Années 1770

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Années :

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Décennies :

1750 · 1760Années 17701780 · 1790

Siècles :

XVIIe siècleXVIIIe siècleXIXe siècle

Millénaires :

 Ier millénaireIIe millénaireIIIe millénaire 

Événements[modifier | modifier le code]

  • Colonie du Cap. Les Hollandais du Cap atteignent Graaff-Reinet en 1770. Au même moment les peuples bantou et leurs troupeaux, venus du Nord atteignent le Transvaal et la rivière Fish. Plus nombreux et plus offensifs que les Hottentots et les métis (réfugiés au Grikaland), ils coopèrent quelques années avec les Hollandais, puis les deux peuples s’affrontent (1779)[1].
    • L’élevage extensif et itinérant s’est développé tout au long du XVIIIe siècle, poussant les colons du Cap à entamer une migration vers le nord et l’est (trek). Ils se heurtent d’abord aux éleveurs Koï-Koïn (Hottentots) et aux chasseurs San (Bochimans). De 1770 environ à 1810, des commandos de trekboers massacrent systématiquement les San ; les survivants émigrent vers le nord-ouest dans des terres arides qui n’intéressent pas les colons.

Personnages significatifs[modifier | modifier le code]

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

Art et culture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Décennie 1770 en arts plastiques.

Économie et société[modifier | modifier le code]

  • 1768-1771 : paroxysme de la crise économique au Portugal. Diminution de l’émission des monnaies d’or, chute de 44 % des importations en provenance de la Grande-Bretagne et de 40 % des exportations de sucre du Brésil. Pour l’État, le manque à gagner est considérable. Pombal combat la crise sur ses deux fronts. En métropole, il stimule la création des manufactures (90 avant 1777), en contrôlant les implantations de manière à assurer une répartition homogène sur l’ensemble du territoire. Pour améliorer la qualité, il fait appel à des étrangers, notamment des Français. Au Brésil, Pombal assure la reconversion de l’économie en privilégiant la production agricole aux dépens de la production minière : sucre, coton, tabac, café… Il crée de nombreuses compagnies à monopole (d’Asie en 1753, de Para e Maranha en 1755, des vins du Haut-Douro en 1756…) où sont associés et assurés les intérêts d’actionnaires de la noblesse ou de la grande bourgeoisie. En 1780 le Portugal connait pour la première fois depuis un siècle une balance commerciale positive[2].
  • 1770-1775 : Les dépenses engagées par l’État français baissent de 277 à 234 millions de livres, alors que les recettes du fisc augmentent, par les effets conjugués de l’essor de l’économie et de la hausse du seuil des impôts (de 1770 à 1775, le revenu brut de l’État passe de 318 à 377 millions, le revenu net de 169 à 213 millions). Le déficit baisse substantiellement, passant de 108 à moins de 25 millions dans l’intervalle.1 200 tonnes d’équivalent argent de dépenses sont engagées par l’État français de 1770 à 1775. Les revenus nets montent à près de 800 tonnes. Le déficit est en recul.
  • 1770-1777 : avancée des glaciers dans les Alpes.
  • 1770-1781 : suppression des corporations en Toscane[3]. Liberté de travail. La réforme conduit à une crise industrielle provoquée par la faiblesse de l’initiative privée qui n’offre que de rares opportunités d’emploi.
  • 1770-1790 : la consommation de coton brut triple en Grande-Bretagne.
  • 1771 :
    • Suppression de la Ferme dans le Milanais autrichien, replacé par une régie. À Parme, la perception est assurée directement par le gouvernement mais on laisse aux fermiers généraux un tiers des revenus à collecter, afin de ménager les intérêts des Français.
    • Nouvelle enquête de la monarchie autrichienne pour dresser l’état de l’enseignement élémentaire.
    • Le commerce extérieur français a été multiplié par huit depuis 1715 pour rattraper celui de la Grande-Bretagne. Le programme de construction navale est en partie abouti : 64 navires de ligne et 50 frégates depuis 1763. Terray contribue à résorber une partie de la dette et rétablir la trésorerie grâce à des réformes partielles très nombreuses. Des mesures sont mises en place pour imposer le clergé et la noblesse. Elles seront abolies à la mort du roi.
  • 1772 :
    • Unification des monnaies en Espagne[4].
    • Fondation d’une caisse de prêt pour les veuves et les orphelins en Russie.
    • Une loi supprime la dérogeance en Pologne.
    • Pologne : La population juive atteint le demi-million de personnes, soit 4 % de la population estimée à 12 millions, dont seulement 3,5 millions de Polonais « ethniques ». Le rattachement de la Galicie à la monarchie autrichienne entraîne l’arrivée de nombreux Juifs en Slovaquie.
  • 1772-1773 : crise agricole en Scandinavie. Hausse de la mortalité.
  • 1773 :
  • 1774 : fuite de capitaux en Angleterre. La sortie massive du Royaume de pièces d'or et d'argent est compensé pour la première fois par l'émission de billets de banque, et la crise financière n'entraîne pas de crise économique.
  • 1775 : liberté d’exportation en Toscane qui favorise la production à grande échelle des grands propriétaires au détriment des bas prix agricoles contrôlés par le gouvernement[7]. La production globale de grain augmente mais n’entraîne aucun progrès en matière de justice sociale.
  • 1776 :
    • La banque de Stockholm fait faillite et les billets qu’elle a émis ne sont remboursés qu’à 50 % de leurs valeur d’émission[8].
    • Construction en Espagne de 10 000 km de caminos reales sur l’initiative du ministre Floridablanca.
  • 1776-1779 : le rattachement de Fiume à la Hongrie en permet l’exportation par mer de laine, cuir, porc, miel, cire et tabac hongrois.
  • 1777 :
    • Suppression de la plupart des monopoles et privatisation de quelques manufactures au Portugal.
    • Premier éclairage public à Budapest.
  • 1779 :
    • Le trafic portuaire culmine à Venise[9].
    • Liberté d’entreprise en Russie.


  • L’Angleterre exporte pour 4 millions de £ de produits manufacturés vers les Antilles et l’Amérique du Nord, en échange de denrées coloniales (4,5 millions de £, dont 3 pour les West Indies). Il s'y ajoute le trafic de produits bruts entre les colonies insulaires et continentale (1,3 million de £), le transport des esclaves africains (34 000 par an en moyenne), les exportations de produits manufacturés vers l’Afrique (0,7 million de £), l’envoi à Londres de l’or de Guinée.

Afrique[modifier | modifier le code]

  • Le commerce swahili atteint le lac Nyassa.
  • Culture du maïs à Kiloa, d’où il pénètre dans le continent par la route méridionale des caravanes.
  • Introduction du giroflier dans les Mascareignes.
  • Le commerce négrier du Gabon fournit de 3000 à 3500 esclaves par an pendant le dernier tiers du XVIIIe siècle. Outre les esclaves, le Gabon exporte de l’ivoire, du bois (ébène, bois de teinture), de la cire et de la gomme. Les débouchés maritimes sont le domaine réservé d’un groupe ethnique qui domine le commerce (les Mpongwè dans l’estuaire du Gabon, les Orungu au Cap Lopez, les Nkomi à Fernan Vaz).

Amérique[modifier | modifier le code]

  • Les esclaves noirs représentent 21 % de la population des colonies britanniques.
  • 1770 : les échanges entre les Colonies britanniques et la métropole représentent 2,8 millions de livres (500 000 en 1700 ).
  • Au début des années 1770, 5 % des contribuables de Boston possèdent 49 % des actifs imposables de la ville. À Philadelphie et à New York, les richesses sont également de plus en plus concentrées.
  • Plus de 40 000 esclaves par an sont importés vers les Antilles.
  • La Barbade produit 6 000 tonnes de sucre, la Jamaïque 36 000, pour 67 000 tonnes au total dans les Antilles anglaises.
  • Saint-Domingue produit 63 000 tonnes de sucre par an à partir de 1767.

Australie[modifier | modifier le code]

  • À l'arrivée des Européens, les aborigènes d'Australie, vivent de la chasse de gros et moyen gibier et de la pêche—tâches qui incombent le plus souvent aux hommes—et de la cueillette et collecte de fruits, légumes, racines, céréales, mollusques, larves et petits animaux—tâches assurée par les femmes et les enfants. Elles disposent de bâtons à fouir, de paniers en bois ou en écorce, de pierres à moudre (outil qui n’est généralement pas transporté). Les hommes chassent avec lances à propulseur (woomera), des boomerang ou des pièges. Ils utilisent des filets de pêche.
  • Le nomadisme et l’absence d’agriculture rendent l’accumulation de biens et de denrées inutiles. La société est acéphale et égalitaire, et favorise la spiritualité. Les Aborigènes veillent à ne pas surexploiter l’environnement, et ne prélèvent que se qu’ils peuvent consommer. Ils protègent les végétaux ou les animaux encore jeunes, replantent une partie des tubercules et ressèment une partie des céréales sauvages qu’ils ramassent. Ils brûlent périodiquement certaines zones afin que les graines germent et que l’herbe puisse pousser, ce qui permet d’attirer le gibier. Ils pratiquent des rites de multiplications censés renforcer les facultés de reproduction des espèces naturelles et rappeler aux hommes la place de chaque élément naturel dans le cosmos.
  • Dans la cosmogonie aborigène, le Temps du rêve (Tjukurrpa) explique et définit de quelle façon le cosmos est venu à être ce qu’il est. Ce n’est pas un concept chronologique, mais la dénomination du lien permanent qui existe entre le passé et l’avenir, entre ce qui a été et ce qui sera. Il désigne à la fois les créatures ancestrales qui ont modelé le monde et les récits mythiques qui racontent leurs exploits. Toute espèce et tout phénomène naturel sont associés à un héros mythique du Temps du rêve, comme le python Arc-en-ciel (Yurlunggur), les Wandjina, les Deux Frères, le héros Kangourou, les Pléiades, les hommes Tingari… Ces héros ont structuré un monde qui était jadis informe et plat. Les Aborigènes se conçoivent comme les descendants ou l’incarnation de ces Ancêtres du Rêve et ont le devoir de perpétuer leurs histoires par la réitération des mythes, la création et recréation des chants et danses, et par la reproduction de certains graphismes qui relatent et décrivent les itinéraires suivis par les Ancêtres et leurs aventures lors de la création du monde visible.

Démographie[modifier | modifier le code]

  • 1773 : la colonie du Cap compte 20 621 habitants, dont 2 165 agents de la VOC, 8 554 colons et 9 902 esclaves.
  • 1775 :
    • trois millions de blancs habitent la Nouvelle-Angleterre. Cinq millions et demi d’Africains ont été amenés aux Amériques depuis les débuts de la colonisation.
    • Vienne compte 175 000 habitants.
  • 1776 : la population du Brésil atteint 1,5 million d’habitants dont 24 % de blancs, 24 % de mulâtres, 52 % de noirs. Les Indiens sauvages sont peut-être 800 000 pour tout le Brésil.
  • 1777 : Berlin compte 140 000 habitants. Vienne en compte 260 000.


  • 27,7 millions d’habitants en France. 60 % des hommes sont alphabétisés dans les villes.
  • La Martinique compte 80 000 habitants, dont trois quarts d’esclaves noir.
  • La république des Guaranis au Paraguay compte 110 000 indiens répartis en 38 réductions sous la responsabilité partagée de 83 jésuites.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'Afrique et son environnement européen et asiatique, Éditions L'Harmattan (ISBN 9782296574762, présentation en ligne)
  2. Guy Martinière, Laurent Vidal, Les Européens et la mer au XVIIIe siècle : Les Ibériques de l'Atlantique au Pacifique, Éditions Ophrys,‎ 1997 (ISBN 9782708008342, présentation en ligne)
  3. Pierre Milza, op. cit, p. 531.
  4. Dionisio De Haro Romero, La reforma monetaria del trienio constitucional : De la política monetaria ilustrada al reformismo liberal, Librería-Editorial Dykinson,‎ 2006 (ISBN 9788497728188, présentation en ligne)
  5. Jean Marie Chopin, Stanislas Marie César Famin, Eugène Boré, Russie, vol. 2, Firmin Didot frères,‎ 1838 (présentation en ligne)
  6. Georges Castellan, Histoire des peuples d'Europe centrale, Fayard,‎ 1994 (ISBN 9782213639109, présentation en ligne)
  7. Norbert Jonard, Le siècle des lumières en Italie, L'Hermès,‎ 1979 (ISBN 9782859340674, présentation en ligne)
  8. Michel Peronnet, Alain Molinier, Henri Michel, Mireille Laget, Yves-Marie Bercé, Le XVIIe siècle 1620 - 1740 De la Contre-réforme aux Lumières, Hachette Éducation Technique,‎ 2005 (ISBN 9782011814340, présentation en ligne)
  9. Pierre Milza, Histoire de l'Italie : Des origines à nos jours, Fayard,‎ 2005 (ISBN 9782213640341, présentation en ligne)

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