Donjons et Dragons

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Donjons et Dragons (homonymie).
Donjons et Dragons
jeu de rôle
Auteur Gary Gygax
Dave Arneson
Éditeur Tactical Studies Rules
Wizards of the Coast
Date de 1re édition Depuis les années 1970
Autre éditeur Asmodée Éditions, Play Factory
Logo de Dungeons & Dragons depuis 2014.
Joueurs typiques d'une partie de Donjons et Dragons, avec leur matériel : livres de règles, feuilles de personnages et crayons à papier, dés spéciaux et plan effaçable de type tableau blanc.

Donjons et Dragons — en anglais Dungeons & Dragons[Note 1] (souvent abrégé en « D&D » et « AD&D ») — est l'un des tout premiers jeu de rôle médiéval-fantastique, créé dans les années 1970 par les américains Gary Gygax et Dave Arneson. Gary Gygax a aussi fondé la première société d'édition de jeux de rôles, Tactical Studies Rules (plus connue sous le sigle TSR), pour diffuser ce jeu.

Historique et ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Gary Gygax à la Gen Con, 2007
Logo de TSR, période 1982-1991.

Origines[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chainmail.

Donjons et Dragons est directement issu du monde du wargame : Gary Gygax et Dave Arneson veulent faire évoluer un wargame nommé Chainmail (créé en 1971 par Gygax et Jeff Perren (en)), mais ils suivent un cheminement qui les amène à imaginer un jeu où les héros de wargames vivraient des aventures personnelles entre leurs grandes campagnes militaires. Bien que le jeu de rôle ait existé bien avant, sous d'autres formes et d'autres noms[réf. souhaitée], ils sont les premiers à le formaliser et à lui donner des règles précises et détaillées.

Le premier Dungeons & Dragons[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Original Dungeons and Dragons et TSR.

En 1974, le Dungeons and Dragons original (aujourd’hui appelé OD&D) était une boite contenant trois livrets, publiés par TSR (Tactical Studies Rules), à l'époque une société amateur[1]. Écrit dans un style propre aux connaisseurs du genre, il était conçu pour un public ayant déjà l’habitude des wargames. Ce jeu n’en a pourtant pas moins connu une grande popularité, d’abord parmi les wargamers[Note 2], mais aussi plus largement parmi les étudiants. Cette première boîte est plusieurs fois réimprimée, et complétée par des suppléments officiels (notamment les première éditions des mondes de Greyhawk et de Blackmoor, en 1975[2]) et par des articles de magazines, publiés par TSR ou par de nombreux fanzines.

Dans la première édition de 1974, seules trois classes de personnages sont disponibles : le Fighting Man (guerrier), le Magic User (magicien) et le Cleric (prêtre). Le Thief (voleur), le Paladin, le Druid (druide) et le Monk (moine) sont introduits au fil des suppléments. De nombreuses règles du jeu font référence au wargame avec figurines Chainmail, ce qui fait de cette première édition plus un supplément à Chainmail qu'un jeu à part entière. Notamment, le système de jeu de combat, qui est la base des éditions suivantes, n'est présenté que comme une option, les auteurs recommandant d'utiliser plutôt Chainmail.

À partir de 1977, TSR met en place une stratégie de division du jeu en deux gammes distinctes, qui va durer plus de vingt ans[3]. D’un côté est publiée la boîte Basic Dungeons & Dragons, une présentation claire des règles essentielles à destination du public qui n’a jamais joué aux wargames auparavant, rédigée par le psychologue J. Eric Holmes. De l’autre est publiée, dès 1978, Advanced Dungeons & Dragons, qui rassemble l’ensemble des règles, variantes, options et corrections proposées depuis la première édition, afin de les unifier[3].

D'un point de vue commercial, le première version visait les magasins de jouets et le grand public, tandis que la seconde était destinée à un public habitué à ce type de jeux. Il était théoriquement possible de passer de la gamme de base à la gamme avancée, mais de nombreuses règles et concepts des deux versions étaient contradictoires, malgré un socle commun. Gary Gygax, auteur de la règle avancée, voulait répondre de manière exhaustive à l’ensemble des situations possibles en jeu, alors que J. Eric Holmes, qui avait mis au point la ligne de base, mettait l’accent sur la simplicité et l’improvisation. De plus, jusqu’en 1979, la boite originale de D&D continuait d’être vendue, si bien que trois systèmes différents étaient diffusés simultanément[1].

Advanced Dungeons & Dragons[modifier | modifier le code]

Matériel d'une partie de « Porte-monstre-trésor » de Donjons et Dragons : des figurines D&D Miniatures Game, des éléments de décor en 3 dimensions (« Master Maze scenery » de Dwarven Forge), des dés multi-faces, une feuille de personnage (en bas à gauche) et un manuel D&D (en haut à droite).

En 1978 sont publiées les Règles avancées de Donjons et Dragons (Advanced Dungeons & Dragons, ou « AD&D »). AD&D est une compilation et une refonte des règles publiées dans la boîte de base et les suppléments de « D&D », composées de trois livres de base :

permettant de jouer tous les niveaux, et de nombreuses extensions, publiés en anglais de 1977 à 1979.

De très nombreux suppléments sortent pour AD&D, ainsi que plusieurs décors de campagne. Parmi les suppléments les plus notables, on trouve le Manuel des monstres II (1983) (nouveaux monstres) et l'Unearthed Arcana (en) (1985), qui dévoile de nouvelles classes de personnages (tels que le barbare ou le cavalier), et le Fiend Folio (en) (livre de monstres édité par TSR UK en 1980).

Dungeons & Dragons Basic Set[modifier | modifier le code]

A partir de 1977, et en même temps que la sortie d’AD&D, TSR lance une nouvelle gamme, destinée à faciliter l'initiation de nouveaux joueurs. Elle garde le nom de Dungeons & Dragons et est publiée en plusieurs boîtes :

Cette gamme connaîtra trois éditions différentes. La troisième édition, revue par Frank Mentzer, permettra grâce aux Companion Set (Dungeons & Dragons Companion Set (en), 1983) et Master Set (Dungeons & Dragons Master Rules (en), 1985) de monter jusqu'au niveau 36, puis d'incarner des immortels avec l’Immortals Set (Dungeons & Dragons Immortals Rules (en), 1986 ; une édition, totalement refondue, parait en 1991). Il est aussi possible de passer à « AD&D » après avoir essayé le Basic Set de « D&D », mais les règles des deux gammes ne sont pas compatibles entre elles. Une quatrième édition compilera l'essentiel des règles des quatre premiers sets en un seul volume, le Rules Cyclopedia (Dungeons & Dragons Rules Cyclopedia (en), révisée par Aaron Allston).

Jusqu'à la première moitié des Années 1990, les deux gammes différentes coexistent, AD&D devenant cependant largement plus populaire que D&D. Aujourd'hui, certains joueurs Old school ou « vieux-jeu » (voir plus loin) remettent au goût du jour ces anciennes versions, aujourd'hui communément appelées « BECMI » (Basic, Expert, Compagnon, Master et Immortal).

Départ de Gygax de TSR[modifier | modifier le code]

Peu après la sortie de la boîte de jeu, Gary Gygax découvre que, pendant son séjour à Hollywood lors de l'adaptation en série de dessins animé du jeu, TSR rencontre de sérieuses difficultés financières[Note 3]. De retour à Lake Geneva, Gygax parvient à assainir la situation financière et à remettre TSR sur pied. Cependant, différentes visions sur le futur de TSR provoquent une lutte de pouvoir au sein de la société, et en définitive Gygax est contraint de quitter TSR le 31 décembre 1985[4].

Selon les termes de son accord avec TSR, Gygax garde les droits de Gord the Rogue ainsi que ceux des personnages de Donjons & Dragons dont les noms sont des anagrammes ou des versions de son propre nom, comme Yrag et Zagyg[Note 4]. Cependant, il perd les droits sur tout le reste de son œuvre, y compris le Monde de Faucongris (Greyhawk) et les noms de tous les autres personnages jamais utilisés dans les publications de TSR.

Advanced Dungeons & Dragons, 2e édition[modifier | modifier le code]

En 1989 apparaît la 2e édition d’AD&D (aussi appelée « AD&D2 »), éditée par TSR, elle aussi composée de trois livres de base (Manuel du joueur, Guide du maitre et Bestiaire monstrueux) et d'une pléthore de suppléments. La seconde édition d’AD&D ne change pas profondément le système de jeu. Cependant, les sorts sont répartis en différentes « écoles » pour les mages, et en « sphères » pour les prêtres.

Un système optionnel de compétences (proficiencies en anglais) apparaît. Certaines classes de personnages sont retravaillées ; en particulier, pour contrer les accusations d'incitation au satanisme qu'ils avaient reçu[réf. souhaitée], TSR retire des règles la possibilité de jouer un semi-orque, un moine ou un assassin. Les espèces des diables et des démons du Bestiaire des monstres sont renommés respectivement Baatezu et Tanar'ri pour ses mêmes raisons.

Dans la première moitié des années 1990, de nombreux suppléments sont publiés par TSR pour AD&D2 et, pour attirer une clientèle plus variée, sont publiés de nouveaux décors de campagnes, dont Dark Sun, Spelljammer, Planescape, Ravenloft et Birthright.

Advanced Dungeons & Dragons, « édition 2.5 » et cession à Wizard of the Coast[modifier | modifier le code]

En 1995, les livres de règle de base sont légèrement révisés et une série de manuels optionnels pour les joueurs sortent, en tant que livres de règle de base optionnels. Bien que toujours référencés par TSR (puis Wizards of the Coast — WOC) dans la seconde édition, cette révision est regardée par les fans comme une édition distincte et parfois nommée « AD&D 2.5 »

Ces manuels comprennent notamment :

  • Le Manuel des Joueurs révisé
  • Le Guide du Maître révisé
  • Le Bestiaire Monstrueux (TSR2140)[5]

Aux trois manuels de base se rajoutent :

Aujourd'hui[Quand ?], les discussions vont bon train et les confusions sont nombreuses quant aux appellations (non contrôlées et non officielles) de l'ensemble de ces derniers ouvrages de TSR sur AD&D2[réf. nécessaire],[Note 5].

Fin 1996, TSR se retrouve très endetté et dans l'incapacité de payer ses imprimeurs. En 1997, au moment où la faillite semble inévitable, la société Wizards of the Coast intervient et, forte des revenus générés par son jeu de cartes à collectionner Magic: The Gathering, rachète TSR et toutes ses licences[11].

Dungeons & Dragons, 3e édition[modifier | modifier le code]

Article détaillé : d20 System.
Le d20 ou dé à 20 faces utilisé principalement à D&D, emblème du d20 System.

En 2000, la 3e édition de « D&D » (le terme Advanced étant abandonné) est publiée par Wizards of the Coast. Le système de jeu est complètement revu et prend le nom de d20 System[12], un système dont l'éditeur a autorisé l'utilisation par d'autres éditeurs (sous licence ludique libre, en anglais Open Gaming License — OGL).

Le d20 system est conçu pour la 3e édition : au contraire des éditions précédentes, qui enfermaient les personnages dans des stéréotypes et multipliaient les règles pour chaque type d'action — les règles les plus développées étant celles de combat — le d20 system est un système qui se veut beaucoup plus générique et modulable. Il apporte une grande cohérence et une plus grande rapidité de résolution par rapport aux règles des éditions précédentes, tout en conservant les mécanismes familiers des joueurs tels que l'alignement ou les points de vie et d'expérience. D'autre part, les classes de personnage, peuples et monstres autocensurés dans AD&D2 réapparaissent (notamment les Tanar'ri et Baatezu).

Le système fait toujours appel à des classes de personnage, sortes de stéréotypes d'aventuriers, mais celles-ci sont désormais beaucoup plus variées. La personnalisation via un système de « dons » et le multi-classage, qui est désormais beaucoup plus accessible, permettent de varier les personnages et donc de mettre en avant l'idée que le joueur se fait du personnage.

La plupart des actions sont résolues en comparant le résultat d'un à vingt faces (auquel on ajoute divers bonus et malus) à une valeur numérique appelée « facteur de difficulté » (FD) (aussi appelé « degré de difficulté » — DD). Cette notion s'applique à tous les jets de résolution d'action, y compris le combat (la classe d'armure étant une des composantes du FD) et les jets de sauvegarde.

Dungeons & Dragons, édition 3.5[modifier | modifier le code]

En 2003 sort l'édition 3.5 de Donjons et Dragons. Cette édition n'est qu'une révision de la précédente. Elle est élaborée en se fondant sur les FAQ (Foires aux questions) trouvées sur Internet (lorsqu'une FAQ a besoin d'être utilisée, c'est parce qu'un point de règle demeure incertain dans l'esprit des joueurs) et sur les recommandations des joueurs eux-mêmes[réf. souhaitée].

Les auteurs[Qui ?] profitent pour remettre à niveau dans le Manuel des joueurs certaines Classes de personnages jugées trop ou pas assez puissantes. De plus, quelques sorts ont été ajoutés et d'autres ont été revus[réf. souhaitée]. Le Guide du maître, lui, est complètement réformé. Quant au Manuel des monstres, il subi de légères modifications quant à la présentation des monstres (le plus visible étant au niveau des attaques et des dégâts), et certains monstres sont rééquilibrés. De plus, pour certains monstres importants, comme le balor, le manuel donne un exemple de stratégie à suivre par la créature lors d'un combat[réf. souhaitée].

Dungeons & Dragons, 4e édition[modifier | modifier le code]

Le 6 juin 2008, la 4e édition de Donjons et Dragons sort simultanément aux États-Unis et en France. Le jeu est toujours produit par Wizards of the Coast, la traduction française étant assurée par l'éditeur Play Factory. Les personnages-joueurs progressent désormais sur 30 niveaux, découpés en trois échelons : héroïque (1-10), parangonique (11-20) (trois ou quatre voies parangoniques différentes pour chaque classe) et épique (21-30).

Au niveau des classes et des peuples, les changements sont les suivants :

  • quatre nouveaux peuples apparaissent : les Tieffelins, les Cristalliens, les Eladrins et les Drakéides ; les Tieffelins reprennent le nom d'un peuple décrit dans le Manuel des monstres et les Eladrins (ou Célestes) le nom de monstres célestes du même ouvrage ; à l'inverse, deux peuples disparaissent du livre de base : le semi-orque et le gnome) ;
  • deux nouvelles classes de personnage apparaissent : le « maître de guerre » et le « sorcier » (le sorcier fait son apparition dans le Codex profane[Quoi ?]) ; par ailleurs, cinq classes disparaissent : le barbare, le barde, le druide, l'ensorceleur et le moine.

Cependant, la majorité de ces classes et peuples réapparaissent dans le Manuel des joueurs 2 ; dans la version française, l'ancien « roublard » redevient « voleur » (il reste le « rogue » dans la version américaine).

Cette édition de D&D a pour principal objectif de rationaliser les règles, comme suit :

  • les sortilèges et les aptitudes que les personnages peuvent utiliser lors des combats, toutes sources confondues, sont désormais déclinés en « pouvoirs » et rédigés sous une forme courte utilisant des mots-clés récurrents ;
  • les rencontres deviennent beaucoup plus stratégiques dans la gestion des actions et dans les positionnements, ces dernier deviennent très importants ; de plus, la plupart des portées et les distances courtes sont désormais exprimées en « cases » et non plus en mètres (1 case = 1,50m de côté) ;
  • les options de combat sont enrichies en intégrant certaines règles optionnelles de l'édition 3.5 (points d'action, récupération, etc.) ;
  • les effets trop complexes à décrire ou problématiques pour le maître du donjon ont disparu ;
  • la magie se divise en pouvoirs de combat ou utilitaires et en rituels, qui nécessitent un temps d'invocation et généralement des ingrédients ;
  • les anciennes classes de prestige disparaissent pour être remplacées par les voies « parangoniques » ;
  • le système de base est lui-aussi légèrement remanié : pour les jets de dés, le credo est : « plus on fait, mieux c'est » (par rapport aux anciennes éditions ou il fallait réussir un jet de dés en dessous d'un chiffre maximum, comme lors des jets de sauvegarde par exemple).

Le magazine bimestriel Dragon Rouge, dont la sortie du numéro 1 a lieu le lendemain de celle du Manuel des joueurs, est le support officiel du jeu par Play Factory.

Dungeons & Dragons Next, la future 5e édition[modifier | modifier le code]

« D&D Next » est le nom du projet de la cinquième édition de Dungeons & Dragons. Wizards of the Coast met à disposition le projet des règles, accompagnés de scénarios, pour avoir un retour de la part des joueurs.

Les règles ont évolué sur plusieurs points depuis la première mise à disposition. La publication commerciale de la cinquième édition est annoncée pour l'été 2014[13].

L'éditeur à mis en téléchargement gratuit, en juillet 2014, une version simplifiée de version définitive sous le titre Basic Rules[14]. Cette version ne contient, par exemple, que quatre peuples (humains, halfelin, nains, elfes) et quatre classes (guerrier, prêtre, roublard et magicien).

Quatre ouvrages sont prévus pour 2014 : le Starter Set, le Player’s Handbook, le Monster Manual et le Dungeon Master Guide.

Les mondes de Donjons et Dragons et ses inspirations[modifier | modifier le code]

Donjons et Dragons a la particularité de ne pas proposer un décor de campagne (univers de jeu) étoffé dans ses livres de base. Ces univers sont développés dans de nombreux suppléments annexes. L'ensemble de ces univers de jeu est nommé le Multivers, car la réalité et les univers de Donjons et Dragons peuvent être multiples et interconnectés.

Inspirations[modifier | modifier le code]

Excalibur brandie par la Dame du Lac (Mythe Arthurien). Statue sise au lac Kingston Maurward en Angleterre.

Donjons et Dragons comporte par contre de nombreux éléments de base propres à concevoir des univers médiévaux-fantastiques. Parmi ces éléments de base répartis entre les différents livres de règles, on trouve d'innombrables inspirations, hommages et clins d'œil. Parmi ceux-ci, on peut noter tout particulièrement :

D'après Gary Gygax, l'influence de Tolkien, auteur du Seigneur des anneaux, est minime et fut motivée par la demande des joueurs et l'immense succès de l'œuvre[15].

Univers générique[modifier | modifier le code]

Si aucun univers n'est décrit dans les règles de base (Manuel des joueurs, Guide du maîtes, Manuel des monstres), il se dessine toutefois une sorte « d'univers générique » :

  • c'est un univers fantastique, avec :
    • des peuples et animaux fabuleux : Elfes, Orques, Nains, Dragons, etc. ;
    • une magie qui permet de vaincre les lois de la nature ;
    • des dieux qui interagissent avec le monde, ne serait-ce qu'en accordant des pouvoirs à leurs prêtres ;
    • des dimensions parallèles, où vivent les dieux, les démons et de manière générale les « extérieurs », et auxquels on peut accéder par des sorts, comme par exemple Porte dimensionnelle ;
    • un niveau technologique de type médiéval (absence de la poudre à canon et de la machine à vapeur).

Par ailleurs, les règles évoquent certains noms de personnages ; en particulier, des magiciens ayant donné leur nom à de nombreux sorts : Bigsby, Drawmij, Léomund, Melf, Mordenkainen, Nystul, Otiluke, Otto, Rary, Serten, Tenser, etc.

De multiples univers originaux[modifier | modifier le code]

De nombreux univers ont été développés sous forme de suppléments par divers éditeurs et revues (par exemple Laelith par le magazine Casus Belli, ou Les Terres Balafrées par l'éditeur Sword and Sorcery Studios (en).

En voici une liste non exhaustive, dans l'ordre chronologique d'apparition :

D'autres univers créés par des compagnies autres, sous licence

Certains de ces univers font même l'objet de romans ; notamment Lancedragon, Royaumes oubliés et Ravenloft.

Ces multiples univers de jeu permettent aux maîtres du donjon et à leurs joueurs de se placer dans un contexte qui leur plaît, car l'époque, la technologie, l'histoire ou les cultures présents dans ces mondes sont variés et adaptables. Certains adeptes de D&D préfèrent même créer leurs propres mondes, afin de les adapter à leurs besoins propres. Certains de ces mondes sont d'ailleurs disponibles sur Internet. Les décors de campagne sont le plus souvent accompagnés de nombreuses modifications apportées au jeu (nouveaux monstres, pouvoirs, etc.) et de détails pratiques.

Systèmes de règles[modifier | modifier le code]

Les différents dés spéciaux polyédriques utilisés dans le jeu.

Jargon technique[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Lexique du jeu de rôle et Jargon technique.

Outre le jargon habituel des jeux de rôle (cf. le lexique du jeu de rôle), qu'il a largement influencé dans les premiers temps, Donjons et Dragons possède son vocabulaire particulier.

Le mouvement du D&D « à l'ancienne » et les rétro-clones[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Rétroclone.
Exemple d'une partie classique typique de Donjons et Dragons : le « Porte-monstre-trésor » ; figurines, tableau blanc quadrillé effaçable à sec, paravent et feuilles de personnages.

Au fil des éditions successives, des groupes de joueurs ont persisté à préférer ou à jouer avec les éditions antérieures. Les raisons peuvent être autant ludiques (préférence pour un système, habitudes de jeu, campagnes en cours) ou économiques (investissement important dans une gamme de suppléments). Depuis quelques années est apparu un véritable mouvement « à l'ancienne » — mais on utilise plus volontiers le terme anglais old school —, comparable à la mode vintage par certains aspects. Il s'agit d'un regain d'intérêt pour les anciennes éditions de Donjons & Dragons, non pas comme objets de collection, mais comme systèmes de jeu utilisables. La nostalgie joue un rôle évident chez les joueurs les plus âgés, mais certains joueurs « à l'ancienne » emploient des systèmes de jeu parfois antérieurs à leur propre naissance. La simplicité et la spontanéité, par rapport à la relative complexité des 3e et 4e éditions, est un argument fréquemment avancé.

Castles & Crusades, qui a bénéficié du soutien de Gary Gygax, est un exemple de simplification du système d20 (c'est-à-dire de la partie sous licence OGL de l'édition 3) effectuée afin d'obtenir une ambiance proche de celle d'AD&D 1re édition[17]. Certains joueurs recherchent principalement cette ambiance « à l'ancienne », mais apprécient les éditions récentes. Le slogan de l'éditeur Necromancer Games[18], « 3rd edition rules, 1st edition feel » (les règles de la troisième édition, l'ambiance de la 1re) est typique de cet état d'esprit.

La Licence ludique libre (OGL), liée à l'édition 3, permet d'employer une large partie des concepts fondamentaux pour écrire des scénarios, des univers de jeux ou encore des jeux dérivés de Donjons & Dragons. Elle a été largement mise à profit pour créer des « retroclones »[19], selon l'expression proposée par Daniel Proctor, et largement reprise au sein du mouvement. Il s'agit, en employant la licence OGL pour résoudre les questions de droits d'auteurs, de réécrire ces éditions antérieures, afin de les rendre largement disponibles. Swords & Wizardry reprend ainsi le système de l'édition de 1974 (dite OD&D ou encore E0)[20]. Labyrinth Lord, de Daniel Proctor, propose de recréer l'édition de Tom Moldvay et Frank Mentzer, avec quelques modifications mineures[21]. OSRIC (Old-School Reference and Index Compilation) est une reprise de la 1re édition de AD&D, avec quelques éléments en moins, comme les pouvoirs psioniques, les bardes et les moines[22].

À noter qu'une adaptation française de Labyrinth Lord existe depuis quelques années : Portes, Monstres et Trésors (PMT) par James Manez "Arasmo". La traduction française est téléchargeable gratuitement[23] ou disponible en impression à la demande. Autre projet français, Aventures fantastiques de Nicolas Dessaux cherche à faire une synthèse des éditions des éditions avancée et basique des années 80. Le même auteur publie également un autre jeu, Epées et Sorcellerie, qui cherche plutôt à faire la synthèse de jeux des années 70 : le Donjons & Dragons originel du début des années 70 et son ancêtre Chainmail.

D'autres systèmes prennent plus de liberté avec les anciennes éditions, tout en reprenant l'esprit : Basic Fantasy est proche de l'édition Moldvay / Mentzer, mais conserve quelques traits spécifiques du système d20[24], tandis que Hackmaster, issu de la bande dessinée Knights of the Dinner Table (Les Chevaliers de la table à diner, parodie de joueurs de Donjons & Dragons), est une version hypertrophiée de la première édition d'AD&D[25]. Ces jeux sont généralement eux-mêmes en large partie ou totalement sous licence OGL, ce qui permet de nombreuses variantes et adaptations, ainsi que la publication de suppléments indépendamment de l'éditeur initial. En 2010, New Haven games a publié le starter set de Myth & Magic, un remake de la deuxième édition d'AD&D[26],[27],.

Enfin, la sortie de la 4e édition Wizards of the Coast a introduit la GSL (Game System License) qui est significativement plus restrictive que l'OGL. Ceci a poussé certains éditeurs qui publiaient auparavant des produits basés sur la 3e édition, à prendre la décision de continuer à supporter les règles de la 3e édition, et entrer ainsi en concurrence frontale avec Wizards of the Coast. C'est notamment le cas de Paizo avec son Pathfinder-RPG (VF publiée par Black Book Éditions)[28].

Illustrateurs[modifier | modifier le code]

De nombreux illustrateurs se sont succédé pour illustrer les livres de règles et les multiples suppléments du jeu. On peut citer notamment (liste non-exhaustive) :

Produits dérivés et adaptations[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Série télévisée[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Jeux de société[modifier | modifier le code]

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

Traductions en français[modifier | modifier le code]

En 1982, Mathilde Maraninchi publie un jeu appelé Donjons & Dragons chez éditeur Solar[29] ; il ne s'agit pas d'une version française de Dungeons & Dragons mais d'un jeu qui en est inspiré. L'éditeur est sommé de le retirer du marché[30].

La première traduction officielle du jeu en langue française fut celle que publia en France en 1983 l'éditeur Transecom, spécialisé dans l'importation de jeux.

Récompense[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le nom français de Donjons et Dragons n'est donc pas une traduction exacte, puisque le mot anglais dungeon signifie 'oubliette' ou 'cachot'. Cette traduction doit certainement beaucoup à sa qualité euphonique.
  2. Néologisme pour décrire les amateurs de ce type de jeu, traduit par l’anglicisme « wargameurs » en français
  3. Gygax : « J'ai été averti d'un problème : Kevin Blume (en) soldait TSR dans les rues de New York City. Je revins de la Côte Ouest à tire d'aile et découvris que la firme était endettée auprès de la banque pour près de 1,5 million de dollars. » (en) « Gary Gygax: Q & A (Part XII, Page 28) », EN World,‎ 2007-01-21 (consulté le 2009-03-15)
  4. Gygax : « Les anagrammes de mon nom sont ma propriété exclusive selon les termes de mon accord avec TSR, c'est pourquoi que je peux toujours utiliser Zagyg ou Zagig, ainsi qu'Yrag. » (en) « Gary Gygax: Q & A (Part IX, Page 91) », EN World,‎ 2005-10-20 (consulté le 2009-03-15)
  5. Ainsi, certains considèrent que l'édition révisée (Manuel des joueurs, Guide du maître et Bestiaire monstrueux) fait effectivement partie de ce qu'on appelle aujourd'hui « AD&D 2.5 », avec la trilogie de l'Aide au joueur (Magie & Sortilèges, Talents & pouvoirs et Combat et tactiques), mais d'autres considèrent au contraire que seul ladite trilogie forme AD&D 2.5 ; l'édition « révisée » resterait du simple AD&D 2. On parle même parfois de AD&D 2.1 pour désigner l'édition révisée, sans la « trilogie » AD&D 2.5.[réf. nécessaire][pas clair]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Schick, Lawrence (1991). Heroic Worlds: A History and Guide to Role-Playing Games. Amherst, New York, Prometheus Books, p. 223-224.
  2. Schick, Lawrence (1991). Heroic Worlds: A History and Guide to Role-Playing Games. Amherst, New York, Prometheus Books, p. 17-34.
  3. a et b Staff, The History of TSR, 2003, sur le site Wizards of the Coast.
  4. Allen Rausch, « Magic & Memories: The Complete History of Dungeons & Dragons - Part II », Game Spy,‎ 2004-08-16 (consulté le 2011-01-30)
  5. http://www.legrog.org/jeux/dk-system/bestiaire-monstrueux-fr
  6. http://www.legrog.org/jeux/ad-d-regles-avancees-officielles-de-donjons-et-dragons/ad-d-2eme-edition/aide-au-joueur-combat-tactiques-fr
  7. http://www.jdrp.fr/produit/ad-d-aide-au-joueur-magie---sortileges-125.html
  8. http://www.legrog.org/jeux/ad-d-regles-avancees-officielles-de-donjons-et-dragons/ad-d-2eme-edition/aide-au-joueur-talents-pouvoirs-fr
  9. http://www.rpg.net/reviews/archive/classic/rev_5227.phtml
  10. http://dnd-wiki.org/wiki/Publication:Council_of_Wyrms
  11. (en) 30 Years of Adventure: A Celebration of Dungeons & Dragons, Renton WA, Wizards of the Coast, 2004 ((ISBN 0-7869-3498-0)), p. 55>
  12. Article consacré au d20 System sur le Guide du rôliste galactique (GROG)
  13. http://company.wizards.com/content/wizards-coast-announces-thrilling-dungeons-dragons-launch-summer-2014
  14. « Basic Rules », sur le GROG,‎ 5 juillet 2014
  15. « A careful examination of the games will quickly reveal that the major influences are Robert E. Howard, L. Sprague de Camp and Fletcher Pratt, Fritz Leiber, Poul Anderson, A. Merritt, and H.P. Lovecraft. » Entretien avec Gary Gygax dans « On the influence of J.R.R. Tolkien on the D&D and AD&D games », Dragon, no 95,‎ mars 1985, p. 12–13.
  16. Article consacré à Dragonlance sur le GROG
  17. Castles & Crusades
  18. Necromancer Games
  19. Article consacré aux clones sur le GROG : histoire et inventaire du mouvement jusqu'en 2010
  20. Swords & Wizardry
  21. Labyrinth Lord
  22. OSRIC.
  23. Page officielle de Portes, Monstres et Trésors.
  24. Basic Fantasy
  25. http://www.kenzerco.com/index.php?cPath=25_26/
  26. About Myth & Magic, New haven Games, 15 juillet 2010
  27. Joseph Bloch, New Haven Games-doing 2e remake, 8 juillet 2010.
  28. Wikipedia en
  29. Maraninchi (ill. Joël Bordier), Donjons et Dragons, Paris, Solar,‎ janvier 1982, 18,5 cm x 21cm, 100 p. (ISBN 2-263-00636-2)
  30. Article du Grog sur la première publication en France d'un jeu intitulé Donjons et Dragons

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]