Rythme
Le rythme est la caractéristique d'un phénomène périodique induite par la perception d'une structure dans sa répétition. Le rythme n'est pas le signal lui-même, ni même sa répétition, mais la notion de forme ou de « mouvement » que produit la répétition sur la perception et l'entendement. On reconnaît un même rythme dans des phénomènes de cadences, ou périodicités, différentes, lorsque l'ordre de succession et le rapport de durée entre ses moments de tension et de relâchement est identique. Ces moments sont souvent décrits aussi comme moments d’élévation (ou arsis) et d'abaissement (ou thésis).
On parle de rythme aussi bien pour les phénomènes naturels que pour les créations humaines.
La perception du rythme, comme les autres perceptions humaines, se développe par des entraînements spécifiques.
Le mot rythme s'emploie fréquemment dans le langage courant hors de son sens précis, technique, assez bien défini en musique et en poésie, comme métonymie pour toute sorte d'évènements cadencés. En philosophie, il est souvent une métaphore pour traiter d'actions coordonnées[1] ou de transactions régulières.
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Rythme des phénomènes naturels[modifier]
De tous temps, on a reconnu des rythmes dans les phénomènes naturels. On parle du rythme des saisons et de celui du jour et de la nuit. Ces rythmes sont des plus simples : un temps marqué par l'activité (l'été, le jour), un temps marqué par l'attente (la nuit, l'hiver), se partagent la période en parties approximativement égales.
Le rythme du déferlement des vagues comprend un moment de tension bref et un moment de relâchement plus long. Dans la violence de la tempête, le rythme devient indistinct.
Le rythme cardiaque présente une structure un peu plus complexe, indépendante, chez un individu en bonne santé, de la cadence des pulsations. Les médecins s'entraînent à repérer et interpréter ses variations pour établir un diagnostic par auscultation (voir Troubles du rythme cardiaque).
Rythme des phénomènes artificiels[modifier]
Le fonctionnement des engins mécaniques (artefacts) induit des rythmes souvent plus complexes que ceux produits en dehors de l'activité humaine.
Le mécanisme d'échappement des horloges mécaniques crée un son caractéristique, sur un rythme simple à temps égaux.
Le passage des roues des trains sur les joints de rails a produit (avant la suppression de ceux-ci dans les voies modernes) un rythme plus complexe, identifié par des générations de voyageurs, indépendamment de sa cadence, déterminée par la longueur des rails et la vitesse du train.
Rythmes comme signaux[modifier]
On a utilisé la perception du rythme pour transmettre des signaux. Dans les exemples suivants, le son est identique, la cadence est indifférente, le sens communiqué dépend uniquement de l'agencement des signaux dans la période de répétition.
Le glas informe à distance, par la répétition d'un rythme, la communauté d'un décès (par exemple, trois tintements de cloche suivis d'un repos) ; le tocsin, de même, communique une alarme, généralement par une sonnerie répétée continument.
Dans les armées, des rythmes à sens conventionnels appelées batteries ont servi, jusqu'au XIXe siècle, à communiquer les ordres à la troupe à distance : aux champs, couvre-feu, rappel, générale, etc.
Dans certains cas, comme dans les batteries de marche, le son du tambour communique à la fois l'ordre (marchez) et la cadence de son exécution.
Lorsque sur une côte, plusieurs phares peuvent être visibles, on peut les distinguer par le rythme de leurs éclats. Comme on recherche des signaux aussi différents que possible pour éviter les confusions, la plupart du temps le rythme et la cadence des éclats sont tous deux différents.
Dans certains systèmes de téléphone, le rythme de la sonnerie indique la provenance de l'appel. Une sonnerie répétée indiquera par exemple un appel de l'intérieur du système, tandis qu'un groupe de deux sonneries, se répétant après un silence aussi long que le groupe entier, indique un appel de l'extérieur.
Lorsque la perception des structures temporelles s'applique à un signal qui ne se répète pas, comme dans le cas de l'alphabet morse, il n'existe pas de rythme.
Rythme dans les arts[modifier]
Le rythme est, à l'origine et bien avant toute autre définition, une notion poétique[réf. nécessaire]. Au cours de l'Antiquité, le rythme — inséparable des arts structurés dans le temps — est partagé par la poésie, la musique et la danse.
- Au départ, le rythme poétique s'impose à la musique et à la danse, qui n'en connaissent pas d'autre[réf. nécessaire].
- Au 16e siècle Thoinot Arbeau dérive le rythme de la marche et de la danse.
- Les musiciens de formation européenne ont développé leur propre notion du rythme, basé sur la division du temps en mesures égales, et la représentation des durées, longues ou brèves, sur les partitions avec une périodicité des temps « faibles » ou « forts ».
- Les chercheurs en ethnomusicologie se sont rendus compte que ces notions reflétaient imparfaitement les conceptions musicales issues d'autres cultures, particulièrement dans les tambours d'Afrique subsaharienne.
- Dans les arts plastiques (peinture, sculpture, architecture...), on a parfois utilisé, par métonymie, la notion de rythme. L'espace remplace alors le temps. Le rythme désigne le style des certaines peintures à la Renaissance[réf. nécessaire].
Annexes[modifier]
Bibliographie[modifier]
- Pierre Sauvanet, Le Rythme et la raison, volumes 1 et 2, éditions Kimé, 2000 (répertorie une centaine de définitions du rythme).
- Edmond Hiriartborde & Paul Fraisse, Les Aptitudes rythmiques, monographie française de psychologie, n°14, 1968.
- Henri Meschonnic, Critique du rythme. Anthropologie historique du langage, Lagrasse, Verdier, 1982.
- Daniel Goyone, Rythmes - Le rythme dans son essence et ses applications, 1999 (première édition).
- Pascal Michon, Rythmes, pouvoir, mondialisation, Paris, PUF, 2005.
- Rythmes de l'homme, rythmes du monde, Séminaire de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, sous la direction de Christian Doumet et Aliocha Wald Lasowski, Éditions Hermann, 2010
Articles connexes[modifier]
Notes et références[modifier]
- Platon, Les Lois, 665a : « la jeunesse est bouillante, incapable de rester tranquille, [...] mais [...] chez elle il y a un sens de l'ordre que peuvent, de part et d'autre, comporter ces actes, [...] cet ordre dans les mouvements a précisément reçu le nom de rythme ».