Compresseur (audio)

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Page d'aide sur l'homonymie À ne pas confondre avec la compression de données audio, qui réduit la taille des données de fichiers audio.

Dans le domaine du traitement du signal sonore, le compresseur a pour mission de réduire la dynamique du signal.

Il peut sagir d'un module électronique intégré à une console, un périphérique matériel dans un rack externe ou un plug-in logiciel dans une station audio-numérique.

Un rack de compresseurs analogiques dans un studio d'enregistrement

Principe[modifier | modifier le code]

La relation entre le niveau d'entrée, le niveau de sortie et la réduction de gain du compresseur.

Un compresseur est un amplificateur dont le gain varie, relativement lentement, en fonction de la valeur du signal à son entrée.

Un circuit détecteur d'enveloppe donne la valeur efficace du signal d'entrée. Ce signal d'enveloppe est comparé à une tension de seuil (threshold). La sortie du comparateur est à zéro en dessous du seuil, et est égale au signal d'enveloppe au dessus. Cette sortie charge un condensateur à travers une diode et une résistance variable que règle l'utilisateur. Cette résistance étiquetée attack (attaque) constitue avec le condensateur une constante de temps de charge qui détermine la rapidité de l'action du compresseur. Le condensateur se décharge à travers une autre résistance, également ajustée par l'utilisateur, étiquetée release (temps de relâchement). Ce circuit résistance-condensateur détermine une deuxième constante de temps, qui détermine la rapidité du retour à zéro après un dépassement du seuil.

L'élément qui traite le signal est un amplificateur contrôlé en tension (VCA), c'est-à-dire un amplificateur dont le gain, au lieu d'être réglé par un potentiomètre, dépend de la tension présente à une entrée spéciale dite entrée de contrôle. Dans le compresseur, l'entrée de contrôle est reliée aux bornes du condensateur par un amplificateur dont l'utilisateur peut régler le gain avec un potentiomètre étiqueté ratio, de telle sorte que quand la tension à ce point est nulle, le gain est nominal, et quand elle augmente, le gain diminue, atténuant le signal. L'utilisateur peut contrôler ce gain nominal par un potentiomètre étiqueté make-up gain (gain de compensation).

  • Si le ratio est de 1, le gain ne varie pas, le compresseur est un simple amplificateur.
  • Si le ratio est ∞ (infini), un signal constant ne peut pas dépasser le seuil.
Avec un ratio très supérieur à 1 
  • Si les temps d'attaque et de relâchement étaient nuls, l'amplificateur distordrait gravement le signal : tout le dispositif ne serait autre qu'un amplificateur non-linéaire.
  • Si les temps d'attaque et de relâchement étaient très longs, le gain de l'amplificateur ne changerait pratiquement pas, et il n'y aurait aucune distorsion dans la bande passante.
  • Si le temps d'attaque est nul ou très bref et que le temps de relâchement est long, il n'y a de distorsion que dans les transitoires, à l'instant où le compresseur intervient ; mais le niveau de toute partie qui suit un passage fort se trouve réduit.

En production musicale, on règle le compresseur pour obtenir une modification du timbre plaisante. En production audiovisuelle ou publicitaire, on l'utilise pour rehausser le niveau des voix enregistrées. On l'utilise aussi pour augmenter le niveau d'ensemble d'un enregistrement, dans le cadre de la guerre du volume.

Les compresseurs présentent généralement des instruments indiquant les niveaux d'entrée et de sortie ainsi que la réduction de gain courante.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le traitement du signal se fait au niveau électronique en analogique ou par calculs logiciel (algorithme) en numérique.

Un compresseur réduit le niveau du signal audio quand son amplitude dépasse un certain seuil (threshold) exprimé en Décibel. Cette réduction de gain est déterminée par le ratio choisi: un rapport de 4:1 signifie pour un niveau d'entrée de 4 dB au-dessus du threshold, que le niveau de sortie sera de 1 dB au-dessus du threshold. Le gain (niveau) est donc réduit de 3 dB:

Threshold = −10 dB (exprimé en dBFS)
Input = −6 dB (4 dB au-dessus du threshold ou seuil)
Output = −9 dB (1 dB au-dessus du threshold)
 S-T=(E-T)/R

Où E et S sont les amplitudes des signaux d'Entrée et de Sortie, T le seuil (Threshold) et R le taux de compression (Ratio).

Le compresseur agit donc dans le temps (durée) de façon variable suivant ses propres réglages, ou quand ils sont paramétrables, ceux de l’utilisateur.

Utilisation[modifier | modifier le code]

En fonction des différents réglages, le compresseur audio a pour effets et rôles de :

  • Réduire la dynamique sonore d'un signal et/ou le « densifier » (on appelle dynamique ou amplitude dynamique d'un signal l'écart (mesuré en dB) entre l'amplitude la plus forte du signal et l'amplitude la plus faible, en rapport au niveau du bruit de fond) ;
  • Compenser de trop grandes variations de dynamique acoustique et naturelle.
  • « faire rentrer une voix ou un instrument dans le mixage » (faire, par exemple, que l'instrument joue toujours dans une fenêtre de dynamique réduite, sans qu'il couvre la voix du chanteur ou qu'il disparaisse derrière elle[1].
  • Protéger les enceintes ou les émetteurs de pics de niveau trop importants et destructeurs, en atténuant (c.-à-d. « limitant ») ces derniers. Dans ce cas, le compresseur est appelé limiteur (Mode: (en)Brick Wall, avec un temps d'attaque tres rapide (1) et une compression infinie ∞:1) .

Un ingénieur du son utilise le compresseur sur une source individuelle ou sur un mélange partiel ou global afin d'en réduire la dynamique et d'enregistrer de façon optimale en évitant les niveaux dépassant la limite (distorsion et clipping). Il peut aussi modifier volontairement le caractère et la nature du son d'un instrument[2].

Réglages[modifier | modifier le code]

Différents taux de compression

Les indications de la plupart des appareils, de fabricants anglophones et destinés à un marché mondial, sont en anglais. Dans certains milieux professionnels, on appelle aussi DRC (« Dynamic range compression ») les compresseurs de dynamique.

Seuil (threshold)[modifier | modifier le code]

Le seuil de compression (threshold) est le niveau (en dB) à partir duquel se déclenche la compression. Le compresseur réduit le niveau du signal si ses amplitudes excèdent le seuil choisi.

Ratio (rapport)[modifier | modifier le code]

Le ratio détermine le rapport de gain entre la dynamique du signal à l'entrée et à la sortie du compresseur (input/output) pour un signal dépassant le seuil de compression. Par exemple, un ratio de 4:1 signifie qu'un signal entrant, au-delà du seuil de compression, verra sa dynamique réduite par un facteur 4 (input=20dB de dynamique au-dessus du seuil, output=5dB de dynamique).

Attack et release (temps d'attaque et de retour)[modifier | modifier le code]

Le temps d'attaque et de retour d'un compresseur.
  • Attack (temps d'attaque) : exprimé en millisecondes ou même en fractions de millisecondes, c'est le temps à partir duquel le compresseur commence à intervenir sur un signal qui dépasse le seuil de déclenchement (threshold). Des temps d'attaque longs permettent d'intervenir sur le signal de manière subtile/inaudible mais peuvent empêcher le compresseur de jouer efficacement son rôle. À l’inverse, des temps d'attaque courts « s'entendent » plus mais permettent de réagir rapidement.
  • Release (temps de retour) : c'est le temps mis par le compresseur pour revenir à son état initial. Ici aussi, des réglages extrêmes peuvent dénaturer le son de manière très audible (effet de « pompage »). Cet effet peut d'ailleurs être voulu pour des raisons artistiques (notamment dans le rock, la musique techno, etc.)

Certains compresseurs disposent d'une position automatique de réglage de gain, attack et release, variant avec la quantité de signal traitée.

Soft et hard knees (arrondi du seuil de compression)[modifier | modifier le code]

Courbes de seuil de compression: Hard Knee et Soft Knee

.

Correspond (littéralement) au genou, le "knee" est formé par le point de jonction entre le comportement linéaire du compresseur (pas de compression, sortie = entrée), et le début de la compression, situé au niveau du seuil.

Ainsi, le "soft knee" permet une entrée en action plus discrète du compresseur et paramétrable, le "coude" est arrondi. Le "hard knee" fait référence au comportement classique d'un compresseur.

En exploitant la non-linéarité de l'amplification due à la saturation des tubes ou des transistors, on obtient aussi un son "compressé", très recherché par les guitaristes (cependant le son "lampe" n'est pas dû qu'à la compression, la distorsion[3] (saturation) harmonique joue un rôle).

Peak vs (versus) RMS[modifier | modifier le code]

La détection d'un pic de niveau du signal peut produire des changements très rapides dans la réduction du gain, une compression trop audible (une sensation d'écrasement) ou parfois même de la distorsion. Certains compresseurs appliquent une fonction de détection du signal dite moyenne valeur efficace (dite aussi valeur RMS, de l'anglais Root Mean Square, ou moyenne quadratique).

Cela permet une compression moins sensible et plus étroitement liée à notre perception de l'intensité sonore.

Couplage entre plusieurs compresseurs[modifier | modifier le code]

Couplage stéréo[modifier | modifier le code]

Le couplage, (Stereo Linking), entre deux compresseurs consiste à appliquer les mêmes réglages, à la fois aux canaux gauche et droit.

Ceci pour empêcher que l'image stéréo ne dévie (ou flotte) latéralement. Ce qui se produit si chaque canal est compressé individuellement et dans le cas où la compression sur un canal est plus forte que celui de l'autre.

Le chaînage peut être réalisé de deux manières :

  • Soit en mesurant la somme des deux compresseurs mono en entrée.
  • Soit, le compresseur calcule d'une façon indépendante pour chaque canal et puis applique la réduction de gain la plus élevée aux deux compresseurs[4]).

Couplage multicanal[modifier | modifier le code]

Le couplage multicanal consiste à chaîner les commandes de plusieurs compresseurs dans le cas d'un enregistrement ou d'un mixage multicanal[5].

Makeup gain (compensation de gain)[modifier | modifier le code]

Le Makeup gain (rattrapage de gain après compression). Le compresseur a pour fonction de réduire le gain (ou le niveau) du signal, le make-up gain est généralement prévu pour compenser cette perte de niveau due à de fortes compressions.

Look-ahead (pré lecture)[modifier | modifier le code]

Le look-ahead (lit.: voir en avant) est conçu pour résoudre à temps le problème de la détection des transitoires d'attaque.

Le look-ahead permet d'obtenir de bons compromis entre les temps d'attaque lents qui laissent passer les transitoires d'attaque, et les taux d'attaque rapide capable de capturer les transitoires. Une grosse transitoire peut avoir pour conséquence un trop fort taux de compression audible et non désiré ainsi que des distorsions.

Le signal d'entrée est divisé en deux, et un côté est retardé de quelques millisecondes. La partie du signal non retardée est utilisée pour détecter, commander la compression du signal retardé, ce qui apparaît alors à la sortie. Cette technique permet un bon compromis. Le prix à payer de cette solution est que le signal est retardé de quelques millisecondes.

Cette technique permet, en numérique, un temps d'attaque égal à zéro (brick-wall). En analogique, sur le magnétophone, une tête de prélecture et une ligne à retard conduit au même résultat.

Side-chain (commande extérieure)[modifier | modifier le code]

Schéma basique d'une commande Side-chain d'un compresseur

La technique du Side-chain a pour principe d'utiliser un signal externe ((en)key), lequel va piloter ((en)trigger) l'action du compresseur en fonction du niveau de ce signal extérieur.

Un exemple d'utilisation complexe du Side-chain

C'est aussi une technique pouvant être utilisée par les disc jockeys pour faire du « ducking »[6] ainsi, éventuellement, qu'au cinéma, la radio et la télévision lors de l'utilisation d'une voix off ou de tout autre signal dont le niveau doit rester dominant.

Dans la musique électronique, l'utilisation de la technique du Side-chain, (par exemple: sur une piste de basse ou sur une piste de ((en)pad) permet au compresseur de ne s'activer qu'à chaque coup de grosse caisse, ((en)kick), afin de ne pas masquer ce dernier. L'effet qui en résulte est une sensation d'aspiration (effet de pompage) de la piste compressée. On le retrouve beaucoup dans la musique dite French Touch.

Un circuit de détection avec Égaliseur, peut aussi être utilisé pour réduire le volume des signaux qui ont un fort contenu spectral dans certaines bandes de fréquences (voir De-esseur, de-poper, gate, etc.).

Autres types de compresseurs[modifier | modifier le code]

Limiteur[modifier | modifier le code]

Comparaison entre le signal limité et le clipping. Notez que clipping introduit une grande quantité de distorsion alors qu'une limitation en introduit seulement une petite quantité tout en gardant le signal dans les limites audibles.

Compresseur et limiteur ne sont pas différents dans le principe. Le limiteur est un compresseur ayant un ratio élevé et, généralement, un temps d'attaque court. La plupart des ingénieurs du son considèrent qu'à partir d'un taux de compression de 10:1 ou plus, le compresseur devient un limiteur[7].

Limiteur dit Brick wall limiteur Celui-ci a un très haut ratio de compression et un temps d'attaque très court. Il est utilisé, par exemple, en diffusion comme dispositif de protection des émetteurs.

Certains appareils électroniques grand public intègrent des limiteurs. Sony utilise un Automatic Volume Limiter System (AVLS), sur certains de ses produits grand public PlayStation Portable, On trouve aussi ce genre de circuits dans les décodeurs télévision chez le téléspectateur Set-top box.

Clipping (audio)

Compression parallèle[modifier | modifier le code]

La compression parallèle est obtenue par le mélange du signal, à l'état brut ou légèrement compressé, avec une version très compressée du même signal, connue sous le nom de Parallel compression (en). Historiquement, cette technique a été utilisée par certains ingénieurs du son en concert et en enregistrement comme un effet artistique dénommé « compression New-yorkaise » ou "compression Motown". Combiner le signal d'origine avec sa variante compressée puis réduire le gain du mélange par une deuxième compression a pour conséquence d'augmenter les détails des bas niveaux sans pour autant, réduire les crêtes (puisque le compresseur va renforcer significativement le gain uniquement aux niveaux faibles).

Compression en série[modifier | modifier le code]

La compression en série est une technique utilisée à l'enregistrement sonore et au mixage. La compression en série est réalisée en utilisant deux ou plusieurs différents compresseurs l'un derrière l'autre, simultanément ou aux diverses étapes de la chaîne sonore (enregistrement, mixage, mastering, diffusions).

Le premier compresseur généralement stabilise la dynamique sonore avec un rapport de compression faible du genre 1,8:1, tandis que le second sera plus agressif avec un ratio de 4:1 par exemple. Existent aussi des périphériques multifonctions (voir ci-après : Compression multibandes)

De-esser[modifier | modifier le code]

Le De-esseur (de-esser en Anglais) utilise souvent un compresseur n'agissant que sur certaines bandes de fréquences, en général aiguës. Il y a, grosso modo, trois modes de fonctionnement:

  • Large bande (à partir d'une certaine fréquence)
  • Multibandes (pour une bande de fréquences déterminée)
  • Dynamique

En général il est utilisé pour diminuer les trop grandes énergies dans les fréquences au-dessus de 7 kHz, Il peut agir aux alentours de la fréquence centrale de 4 kHz afin de diminuer les chuintantes.

D'autres types de compresseur utilisent ces mêmes techniques comme le de-popper[8] (compresse seulement les basses fréquences) etc.

À noter qu'un de-esseur n'est pas nécessairement un compresseur et peut utiliser une technologie totalement différente, comme l'inversion de phase, technologie utilisée par le de-esseur de la marque allemande SPL[9]. Sans compression aucune, l'injection du signal indésirable mais dont la phase est inversée, évite les effets secondaires dus à la compression, tels que les effets de pompe ou la dégradation des fréquences périphériques.

Gate[modifier | modifier le code]

Gate ou "porte"; à un threshold (niveau) déterminé, en général dans les bas niveaux va permettre d'atténuer ou de supprimer le bruit de fond.

Expanseur[modifier | modifier le code]

Expanseur,(à ne pas confondre avec expandeur, Gate ou "porte"; à un threshold (niveau) déterminé, en général dans les bas niveaux, le rapport d'amplification devient positif ou négatif. Ce qui permet de remonter les bas niveaux (positif) ou de les diminuer afin de remonter ou d'atténuer les bas niveaux. [À corriger]

Compression multibandes[modifier | modifier le code]

Les fréquences de croisement d'un compresseur à 4 bandes de fréquences. Ici : 100 Hz, 1 kHz et 10 kHz.

Le compresseur multibande peut agir de façons différentes sur plusieurs bandes de fréquences prédéfinies.

Le compresseur multibande commence par diviser le signal à l'aide d'un nombre de filtres passe-bande (ou filtres cross-over). Les gammes de fréquences peuvent être réglables. Chaque signal est traité par son propre compresseur et a ses réglables spécifiques. Les signaux sont ensuite à nouveau mélangés.

Un Plug-in complexe : gate, expenseur, compresseur et limiteur à 4 bandes de fréquences.

Le compresseur multibandes, couplé avec un limiteur a, historiquement d'abord, été utilisé pour les émetteurs de radio et de télévision afin d'éviter de les surcharger. Il est aussi utilisé avec des consoles ou des station audio-numérique pour le mixage final et particulièrement en multipiste (5.1).

Compresseurs spéciaux[modifier | modifier le code]

Omnipressor[10] ce type de compresseur très particulier permet à la fois la compression et l'expansion audio, il est capable de compression extrême, de limiter, en pleine expansion, et surtout d'inverser la dynamique (les son forts deviennent faibles et les sons faibles deviennent fort. Ce qui a pour effet une sorte d'aspiration sonore). À l'origine Hardware, il n'est plus disponible qu'en plug-in.

True Peak Limiteur[modifier | modifier le code]

Un nouveau type d'algorithme permettant de limiter les crêtes vraies[11] en relation avec les nouvelles normes de diffusion numérique, conformément à la Recommandation UIT-R BS.1770 et la normes EBU R128.


Influence objective de la compression dynamique sur le signal[modifier | modifier le code]

Dans un article paru en Janvier 2014 dans le Journal of the Audio Engineering Society[12], Emmanuel Deruty et Damien Tardieu donnent les résultats d'une étude systématique visant à déterminer l'influence des limiteurs et compresseurs sur le signal musical. Quatre limiteurs logiciels sont testés: Waves L2[13], Sonnox Oxford Limiter[14], Thomas Mundt’s Loudmax[15], Blue Cat’s Protector[16], ainsi que quatre compresseurs logiciels: Waves H-Comp[17], Sonnox Oxford Dynamics[18], Sonalksis SV-3157[19], et URS 1970[20].

L'influence est étudiée sur la base de cinq descripteurs du signal: le niveau quadratique moyen ou RMS, la sonie dite integrated loudness suivant la recommandation EBU3341/R128 [21], le facteur de crête, le Loudness Range ou LRA suivant la recommandation EBU3342[22], et la densité d'échantillons à 0dB Full-Scale, c'est-à-dire le nombre d'échantillons possiblement clippés ou saturés. La puissance RMS rend compte du niveau physique, et la sonie EBU3341 du niveau perceptif. Le facteur de crête, c'est-à-dire la différence entre le niveau crête et le niveau quadratique moyen[12], a parfois été utilisé comme base de mesure de la micro-dynamique du signal, comme par exemple dans le plug-in de mesure TT Dynamic Range Meter[23],[24]. Enfin, le EBU3342 loudness range, littéralement "gamme de sonie", est régulièrement utilisé en tant que mesure de la macro-dynamique ou de la dynamique au sens musical (nuances)[12],[25],[26],[27],[28].

Limiteurs[modifier | modifier le code]

L'étude constate l'influence suivante des limiteurs testés sur le signal:

  • augmentation du niveau quadratique moyen (RMS),
  • augmentation de la sonie EBU3341,
  • diminution du facteur de crête,
  • diminution du LRA EBU3342, mais seulement pour de forts niveaux de limiting,
  • augmentation de la densité de samples à 0dB FS.

En d'autres termes, les limiteurs augmentent les niveaux physiques et perceptifs, la densité d'échantillons à 0dB FS, diminuent le facteur de crête, ainsi que la macro-dynamique pour autant que le traitement soit suffisamment marqué.

Compresseurs[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne les compresseurs, l'étude considère deux réglages distincts, l'un impliquant un temps d'attaque faible (0.5ms) et l'autre un temps d'attaque élevé (50ms). La compensation de gain est désactivée et le fichier résultant est normalisé.

Moyennant l'utilisation d'un temps d'attaque rapide, l'étude constate l'influence suivante des compresseurs testés sur le signal:

  • légère augmentation du niveau quadratique moyen (RMS),
  • légère augmentation de la sonie EBU3341,
  • diminution du facteur de crête,
  • diminution du LRA EBU3342,
  • légère diminution de la densité d'échantillons à 0dB FS.

En d'autres termes, les compresseurs à temps d'attaque rapide augmentent les niveaux physiques et perceptifs, mais de manière modérée. Ils diminuent la densité de samples à 0dB FS, et diminuent de concert le facteur de crête et la macro-dynamique.

Moyennant l'utilisation d'un temps d'attaque lent, l'étude constate l'influence suivante des compresseurs testés sur le signal:

  • diminution du niveau quadratique moyen (RMS),
  • diminution de la sonie EBU3341,
  • pas d'influence sur le facteur de crête,
  • diminution du LRA EBU3342,
  • pas d'influence sur la densité de samples à 0dB FS.

En d'autres termes, les compresseurs à temps d'attaque lent augmentent les niveaux physiques et perceptifs, diminuent la macro-dynamique, mais n'ont pas d'influence sur le facteur de crête et la densité d'échantillons à 0dB FS.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Fromentel, « Les périphériques », dans Denis Mercier (direction), Le livre des techniques du son, tome 2 - La technologie, Paris, Eyrolles,‎ 1988, p. 189-226 section 2 « Modification de la dynamique » p. 193-199.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes =[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. une des techniques utilisées peut être celle du side-chain
  2. Par définition, la musique électroacoustique se différencie de la musique dite acoustique, du fait qu'elle intègre des interventions audibles et conséquentes de traitements électriques après lesquels cette musique prend toute sa réalité.
  3. Distorsion: voir aussi Taux de distorsion harmonique
  4. voir (en)UAD Powered Plug-Ins, User Manual, Version 4.10, Fairchild 670 section A, p. 133
  5. sur certains compresseurs multicanaux il est possible de choisir plusieurs modes de couplages
  6. Le Ducking est un effet permettant de réduire le niveau d'un signal en la présence un autre signal.
  7. www.tcelectronic.com/media/droney_massey_2001_compres.pdf
  8. le Pop est un jargon des métiers du son. Il a pour signification le "bruit d'air" que fait la voix d'un chanteur quand il envoie trop d'air vers la capsule du micro
  9. http://www.spl.info/ Sound Performance Lab
  10. l'Omnipressor d'Eventide
  11. voir l'article de (en) Søren H. Nielsen et Thomas Lund, « 0dBFS+ levels in Digital Mastering », AES Preprint,‎ 22 septembre 2000
  12. a, b et c (en) Emmanuel Deruty, Damien Tardieu, « About Dynamic Processing in Mainstream Music », Journal of the Audio Engineering Society,‎ janvier 2014 (consulté le 2014-06-06)
  13. (en) Waves, « L2 Ultramaximizer »
  14. (en) Sonnox, « Oxford Limiter »
  15. (en) Thomas Mundt, « Loudmax »
  16. (en) Blue Cat Audio, « Protector »
  17. (en) Waves, « H-Comp Hybrid Compressor »
  18. (en) Sonnox, « Oxford Dynamics »
  19. (en) Sonalksis, « SV-315 Compressor »
  20. (en) Unique Recording Software, « URS 1970 Classic Console Compressor Limiter »
  21. (en) European Broadcasting Union, « Loudness Metering: ‘EBU Mode’ metering to supplement loudness normalisation in accordance with EBU R 128 »
  22. (en) European Broadcasting Union, « Loudness Range: A measure to supplement loudness normalisation in accordance with EBU R 128 »
  23. (en) Earl Vickers, « The Loudness War: Background, Speculation and Recommendations », AES 2010: Paper Sessions: Loudness and Dynamics, Audio Engineering Society, San Francisco,‎ 4 novembre 2010 (consulté le 14 juillet 2011)
  24. (en) « Dynamic Range Meter »
  25. (en) Emmanuel Deruty, « 'Dynamic Range' & The Loudness War », Sound on Sound,‎ septembre 2011 (lire en ligne)
  26. (en) « Measuring the Evolution of Contemporary Western Popular Music », Scientific Reports, vol. 2,‎ 26 juillet 2012 (DOI 10.1038/srep00521, lire en ligne)
  27. (en) Jens Hjortkjær, Mads Walther-Hansen, « Perceptual Effects of Dynamic Range Compression in Popular Music Recordings », Journal of the Audio Engineering Society,‎ janvier 2014 (consulté le 2014-06-06)
  28. (en) Esben Skovenborg, « Loudness Range (LRA) – Design and Evaluation », AES 132nd Convention,‎ avril 2012 (consulté le 2014-10-25)