Multivers

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Le terme de multivers désigne l'ensemble de tous les univers possibles, parmi lesquels figure notre univers observable.

Approche scientifique[modifier | modifier le code]

Si son existence ne prête pas à la critique en tant qu'abstraction, des physiciens quantiques comme David Deutsch le créditent d'une existence réelle et affirment[1],[2] que cette notion explique de façon simple et intuitive, bien qu'audacieuse, des phénomènes autrement mal interprétables. S'il faut distinguer la contrafactualité en physique de la contrafactualité logique, des métaphysiciens tels que David Lewis soutiennent aussi l'existence réelle des mondes possibles.

Il existe plusieurs théories de multivers. Les plus citées sont celles :

  • d'Hugh Everett, où l'univers (ainsi que l'observateur lui-même) fourche à chaque observation d'état quantique sans que les lois fondamentales en soient changées. Cette interprétation offre une solution au problème de la mesure (illustré par le paradoxe du chat de Schrödinger). Cependant, le nom d'univers multiples associé parfois à cette théorie est trompeur : dans l'interprétation d'Everett, il n'y a jamais qu'un seul univers, qui se scinde en plusieurs portions ne pouvant guère interagir beaucoup les unes avec les autres (sauf cas particulier comme les fentes d'Young) en raison du phénomène de décohérence quantique. Les conséquences macroscopiques de l'existence de ces différentes portions sont encore aujourd'hui impossibles à mesurer. Quant aux termes "univers parallèles", ils sont ici impropres, tous ces univers ayant par construction un point commun dans le temps.
  • d'Andreï Linde, où les univers se définiraient dans un espace des possibles et dont chacun posséderait ses lois et/ou ses constantes « universelles » propres. On parle alors de « mousse d'univers ». Voir Gabriele Veneziano.
  • issue de la théorie des cordes. Dans cette théorie, il est possible qu'une infinité d'univers à 4 dimensions coexistent sur des branes différentes, de la même façon que des pages d'un livre coexistent sans intersection. Les forces fondamentales ne s'exerçant qu'au sein d'une même brane (à l'exception peut-être de la gravitation), il serait ainsi possible, théoriquement, de détecter les autres univers par cette interaction.

Si plusieurs physiciens, comme David Deutsch, s'emploient à trouver des moyens de confirmer ou d'infirmer cette existence du multivers[3], la littérature de science-fiction y avait très tôt trouvé un vaste thème à exploiter, souvent combiné avec celui du voyage temporel.

Dans les œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

La science-fiction a commencé à exploiter le concept d'univers parallèle bien avant la théorie d'Everett, qui n'a été publiée qu'en 1957. Dès 1949, Fredric Brown publie L'Univers en folie : dans ce classique de la science-fiction d'humour, le héros est par accident envoyé dans un autre monde… complètement fou mais pas désagréable, qui ressemble comme deux gouttes d'eau à celui des pulps.

Dans un registre beaucoup plus sérieux, Philip K. Dick remporte en 1963 le Prix Hugo du meilleur roman pour Le Maître du Haut Château : il y décrit un monde possible, une uchronie, où l'Allemagne, l'Italie et le Japon auraient remporté la Deuxième Guerre mondiale.

Michael Moorcock a incorporé le concept de multivers dans la trame même de son œuvre : les héros qu'il a créés au fil du temps (Elric le nécromancien, Corum, Dorian Hawkmoon…) sont peu-à-peu devenus des incarnations différentes et évoluant dans des univers séparés d'un même personnage, le Champion éternel. L'auteur les a d'ailleurs parfois fait passer d'un univers à l'autre, voire se rencontrer pour combiner leurs forces.

Multiversum, roman de science-fiction de Leonardo Patrignani, parle d'un multivers grâce auquel Alex et Jenny, deux adolescents, se trouvent.

Le Cycle des Princes d'Ambre est une saga d'heroic fantasy où l'écrivain Roger Zelazny imagine que tous les univers possibles existent quelque part et sont tous des reflets (les ombres) de la cité idéale d'Ambre. Pour passer d'un univers à l'autre, les marcheurs d'ombres doivent manipuler les éléments du décor (la couleur du ciel, les bruits…) jusqu'à arriver dans l'univers désiré. Non seulement l'histoire mais les lois physiques varient donc ici d'un univers à l'autre (modèle de la mousse d'univers).

On retrouve aussi des univers parallèles dans la série manga Tsubasa Reservoir Chronicle de CLAMP où les héros voyagent dans divers univers pour accomplir leur quête. Ceux-ci sont régis à la fois par des règles communes et d'autres qui leur sont propres. Par exemple, certains mondes sont régis par la magie et d'autres non; à l'opposé, quel que soit le monde, on ne peut ressusciter les morts.

La bande dessinée a également incorporé ce thème, par exemple avec Métal d'Éric Liberge. Dans la franchise Marvel Comics il n'est pas rare de voir des personnages d'univers différents se rendre visite, voire remonter le temps afin de le modifier, et ainsi créer sciemment des réalité divergente. La Deadpool Corps de ce multivers (appelé « Marvelverse ») est d'ailleurs composée exclusivement par différentes versions d'un même héros.

Au cinéma et à la télévision, les univers parallèles sont maintenant couramment employés. Ils sont par exemple au centre du film The One, ou de la série télévisée Charlie Jade, dans laquelle le héros essaye de sauver notre univers (le betaverse), pris en sandwich entre deux autres (l'alphaverse et le gammaverse).

De même, dans des séries aux sujets très variés, on peut rencontrer un ou plusieurs épisodes où les héros explorent (généralement par accident ou contre leur volonté) un univers parallèle : c'est par exemple le cas dans Buffy contre les vampires, Smallville, Doctor Who ou Stargate SG-1[4]. Aujourd'hui, la notion de multivers n'est plus une bizarrerie réservée au fandom SF mais est utilisée dans des œuvres pour le grand public, et était notamment au centre de séries télévisées comme Sliders ou Fringe, ainsi que dans la saison 6 de Lost.

Enfin, puisque tout est possible dans le multivers (multiverse en anglais), on peut aussi associer à chaque série son propre univers, avec ses lois et ses règles (un verse). Les plus célèbres sont le Buffyverse, associé à la série télévisée Buffy contre les vampires, et le Jodoverse (en) (l'univers de Jodorowsky), associé à la série de bande dessinée L'Incal. Dans le fandom SF, on parle également du Firefly 'verse, de l'Andromeda 'verse, du Galactica 'verse, etc.

Outre les œuvres citées plus haut, on notera que Multivers est le nom donné à l'Univers par de nombreux créateurs :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) NewScientistSpace
  2. (en) breitbart.com
  3. David Deutsch, The Fabric of Reality
  4. Stargate wiki sur wikia

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]