Institutions européennes à Strasbourg

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De nombreuses institutions européennes siègent à Strasbourg (France), parmi lesquelles la plus ancienne date de 1815. En tout, plus de vingt institutions différentes sont installées dans la capitale alsacienne. En raison de cette concentration, Strasbourg prétend au titre de « capitale européenne », parfois sous l'intitulé de « capitale parlementaire et citoyenne » de l'Europe.

Quartier européen de Strasbourg[modifier | modifier le code]

Quartier européen de Strasbourg
Vue aérienne d'une partie du quartier européen
Vue aérienne d'une partie du quartier européen
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Ville Strasbourg
Fonctions urbaines Administrations, bureaux
Géographie
Coordonnées 48° 35′ 46″ N 7° 46′ 17″ E / 48.596138, 7.77148248° 35′ 46″ Nord 7° 46′ 17″ Est / 48.596138, 7.771482  
Cours d’eau Ill, canal de la Marne au Rhin
Site(s) touristique(s) Voir "Principaux bâtiments"
Transport
Tramway E
Bus 6 30 72
Localisation

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Quartier européen de Strasbourg

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Quartier européen de Strasbourg

Le quartier européen couvre les quartiers de l'Orangerie, de la Robertsau et du Wacken au Nord-Ouest de la ville au bord du Bassin de l'Ill formé par l'intersection de la rivière Ill et du Canal de la Marne au Rhin[1].

Le premier bâtiment véritablement européen du quartier a été la « Maison de l'Europe » construite entre 1949 et 1950 par l'architecte Bertrand Monnet et destinée au Conseil de l'Europe.

Un nouveau bâtiment, le bâtiment B du Conseil de l'Europe, est construit entre 1953 et 1954 à l'arrière de la Maison de l'Europe.

En 1957 la ville de Strasbourg est candidate pour accueillir le siège du Parlement européen. Elle propose alors trois sites d'implantation pour les institutions européennes: la Robertsau, Oberhausbergen et Scharrachbergheim. Strasbourg est retenue comme siège du Parlement l'année suivante en raison de la symbolique de la réconciliation franco-allemande et aussi car la ville accueillait déjà des institutions européennes[2]. Finalement les projets originaux de 1957 ne seront pas réalisés même si le quartier européen a bien vu le jour dans le secteur Orangerie-Robertsau-Wacken.

En 1972 le centre européen de la jeunesse est érigé par deux architectes norvégiens au milieu des installations sportives du Wacken.

Le Palais de l'Europe est construit entre 1972 et 1977 à l'emplacement d'anciens terrains de tennis. Il remplace alors la Maison de l'Europe comme siège du Conseil de l'Europe, son hémicycle est également utilisé par le Parlement européen. La Maison de l'Europe, aujourd'hui démolie, se trouvait à l'emplacement de la vaste pelouse située devant l'actuel Palais.

Entre 1980 et 1991, le Parlement européen fait édifier trois immeubles de bureaux sur la rive droite de l'Ill. Ils sont reliés au Palais de l'Europe par une passerelle.

La villa Schutzenberger est occupée par l'Association parlementaire européenne (APE) depuis 1989 et par l'Observatoire européen de l'audiovisuel depuis 1992[3].

Le Palais des Droits de l'Homme est construit entre 1991 et 1995 au nord du canal de la Marne au Rhin afin de remplacer l'ancien bâtiment, érigé suite à la convention européenne des Droits de l'Homme en 1965[4], utilisé par la cour européenne des Droits de l'Homme qui se situait à l'arrière du Palais de l'Europe.

À partir de 1973, la Pharmacopée européenne occupait l'ancien relais postal du milieu du XVIIIe siècle, ayant également servi d’auberge puis de bâtiment conventuel[5], à l'entrée de la Robertsau. Suite à la construction du Palais des Droits de l'Homme, la bâtisse est démontée et déplacée à son emplacement actuel un peu plus au nord[6]. Elle est aujourd'hui occupée par l'Institut international des droits de l'homme.

Le nouveau Parlement européen, IPE 4, est construit de 1993 à 1999 sur la rive gauche de l'Ill. Il est relié aux trois autres IPE sur la rive opposée par une passerelle qui enjambe l'Ill.

Le siège d'Arte, jusqu'alors disséminé dans plusieurs bâtiments à travers la ville, a été unifié en un seul bâtiment spacieux à proximité du Parlement européen en 2003[7].

Le 14 novembre 2007 a vu l'extension du tramway de Strasbourg au quartier européen, avec l'inauguration par le Président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Terry Davis et le Lieutenant général Pedro Pitarch du Corps européen, des stations Parlement européen, Droits de l'Homme et Robertsau Boecklin[8]. Alors que le Conseil de l'Europe a inauguré deux nouveaux bâtiments en 2005 et 2007 (la nouvelle Pharmacopée européenne et l'Agora), l'Union européenne n'a plus construit de bâtiments à Strasbourg depuis 1999 mais a racheté un ancien bâtiment utilisé par le Conseil de l'Europe.

Les travaux de la nouvelle école européenne ont débuté en 2013 et s’achèveront pour la rentrée 2015[9]. Elle sera située au bord de l'Ill, au nord du Palais des Droits de l'Homme et accueillera près de 1000 élèves. Cette nouvelle structure doit remplacer et regrouper en un seul site à proximité des institutions européennes les actuels bâtiments préfabriqués occupés par l'école et installés dans le secteur du boulevard d'Anvers.

Principaux bâtiments[modifier | modifier le code]

Conseil de l'Europe, « Europe des 47 »:

Union européenne, « Europe des 28 »:

Autres:

  • Ancien relais postal (environ 1650); Institut international des droits de l'homme, 2 allée René Cassin.
  • Siège d'Arte (Paul Maechel, 2003), 4 quai du Chanoine Winterer.
  • Villa du Kaysersguet; cette ancienne villa du XVIIIe siècle à l'entrée de la Robertsau a été aménagée en un « Lieu d'Europe » destiné a informer les visiteurs sur les différentes institutions européennes présentes à Strasbourg. L'inauguration a eu lieu le 3 mai 2014.
  • École européenne (Auer & Weber et DRLW); le dernier bâtiment en date du quartier, les travaux ont démarré en 2013 et doivent s'achever pour la rentrée 2015, route de la Wantzenau.

Parallèlement à l'inauguration du « Lieu d'Europe », la ville de Strasbourg a mis en place un « Parcours Européen » de 2,5km permettant de découvrir les différents bâtiments du quartier grâce à des repères fléchés et des panneaux d'information. Il a été inauguré le 17 juillet 2014.

Plusieurs sculptures et œuvres d'art contemporaines sont disséminées dans le quartier notamment sur la pelouse du Palais de l'Europe, quai du Bassin de l'Ill et avenue Robert Schumann.

La plupart des rues du quartier ont reçu (ou ont été renommées) des noms en rapport avec les institutions ou de personnalités européennes: avenues de l'Europe et Robert Schuman, allées des Droits de l'Homme et René Cassin, rue Sforza, quai Ernest Bevin, promenade Alcide de Gasperi.

Le quartier européen en images[modifier | modifier le code]

Transports en commun[modifier | modifier le code]

Tram

  • ligne E stations Parlement européen - Droits de l'Homme - Robertsau Boecklin.

Bus

  • lignes 6, 30 et 72 arrêts Orangerie - Conseil de l'Europe - Droits de l'Homme - Robertsau Boecklin.
  • ligne 15 arrêt Robertsau Boecklin.
  • Pictogramme navette CTS.svgRobertsau arrêt Robertsau Boeckin
  • Pictogramme navette CTS.svgPalais de L'Europe (Gare Centrale - Palais de l'Europe) uniquement lors des sessions.

Histoire et institutions[modifier | modifier le code]

Localisation de Strasbourg en Europe.

La première institution à s'installer dans la ville a été la Commission centrale pour la navigation du Rhin. Fondée en 1815 par le Congrès de Vienne, elle est la plus ancienne organisation internationale du monde, mais ce n'est qu'en 1920 qu'elle s'installe au Palais du Rhin, ancien palais impérial de la place de la République, à Strasbourg. Sa fonction est d'encourager la prospérité en garantissant un haut niveau de sécurité pour la navigation sur le Rhin et ses environs. Cependant l'importance européenne de Strasbourg vient de l'établissement des institutions après la Seconde Guerre mondiale. Du mouvement d'intégration européenne résulte la création de nouvelles entités.

La première d'entre elles est la Commission internationale de l'état civil, fondée en 1948 et précédant le Conseil de l'Europe de quelques mois. À travers cette création, et la création des entités qui en dépendent (telles que la Cour européenne des droits de l'homme), ainsi que de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (qui deviendra l'Union européenne), s'ensuit l'établissement progressif d'une Europe pacifiée, unifiée et prospère. Ensembles, le Conseil de l'Europe et l'Union européenne ont uni leurs efforts pour aboutir notamment à la Convention européenne des droits de l'homme.

L'une des plus principales impulsions pour faire de Strasbourg le siège de nombreuses institutions européennes est venue du ministre britannique des Affaires étrangères Ernest Bevin, dont la fille de l'un des plus proches conseillers avait étudié dans cette ville. Alors que Bevin affirme publiquement que les aspects multiculturels, multiconfessionnels de la ville ainsi que sa position géographique au cœur de l'Europe (occidentale) étaient les critères sur lesquels elle avait été choisie, il a donné en privé une raison tout à fait différente: « Strasbourg ? Parfait, personne n'ira là-bas ».[réf. nécessaire]

Conseil de l'Europe[modifier | modifier le code]

Une session de l’Assemblée du Conseil de l’Europe, dans la Maison de l’Europe, à Strasbourg, en janvier 1967.

Jusqu'en 1999, le Conseil de l'Europe partageait l'hémicycle du Palais de l'Europe avec le Parlement européen. Le premier bâtiment terminé a été la Maison de l'Europe, inauguré en 1950 mais démoli en 1977 lorsqu'il a été remplacé par l'actuel Palais de l'Europe. Le Palais de l'Europe et la villa Art nouveau Schutzenberger sont situés dans le quartier de l'Orangerie, alors que la Cour européenne des droits de l'homme, la Direction européenne de la Qualité du Médicament & des Soins de Santé, et le bâtiment de l'Agora sont situés dans le quartier de la Robertsau. Le bâtiment de l'Agora a été élu « meilleur projet immobilier de centre d'affaires international 2007 » (le 13 mars 2008 au MIPIM 2008) et a marqué la fin provisoire des nouvelles constructions du Conseil de l'Europe. L'Agora a été officiellement inaugurée le 17 avril 2008 par le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner).

Union européenne[modifier | modifier le code]

Parlement européen[modifier | modifier le code]

Le Parlement européen possède quatre bâtiments dans le quartier. Il utilisait l'hémicycle du Conseil de l'Europe pour tenir ses sessions, jusqu'en 1999, date à laquelle son nouveau bâtiment principal, l'IPE 4 Louise-Weiss, sur la rive opposée en face du Palais de l'Europe (quartier du Wacken), a été terminé. Il est relié par une passerelle aux immeubles de bureaux qui s'étendent sur un arc autour du Palais de l'Europe.

Controverse[modifier | modifier le code]

L'emplacement du Parlement européen est soumis à controverse, de par le fait qu'il travaille non seulement à Strasbourg mais aussi à Bruxelles et au Luxembourg où demeure son secrétariat. Cette division entraine des difficultés financières, environnementales et pratiques. Mais le Traité de Maastricht en 1992, puis le Traité d'Amsterdam en 1997, ont confirmé Strasbourg comme siège officiel du Parlement européen.

Médiateur européen[modifier | modifier le code]

Le bâtiment Salvador de Madariaga abrite également une autre entité de l'Union européenne, dont Strasbourg est le siège officiel depuis 1992, le médiateur européen.

Association Parlementaire Européenne[modifier | modifier le code]

L'Association Parlementaire Européenne (APE) occupe la villa Schutzenberger. Cette association, créée en 1983, regroupe les députés du Parlement européen et les représentants de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe dans l'objectif de promouvoir ces institutions[10].

Établissements d'enseignement français[modifier | modifier le code]

ENA[modifier | modifier le code]

L'École nationale d'administration, fondée en 1945 à Paris, a déménagé à Strasbourg suite à un décret datant de 1991 et établie dans la ville de façon permanente en 2005. La direction avait été transférée dès le début, mais les étudiants devaient encore suivre une moitié de leurs cours dans chaque ville jusqu'à cette année 2005. Lors de ce déménagement et dans la continuité de son ouverture européenne, l'école a intégré le Centre d'études européennes de Strasbourg (CEES) de l'université de Strasbourg et s'ajoute désormais le titre d'École européenne de gouvernance.

L'ENA est installée dans l'ancienne Commanderie Saint-Jean, utilisée comme prison jusque dans les années 1980, entre la Petite France et la Gare Centrale.

Institut des hautes études européennes[modifier | modifier le code]

Une autre institution académique en phase avec l'Europe est l'Institut des hautes études européennes (IHEE), installée dans la villa Art nouveau Knopf (construite en 1903-1905), proche du Parlement et du Conseil de l'Europe. Cette école a été fondée en 1953 et a alors été appelée Centre universitaire des hautes études européennes. L'IHEE a fusionné avec l'IEP de Strasbourg le 15 février 2013.

Relais d'information[modifier | modifier le code]

Strasbourg est également le siège de divers relais d'information de l'Union européenne, tels que le Centre d'Information sur les Institutions Européennes (CIIE), le Centre Euro-Info (Euro-Info Centre, EIC), l'antenne MEDIA et les Centres de Documentation Européens (European Documentation Centres, EDC) ainsi que le Portail Européen de la Mobilité pour le Travail, le réseau EURES. De plus, la ville accueille le réseau informatisé et automatisé Système d'Information Schengen et accueille actuellement l'unité centrale de sa nouvelle version, le Système d'Information Schengen II, une unité de sauvegarde étant située, elle, en Autriche.

Autres entités[modifier | modifier le code]

Si d'autres entités se sont installées dans la ville, la plupart d'entre elles n'ont de rapport ni avec le Conseil de l'Europe ni avec l'Union européenne mais travaillent plus ou moins en collaboration avec eux.

Citons la Commission internationale de l'état civil, l'Institut international des droits de l'homme (fondé en 1969), la Fondation européenne de la science (fondée en 1974) installée dans l'ancien couvent des Récollets dans la Grande Île, l'Assemblée des régions d'Europe (établie en 1985) et le Human Frontier Science Program (conçu en 1986 et lancé en 1989).

Strasbourg est également le siège principal de la chaîne de télévision franco-allemande Arte depuis sa création en 1991.

Le Corps européen et son bataillon de quartier général sont casernés dans les quartiers Aubert de Vincelles, Lizé et Lyautey au Neuhof.

Enfin, Strasbourg accueille également l'association Apollonia (créée en 1998), qui se définit elle-même comme « une plate-forme de coopération dans le domaine des arts visuels entre les pays européens et, plus spécifiquement, avec les pays d'Europe centrale et orientale, les Balkans, les pays du long de la mer Baltique et du Sud de Caucase ». L'association a été créée sur une base de travail conduite depuis 1994 par le Conseil de l'Europe dans le cadre du Programme d’Échanges artistiques européens.

Statut politique[modifier | modifier le code]

Strasbourg est avec New York et Genève, l'une des trois villes à accueillir des institutions internationales majeures sans être une capitale de pays.

Ainsi Strasbourg a reçu de nombreuses personnalités internationales nottament Winston Churchill, Willy Brandt, Konrad Adenauer, Margaret Thatcher, Ronald Reagan en 1985, Yasser Arafat en 1988 et 1994, Jean-Paul II également en 1988, Mikhail Gorbatchev en 1989, Nelson Mandela en 1990, Elizabeth II en 1992, Barack Obama en 2009, Ban Ki-moon, Aung San Suu Kyi et le pape François en 2014[11].

Vingt institutions ont leur unique, ou l'un de leurs principaux, siège à Strasbourg. En raison de cette concentration dans un si petit espace, Strasbourg, à l'instar de Bruxelles, réclame le titre de « capitale de l'Europe »[12]. Alors que Bruxelles est la ville capitale d'un État trilingue, la Belgique, Strasbourg a eu de longues période françaises et allemandes et est ainsi familière avec les deux cultures et les deux langues.

Depuis 2005, Strasbourg fait partie d'une petite communauté politique plus large (connue sous le nom d'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau) qui consiste en une administration commune avec les agglomérations allemandes voisines (Kehl, Offenburg, Lahr et Achern dans le Bade-Wurtemberg) sur l'autre rive du Rhin. L'ensemble des populations de ce district comptait 868000 en 2006 et il y a des plans d'extension du tram de Strasbourg au-delà du Rhin vers ces zones.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte interactive du quartier européen à Strasbourg
  2. Parlement européen sur le site Archi-Strasbourg.
  3. Villa Schutzenberger sur le site Archi-Strasbourg.
  4. Ancien Palais des Droits de l'Homme sur le site Archi-Strasbourg.
  5. Historique du siège sur le site de l’IIDH
  6. Fiche sur le site Archi-Strasbourg.
  7. "Arte inaugure son nouveau siège à Strasbourg"
  8. Images de l'inauguration sur le site officiel M. Pötterings - rechercher dans "Images", "Archives", "November 2007".
  9. Site de l'école européenne de Strasbourg.
  10. Site internet de l'APE.
  11. « Sur le tapis rouge strasbourgeois » article des DNA du 23 novembre 2014.
  12. Dans le cas de Bruxelles, la ville réclame le titre de capitale au niveau de l'Union européenne, alors que Strasbourg (avec le Conseil de l'Europe) le réclame au niveau du continent européen. Vis-à-vis de l'Union européenne, Strasbourg se prévaut parfois d'être la capitale « démocratique » ou « législative » (de par la présence du Parlement) classant alors Bruxelles comme la capitale « administrative » ou « exécutive » (de par la présence de la Commission et du Conseil européen dans la ville)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]