TSR (entreprise)

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TSR, Inc.

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Logo utilisé par TSR lorsque Donjons et Dragons
fut pour la première fois traduit en français (1983)

Création Lake Geneva, Wisconsin (1973)
Disparition Rachat par Wizards of the Coast en 1997
Personnages clés Gary Gygax, Don Kaye, Brian Blume, Lorraine Williams
Forme juridique Société privée
Siège social Lake Geneva (Wisconsin), USA
Produits Jeux de rôle dont Donjons et Dragons et autres jeux de société

TSR, Inc., le plus souvent dénommée simplement comme TSR, fut une société américaine d'édition de jeux, fondée en 1973 à Lake Geneva, Wisconsin par Gary Gygax et Don Kaye, et connue principalement pour avoir publié le premier jeu de rôle, Donjons et Dragons, en 1974. Elle fut d'abord fondée sous le nom de Tactical Studies Rules (de 1973 a 1975), ensuite s'appela TSR Hobbies, Inc. (de 1975 a 1983) et, finalement, pendant la plus grande partie de son histoire, de 1983 jusqu'à sa disparition en 2003, elle fut scindée en plusieurs autres sociétés, dont la principale, TSR, Inc.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Tactical Studies Rules fut incorporée en 1973 par Gary Gygax, Don Kaye et d'autres collaborateurs afin de pouvoir publier formellement les règles de Donjons et Dragons, le premier jeu de rôle. Lorsque Don Kaye mourut d'un infarctus en 1975, Brian Blume et Gary Gygax, les propriétaires restants, formèrent une nouvelle société, TSR Hobbies, Inc. Les actifs de l'ancienne compagnie furent transférés à la nouvelle, et Tactical Studies Rules fut dissoute. En 1983, le mot "Hobbies" fut retiré du nom, résultant en le nom final de TSR, Inc.

TSR devint le meneur du développement du jeu de rôle moderne. Son produit vedette, Dungeons & Dragons (souvent abrégé en "D&D"), servit de modèle aux jeux de rôle qui suivirent, en plus d'être un succès financier. Ce succès, et celui des autres jeux de TSR, encouragea Gygax à quitter TSR à Lake Geneva (Wisconsin) pour Hollywood pour fonder Dungeons & Dragons Entertainment, dont l'objectif était de tenter de vendre à des producteurs la licence de produits D&D pour des adaptations télévisuelles et cinématographiques. Son travail ne mènera qu'à la vente d'une seule licence pour ce qui deviendra finalement la série télévisée en dessin animés Dungeons & Dragons[1].

Après le départ de Gygax, Brian Blum et son frère Kevin Blume prirent la direction de TSR. Moins d'un an après la prise de contrôle des frères Blume, et après une controverse financière, la société afficha des pertes nettes de 1,5 millions de dollars US, ce qui causa la mise à pied d'environ 75 % du personnel. Certains des employés qui perdirent leur emploi formèrent de nouvelles sociétés d'édition de jeu comme Pacesetter Games, Mayfair Games ou furent embauchés dans la division de jeux vidéo de Coleco.

Gygax, qui possédait à cette époque environ 30 % des actions, écrivit au conseil exécutif de TSR, leur demandant de retirer le contrôle aux Blume afin de restaurer la santé financière de la société. En réponse, les Blume vendirent leur stock d'action à Lorraine Williams[2]. Gygax tenta de faire qualifier la vente d'illégale ; après que cette tentative eut échouée, Gygax vendit ses actions à Williams et utilisa le capital afin de former New Infinity Productions.

Période de succès[modifier | modifier le code]

Williams était une planificatrice financière qui croyait que le potentiel de TSR était tel qu'elle pouvait passer d'une société criblée de dettes à une société hautement profitable. Cependant, elle ne tenait pas le domaine du jeu en haute estime et se voyait comme supérieure aux amateurs de jeux; elle tenait comme un point d'honneur au fait qu'elle n'avait jamais joué à Donjons & Dragons[3],[4].

Sous la direction de Williams, TSR solidifia son expansion dans d'autres champs d'activités que le jeu de rôle, comme l'édition de magazines, de romans et de bandes dessinées. Williams possédait personnellement la licence pour des produits Buck Rogers et veilla à ce qu'elle soit utilisée par TSR : la société publia sur ce thème un jeu de société et un jeu de rôle[2].

À cette époque, pendant les années 1980, TSR développa un grand nombre de nouveaux jeux et univers de jeux. L'un des plus populaires fut la série Lancedragon. Margaret Weis et Tracy Hickman y participèrent en écrivant une première trilogie de romans basés sur cet univers, qui devint les premières fictions publiés par une société éditrice de jeux aux États-Unis à se hisser sur les listes de meilleurs vendeurs américains. Au sommet de son succès, TSR générait des profits annuels dépassant le million de dollars US et comptait 400 employés.

Les illustrateurs chez TSR sont : Larry Elmore, Ben Otero, Clyde Caldwell, Gerald Brom, Harry J. Quinn, Jim Holloway, Jeff Easley, Ciruelo Cabral...

Déclin[modifier | modifier le code]

Cependant, au début des années 1990, TSR commença lentement à perdre sa domination en tant que leader du jeu de rôle et commençait à être créativement à la traîne de ses compétiteurs. Après l'émergence des jeux de cartes à collectionner, TSR prit le train en marche et lança elle aussi deux jeux à collection: Dragon Dice (dés à collectionner) et Spellfire (cartes). Ni l'un ni l'autre n'obtint un grand succès commercial. Au même moment, TSR commença à exercer des représailles légales sur les fans qui créaient des fictions et autres œuvres amateurs basées sur les univers publiés par TSR, ce qui mit en colère plusieurs clients et supporters de longue date. De plus, des concurrents comme White Wolf Publishing firent leur entrée dans l'arène du jeu de rôle et les produits qu'ils proposèrent provoquèrent une fragmentation du marché. D'ailleurs, selon Bill Slavicsek [citation nécessaire], TSR avait participé elle-même à cette fragmentation du marché en publiant de nombreux jeux et univers de jeux différents qui ne réussirent pas à amener de nouveaux joueurs à ce loisir, créant ainsi de nouveaux produits à soutenir sans pour autant augmenter ses revenus. En 1996, entre autres à cause de ces facteurs, TSR avait accumulé plus de 30 millions de dollars US de dettes, et avait dû passer à travers plusieurs périodes de mise à pied[4].

Le déclin de TSR permit à Wizards of the Coast, éditeur du jeu de carte à collectionner Magic: The Gathering, grand succès commercial, d'acheter TSR et l'ensemble de ses propriétés intellectuelles en 1997[5]. Les employés de TSR eurent la possibilité d'être transférés aux bureaux de Wizards of the Coast dans l'État de Washington ; certains acceptèrent l'offre. Les bureaux de Lake Geneva furent fermés. Au fil des ans, certaines sections de TSR furent revendues à d'autres sociétés ; en 2002, la convention de joueurs Gen Con fut vendue à Peter Adkison's Gen Con, LLC[6]. Également en 2002, les magazines de TSR furent transférés à Paizo Publishing[7]. Le nom TSR fut utilisé pour quelques années encore, puis les marques de commerce TSR vinrent à échéance sans être renouvelées. En 1999, la société Wizards of the Coast fut elle-même achetée par Hasbro. En 2006, Wizards of the Coast publiait toujours les produits Donjons & Dragons.

Produits[modifier | modifier le code]

Les principaux produits de TSR étaient des jeux de rôle, desquels Donjons & Dragons obtint le plus de succès. Cependant, la société publia également d'autres jeux comme des jeux de cartes, des jeux de société, des jeux de dés, des magazines et des livres.

Jeux de rôle[modifier | modifier le code]

Wargames[modifier | modifier le code]

Autres jeux[modifier | modifier le code]

Magazines[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

En 1984, TSR débuta la publication de romans basés sur ses univers de jeu. La plupart des mondes de campagne de D&D furent ainsi utilisés comme univers fictifs pour des séries de romans et de recueils de nouvelles, dont les plus populaires furent Lancedragon (Dragonlance) et Les Royaumes oubliés (Forgotten Realms), comptant chacun des dizaines de titres.

Critiques[modifier | modifier le code]

Alors que son déclin s'amorçait, la société décida de défendre légalement ce qu'elle considérait sa propriété intellectuelle. En outre, plusieurs actions légales furent prises afin de déterminer le mérite créatif des intervenants chez TSR et comment les redevances de droit d'auteur seraient distribuées. Ces actions atteignirent leur nadir lorsque la société menaça de poursuites des individus fournissant du matériel de leur création ayant trait aux jeux de TSR sur des sites Internet (illégitimement, puisque selon les circonstances, les lois américaines précisent que les créateurs de guides et les règles comme les règles de jeu ne peuvent se prévaloir de droit d'auteur[8]). Au milieu des années 1990, cette situation mena à un usage fréquent d'une altération du sigle de la société, "T$R", dans des discussions liées au jeu de rôle sur des listes de diffusions Internet ou sur Usenet, puisque la société était perçue comme s'attaquant à ses propres clients.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La société fut l'objet d'une légende urbaine prétendant qu'elle tenta de s'approprier sous marque de commerce le terme "Nazi". Cette croyance fut basée à l'origine sur le texte d'un supplément de jeu pour le jeu de rôle Indiana Jones dans lequel certaines images étaient annotées de l'expression "NAZI(tm)". Cette annotation était en fait en conformité avec une liste erronée de noms de personnages protégés fournie par le département légal de Lucasfilm.

Logos[modifier | modifier le code]


Notes explicatives sur quelques-uns de ces logotypes
  • 1974-1979 : G et K entrelacés, pour Gygax et Kaye.
  • 1975-1978 : La créature représentée est un homme-lézard. Cette image apparut pour la première fois en page liminaire du supplément pour l'univers de Greyhawk en 1975, par Gary Gygax et Robert Kuntz.
  • 1980-1982 : Enregistrement américain de la marque de commerce le 7 juin 1983 sous le numéro 1241135, annulé le 23 octobre 1989.
  • 1982-1991 : Les couleurs du logo était souvent modifiées afin de convenir aux couleurs d'un produit en particulier, avec parfois des couleurs internes et externes différentes.
  • 1992-1999 : Enregistrement américain de la marque de commerce le 18 juin 1996 sous le numéro 1980554, annulé le 22 mars 2003.
  • 1999-2003 : Logo utilisé jusqu'à la fin de l'existence de la marque, en 2003.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Allen Rausch, « Gary Gygax Interview - Part 2 », Gamespy,‎ 2004-08-15 (consulté le 2006-07-05)
  2. a et b « Magic & Memories: The Complete History of Dungeons & Dragons - Part II: Mazes & Monsters », Gamespy,‎ 004-08-15 (consulté le 2006-07-05)
  3. « gygaxfaq: What Happened to Gygax - TSR? », gygax.com (consulté le 4 juillet 2006)
  4. a et b « Magic & Memories: The Complete History of Dungeons & Dragons - Part III: Mazes & Monsters », Gamespy,‎ 17 août 2004 (consulté le 4 juillet 2006)
  5. Ken Tidwell, « Wizards of the Coast to acquire TSR », http://www.gamecabinet.com, The Game Cabinet,‎ 10 avril 1997 (consulté le 14 septembre 2006)
  6. « Biography, Peter D. Adkison », Gen Con LLC (consulté le 4 juillet 2006)
  7. « Wizards of the Coast Signs Exclusive Publishing Agreement With Paizo Publishing, LLC To Produce Top Hobby Industry Magazines », Wizards of the Coast, Inc.,‎ 8 juillet 2002 (consulté le 4 juillet 2006)
  8. « U.S. Copyright Office - Games », U.S. Copyright Office (www.copyright.gov)

Liens externes[modifier | modifier le code]