Kickstarter

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Kickstarter

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Logo de Kickstarter

Création , à Manhattan
Fondateurs Perry Chen, Strickler Yancey et Charles Adler
Forme juridique Incorporation
Siège social Drapeau des États-Unis New York (États-Unis)
Activité Internet, création, crowdfunding
Site web www.kickstarter.com

Kickstarter est une entreprise américaine de financement collaboratif (crowdfunding en anglais), essentiellement réputée par son site internet[1], créée en 2009 et précurseur dans le domaine. Kickstarter donne la possibilité aux internautes de financer des projets encore au stade d'idée, en réduisant les lourdeurs associées aux modes traditionnels d'investissement[2]. Pour les investisseurs il ne s'agit pas d'un investissement au sens propre mais d'un « soutien », en échange duquel ils reçoivent des récompenses tangibles de la part de l'équipe (ou de la personne) chargée du projet, comme une lettre de remerciement, un tee-shirt personnalisé, un dîner avec un auteur, ou encore l'un des premiers produits d'une nouvelle chaîne de production. La récompense peut varier en fonction de montants fournis par les backers (« soutiens »).

Depuis son lancement, Kickstarter a financé un large éventail de projets (plus de 60 000 en juillet 2012[3]) dans des domaines très variés : du film indépendant à la création musicale en passant par le journalisme, la production d'énergie solaire ou la mise en place de programmes alimentaires[4].

Présentation[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Kickstarter (mot désignant le démarrage au kick en moto) est fondé le par Perry Chen, Yancey Strickler et Charles Adler[5]. Le blogueur Andy Baio (fondateur de Upcoming.org) occupera la fonction de CTO (Directeur des systèmes d'information) pendant une dizaine de mois, avant de rejoindre Expert Labs en novembre 2010[6]. Lance Ivy est développeur en chef du site depuis son lancement[7]. Kickstarter est financé à ses débuts par le fonds d'investissement Union Square Ventures, l'incubateur Betaworks, ainsi que par des personnalités comme Jack Dorsey (cofondateur de Twitter), Zach Klein (cofondateur de Vimeo) et Caterina Fake (cofondatrice de Flickr)[8]. L'entreprise a des locaux sur le Lower East Side de Manhattan, au 155 Rivington Street [9],[10].

Au fil du temps le site fait beaucoup parler de lui : deux ans après sa création le New York Times le qualifie notamment de « NEA du peuple »[11], et le TIME le classe dans les « meilleures inventions de l'année 2010 » ainsi que dans les « meilleurs sites web de l'année 2011 »[12],[13]. Le Miami New Times qualifiera, sur un ton plus humoristique, le site comme l'une des « idées les plus intelligentes pour un site web depuis qu'Al Gore a inventé l'Internet »." (Al Gore étant à l'origine d'un programme sur les NTIC)[14].

Le site prend également de l'ampleur : début 2011, tous les mois plus de 7 millions de dollars sont engagés sur la plateforme (contre moins de 2 un an plus tôt), et plus de 2 000 projets y sont lancés[15]. D'après The Next Web, Kickstarter aurait touché plus de 6 millions de dollars de commission en 2011, sur 219 millions d'euros collectés par l'ensemble des projets[16].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Son fonctionnement est simple, et calqué sur celui de sites comme FirstGiving, PledgeBank ou MobIncentive avant lui : un créateur de projet fixe un objectif de collecte de fonds, une date limite, et définit des récompenses pour les soutiens. Si l'objectif est atteint avant la date limite, le paiement des soutiens est déclenché via Amazon Payments et ces derniers reçoivent leurs cadeaux. Si l'objectif n'est pas atteint, personne ne paye. Il s'agit donc d'un système « tout ou rien » qui évite les mauvaises surprises. Kickstarter se finance quant à lui en prélevant 5 % des fonds collectés ; Amazon capte une part supplémentaire comprise entre 3 et 5 % du montant.

Les projets sont classés en 13 catégories (art, bande dessinée, design, mode, films et vidéos, nourriture, jeux, musique, photographie, publication, technologie, théâtre) et 36 sous-catégories. Les plus importantes sont de loin « films et vidéos » et « musique », qui rassemblent plus de la moitié des projets de la plateforme. Avec la catégorie « jeux vidéo », elles représentent plus de la moitié des levées de fonds[17].

Contrairement à certains concurrents, Kickstarter ne revendique pas de droits de propriété sur les projets et les travaux financés sur la plateforme. Toutefois, les projets lancés grâce au site sont archivés de façon permanente et consultables par le public. Une fois le financement terminé, les projets et les médias téléchargés ne peuvent pas être édités ou supprimés à partir du site[18].

Le site n'apporte pas de garantie que les gens qui ont proposé un projet sur Kickstarter conduisent le projet à terme ou utilisent l'argent pour faire leur projet. Il conseille donc aux financeurs de s'appuyer sur leur propre appréciation pour faire leur choix d'investissements. Une mise en garde sur le site spécifie que les chefs de projets peuvent être tenus pour responsables légalement des promesses faites et non tenues[19]. En mai 2011, un étudiant de l'Université de cinématographie de New York a ainsi levé 1 726 $ pour réaliser un film, mais le résultat final s'est avéré être un plagiat de film français, ce qui a conduit à des excuses publiques[20],[21].

Pour éviter les dérives liées au nombre croissant de projets de développement de produits technologiques, et notamment le fait que ces types de projets s'apparentent souvent à de la pré-vente, Kickstarter a annoncé en septembre 2012 une modification de ses règles d'admissibilité des projets[22].

Projets d'envergure[modifier | modifier le code]

Parmi les plus importants projets financés sur la plateforme, on peut citer :

  • Pebble (2012), une montre dotée d'un écran e-ink communiquant avec les smartphones sous iOS et Android : plus de 68 000 internautes pour 10,2 millions de dollars ;
  • Ouya (2012), une console à bas prix fonctionnant sous Android : plus de 63 000 internautes pour 8,5 millions de dollars ;
  • Project Eternity (2012), un jeu vidéo : plus de 73 000 internautes pour 3,9 millions de dollars ;
  • Torment: Tides of Numenera, le jeu vidéo qui a reçu le plus grand soutien financier (4 188 927 $ par 74 405 internautes) ;
  • FORM 1 (2012), une imprimante 3D professionnelle à bas prix : plus de 2 000 internautes pour 2,9 millions de dollars ;
  • Amanda Palmer (2012), la chanteuse a défrayé la chronique dans le milieu musical en levant 1 192 793 $ grâce à 24 883 donateurs (son projet en demandait 100 000 $)[23]. « Plutôt que de signer sur un label, prendre leur avance et m’asservir pour un contrat, j’ai eu l’argent moi-même ! Putain, j’ai utilisé Kickstarter ! »[24]. Elle a évoqué cela dans une conférence TED intitulée « L'art de demander »[25].
  • Open Goldberg Variations (2011), projet pionnier dans son genre consistant à enregistrer et écrire la partition musicale des Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach pour les placer directement dans le domaine public sous (licence CC0)[26].

Il est à noter que certains sites montent parfois des alternatives à Kickstarter (à usage unique) pour financer leurs projets sans avoir à reverser 5 % des sommes récoltées à l'entreprise. Ces sites peuvent exister en complément, ou de manière complètement extérieure au site. Ainsi le jeu vidéo le plus financé par le système de financement participatif n'appartient pas à ce classement : Star Citizen a en effet reçu 2 134 374 dollars via Kickstarter, et 36 107 995 dollars sur son propre site Internet (soit 36 242 369 dollars finalement, pour une somme initialement fixée à 2 millions). De même, le réseau social App.net a monté sa propre plateforme avant de se lancer.

Annexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie dédiée à ce sujet : Projet Kickstarter.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Cornu, « La coopération, nouvelles approches », avril 2001
  • Pierre Levy, « L’intelligence collective » La Découverte, 1994
  • Philippe Bouquillion & Jacob-Thomas Matthews : Le Web collaboratif : Mutations des industries de la culture et de la communication, Presses universitaires de Grenoble, 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Kickstarter Inc. sur Bloomberg Business Week
  2. Gould, Emily , Start me up, MIT, 2011-01-20 ; Revue Technology Review
  3. (fr) Kickstarter lancera son financement participatif en Europe à l’automne - O1 Net
  4. (en) Jenna Wortham, « A Few Dollars at a Time, Patrons Support Artists on the Web », The New York Times,‎ August 24, 2009 (lire en ligne)
  5. (en) Kickstarter Launches Another Social Fundraising Platform - TechCrunch
  6. (en) Kickstarter Launches - Waxy.org
  7. (en) crunchbase.com, « Kickstarter CrunchBase Profile »,‎ November 30, 2010
  8. (en) Kickstarter Fesses Up: The Crowdsourced Funding Start-Up Has Funding, Too - All Things Digital
  9. Copyright notice Kickstarter Newsletter #41
  10. (en) Doree Shafrir, « Tweet Tweet Boom Boom », New York Magazine,‎ April 18, 2010 (lire en ligne)
  11. (en) The Trivialities and Transcendence of Kickstarter - New York Times
  12. (en) 50 Websites That Make the Web Great - TIME
  13. (en) Kickstarter - TIME
  14. (en) Reed Fischer, « Every You Launches Kickstarter Project to Fund Video and Studio Time », Miami New Times,‎ 2010-04-16 (lire en ligne)
  15. (en) Happy Birthday Kickstarter! - Kickstarter
  16. (en) In its 3rd year, Kickstarter successfully raises over $119 million, taking home $6 million in commission - The Next Web
  17. (fr) Le financement participatif peut-il bâtir des villes ? - Internet Actu
  18. Kickstarter.com FAQ , consulté 2010 website officiel
  19. Kickstarter FAQ “If I am unable to complete my project as listed, what should I do?” , kickstarter.com
  20. Tanzer, Myles, NYU Tisch Student Makes Plagiarized Film To Win Festival Prize After Raising $1,700 On Kickstarter ; NYU Local 2011-05-09 , consulté 2011-06-23
  21. (en) Sam Biddle, « NYU Film Student Plagiarizes His Way to Kickstarter Fame », Gizmodo
  22. http://www.ouishare.net/fr/2012/09/kickstarter-nest-pas-un-magasin/ Kickstarter n'est pas un magasin - et c'est tant mieux], Ouishare, septembre 2012
  23. (en) Amanda Palmer, « Amanda Palmer: The new RECORD, ART BOOK, and TOUR », sur Kickstarter,‎ 2012 (consulté le 25 août 2013).
  24. Eric le Bourlout, « Amanda Palmer fait une révolution musicale sur Kickstarter », sur 01net,‎ 2012 (consulté le 25 août 2013).
  25. (en) Amanda Palmer, « Amanda Palmer: L'art de demander », sur Conférence TED,‎ 2013 (consulté le 25 août 2013).
  26. (en) Robert Douglass, « Open Goldberg Variations - Setting Bach Free », sur Kickstarter,‎ 2011 (consulté le 23 août 2013).