Californication (album)

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Californication est le septième album studio du groupe de rock californien Red Hot Chili Peppers, sorti le sous le label de Warner Bros. Produit par Rick Rubin, cet album marque le retour à la guitare de John Frusciante, qui avait quitté le groupe après la sortie de l'album Blood Sugar Sex Magik en 1991. Le retour de John Frusciante coïncide avec le changement complet du son du groupe, produisant un changement notable dans le style par rapport à la musique enregistrée avec Dave Navarro, son remplaçant. L'essentiel du sujet de l'album intègre diverses connotations sexuelles communément associés au groupe, mais contient aussi des thèmes plus variés que les précédents albums, incluant la luxure, la mort, la contemplation du suicide, la Californie, la drogue, la mondialisation et les voyages.

Californication est l'album des Red Hot Chili Peppers ayant eu le plus grand succès commercial avec 16 millions d'unités vendus dans le monde, dont 5 millions d'album aux États-Unis. En 2002, l'album s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires en Europe. Le disque produit plusieurs hits pour le groupe, comprenant Otherside, Californication et a reçu un Grammy Award pour Scar Tissue. Californication atteint la troisième place dans le Billboard 200. L'enregistrement de cet album marque un changement significatif dans le style musical du groupe. Greg Tate du magazine Rolling Stone note qu'« alors que tous les précédents projets des Red Hot Chili Peppers étaient très animés, Californication a osé être spirituel et épiphanique ».

Historique[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

Californication marque le retour de John Frusciante au sein du groupe.

Avec trois albums à leur actif en juin 1988, les Red Hot Chili Peppers sont en état de choc suite à l'overdose d'héroïne de leur guitariste Hillel Slovak. Le batteur Jack Irons part alors en dépression et quitte le groupe[1]. Après quelques tâtonnements[k 1],[a 1],[k 2], la formation se stabilise autour d'Anthony Kiedis au chant, de Flea à la basse, de John Frusciante à la guitare et de Chad Smith à la batterie[a 2]. Ils sortent Mother's Milk à la mi-août 1989 : l'album se révèle être le premier succès des Red Hot Chili Peppers, obtenant un disque d'or aux États-Unis[2].

Après un changement de label en 1990[k 3], ils enregistrent leur cinquième opus avec Rick Rubin en six semaines[k 4]. Blood Sugar Sex Magik sort en septembre 1991 et remporte un immense succès international[3]. Incapable de gérer la pression liée à leur nouveau statut, Frusciante sombre dans la drogue et finit par quitter le groupe en mai 1992[k 5],[1]. Arik Marshall termine la tournée à sa place, puis est remplacé par Dave Navarro, de Jane's Addiction[k 5],[k 6]. Son arrivée influence One Hot Minute, le sixième album studio des Red Hot Chili Peppers sorti en septembre 1995, avec divers éléments d'heavy metal et de rock psychédélique, des genres musicaux que le groupe avait peu expérimenté jusque là[4]. Deux fois moins vendus que son prédécesseur et descendu par la critique, Navarro fait les frais des mauvaises performances du disque et paye ses divergences avec Kiedis : il est renvoyé en avril 1998[k 7],[k 8],[1].

Flea continue de rendre visite régulièrement à Frusciante après son départ, mais ce dernier se révèle instable et dangereux à cause de sa forte dépendance à l'héroïne et à la cocaïne[5]. Malgré le décès par overdose de son ami River Phoenix et un documentaire de Johnny Depp intitulé Stuff sur ses conditions de vie sordides en 1993[6], la destruction de ses guitares et albums lors de l'incendie de sa maison le brûlant à plusieurs endroits et une overdose qui manque de le tuer en 1996[p 1],[p 2], il sort deux albums solos en 1994 et 1997 dans le but avoué de pouvoir s’approvisionner en drogues avec les ventes[7]. Conseillé par ses amis et finalement décidé à retrouver la santé, il intègre un centre de désintoxication à Pasadena en janvier 1998 pour un mois, puis subit plusieurs opérations afin d'effacer les séquelles des drogues sur son corps et décide de changer de style de vie : il pratique l'ascétisme, l'abstinence sexuelle, le yoga et change d'alimentation[k 9],[5].

Navarro renvoyé, Flea propose à Kiedis le retour de Frusciante, celui-ci étant libéré de ses addictions. Le chanteur approuve et le bassiste se rend chez Frusciante pour lui annoncer la nouvelle[f 1]. Ce dernier lui répond que « rien ne pourrait le rendre plus heureux »[k 9]. Officiellement réintégré, le groupe rejoue ensemble pour la première fois en six ans la même semaine et planifie l'enregistrement d'un futur album[k 10],[o 1].

Écriture et enregistrement[modifier | modifier le code]

L'album est majoritairement composé à l'été 1998, dans leurs maisons. Kiedis et Frusciante passent des journées entières à discuter de la réalisation des chansons, des riffs de guitare et du contenu des paroles. Les éléments de basse et de percussions sont réalisés lors de jam sessions et grâce au travail personnel de Flea et Smith[k 11].

Après deux albums avec Rick Rubin à la production, les Red Hot CHili Peppers décident de chercher quelqu'un d'autres pour réaliser Californication[k 12]. David Bowie montre d'ailleurs un grand intérêt pour travailler avec la formation et se propose comme producteur. Mais le quatuor choisit finalement de garder Rubin car il leur laisse carte blanche dans la composition de leurs chansons, ce qui est nécessaire à leurs yeux[k 13],[k 14],[k 15],[k 12]. Le retour de Frusciante harmonise la vie du groupe et l'enregistrement qui a lieu aux studios Cello, de Los Angeles de décembre 1998 à mars 1999. Il fait découvrir aux autres son nouveau style de vie et dévoile davantage son amour inconditionnel pour la musique. Smith déclare qu'« il respire l'art et la musique jour et nuit, c'est devenu sa raison d'être »[f 2]. Le guitariste confirme à plusieurs reprises la réalisation de ce disque est celle qu'il a préféré[p 3].

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Sortie et promotion[modifier | modifier le code]

Après l'enregistrement en studio, le groupe présente les chansons Scar Tissue, Otherside et Californication à leurs managers. Ils décident alors que la première chanson serait le premier single. Sorti quinze jours avant l'album, Scar Tissue prend, au mieux, la neuvième place du classement des ventes de singles aux États-Unis[8], la quinzième de son homologue britannique et la soixante-sixième en France[9],[10]. En parallèle, les Red Hot Chili Peppers confirment le retour de Frusciante et commencent la promotion de leur nouvel opus en organisant un concours qui propose aux élèves des lycées dans lesquels ils se rendent d'écrire un essai sur « comment rendre leurs écoles meilleures, plus sûres et plus heureuses, de sorte qu'ils n'aient plus peur d'y aller ». Les participants se voient offrir un billet gratuit pour le concert qu'ils donnent lors du bal du lycée[k 12]. Californication sort le 9 juin 1999.

En mars 2006, Californication est mis en vente sur le iTunes Music Store, dans une version incluant de nouveaux titres inédits : Dance Fat, Over Funk et Quixoticelixer[11].

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Californication reçoit des critiques globalement positives. Ainsi, Greg Prato, pour Allmusic, déclare qu'avec cet album, « les Red Hot Chili Peppers renaissent de leurs cendres tel un phénix » et que « la raison évidente de cette renaissance est le retour de Frusciante », estimant qu'il est le « guitariste des Red Hot Chili Peppers par excellence ». Avec Kiedis à son sommet vocalement, le journaliste considère le disque comme « un véritable classique du groupe »[12]. Greg Tate, du Rolling Stone, partage son avis sur le chant : « ses cordes vocales ont visiblement été touchées à certains moments et lors de sa cure de désintoxication mais toute la gamme est désormais revenue, avec le corps, la hauteur, la sentimentalité et la sensibilité mélodique »[19]. Le résultat est, selon lui, « spirituel et épiphanique » et mène la formation « vers le Graal du funk »[19]. Le critique Robert Christgau considère d'ailleurs qu'ils rentrent dans « une nouvelle Ère »[15].

David Browne, d'Entertainment Weekly, et Matthijs van der Lee, de Sputnikmusic, attribuent également l'évolution positive de la musique des Red Hot Chili Peppers au retour de Frusciante, le premier lui reconnaissant « un son plus détendu, moins grinçant, et d'une façon, plus introspectif que jamais »[16], tandis que le second n'hésite pas à affirmer que le groupe aurait été très loin de réaliser un tel disque sans lui. Ce dernier pointe les progrès du guitariste « à avoir une approche plus optimiste dans la composition de ses mélodies », mais met aussi l'accent sur la voix de Kiedis, « désormais capable de chanter clairement avec de l'émotion et presque de la douceur »[20]. Brent DiCrescenzo, pour Pitchfork Media, partage cet avis, louant la qualité de jeu de Frusciante au point d'en faire « le meilleur guitariste américain de rock du moment » et dénigrant tout de même les paroles des chansons qu'il trouve « déplacées ». Néanmoins, il considère que les « Red Hot Chili Peppers sont ce qui se rapprochent le plus de Led Zeppelin aujourd'hui. Ce sont les seuls à pouvoir fournir de la musique de qualité, commerciale et qu'on peut écouter en voiture ou avec des écouteurs ; à pouvoir remplir des stades et à être des champions du rock »[18].

Mark Woodlief, journaliste du Ray Gun (en), note l'équilibre de l'album entre base de guitare acoustique et rock rythmé, parsemé de passages disco ou aux accents de western, et compare certaines « envolées de Frusciante » à celle de Hendrix[p 6]. Pour Dennis O'Dell, de la BBC, c'est également la preuve que « ce sont bien plus que des fêtards prêts à retourner une ville », mais également celle qu'ils font partie des meilleurs groupes au monde, leur notoriété d'aujourd'hui étant encore grandement liée à cette renaissance[14]. Stephen Thompson, de l'A.V. Club, admet ainsi que si les gens doivent chercher un bon album des Red Hot Chili Peppers, Californication ne doit pas être raté[13]. Le magazine NME voit dans la chanson homonyme une vague ressemblance au Stairway to Heaven de Led Zeppelin, mais semble surtout déçu de ne pas retrouver le son funk emblématique du groupe : « Pouvons-nous récupérer de notre mort cérébrale, de cet animal rock à moitié habillé en funk-hop, s'il-vous-plait ? Toute cette fausse empathie me donne la chair de poule »[17].

Relativement épargné à sa sortie, l'album est par la suite régulièrement cité parmi les disques victimes de la guerre du volume. Trop fort, il souffre de fait de clipping numérique et le Stylus Magazine (en) estime par conséquent que même « un consommateur non-audiophile s'en plaindrait »[21]. Tim Anderson, du Guardian, évoque pour sa part « une compression et une distorsion excessive » dans le processus de matriçage numérique[p 7].

Succès commercial et postérité[modifier | modifier le code]

Californication débute à la troisième place du Billboard 200[22], classement américain des ventes d'albums, avec quasiment 200 000 exemplaires vendus la première semaine[23]. Il obtient une place de mieux au Canada[24] et prend la tête des classements de ventes en Australie et en Nouvelle-Zélande[25],[26]. En Europe, il observe également de très bons résultats puisqu'il se classe premier en Finlande et en Norvège[27],[28], deuxième en France[29], cinquième au Royaume-Uni[30], et régulièrement dans les cinq, voire trois premiers dans les autres pays.

Conséquences de ses bonnes ventes, l'album est certifié disque d'or et disque de platine un mois et demi après sa sortie aux États-Unis, et y est depuis quintuple disque de platine depuis janvier 2003, soit plus d'un demi-million de copies écoulées[2]. Il est aussi octuple disque de platine en Nouvelle-Zélande[31], et sextuple disque de platine en Australie et au Canada[32],[33]. En Allemagne, comme l'atteste sa présence de 114 semaines aux Media Control Charts, Californication est l'album le plus vendu du groupe : triple disque d'or avec plus de 750 000 exemplaires vendus[34],[35]. Il est également quadruple disque de platine au Royaume-Uni, soit plus d'un million d'unités vendues, ainsi que multiples disque de platine dans d'autres pays européens[36]. Il est certifié double disque d'or dans l’Hexagone après six mois, synonyme de 200 000 ventes[37], et est par ailleurs double disque de platine en Argentine et au Brésil[38],[39]. En 2009, l'album demeure le plus grand succès du groupe avec plus de 15 millions d'exemplaires vendus dans le monde[40]. En juillet 2011, 5,6 millions de copies avaient été écoulées dans son pays d'origine, soit près d'un tiers des ventes mondiales[41].

Lors de la 42e cérémonie des Grammy Awards qui se déroule au Staples Center de Los Angeles le 23 février 2000, les Red Hot Chili Peppers sont récompensés du Grammy Award de la meilleure chanson rock pour Scar Tissue[42]. Même si l'album n'est pas directement récompensé par un prix à sa sortie, il reste populaire dans les années qui suivent. Ainsi, dès 2001, le magazine Rock hard le classe 214e de son « Top 300 Albums »[43]. Deux ans plus tard, le Rolling Stone le met à la 401e place de ses « 500 plus grands albums de tous les temps », ajoutant que « le gémissement amical de Kiedis et le retour de Frusciante ont permis la composition de chansons magnifiques telles que Scar Tissue »[44]. L'édition allemande du magazine le place 189e de son classement l'année suivante[45]. En 2006, il figure dans Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie de Robert Dimery[o 2], dans les « 200 meilleurs albums des années 1990 » des magazines britanniques Classic Rock et Metal Hammer et en 89e position des « 100 meilleurs albums de la période 1993-2006 » par Mojo[43].

Classements et certifications[modifier | modifier le code]

Meilleures positions de Californication dans les classements musicaux
Classement musical Meilleure position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[46] 2
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA)[25] 1
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[47] 2
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop)[48] 6
Drapeau de la Belgique Belgique (Wallonie Ultratop)[49] 13
Drapeau du Canada Canada (Canadian Albums)[24] 2
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard 200)[22] 3
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae)[50] 68
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[27] 1
Drapeau de la France France (SNEP)[29] 2
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[51] 7
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[26] 1
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[28] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Mega Album Top 100)[52] 2
Drapeau de la Pologne Pologne (ZPAV)[53] 22
Drapeau du Portugal Portugal (AFP)[54] 2
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[30] 5
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[55] 1
Drapeau de la Suisse Suisse (Schweizer Hitparade)[56] 3
Certifications de Californication
Pays Ventes Certifications
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (BVMI) 750 000 + Disque d'or 3 × Or[35]
Drapeau de l’Argentine Argentine (CAPIF) 120 000 + Disque de platine 2 × Platine[38]
Drapeau de l'Australie Australie (ARIA) 560 000 + Disque de platine 6 × Platine[32]
Drapeau de l'Autriche Autriche (IFPI Autriche) 100 000 + Disque de platine 2 × Platine[57]
Drapeau de la Belgique Belgique (BEA) 50 000 + Disque de platine Platine[58]
Drapeau du Brésil Brésil (ABPD) 500 000 + Disque de platine 2 × Platine[39]
Drapeau du Canada Canada (Music Canada) 600 000 + Disque de platine 6 × Platine[33]
Drapeau de l'Espagne Espagne (Promusicae) 200 000 + Disque de platine 2 × Platine[59]
Drapeau des États-Unis États-Unis (RIAA) 560 000 + Disque de platine 5 × Platine[2]
Drapeau de la Finlande Finlande (IFPI-FIN) 60 000 + Disque de platine Platine[60]
Drapeau de la France France (SNEP) 200 000 + Disque d'or 2 × Or[37]
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI) 300 000 + Disque d'or Or[61]
Drapeau de la Norvège Norvège (IFPI Norvège) 25 000 + Disque d'or Or[62]
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RMNZ) 120 000 + Disque de platine 8 × Platine[31]
Drapeau de la Pologne Pologne (ZPAV) 100 000 + Disque de platine Platine[63]
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI) 1 200 000 + Disque de platine 4 × Platine[36]
Drapeau de la Suède Suède (GLF) 160 000 + Disque de platine 2 × Platine[64]
Drapeau de la Suisse Suisse (IFPI Suisse) 100 000 + Disque de platine 2 × Platine[65]

Tournées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Californication Tour.

Dix jours après la sortie de l'album, les Red Hot Chili Peppers embarquent pour une tournée mondiale, simplement intitulée Californication Tour, qui débute avec trois dates aux États-Unis, dont la dernière est le festival de Woodstock 1999, devenu tristement célèbre pour la violence qui en a résulté[k 16],[66]. Le groupe est informé quelques minutes avant d'arriver que la foule et les feux de joie dans les champs sont hors de contrôle[k 16]. Mais la situation dégénère encore plus lorsqu'ils achèvent leur concert en rendant hommage à Jimi Hendrix avec la chanson Fire : plusieurs femmes faisant du slam et participant au mosh sont violées, tandis que des propriétés avoisinantes sont pillées et détruites[k 12],[p 8],[67]. Kiedis estime qu'« il était clair que cela n'avait plus rien à voir avec Woodstock. Ce n'était plus un symbole de paix et d'amour, mais de cupidité et d'enrichissement... Nous nous sommes réveillés, dénigrés par les journaux et les stations de radio pour avoir joué Fire »[k 12].

Le groupe lance une courte tournée européenne par un concert gratuit sur la place Rouge de Moscou, le 14 août, devant une foule de plus de 200 000 personnes. Celle-ci est « tellement remplie d'un bout à l'autre qu'[ils] ont besoin d'une escorte policière pour accéder à la scène »[k 17]. Ils jouent notamment aux arènes de Nîmes le 25, au Zénith de Paris le 26, au festival Pukkelpop en Belgique le 27 et terminent par les Reading and Leeds Festivals les 29 et 30[68],[69],[70]. Ils se produisent début octobre à l'Estacion Mapocho (en) de Santiago, au Luna Park de Buenos Aires, au Credicard Hall de São Paulo et au Palais des sports de Mexico[68]. Pour la sortie du single Around the World le 26 octobre, la formation donne un concert au Windows on the World, un restaurant situé au 107e étage du World Trade Center[k 18],[71]. Les Red Hot Chili Peppers reviennent ensuite en Europe jusqu'à la fin du mois de novembre, avec un passage à la Wembley Arena le 6, à Bercy le 16 et à la patinoire de Mériadeck, à Bordeaux, le 18 notamment. Nommés dans deux catégories aux Billboard Music Awards 1999[72], ils font une apparition sur la scène du MGM Grand Las Vegas, puis terminent l'année par quatre concerts en Californie[68].

L'an 2000 commence par cinq dates au Japon début janvier, dont trois au Nippon Budokan de Tokyo. Les Red Hot Chili Peppers s'envolent ensuite pour la Nouvelle-Zélande et l'Australie pour le Big Day Out, où ils sont tête d'affiche[k 18],[73]. Ils remontent sur scène fin mars pour une tournée nord-américaine qui dure jusqu'au 22 septembre. Au cours de celle-ci, ils jouent plus de soixante-dix concerts dans les plus grandes villes du pays, telles que Austin, Baltimore, Dallas, Houston, New York, Phoenix ou encore Portland[73]. Avec l'enchaînement des dates, Flea commence cependant à ressentir de la fatigue et force le groupe à mettre en place des spectacles moins pénibles, par conséquent moins rémunérateurs pour eux[k 19]. Après les représentations au Bridge School Benefit (en) les 28 et 29 octobre et au KeyArena de Seattle les 5 et 6 novembre, le Californication Tour s'achève par la cérémonie des VH1 Music Awards le 30 novembre après un peu plus d'un an et une centaine de concerts[73].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Thèmes et composition[modifier | modifier le code]

Cet album est un changement de style pour les Red Hot Chili Peppers, surtout par rapport à One Hot Minute, qui combine divers éléments de heavy metal et de rock psychédélique, alors que Californication présente quelques chansons funk rock comme Around the World, Get on Top, I Like Dirt, Purple Stain et Right on Time. Le groupe compose également plus de riffs mélodiques, comme sur Otherside et Scar Tissue, et se focalise sur des chansons plus structurées[16]. Pour cette dernière, Frusciante se sert d'une technique qu'il avait déjà expérimenté en 1994 sur son premier album solo Niandra LaDes and Usually Just a T-Shirt : il construit sa ligne de guitare avec deux notes éloignées pour produire un « rythme cool ». Il considère que c'est « un exemple très simple de la technique, mais [il] pense que ça se rapproche de [son] style ». Il y utilise aussi un bottleneck pour les solos[p 9].

Get On Top est réalisée après une jam session alors que Frusciante vient d'écouter Public Enemy peu de temps avant : « en venant répéter, je tapais du pied au rythme de la chanson ». Initialement prévu pour être plus remarquable, le solo de guitare joué au milieu de la chanson reste finalement sobre, malgré l'utilisation intensive de la pédale wah-wah. Le guitariste explique qu'il pensait faire comme Steve Howe, de Yes, sur Siberian Khatru, où « le son du groupe est vraiment bon, ils jouent très vite, et ce solo de guitare qui prend le dessus, c'est vraiment beau, comme s'il venait de le sortir de son imagination ». Mais il change d'avis pour « avoir quelque chose qui contraste entre le solo et le fond »[p 9]. Le morceau Savior comporte beaucoup d'effets, dont les principaux sont réalisés avec une pédale Micro Synth de chez Electro-Harmonix, avec 16 secondes de délai[p 9]. Frusciante s'est « directement inspiré des solos de Eric Clapton et de Cream » et « a modifié le son avec des effets »[p 9].

Le single Around the World, qui se rapproche de l'influence funk du groupe, est composé par Frusciante à son domicile. Le rythme et le tempo sont toutefois complexes, ce qui l'oblige à la jouer avec le reste du groupe plutôt que seul, le but étant pour eux de bien la comprendre. Le lick de la basse est composé en « environ 15 minutes » selon Frusciante[p 9]. Quant à Californication, elle se révèle être difficile à réaliser pour le groupe : ils rencontrent des difficultés pour jouer l'ensemble de guitares, que Frusciante a écrit dans le but d'être associé aux paroles lyriques et poignantes, et l'auraient abandonnée si Kiedis n'avait pas insisté pour l'inclure sur l'album. Le guitariste prend exemple sur Carnage Visors des Cure pour son riff final[k 20],[p 9].

Écrites par Kiedis, les paroles de Californication se basent sur ses idées, ses perspectives, sa perception de la vie et sa signification[k 21]. Tout au long de l'album, le chanteur fait également part de ses réflexions autour de l'amour, pour lesquelles il s'inspire de sa relation avec la styliste Yohanna Logan (en). Les chansons Porcelain et This Velvet Glove en sont notamment empruntes[a 3]. Néanmoins, le titre Emit Remmus, summer time épelé à l'envers, provient de sa courte relation avec Melanie Chisholm des Spice Girls[74]. Porcelain témoigne aussi de sa rencontre avec une jeune mère à la YMCA, qui tente de combattre son alcoolisme tout en vivant avec sa petite fille[k 21].

Le sarcasme est également un thème récurrent chez Kiedis, mais cette fois, il fait référence à l'ancien membre du groupe Dave Navarro, qu'il considère comme le « roi du sarcasme »[k 22]. La chanson éponyme est destinée à représenter le mode de vie californien et plus précisément son « côté superficiel », souvent associé à Hollywood. Il fait référence à Kurt Cobain de Nirvana et utilise de nombreuses métaphores pour montrer le caractère évocateur de la Californie[k 20].

Pochette et illustrations[modifier | modifier le code]

Fiche Technique[modifier | modifier le code]

Liste des chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par Red Hot Chili Peppers

No Titre Durée
1. Around the World 3:58
2. Parallel Universe 4:30
3. Scar Tissue 3:37
4. Otherside 4:15
5. Get on Top 3:18
6. Californication 5:21
7. Easily 3:51
8. Porcelain 2:43
9. Emit Remmus 4:00
10. I Like Dirt 2:37
11. This Velvet Glove 3:45
12. Savior 4:52
13. Purple Stain 4:13
14. Right on Time 1:52
15. Road Trippin' 3:25

Interprètes[modifier | modifier le code]

Red Hot Chili Peppers
Musiciens supplémentaires

Équipe de production[modifier | modifier le code]

Personnel de production

Références[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) Jeff Apter, Fornication: The Red Hot Chili Peppers Story, Omnibus Press,‎ , 389 p. (ISBN 978-1844493814)
  1. Apter 2004, p. 173
  2. Apter 2004, p. 179-181
  3. Apter 2004, p. 244-251
  • Anthony Kiedis et Larry Sloman (trad. Cécile Pourmin), Scar Tissue, Flammarion, coll. « Pop culture »,‎ , 439 p. (ISBN 978-2-0806-8802-6)
  • Autres ouvrages
  1. Florent Mazzoleni, L'odyssée du rock, Hors Collection, coll. « Gilles Verlant »,‎ , 333 p. (ISBN 978-2-258-07438-5), p. 219
  2. Robert Dimery, Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie, Flammarion,‎ (ISBN 2-0820-1539-4), p. 656

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  1. (en) Alan Di Perna, « Guided by Voices », Guitar World,‎
  2. (en) « The 20 Druggiest Albums Ever », Q, no 287,‎
  3. (en) Helen Dalley, « John Frusciante », Total Guitar,‎
  4. (en) « Review: Californication », Q,‎ , p. 112
  5. (en) Fred Shuster, « Sound Check », Los Angeles Daily News,‎ (lire en ligne)
  6. a et b (en) Mark Woodlief, « Red Hot Chili Peppers Funking: The Power of Positive », Ray Gun, no 70,‎
  7. (en) Tim Anderson, « How CDs are remastering the art of noise », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Alona Wartofsky, « Woodstock '99 Goes Up in Smoke », The Washington Post,‎ (lire en ligne)
  9. a, b, c, d, e et f (en) Matt Blackett, « Return of the Prodigal Son », Guitar Player,‎

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c  (2002). Behind the Music: Red Hot Chili Peppers episode [Production de télévision]. VH1.
  2. a, b et c (en) « Gold & Platinum », sur riaa.com (consulté le 9 mai 2014)
  3. (en) Steve Huey, « Blood Sugar Sex Magic » (consulté le 27 avril 2013)
  4. (en) Stephen Thomas Erlewine, « One Hot Minute review », sur Allmusic (consulté le 12 juin 2012)
  5. a et b (en) « John Frusciante Biography - P.2 », sur invisble-movement.net (consulté le 27 avril 2013)
  6. (en) Alex Zafiais, « Blood Sugar Sex Magic: Damaged Genius John Frusciante is Back, Again! »,‎ (consulté le 27 avril 2013)
  7. (en) « Smile from the Streets You Hold », sur johnfrusciante.com (consulté le 27 avril 2013)
  8. (en) « Red Hot Chili Peppers - Chart history », sur Billboard (consulté le 25 mai 2015)
  9. (en) « Official Charts Company », sur officialcharts.com (consulté le 25 mai 2015)
  10. « lescharts.com - Red Hot Chili Peppers - Scar Tissue », sur lescharts.com (consulté le 25 mai 2015)
  11. (en) « Billboard Bits: Coachella, Red Hot Chili Peppers, Zakk Wylde », sur billboard.com (consulté le 18 décembre 2012)
  12. a et b (en) Greg Pato, « Californication - Red Hot Chili Peppers », Allmusic (consulté le 4 septembre 2012)
  13. a et b (en) Stephen Thompson, « Review: Californication », sur avclub.com,‎ (consulté le 4 septembre 2012)
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