Devils Tower

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Devils Tower
La Devils Tower.
La Devils Tower.
Géographie
Altitude 1 558 m
Massif Black Hills
Coordonnées 44° 35′ 25″ N 104° 42′ 54″ O / 44.590353, -104.71489944° 35′ 25″ Nord 104° 42′ 54″ Ouest / 44.590353, -104.714899  
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Wyoming
Comté Crook
Ascension
Première En 1893, par Williard Rippley et William Rogers
Géologie
Roches Phonolite
Type Volcan gris
Activité Éteint
Dernière éruption Inconnue
Code Aucun
Observatoire Aucun

Géolocalisation sur la carte : Wyoming

(Voir situation sur carte : Wyoming)
Devils Tower

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
Devils Tower

La Devils Tower, toponyme anglais signifiant littéralement en français « tour du Diable », est un monolithe situé à proximité des villes de Hullett et de Sundance, dans le Nord-Est du Wyoming, aux États-Unis. Sa hauteur est de 386 m au-dessus des terres environnantes ; son sommet est à 1 558 m d'altitude. La rivière Belle Fourche s'écoule à proximité.

Il fait partie du premier Monument national des États-Unis, dont la création a été promulguée le 24 septembre 1906 par le président Theodore Roosevelt. La superficie de ce monument national est de 545 hectares.

Toponymie[modifier | modifier le code]

De nombreuses tribus indiennes (Arapahos, Crow, Cheyenne, Kiowa, Lakota, et Shoshone) avaient des liens géographiques et culturels avec ce monolithe bien avant que les Européens et les premiers immigrants n'atteignent le Wyoming. Différents noms ont été donnés par ces tribus au monolithe : Aloft on a Rock (Kiowa), « la maison de l'ours » (Cheyenne, Crow), « l'antre de l'ours » (Cheyenne, Crow), « l'abri de l'ours » (Cheyenne, Lakota), « la butte de l'abri de l'ours » (Lakota), « le tipi de l'ours » (Arapaho, Cheyenne), « le rocher arbre » (Kiowa) ou encore « l'abri du grizzly » (Lakota).

En 2005, une proposition pour reconnaître cet héritage culturel en modifiant le nom pour Bear Lodge National Historic Landmark (« Monument National Historique de l'Abri de l'Ours ») s'est heurté à une opposition de la part du Parti républicain en la personne de Barbara Cubin, pour des raisons économiques et touristiques.

Histoire géologique[modifier | modifier le code]

Grès rouges et falaises de marne surplombant la Belle Fourche.

La plupart des roches des alentours sont des roches sédimentaires. Les plus anciennes visibles dans le Monument national de Devil's Tower sont d'âge triassique et se sont déposées sur le fond d'une mer peu profonde. Des alternances de grès rouges et marrons, ainsi que des marnes sont visibles le long de la rivière Belle Fourche. L'oxydation du fer et des minéraux ferreux est à l'origine de ces teintes rouges. Au-dessus de cette formation (Spearfish formation), on trouve une fine épaisseur de gypse (gypsum spring formation), déposée pendant le Jurassique. Au-dessus, on trouve des marnes vert-de-gris (déposées en environnement anoxique), des grès, des calcaires et des bancs fins d'argilite rouge.

L'orogénèse Laramide débute au Crétacé et provoque le soulèvement des montagnes Rocheuses, des intrusions plutoniques et magmatiques se mettent en place au sein des roches sédimentaires préexistantes. La roche qui constitue le monolithe est une phonolite (roche ignée grise contenant du feldspath et des feldspathoïdes), découpée en longs prismes hexagonaux pendant le refroidissement, formant des colonnes.

Le monolithe est l'une de ces intrusions, dégagée des roches sédimentaires encaissantes par l'érosion, la roche ignée, plus résistante, est restée en relief et a formé le monolithe que l'on retrouve aujourd'hui. L'action conjuguée de la gélifraction et du vent est à l'origine de la grande quantité d'éboulis présents à la base du monolithe[1].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

Monument national Devils Tower
Catégorie UICN V (paysage terrestre/marin protégé)
Identifiant 2988
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
État Wyoming Wyoming
Comté Crook
Superficie 5,45 km2[2]
Création 24 septembre 1906
Administration National Park Service

Des trappeurs occidentaux peuvent avoir visité Devils Tower, mais n'ont laissé aucune trace écrite. La première visite documentée a eu lieu en 1859, pendant l'expédition dans le Yellowstone menée par le capitaine W. F. Raynolds. Seize ans plus tard, le Colonel Richard I. Dodge forgea le nom de Devils Tower. Reconnaissant ses caractéristiques uniques, le Congrès donna à cette région le statut de « réserve forestière des États-Unis » (« U.S. forest reserve ») en 1892 et en 1906, Devils Tower devint le premier Monument national. Bien que la grammaire anglaise impose l'apostrophe avant le s, les indications écrites font toujours état de Devils Tower, sans apostrophe.

Le 4 juillet 1893, William Rogers et Williard Ripley sont les premiers à réussir l'ascension complète, en suivant une fissure du versant sud-ouest et en s'aidant de coins de bois.

L'ascension « technique » fut la première fois réussie en 1937 par Fritz Wiessner, William P. House et Lawrence Coveney, en ayant recours à un grand nombre de pitons. Aujourd'hui, des centaines de grimpeurs escaladent la paroi chaque été. Chaque colonne hexagonale définit une voie particulière, dont la difficulté varie de « facile » à « extrêmement difficile ». Tous les grimpeurs doivent se signaler aux Rangers avant et après leur ascension.

En 1961, George Hopkins se pose en parachute au sommet mais est incapable de redescendre pas ses propres moyens et doit attendre les secours[3].

Croyances amérindiennes[modifier | modifier le code]

Une légende indienne raconte que quelques filles sioux cueillaient des fleurs, lorsqu'elles furent prise en chasse par des ours. Se sentant pris de pitié pour ces filles, un Grand Esprit souleva le sol sous elles. Les ours tombèrent en griffant les parois de longues marques verticales.

Cet endroit est resté sacré pour certaines tribus. Pendant le mois de juin, elles y procèdent à des cérémonies. Il est alors demandé aux visiteurs de ne pas escalader le rocher, ce qui est considéré comme une profanation par les Amérindiens.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Ce site est mis en valeur dans le film de Steven Spielberg, Rencontres du troisième type.
  • Le film Paul, sorti en salle en mars 2011, s'achève également face à ce monument, lorsque l'extraterrestre Paul quitte la terre à bord d'un vaisseau spatial en mission de sauvetage pour le récupérer ; une allusion au film de Steven Spielberg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif, Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde, Paris, Sélection du Reader's Digest,‎ 1982, 3e éd., 463 p., p. 125
  2. « National Park Service: Listing of Acreage as of 09/30/2009 », sur National Park Service,‎ 2009 (consulté le 6 janvier 2010), p. 6 [PDF]
  3. Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 3, Paris, Atlas,‎ 1976, 2400 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :