Meredith Monk

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Meredith Monk, née le 20 novembre 1942 à New York (États-Unis), est une compositrice, chanteuse, réalisatrice, scénariste, actrice, danseuse et chorégraphe américaine[1]. Son travail mêle des éléments de danse, de théâtre et de musique, et se situe à la frontière entre ces disciplines. Elle est considérée comme l'une des compositrices et interprètes les plus originales des États-Unis, notamment à cause de ses innovations vocales en matière de techniques de jeu étendues.

Biographie[modifier | modifier le code]

Meredith Monk étudie la musique dès l'âge de quatre ans, le piano, et le solfège par la méthode de rythmique Jaques-Dalcroze[2]. Elle étudie aussi le chant avec le professeur de chant de sa mère. Elle fait ses études au Sarah Lawrence College, où elle montre des dispositions particulières pour la chorégraphie[1]. C'est là qu'elle réalise ses premières œuvres, de And Sarah Knew (1962) à Timestop (1964), décrite comme une « œuvre accomplie pour une artiste de seulement 21 ans »[1].

Depuis les années 1960, Meredith Monk développe une activité multi-disciplinaire, aux frontières de la musique, du théâtre, et de la danse.

Son nom a été définitivement attaché à un haut lieu de la culture avant-gardiste new-yorkaise : The Kitchen.

Dans les années 1980, Monk a écrit et réalisé deux films, Ellis Island (1981), et Book of Days (1988).

Au début des années 1990, Monk a composé un opéra appelé Atlas, qui a été créé à Houston, Texas, en 1991. Elle a aussi écrit des pièces pour des ensembles instrumentaux et des orchestres symphoniques. Sa première œuvre symphonique est Possible Sky (2003). Elle a été suivi par Stringsongs (2004) pour quatuor à cordes, qui était commandé par le Kronos Quartet.

Style musical[modifier | modifier le code]

Meredith Monk est avant tout une chanteuse. Elle possède une voix de soprano décrite comme « transparente »[3]. Elle possède un ambitus de trois octaves allant du mi bémol grave au contre mi bémol[réf. souhaitée]. Le travail de Monk est particulièrement connu pour l'utilisation de techniques de jeu étendues pour la voix : chuchotements, cris, grognements, sanglots, chant diphonique

Meredith Monk est parfois rattachée au courant minimaliste, en raison de l'utilisation de répétition d'éléments musicaux, mais elle-même refuse le terme[4]. Au contraire des travaux de Steve Reich ou Philip Glass, la répétition n'est pas utilisée comme une structure, mais plutôt comme un accompagnement et un tremplin pour la voix[4]. En revanche, elle reconnaît écouter et admirer les œuvres de Steve Reich, Charlemagne Palestine et La Monte Young. Une exécution de la composition de La Monte Young, The Tortoise, His Dreams and Journeys en 1966 l'a particulièrement marquée et ravie[5]. Meredith Monk se sent en revanche plus proche de la tradition des américains indépendants (American Mavericks)[6]. En particulier, elle se sent proche de l'énergie présente dans les œuvres pour piano d'Henry Cowell, compositeur emblématique des indépendants américains[6].

Dans une interview récente, Monk a dit que ses musiques préférées incluaient de la musique brésilienne, spécialement les enregistrements de Caetano Veloso, la musique de Mildred Bailey ("le plus grand chanteur de jazz des années 30 et 40"), et le cycle pour piano Mikrokosmos de Bartók.

Monk ne note en général pas ses compositions sous forme écrite. Elle trouve en effet difficile de trouver des représentations graphiques qui puissent décrire convenablement sa musique, notamment en termes de spontanéité[6]. De même, elle n'utilise que peu ou pas de techniques d'enregistrement comme le re-recording, préférant le mélange naturel des voix[6].

La chorégraphe et performeuse[modifier | modifier le code]

Les premiers enseignements de danse que suivra Meredith Monk se feront au Sarah Lawrence College sous la direction de Bessie Schönberg[7]. Elle devient membre du Judson Dance Theater fondé par Anna Halprin à New York entre 1962 et 1964 et se produit aux côtés d'Yvonne Rainer et de Trisha Brown dans des happenings d'avant-garde. La carrière chorégraphique de Meredith Monk est dès lors intimement liée à ses créations de performances théâtrales et musicales qui s'agrémentent naturellement de mouvements dansés. Elle monte en 1968 son propre collectif de création intitulé The House. Au sein de celui-ci le travail chorégraphique de Monk est influencé dans un premier temps par ses lectures philosophiques et de mysticisme oriental. Au fil des années, ses créations s'orienteront vers l'utilisation de mouvements familiers, souvent abstraits, lents et décomposés, comme trame d'histoires figuratives mêlant chant et danse[7].

Elle est récompensée de deux Bessie Award (1985 et 2005) et en 1996 reçoit un American Dance Festival Award pour l'ensemble de sa carrière[7].

Succès et diffusion[modifier | modifier le code]

La musique de Monk est inclassable, et son public vient d'horizons différents, de la musique contemporaine, du jazz, du new-age.

Plusieurs de ses enregistrements ont été utilisés par des cinéastes, en particulier dans Nouvelle Vague, 1990 et Notre musique, 2004 de Jean-Luc Godard, ainsi que sa chanson Walking Song dans la bande originale du film des frères Coen, The Big Lebowski (1998). Elle est également liée d'amitié avec la chanteuse Björk qui a repris une de ses chansons Gotham Lullaby, provenant de Dolmen Music.

L'artiste de hip hop DJ Shadow a échantillonné (samplé) Dolmen Music sur la plage "Midnight in a Perfect World" de son album Endtroducing de 1995.

La chanteuse française Camille lui rend hommage en 2008 dans sa chanson The Monk, issue de l'album Music Hole, qui outre son titre explicite, rappelle dans sa construction le travail sur la voix accompli par Monk.

Meredith Monk a remporté de très nombreux prix, en particulier le Prix MacArthur en 1995. En 2012, le Musical America la nomme compositrice de l'année notant que « Meredith Monk a été pendant près de la moitié d'un siècle une source incroyable d'étonnement dans la musique contemporaine américaine, et il serait difficile de trouver un autre compositeur de son originalité ou de sa profondeur spirituelle qui a su tant utiliser son corps entier pour créer de la musique »[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Oeuvres instrumentales[modifier | modifier le code]

  • Paris pour piano solo (1973)
  • Acts from under and above Ellis Island pour deux pianos (1986)
  • Window in 7's pour piano solo (1986)
  • Parlour Games pour deux pianos (1988)
  • Phantom Waltz pour deux pianos (1990)
  • St. Petersburg Waltz pour piano solo (1994)
  • Steppe Music pour piano solo (1997)
  • Clarinet Study #1 pour clarinette solo (1999)
  • Cello Study #1 pour violoncelle solo et voix (1999)
  • Trumpet Study #1 pour trompette solo (1999)
  • Possible Sky pour orchestre et voix (2003)
  • Stringsongs pour quatuor à cordes (2004)

Œuvres vocales[modifier | modifier le code]

  • 16 Millimeter Earrings pour voix, guitare et bandes (1966)
  • Juice: A Theater Cantata pour 85 voix, jaw harp et deux violons (1969)
  • Vessel: An Opera Epic pour 75 voix, orgue électronique, dulcimer et accordéon (1971)
  • Our Lady of Late pour voix solo et verre à vin (1972)
  • Quarry: An Opera pour 38 voix, 2 pump organs, deux flûtes à bec sopranos, bande (1976)
  • Songs from the Hill pour voix solo non accompagnée (1976)
  • Tablet pour quatre voix, piano quatre mains, deux flûtes à bec sopranos (1976)
  • Dolmen Music pour 6 voix, violoncelle, percussion (1979)
  • The Games pour 16 voix, synthétiseur, claviers, Flemish Bagpipes, bagpipes, Chinese horn et rauschpfeife (1983)
  • Astronaut Anthem pour chœur a cappella (1983)
  • Panda Chant II pour chœur a cappella (1984)
  • Book of Days pour 25 voix, synthétiseur, piano ou 7 voix, synthétiseur (version de chambre) (1985)
  • Scared Song, chanson pour voix solo, synthétiseur et piano (1986)
  • I Don't Know, chanson pour voix solo et piano (1986)
  • Atlas: An Opera in Three Parts pour 18 voix et orchestre de chambre (1991)
  • Three Heavens and Hells pour 4 voix (1992)
  • Volcano Songs (Solo) pour voix solo, voix avec voix enregistrés et piano (1994)
  • The Politics of Quiet pour 10 voix, 2 claviers, cor, violon, bowed psaltery (1996)
  • Magic Frequencies pour 6 voix, 2 claviers, percussion (1999)
  • Eclipse Variations pour 4 voix, esraj, sampler, enregistré en son surround
  • Mercy pour 6 voix, 2 claviers, percussion, plusieurs instruments à vent de la famille des bois, violon (2001)
  • When There Were Work Songs pour ensemble vocal (2002)
  • Last Song pour voix solo et piano (2003)
  • Impermanence pour huit voix, piano, clavier, marimba, vibraphone, percussion, violon, plusieurs instruments à vent de la famille des bois, roue de bicyclette (2005)
  • Night pour chœur et orchestre (1996/2005)
  • Songs of Ascension pour ensemble vocal et quatuor à cordes (2006)
  • Weave pour voix solo, chœur et orchestre (2010)

Chorégraphies[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme compositeur[modifier | modifier le code]

Comme réalisatrice et scénariste[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jowitt (1997), p. 3
  2. Strickland (1991), p. 89
  3. Strickland (1991), p. 88
  4. a et b Strickland (1991), p. 94
  5. Strickland (1991), p. 104
  6. a, b, c et d David Gere, Interview avec Meredith Monk, livret de Volcano Songs, ECM New Series 1589, 1997
  7. a, b et c (en) Fifty contemporary choreographers, Martha Bremser, éditions Routledge, Abingdon, 1999, (ISBN 0-415-10363-0), pp-159-164
  8. (en) Musical America Names Meredith Monk 2012 Composer of the Year le 3 novembre 2011.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Eclipse Variations, Starkland, 2000

Liens externes[modifier | modifier le code]