Institutions européennes à Strasbourg

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Localisation de Strasbourg en Europe

De nombreuses institutions européennes siègent à Strasbourg (France), parmi lesquelles la plus ancienne date de 1815. En tout, plus de vingt institutions différentes sont installées dans la ville alsacienne. En raison de cette concentration, Strasbourg prétend au titre de "capitale Européenne", parfois sous l'intitulé de "capitale parlementaire et citoyenne" de l'Europe.

Quartier[modifier | modifier le code]

À gauche, bâtiments de Parlement européen (de haut en bas); Louise Weiss, Winston Churchill, Pierre Pflimlin. Bâtiments du Conseil de l'Europe (du centre vers haut droit); Bâtiments du Secretariat, palais de l'Europe, bâtiment D, Cour européenne des droits de l'Homme.

Le Quartier européen couvre les quartiers du Wacken, de l'Orangerie et de la Robertsau au Nord-Ouest de la ville jusqu'à l'intersection de la rivière Ill et du Canal de la Marne au Rhin[1]. Le premier bâtiment véritablement européen à cet endroit a été celui du Conseil de l'Europe en 1949, avec la Commission centrale pour la navigation du Rhin. L'Observatoire européen de l'audiovisuel, l'Institut international des droits de l'homme et la Commission centrale pour la navigation du Rhin sont les seules institutions du quartier à avoir déménagé dans des locaux déjà existants : respectivement, une villa de 1900, un ancien relais postal du XVIIIe siècle, ayant aussi servi d’auberge puis de bâtiment conventuel[2], et le Palais du Rhin. Le siège d'Arte, jusqu'alors disséminé dans plusieurs bâtiments à travers la ville, a été unifié en un seul bâtiment spacieux à proximité du bâtiment Louise Weiss en 2003[3]. Le 14 novembre 2007 a vu l'extension du tramway de Strasbourg au Quartier européen, avec l'inauguration par le Président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis et le Lieutenant général Pedro Pitarch du Corps européen, des stations de tramay Parlement européen, Droits de l'homme et Robertsau Boecklin[4]. Alors que le Conseil de l'Europe a inauguré deux nouveaux bâtiments en 2006 et 2008, l'Union européenne n'a plus construit de bâtiments à Strasbourg depuis 1999.

Histoire et institutions[modifier | modifier le code]

La première institution à s'installer dans la ville a été la Commission centrale pour la navigation du Rhin. Fondée en 1815 par le Congrès de Vienne, elle est la plus ancienne organisation internationale du monde, mais ce n'est qu'en 1920 qu'elle installe son quartier général au Palais du Rhin à Strasbourg. Sa fonction est d'encourager la prospérité en garantissant un haut niveau de sécurité pour la navigation sur le Rhin et ses environs. Cependant l'importance européenne de Strasbourg vient de l'établissement des institutions après la Seconde Guerre mondiale. Du mouvement d'intégration européenne résulte la création de nouvelles entités.

La première d'entre elles est la Commission internationale de l'état civil, fondée en 1948 et précédant le Conseil de l'Europe de quelques mois. À travers cette création, et la création des entités qui en dépendent (telles que la Cour européenne des droits de l'homme), ainsi que de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (qui deviendra l'Union européenne), s'ensuit l'établissement progressif d'une Europe pacifiée, unifiée et prospère. Ensembles, le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ont uni leurs efforts pour aboutir notamment à la Convention européenne des droits de l'homme.

L'une des plus principales impulsions pour faire de Strasbourg le siège de nombreuses institutions européennes est venue du ministre britannique des Affaires étrangères Ernest Bevin, dont la fille de l'un des plus proches conseillers avait étudié dans cette ville. Alors que Bevin affirme publiquement que les aspects multiculturels, multiconfessionnels de la ville ainsi que sa position géographique au cœur de l'Europe (occidentale) étaient les critères sur lesquels elle avait été choisie, il a donné en privé une raison tout à fait différente: « Strasbourg ? Parfait, personne n'ira là-bas ».[réf. nécessaire]

Conseil de l'Europe[modifier | modifier le code]

En 2008, le Conseil de l'Europe a sept bâtiments principaux dans le quartier, partageant son bâtiment principal avec le Parlement européen. Le premier bâtiment terminé a été la maison de l'Europe, inauguré en 1950 mais démoli en 1977 lorsqu'il a été remplacé par l'actuel palais de l'Europe. Le palais de l'Europe et la villa Art nouveau Schutzenberger (construction de 1897 à 1900, siège de l'Observatoire européen de l'audiovisuel) sont situés dans le quartier de l'Orangerie, alors que la Cour européenne des droits de l'homme (construction de 1897 à 1900), la Pharmacopée européenne, direction européenne de la Qualité du Médicament & des Soins de Santé (inaugurée en 2006) et le bâtiment de l'Agora (Bâtiment des besoins généraux) sont situés dans le quartier de la Robertsau. Le bâtiment de l'Agora a été élu « meilleur projet immobilier de centre d'affaires international 2007 » (le 13 mars 2008 au MIPIM 2008) et a marqué la fin provisoire des nouvelles constructions du Conseil de l'Europe. L'Agora a été officiellement inaugurée le 17 avril 2008 par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner).

Union européenne[modifier | modifier le code]

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Le Parlement européen possède quatre bâtiments dans le quartier. Il utilisait l'hémicycle du Conseil de l'Europe pour tenir ses sessions, jusqu'en 1999, date à laquelle son bâtiment principal, le bâtiment Louise-Weiss, sur la rive opposée en face du palais de l'Europe, a été terminé. Il est relié par un pont aux bâtiments plus anciens, Pierre Pflimlin, Winston Churchill et Salvador de Madariaga, qui s'étendent sur un arc autour du palais de l'Europe.

Controverse[modifier | modifier le code]

L'emplacement du Parlement européen est soumis à controverse, de par le fait qu'il travaille non seulement à Strasbourg mais aussi à Bruxelles et au Luxembourg où demeure son secrétariat. Cette division entraine des difficultés financières, environnementales et pratiques. Mais le Traité de Maastricht (1992), puis le Traité d'Amsterdam (1997), ont confirmé Strasbourg comme siège officiel du Parlement européen.

Médiateur européen[modifier | modifier le code]

Le bâtiment Salvador de Madariaga abrite également une autre entité de l'Union européenne, dont Strasbourg est le siège officiel (depuis 1992) : le médiateur européen.

Établissements d'enseignement français[modifier | modifier le code]

ENA[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration, fondée en 1945 à Paris, a été déménagée à Strasbourg par décret en 1991 et établie dans la ville de façon permanente en 2005. La direction avait été transférée dès le début, mais les étudiants devaient encore suivre une moitié de leurs cours dans chaque ville jusqu'à cette année 2005. Lors de ce déménagement et dans la continuité de son ouverture européenne, l'école a intégré le Centre d'études européennes de Strasbourg (CEES) de l'université de Strasbourg et s'ajoute désormais le titre d'École européenne de gouvernance.

Institut des hautes études européennes[modifier | modifier le code]

Une autre institution académique en phase avec l'Europe est l'Institut des hautes études européennes (IHEE), installée dans l'ex-villa Art nouveau Knopf (construite en 1903-1905), proche du Parlement et du Conseil de l'Europe. Cette école a été fondée en 1953 et a alors été appelée Centre universitaire des hautes études européennes. L'IHEE a fusionné avec l'IEP de Strasbourg le 15 février 2013.

Relais d'information[modifier | modifier le code]

Strasbourg est également le siège de divers relais d'information de l'Union européenne, tels que le Centre d'Information sur les Institutions Européennes (CIIE), le Centre Euro-Info (Euro-Info Centre, EIC), l'antenne MEDIA et les Centres de Documentation Européens (European Documentation Centres, EDC) ainsi que le Portail Européen de la Mobilité pour le Travail, le réseau EURES. De plus, la ville accueille le réseau informatisé et automatisé Système d'Information Schengen et accueille actuellement l'unité centrale de sa nouvelle version, le Système d'Information Schengen II, une unité de sauvegarde étant située, elle, en Autriche.

Autres entités[modifier | modifier le code]

Si d'autres entités se sont installées dans la ville, la plupart d'entre elles n'ont de rapport ni avec le Conseil de l'Europe ni avec l'Union européenne mais travaillent plus ou moins en collaboration avec eux. Ces entités sont : La Commission internationale de l'état civil, l'Eurocorps (créé en 1963), l'Institut International des Droits de l'Homme (fondé en 1969), la Fondation européenne de la science (fondée en 1974), l'Assemblée des régions d'Europe (établie en 1985) et le Human Frontier Science Program (conçu en 1986 et lancé en 1989). Strasbourg est également le siège principal de la chaîne de télévision franco-allemande Arte depuis sa création en 1991. Enfin, Strasbourg accueille également l'association Apollonia (créée en 1998), qui se définit elle-même comme « une plate-forme de coopération dans le domaine des arts visuels entre les pays européens et, plus spécifiquement, avec les pays d'Europe centrale et orientale, les Balkans, les pays du long de la mer Baltique et du Sud de Caucase ». L'association a été créée sur une base de travail conduite depuis 1994 par le Conseil de l'Europe dans le cadre du Programme d’Échanges artistiques européens.

Statut politique[modifier | modifier le code]

Strasbourg est avec New York et Genève, l'une des trois villes à accueillir des institutions internationales majeures sans être une capitale de pays.

Vingt institutions ont leur unique, ou l'un de leurs principaux, siège à Strasbourg. En raison de cette concentration dans un si petit espace, Strasbourg, à l'instar de Bruxelles, réclame le titre de « capitale de l'Europe »[5]. Alors que Bruxelles est la ville capitale d'un État trilingue, la Belgique, Strasbourg a eu de longues période françaises et allemandes et est ainsi familière avec les deux cultures et les deux langues.

Depuis 2005, Strasbourg fait partie d'une petite communauté politique plus large (connue sous le nom d'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau) qui consiste en une administration commune avec les agglomérations allemandes voisines (Kehl, Offenburg, Lahr et Achern dans le Bade-Wurtemberg) sur l'autre rive du Rhin. L'ensemble des populations de ce district comptait 868000 en 2006 et il y a des plans d'extension du tram de Strasbourg au-delà du Rhin vers ces zones.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte interactive du quartier européen à Strasbourg
  2. Historique du siège sur le site de l’IIDH
  3. "Arte inaugure son nouveau siège à Strasbourg"
  4. Images de l'inauguration sur le site officiel M. Pötterings - rechercher dans "Images", "Archives", "November 2007".
  5. Dans le cas de Bruxelles, la ville réclame le titre de capitale au niveau de l'Union européenne, alors que Strasbourg (avec le Conseil de l'Europe) le réclame au niveau du continent européen. Vis-à-vis de l'Union européenne, Strasbourg se prévaut parfois d'être la capitale « démocratique » ou « législative » (de par la présence du Parlement) classant alors Bruxelles comme la capitale « administrative » ou « exécutive » (de par la présence de la Commission et du Conseil européen dans la ville)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]