New York Times
  2. KASPI A., DURPAIRE F., HARTER H., LHERM A., La civilisation américaine, Paris, PUF, 2004, page 145, ISBN 2-13-054350-2
  3. La mondialisation de la "tolérance zéro". Loïc Wacquant. octobre 99. Agone.
  4. Maurin Picard, « Bill Bratton, le "superflic" de New York », Le Figaro, encart « Culture », lundi 6 janvier 2014, page 39.
  5. « Les mesures proposées s’accompagnaient de sanctions sévères qui soulevèrent une forte indignation. Ceux qui ne se pliaient pas à cette procédure n’obtenaient pas de logement et, lorsqu’ils étaient chef de famille (dans la plupart des cas il s’agissait de mères isolées), on leur retirait leurs enfants qui étaient ensuite recueillis par des familles. Par exemple, lorsqu’un sans-abri logé dans un foyer de la ville arrivait à son travail avec une heure de retard, il était expulsé du foyer pendant 90 jours à la première faute, 150 jours à la seconde et 180 à la troisième. », « Como Giuliani limpio Manhattan », par Charles O’Byrne.
  6. [1]
  7. Article AFP du 25 janvier 2008 intitulé affrontement McCain-Romney, Giuliani lutte pour sa survie
  8. Giuliani se retire et soutient McCain, Edwards jette l'éponge

Liens externes[modifier | modifier le code]

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