Californication (album)

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Californication est le septième album studio du groupe de rock californien Red Hot Chili Peppers, sorti le 8 juin 1999 sous le label de Warner Bros. Produit par Rick Rubin, cet album marque le retour à la guitare de John Frusciante, qui avait quitté le groupe après la sortie de l'album Blood Sugar Sex Magik en 1991. Le retour de John Frusciante coïncide avec le changement complet du son du groupe, produisant un changement notable dans le style par rapport à la musique enregistrée avec Dave Navarro, son remplaçant. L'essentiel du sujet de l'album intègre diverses connotations sexuelles communément associés au groupe, mais contient aussi des thèmes plus variés que les précédents albums, incluant la luxure, la mort, la contemplation du suicide, la Californie, la drogue, la mondialisation et les voyages.

Californication est l'album des Red Hot Chili Peppers ayant eu le plus grand succès commercial avec 16 millions d'unités vendus dans le monde, dont 5 millions d'album aux États-Unis. En 2002, l'album s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires en Europe. Le disque produit plusieurs hits pour le groupe, comprenant Otherside, Californication et a reçu un Grammy Award pour Scar Tissue. Californication atteint la troisième place dans le Billboard 200. L'enregistrement de cet album marque un changement significatif dans le style musical du groupe. Greg Tate du magazine Rolling Stone note qu'« alors que tous les précédents projets des Red Hot Chili Peppers étaient très animés, Californication a osé être spirituel et épiphanique ».

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Californication marque le retour de John Frusciante au sein du groupe.

Avec trois albums à leur actif en juin 1988, les Red Hot Chili Peppers sont en état de choc suite à l'overdose d'héroïne de leur guitariste Hillel Slovak. Le batteur Jack Irons part alors en dépression et quitte le groupe[1]. Après quelques tâtonnements[k 1],[a 1],[k 2], la formation se stabilise autour d'Anthony Kiedis au chant, de Flea à la basse, de John Frusciante à la guitare et de Chad Smith à la batterie[a 2]. Ils sortent Mother's Milk à la mi-août 1989 : l'album se révèle être le premier succès des Red Hot Chili Peppers, obtenant un disque d'or aux États-Unis[2].

Après un changement de label en 1990[k 3], ils enregistrent leur cinquième opus avec Rick Rubin en six semaines[k 4]. Blood Sugar Sex Magik sort en septembre 1991 et remporte un immense succès international[3]. Incapable de gérer la pression liée à leur nouveau statut, Frusciante sombre dans la drogue et finit par quitter le groupe en mai 1992[k 5],[1]. Arik Marshall termine la tournée à sa place, puis est remplacé par Dave Navarro, de Jane's Addiction[k 5],[k 6]. Son arrivée influence One Hot Minute, le sixième album studio des Red Hot Chili Peppers sorti en septembre 1995, avec divers éléments d'heavy metal et de rock psychédélique, des genres musicaux que le groupe avait peu expérimenté jusque là[4]. Deux fois moins vendus que son prédécesseur et descendu par la critique, Navarro fait les frais des mauvaises performances du disque et paye ses divergences avec Kiedis : il est renvoyé en avril 1998[k 7],[k 8],[1].

Flea continue de rendre visite régulièrement à Frusciante après son départ, mais ce dernier se révèle instable et dangereux à cause de sa forte dépendance à l'héroïne et à la cocaïne[5]. Malgré le décès par overdose de son ami River Phoenix et un documentaire de Johnny Depp intitulé Stuff sur ses conditions de vie sordides en 1993[6], la destruction de ses guitares et albums lors de l'incendie de sa maison le brûlant à plusieurs endroits et une overdose qui manque de le tuer en 1996[p 1],[p 2], il sort deux albums solos en 1994 et 1997 dans le but avoué de pouvoir s’approvisionner en drogues avec les ventes[7]. Conseillé par ses amis et finalement décidé à retrouver la santé, il intègre un centre de désintoxication à Pasadena en janvier 1998 pour un mois, puis subit plusieurs opérations afin d'effacer les séquelles des drogues sur son corps et décide de changer de style de vie : il pratique l'ascétisme, l'abstinence sexuelle, le yoga et change d'alimentation[k 9],[5].

Navarro renvoyé, Flea propose à Kiedis le retour de Frusciante, celui-ci étant libéré de ses addictions. Le chanteur approuve et le bassiste se rend chez Frusciante pour lui annoncer la nouvelle[f 1]. Ce dernier lui répond que « rien ne pourrait le rendre plus heureux »[k 9]. Officiellement réintégré, le groupe rejoue ensemble pour la première fois en six ans la même semaine et planifie l'enregistrement d'un futur album[k 10],[o 1].

Écriture et enregistrement[modifier | modifier le code]

L'album est majoritairement composé à l'été 1998, dans leurs maisons. Kiedis et Frusciante passent des journées entières à discuter de la réalisation des chansons, des riffs de guitare et du contenu des paroles. Les éléments de basse et de percussions sont réalisés lors de jam sessions et grâce au travail personnel de Flea et Smith[k 11].

Après deux albums avec Rick Rubin à la production, les Red Hot CHili Peppers décident de chercher quelqu'un d'autres pour réaliser Californication[k 12]. David Bowie montre d'ailleurs un grand intérêt pour travailler avec la formation et se propose comme producteur. Mais le quatuor choisit finalement de garder Rubin car il leur laisse carte blanche dans la composition de leurs chansons, ce qui est nécessaire à leurs yeux[k 13],[k 14],[k 15],[k 12]. Le retour de Frusciante harmonise la vie du groupe et l'enregistrement qui a lieu aux studios Cello, de Los Angeles de décembre 1998 à mars 1999. Il fait découvrir aux autres son nouveau style de vie et dévoile davantage son amour inconditionnel pour la musique. Smith déclare qu'« il respire l'art et la musique jour et nuit, c'est devenu sa raison d'être »[f 2]. Le guitariste confirme à plusieurs reprises la réalisation de ce disque est celle qu'il a préféré[p 3].

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

À leur sortie des studios, les Red Hot Chili Peppers présentent les chansons Scar Tissue, Otherside et Californication à leurs managers. C'est à ce moment qu'il est décidé que Scar Tissue serait le premier single de l'album[k 12]. Pour promouvoir l'album et confirmer le retour de Frusciante au sein du groupe, les Red Hot se produisent dans divers bals des États-Unis, organisant au passage un concours qui propose aux élèves des lycées d'écrire un essai sur « comment rendre leurs écoles meilleures, plus sûres et plus heureuses, de sorte qu'ils n'aient plus peur d'y aller. Les participants obtiennent un billet gratuit pour le concert »[k 12]. Californication sort le 9 juin 1999.

En mars 2006, l'album des Red Hot Chili Peppers est mis en vente sur le iTunes Music Store[8], incluant de nouveaux titres inédits : Dance Fat, Over Funk et Quixoticelixer.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Californication reçoit des critiques globalement positives. Ainsi, Greg Prato, pour Allmusic, déclare qu'avec cet album, « les Red Hot Chili Peppers renaissent de leurs cendres tel un phénix » et que « la raison évidente de cette renaissance est le retour de Frusciante », estimant qu'il est le « guitariste des Red Hot Chili Peppers par excellence ». Avec Kiedis à son sommet vocalement, le journaliste considère le disque comme « un véritable classique du groupe »[9]. Greg Tate, du Rolling Stone, partage son avis sur le chant : « ses cordes vocales ont visiblement été touchées à certains moments et lors de sa cure de désintoxication mais toute la gamme est désormais revenue, avec le corps, la hauteur, la sentimentalité et la sensibilité mélodique »[16]. Le résultat est, selon lui, « spirituel et épiphanique » et mène la formation « vers le Graal du funk »[16]. Le critique Robert Christgau considère d'ailleurs qu'ils rentrent dans « une nouvelle Ère »[12].

David Browne, d'Entertainment Weekly, et Matthijs van der Lee, de Sputnikmusic, attribuent également l'évolution positive de la musique des Red Hot Chili Peppers au retour de Frusciante, le premier lui reconnaissant « un son plus détendu, moins grinçant, et d'une façon, plus introspectif que jamais »[13], tandis que le second n'hésite pas à affirmer que le groupe aurait été très loin de réaliser un tel disque sans lui. Ce dernier pointe les progrès du guitariste « à avoir une approche plus optimiste dans la composition de ses mélodies », mais met aussi l'accent sur la voix de Kiedis, « désormais capable de chanter clairement avec de l'émotion et presque de la douceur »[17]. Brent DiCrescenzo, pour Pitchfork Media, partage cet avis, louant la qualité de jeu de Frusciante au point d'en faire « le meilleur guitariste américain de rock du moment » et dénigrant tout de même les paroles des chansons qu'il trouve « déplacées ». Néanmoins, il considère que les « Red Hot Chili Peppers sont ce qui se rapprochent le plus de Led Zeppelin aujourd'hui. Ce sont les seuls à pouvoir fournir de la musique de qualité, commerciale et qu'on peut écouter en voiture ou avec des écouteurs ; à pouvoir remplir des stades et à être des champions du rock »[15].

Mark Woodlief, journaliste du Ray Gun (en), note l'équilibre de l'album entre base de guitare acoustique et rock rythmé, parsemé de passages disco ou aux accents de western, et compare certaines « envolées de Frusciante » à celle de Hendrix[p 6]. Pour Dennis O'Dell, de la BBC, c'est également la preuve que « ce sont bien plus que des fêtards prêts à retourner une ville », mais également celle qu'ils font partie des meilleurs groupes au monde, leur notoriété d'aujourd'hui étant encore grandement liée à cette renaissance[11]. Stephen Thompson, de l'A.V. Club, admet ainsi que si les gens doivent chercher un bon album des Red Hot Chili Peppers, Californication ne doit pas être raté[10]. Le magazine NME voit dans la chanson homonyme une vague ressemblance au Stairway to Heaven de Led Zeppelin, mais semble surtout déçu de ne pas retrouver le son funk emblématique du groupe : « Pouvons-nous récupérer de notre mort cérébrale, de cet animal rock à moitié habillé en funk-hop, s'il-vous-plait ? Toute cette fausse empathie me donne la chair de poule »[14].

Relativement épargné à sa sortie, l'album est par la suite régulièrement cité parmi les disques victimes de la guerre du volume. Trop fort, il souffre de fait de clipping numérique et le Stylus Magazine (en) estime par conséquent que même « un consommateur non-audiophile s'en plaindrait »[18]. Tim Anderson, du Guardian, évoque pour sa part « une compression et une distorsion excessive » dans le processus de matriçage numérique[p 7].

Succès commercial et postérité[modifier | modifier le code]

Californication débute à la troisième place du Billboard 200[19], classement américain des ventes d'albums, avec quasiment 200 000 exemplaires vendus la première semaine[20]. Il obtient une place de mieux au Canada[21] et prend la tête des classements de ventes en Australie et en Nouvelle-Zélande[22],[23]. En Europe, il observe également de très bons résultats puisqu'il se classe premier en Finlande et en Norvège[24],[25], deuxième en France[26], cinquième au Royaume-Uni[27], et régulièrement dans les cinq, voire trois premiers dans les autres pays.

Conséquences de ses bonnes ventes, l'album est certifié disque d'or et disque de platine un mois et demi après sa sortie aux États-Unis, et y est depuis quintuple disque de platine depuis janvier 2003, soit plus d'un demi-million de copies écoulées[2]. Il est aussi octuple disque de platine en Nouvelle-Zélande[28], et sextuple disque de platine en Australie et au Canada[29],[30]. En Allemagne, comme l'atteste sa présence de 114 semaines aux Media Control Charts, Californication est l'album le plus vendu du groupe : triple disque d'or avec plus de 750 000 exemplaires vendus[31],[32]. Il est également quadruple disque de platine au Royaume-Uni, soit plus d'un million d'unités vendues, ainsi que multiples disque de platine dans d'autres pays européens[33]. Il est certifié double disque d'or dans l’Hexagone après six mois, synonyme de 200 000 ventes[34], et est par ailleurs double disque de platine en Argentine et au Brésil[35],[36]. En 2009, l'album demeure le plus grand succès du groupe avec plus de 15 millions d'exemplaires vendus dans le monde[37]. En juillet 2011, 5,6 millions de copies avaient été écoulées dans son pays d'origine, soit près d'un tiers des ventes mondiales[38].

Lors de la 42e cérémonie des Grammy Awards qui se déroule au Staples Center de Los Angeles le 23 février 2000, les Red Hot Chili Peppers sont récompensés du Grammy Award de la meilleure chanson rock pour Scar Tissue[39]. Même si l'album n'est pas directement récompensé par un prix à sa sortie, il reste populaire dans les années qui suivent. Ainsi, dès 2001, le magazine Rock hard le classe 214e de son « Top 300 Albums »[40]. Deux ans plus tard, le Rolling Stone le met à la 401e place de ses « 500 plus grands albums de tous les temps », ajoutant que « le gémissement amical de Kiedis et le retour de Frusciante ont permis la composition de chansons magnifiques telles que Scar Tissue »[41]. L'édition allemande du magazine le place 189e de son classement l'année suivante[42]. En 2006, il figure dans Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie de Robert Dimery[o 2], dans les « 200 meilleurs albums des années 1990 » des magazines britanniques Classic Rock et Metal Hammer et en 89e position des « 100 meilleurs albums de la période 1993-2006 » par Mojo[40].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Meilleures positions de Californication dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[43] 2
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[22] 1
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[44] 2
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop)[45] 6
Drapeau de la Belgique Belgique (Wallonie Ultratop)[46] 13
Drapeau du Canada Canada (Canadian Albums)[21] 2
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[19] 3
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae)[47] 68
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[24] 1
Drapeau de la France France (SNEP)[26] 2
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[48] 7
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[23] 1
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[25] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[49] 2
Drapeau de la Pologne Pologne (ZPAV)[50] 22
Drapeau du Portugal Portugal (AFP)[51] 2
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[27] 5
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[52] 1
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[53] 3
Certifications de Californication
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (BVMI) 750 000 + Disque d'or 3 × Or[32]
Drapeau de l’Argentine Argentine (CAPIF) 120 000 + Disque de platine 2 × Platine[35]
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA) 560 000 + Disque de platine 6 × Platine[29]
Drapeau de l'Autriche Autriche (IFPI Autriche) 100 000 + Disque de platine 2 × Platine[54]
Drapeau de la Belgique Belgique (BEA) 50 000 + Disque de platine Platine[55]
Drapeau du Brésil Brésil (ABPD) 500 000 + Disque de platine 2 × Platine[36]
Drapeau du Canada Canada (Music Canada) 600 000 + Disque de platine 6 × Platine[30]
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae) 200 000 + Disque de platine 2 × Platine[56]
Drapeau des États-Unis États-Unis (RIAA) 560 000 + Disque de platine 5 × Platine[2]
Drapeau de la Finlande Finlande (IFPI-FIN) 60 000 + Disque de platine Platine[57]
Drapeau de la France France (SNEP) 200 000 + Disque d'or 2 × Or[34]
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI) 300 000 + Disque d'or Or[58]
Drapeau de la Norvège Norvège (IFPI Norvège) 25 000 + Disque d'or Or[59]
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RMNZ) 120 000 + Disque de platine 8 × Platine[28]
Drapeau de la Pologne Pologne (ZPAV) 100 000 + Disque de platine Platine[60]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI) 1 200 000 + Disque de platine 4 × Platine[33]
Drapeau de la Suède Suède (GLF) 160 000 + Disque de platine 2 × Platine[61]
Drapeau de la Suisse Suisse (IFPI Suisse) 100 000 + Disque de platine 2 × Platine[62]

Tournées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Californication Tour.

Immédiatement après la sortie de l'album, les Red Hot Chili Peppers embarquent pour une tournée mondiale qui débute aux États-Unis et se clôt par le festival Woodstock 1999, qui est devenu tristement célèbre pour la violence qui en a résulté[k 16],[63]. Le groupe est informé quelque minutes avant d'arriver que la foule et les feux de joie dans les champs sont hors de contrôle[k 16]. Lorsqu'à la fin leur concert, ils rendent hommage à Jimi Hendrix avec la chanson Fire, les perturbations ont dégénéré en violences : plusieurs femmes faisant du Slam et le Mosh sont violées et des propriétés avoisinantes sont pillées et détruites[p 8],[k 12],[64]. Anthony Kiedis estime qu'« il était clair que cette situation n'avait rien à voir avec Woodstock. Ce n'était pas symbolique de paix et d'amour, mais de cupidité et d'encaissement ... Nous nous sommes retrouvés dans les journaux et les stations de radio nous dénigrant d'avoir joué Fire »[k 12].

Pour lancer la tournée européenne, le groupe organise un spectacle gratuit sur la place Rouge de Moscou, le 14 août 1999, devant une foule de plus de 200 000 personnes[k 17]. Le chanteur se rappelle que celle-ci « était tellement remplie d'un bout à l'autre que nous avions besoin d'une escorte policière pour accéder à la scène »[k 17]. Après la tournée européenne, le groupe se produit à New York, au Windows on the World, pour la radio KROQ, ainsi qu'au Big Day Out Festival en Australie après plusieurs dates au Japon[k 18]. Flea commence cependant à ressentir les répercussions de la tournée et oblige le groupe à mettre en place des concerts moins pénibles, par conséquent moins rémunérateurs pour eux. Ces spectacles clôturent le Californication tour[k 19]. En ultime date avant la sortie de By the Way, les Red Hot jouent pour la troisième édition de Rock in Rio[65].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Thèmes et composition[modifier | modifier le code]

Les paroles des chansons de l'album Californication proviennent d'idées de Kiedis, des perspectives et des perceptions de la vie et de sa signification. Ainsi, Porcelain résulte de la rencontre de celui-ci avec une jeune mère à la YMCA, qui tente de combattre sa dépendance à l'alcool tout en vivant avec sa petite fille[k 20]. Le sarcasme est un concept qu'il a traité dans le passé, et a finalement conçu une chanson autour du sarcasme[pas clair]. Il s'inspire de l'ancien membre du groupe Dave Navarro, qu'il considère comme le « roi du sarcasme »[k 21]. Frusciante voit la ligne de guitare présente dans Scar Tissue comme une tentative d'utiliser deux notes qui sont éloignées entre-elles, pour produire un « rythme cool »[p 9]. Il utilise déjà cette technique en 1994 sur son premier album solo Niandra LaDes and Usually Just a T-Shirt et considère Scar Tissue comme « un exemple très simple de la technique, mais je pense que c'est un style qui me ressemble ». Le guitariste fait usage de cette technique pour les solos de la chanson[p 9]. La chanson Emit Remmus, « summer time » épelée à l'envers, provient de la courte relation de Kiedis avec Melanie Chisholm, des Spice Girls[66].

Get On Top est une chanson qui contient un usage significatif d'une pédale wah-wah. Elle est réalisée après une jam session peu de temps après que Frusciante ait écouté Public Enemy : « en venant répéter, je tapais du pied au rythme de la chanson »[p 9]. Le solo de guitare du milieu reste discret, même s'il est initialement prévu pour être plus perceptible, lui qui a l'habitude de jouer de vifs solos. Il change sa façon de penser après avoir écouté celui de Steve Howe, de Yes, sur Siberian Khatru : « le son du groupe est vraiment bon, ils jouent très vite, et ce solo de guitare qui prend le dessus, c'est vraiment beau, comme s'il venait de le sortir de son imagination. Pour Get On Top, je voulais jouer quelque chose qui contraste entre le solo et le fond »[p 9]. Savior, est une chanson qui se trouve vers la fin de l'album, possédant des effets lourds, notamment une Electro-Harmonix Micro Synth avec 16 secondes de délai[p 9]. Frusciante remarque que le son est « directement inspiré de Eric Clapton et de Cream. Si vous écoutez vraiment les notes, c'est comme un solo de Clapton mais elles n'ont tout simplement pas le même son à cause des effets »[p 9].

Le single Around the World, qui ramène à l'influence funk du groupe, est réalisé par Frusciante à son domicile. Le rythme et le tempo sont toutefois complexes, l'obligeant à jouer la chanson avec le reste du groupe plutôt que seul, le but étant pour eux de bien la comprendre[p 9]. Le lick de la basse est composé en « peut-être 15 minutes », selon Frusciante : « Flea est le meilleur bassiste au monde, son sens du timing et sa façon de penser sont tellement fous »[p 9]. Le titre éponyme de l'album est parmi les plus difficiles à réaliser pour le groupe. Frusciante s'est senti obligé d'écrire un ensemble de guitares approprié à associer aux paroles lyriques et poignantes, rencontrant malgré tout quelques difficultés[k 22]. La chanson n'avançait pas et aurait été abandonnée si Kiedis n'avait pas insisté pour l'inclure sur l'album. Frusciante termine son riff final seulement deux jours avant l'enregistrement, en s'inspirant de Carnage Visors des Cure[p 9],[k 22]. La chanson éponyme est destinée à représenter le mode de vie californien et plus précisément son « côté superficiel », souvent associé à Hollywood. Il fait référence à Kurt Cobain de Nirvana et utilise de nombreuses métaphores pour montrer le caractère évocateur de la Californie[k 22].

Californication est un changement de style pour les Red Hot Chili Peppers, surtout par rapport à leur précédent album. En effet, One Hot Minute combine divers éléments de heavy metal et de rock psychédélique, alors que Californication présente quelques chansons funk rock comme Around the World, Get on Top, I Like Dirt, Purple Stain et Right on Time. Le groupe compose également plus de riffs mélodiques, comme sur Scar Tissue et Otherside, et se focalise sur des chansons plus structurées[13].

Pochette et illustrations[modifier | modifier le code]

Fiche Technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Red Hot Chili Peppers

No Titre Durée
1. Around the World 3:58
2. Parallel Universe 4:30
3. Scar Tissue 3:37
4. Otherside 4:15
5. Get on Top 3:18
6. Californication 5:21
7. Easily 3:51
8. Porcelain 2:43
9. Emit Remmus 4:00
10. I Like Dirt 2:37
11. This Velvet Glove 3:45
12. Savior 4:52
13. Purple Stain 4:13
14. Right on Time 1:52
15. Road Trippin' 3:25

Interprètes[modifier | modifier le code]

Red Hot Chili Peppers
Musiciens supplémentaires

Équipe de production[modifier | modifier le code]

Personnel de production

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Jeff Apter, Fornication: The Red Hot Chili Peppers Story, Omnibus Press,‎ 1er octobre 2004, 389 p. (ISBN 978-1844493814)
  1. Apter 2004, p. 173
  2. Apter 2004, p. 179-181
  • Anthony Kiedis et Larry Sloman (trad. Cécile Pourmin), Scar Tissue, Flammarion, coll. « Pop culture »,‎ 2007, 439 p. (ISBN 978-2-0806-8802-6)
  1. Kiedis et Sloman 2007, p. 234
  2. Kiedis et Sloman 2007, p. 242
  3. Kiedis et Sloman 2007, p. 260-262
  4. Kiedis et Sloman 2007, p. 257
  5. a et b Kiedis et Sloman 2007, p. 295
  6. Kiedis et Sloman 2007, p. 312
  7. Kiedis et Sloman 2007, p. 361-377
  8. Kiedis et Sloman 2007, p. 390-395
  9. a et b Kiedis et Sloman 2007, p. 408
  10. Kiedis et Sloman 2007, p. 399-400
  11. Kiedis et Sloman 2007, p. 401-406
  12. a, b, c, d, e et f Kiedis et Sloman 2007, p. 420-424
  13. Kiedis et Sloman 2007, p. 230-232
  14. Kiedis et Sloman 2007, p. 320-321
  15. Kiedis et Sloman 2007, p. 344
  16. a et b Kiedis 2007, p. 423
  17. a et b Kiedis 2007, p. 426
  18. Kiedis 2007, p. 427
  19. Kiedis 2007, p. 435
  20. Kiedis 2007, p. 404
  21. Kiedis 2007, p. 409
  22. a, b et c Kiedis 2007, p. 407
  • Autres ouvrages
  1. Florent Mazzoleni, L'odyssée du rock, Hors Collection, coll. « Gilles Verlant »,‎ 2007, 333 p. (ISBN 978-2-258-07438-5), p. 219
  2. Robert Dimery, Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, Flammarion,‎ 2006 (ISBN 2-0820-1539-4), p. 656

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alan Di Perna, « Guided by Voices », Guitar World,‎ juillet 2006
  2. (en) « The 20 Druggiest Albums Ever », Q, no 287,‎ juin 2010
  3. (en) Helen Dalley, « John Frusciante », Total Guitar,‎ 2002
  4. (en) « Review: Californication », Q,‎ juin 1999, p. 112
  5. (en) Fred Shuster, « Sound Check », Los Angeles Daily News,‎ 18 juin 1999 (lire en ligne)
  6. a et b (en) Mark Woodlief, « Red Hot Chili Peppers Funking: The Power of Positive », Ray Gun, no 70,‎ août 1999
  7. (en) Tim Anderson, « How CDs are remastering the art of noise », The Guardian,‎ 17 janvier 2007 (lire en ligne)
  8. (en) Alona Wartofsky, « Woodstock '99 Goes Up in Smoke », The Washington Post,‎ 27 juillet 1999 (lire en ligne)
  9. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) Matt Blackett, « Return of the Prodigal Son », Guitar Player,‎ septembre 1999

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Behind the Music: Red Hot Chili Peppers episode, 2002, VH1
  2. a, b et c (en) « Gold & Platinum », sur riaa.com (consulté le 9 mai 2014)
  3. (en) Steve Huey, « Blood Sugar Sex Magic » (consulté le 27 avril 2013)
  4. (en) Stephen Thomas Erlewine, « One Hot Minute review », sur Allmusic (consulté le 12 juin 2012)
  5. a et b (en) « John Frusciante Biography - P.2 », sur invisble-movement.net (consulté le 27 avril 2013)
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