Mundaneum

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50° 27′ 27.67″ N 3° 57′ 19.62″ E / 50.4576861, 3.95545

Le Mundaneum, ouvert au public depuis 1998, est un centre d'archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles et un espace d'expositions temporaires situé à Mons, dans la province de Hainaut en Belgique. À l'origine, il était situé à Bruxelles et était composé de seize salles didactiques, un répertoire bibliographique (comprenant douze millions de fiches), un musée de la Presse avec 200 000 spécimens de journaux du monde entier, reprenant les collections essentiellement constituées entre 1895 et 1914.

Redécouvert après l'explosion du web, le Mundaneum est aujourd'hui identifié comme un «Internet de papier»[1] et plus récemment comme un « Google de papier »[2]. Néanmoins le projet de Paul Otlet dans son ensemble : classer tous les savoirs du monde dans un lieu unique et centralisé[3], apparaît aussi très proche de celui de la Fondation Wikimedia[4].

Historique[modifier | modifier le code]

Tiroirs du Mundaneum.

La collection abritée en 2010 au Mundaneum fut constituée dès la fin du XIXe siècle à l’initiative de Paul Otlet et d’Henri La Fontaine. Tous deux étaient convaincus que la connaissance pouvait faciliter la paix. La Fontaine, secrétaire du juriste Edmond Picard, avait à son actif en 1889 la publication d'une bibliographie, Essai de bibliographie de la paix[5]. Sa collaboration à l’œuvre majeur des Pandectes belges ou recueil de la jurisprudence belge constitua un tournant décisif dans sa carrière. C'est chez Picard que se déroula la rencontre avec un jeune stagiaire, Paul Otlet, que son père, Édouard Otlet, destinait à sa succession[6], mais que le monde des affaires et des tramways n'attirait pas particulièrement. Depuis son adolescence, en effet, Paul Otlet rêvait de littérature, de livres, de bibliothèque et de collections.

En 1920, elle fut installée dans une aile du Cinquantenaire, à Bruxelles, sous le même nom de Mundaneum ou Palais mondial[7]. Elle en vint à y occuper une centaine de salles. Les installations à Bruxelles furent fermées en 1934. Vers la même époque, le philosophe et sociologue autrichien Otto Neurath, réfugié en Hollande, dirigeait à La Haye un Mundaneum Institute en liaison étroite avec Paul Otlet. Mais le projet ne dura pas, car Neurath s'enfuit en Angleterre lors de l'invasion des Pays-Bas[8].

Le Mundaneum avait pour but de réunir dans un même lieu toutes les connaissances du monde et ce sous toutes ses formes (livres, affiches, journaux venant du monde entier...) dans un gigantesque et novateur Répertoire bibliographique universel[9], que l'on peut considérer comme un ancêtre de Google à l'époque du papier. Cependant, devant l’ampleur de la tâche, les promoteurs durent privilégier certains domaines et se limiter essentiellement la documentation internationale. Le Mundaneum comporte des fonds et de vastes collections d'archives : le Musée international de la presse, le Répertoire iconographique universel (affiches, cartes postales, plaques de verres, photographies), le Répertoire universel de documentation, l'Encyclopedia Universalis Mundaneum composée d'une collection de schémas conceptualisés par Paul Otlet dont la Mondothèque, les papiers personnels d’Henri La Fontaine et de Paul Otlet, des collections thématiques relatives au féminisme, au pacifisme et à l'anarchisme, et les archives des Amis du Palais mondial.

Ce Palais mondial fut fermé en 1934 pour libérer la place et les collections furent plusieurs fois déménagées, à partir de 1941, jusqu'à être finalement installées en 1992 à Mons dans le bâtiment de l'Indépendance[10].

Dans les années 1980, diverses négociations eurent lieu entre le Ministre-Président de l'époque, Philippe Moureaux, et l'ASBL Les Amis du Palais Mondial Mundaneum, sous l'impulsion d'André Canonne, afin de transférer ce patrimoine archivistique au Centre de lecture publique de la Communauté française (CLPCF).

Au début du XXIe siècle, le Mundaneum fut reconnu comme centre d’archives de la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique. Il peut être visité au cœur de la ville de Mons en Belgique. En 2012, le Mundaneum et Google annoncèrent leur collaboration en présence du Premier Ministre belge Elio Di Rupo afin de mettre en lumière le rôle joué par les fondateurs du Mundaneum, Paul Otlet et Henri La Fontaine, en tant que pionniers du Web et des moteurs de recherche[11].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Otlet, Traité de documentation, Bruxelles, Mondaneum, Palais Mondial, imp D. Van Keerberghen & fils,‎ 1934 (lire en ligne)
  • Paul Aron et al., Cent ans de l'Office international de bibliographie : 1895-1995 : les prémisses du Mundaneum, Éditions Mundaneum, Mons, 1995, 368 p. (ISBN 2-930071-05-2)
  • Raphaèle Cornille, Stéphanie Manfroid et Manuela Valentino, Le Mundaneum : les archives de la connaissance, Les Impressions nouvelles, Bruxelles, 2008, 95 p. (ISBN 978-2-87449-054-5)
  • Jean-Michel Djian, « Le Mundaneum, Google de papier », Le Monde Magazine, 19 décembre 2009, p. 46-51
  • Françoise Levie, L'homme qui voulait classer le monde. Paul Otlet et le Mundaneum, Les Impressions Nouvelles, Bruxelles, 2006 (ISBN 2-87449-022-9)
  • Paul Otlet, fondateur du Mundaneum (1868-1944). Architecte du savoir, Artisan de paix, Éditions Les Impressions Nouvelles, 2010, 205 p.
  • Sous la direction de Hervé Hasquin, Henri La Fontaine, Tracé(s) d'une vie, un prix nobel de la Paix 1854-1943, Mundaneum, Mons, 2002, 120 pages (ISBN 2-930178-19-1)
  • W. Boyd Rayward, The Universe of Information: The Work of Paul Otlet for Documentation and International Organisation, Moscou, FID Publication 520, 1975.
  • Mundaneum : Archives of Knowledge, Occasional Papers no 215, Graduate School of Library and Information Science, University of Illinois at Urbana-Champaign, mai 2010.
  • Charles van den Heuvel, Boyd Rayward, Pieter Uyttenhove, L'architecture du savoir, une recherche sur le Mundaneum et les précurseurs européens de l'Internet, in : Transnational Associations. The review of the Union of International Associations, numéro spécial, l'œuvre de Paul Otlet, 1-2/2003, janvier-juin 2003, Bruxelles, p. 16-28.
  • André Cannone, Mundaneum, Classification Décimale et CLPCF, Lectures, mai-juin 1985, p. 2-20
  • Stéphanie Manfroid, Le Mundaneum : un siècle d'idées. Du musée au centre d'archives, in: Archives et musées : quelle cohabitation, La vie des musées, no 22, 2010, Revue de la section francophone du Comité belge du Conseil international des Musées, Stavelot, p. 41-50.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Deffet, « Internet est définitivement une idée belge » dans Le Soir, quotidien belge, 8 juin 2012.
  2. Le Mundaneum, Google de papier, Le Monde, France, 19.12.2009
  3. Voir l'article de Sciences Humaines (Jean-François DORTIER (2007). « Paul Otlet (1868-1944). Il avait rêvé Internet ». In Sciences Humaines, n° 186 « Que vaut l'école en France », octobre)
  4. « Un précurseur d’Internet et de Wikipedia » comme le dit l'article de présentation de l'ouvrage « L’homme qui voulait classer le monde » (Françoise Levie 2006) sur le site de la maison d'édition Les Impressions Nouvelles (Consulté le 9 novembre 2014). En détail : « Le travail de documentation se présente sous un triple aspect : il importe tout d’abord de collectionner et de classer méthodiquement tous les titres de ce qui a été écrit et publié dans les différents pays et aux diverses époques ; puis, l’œuvre s’élargissant, il y a lieu de réduire en leurs éléments toutes les publications et tous les écrits et de les redistribuer pour en former des dossiers conçus comme les chapitres et les paragraphes d’un unique livre universel ; enfin, devant l’abondance des documents, le besoin s’impose de les résumer et d’en coordonner les matériaux en une Encyclopédie universelle et perpétuelle. Une telle encyclopédie, monument élevé à la pensée humaine et matérialisation graphique de toutes les sciences et de tous les arts est l’étape ultime. Elle aurait en fait pour collaborateurs tous les penseurs de tous les temps et de tous les pays ; elle serait la somme totale de l’effort intellectuel des siècles… » (Paul Otlet)
  5. Nicole Haesenne, "Un bibliographe passionné", in: Henri La Fontaine, tracé(s) d'une vie, éditions Mundaneum, Mons, 2002, p. 90. W. Boyd Rayward, "Paul Otlet, encyclopédiste, internationaliste belge", in: Paul Otlet, fondateur du Mundaneum (1868-1944), Architecte du savoir, artisan de paix, Les Impressions nouvelles, Bruxelles, p. 16-17
  6. G. Kurgan, S. Jaumain, V. Montens, Dictionnaire des patrons en Belgique, De Boeck Université, 1996, Bruxelles, p. 496-497.
  7. site Internet du Mundaneum.
  8. D. Lelarge, L'Encyclopédie sociale d'Otto Neurath : La raison visuelle, Paris, L'Harmattan, 2010, p. 266.
  9. Lire à ce sujet "Le Mundaneum, les archives de la connaissance", Éditions Les Impressions Nouvelles, 2008, 97 p.
  10. http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-1997-05-0100-004 Actes du colloque international organisé par la section infodoc de l'Université libre de Bruxelles, l'ASBL Mundaneum, et la Communauté française de Belgique, le 16 février 1996 à l'ULB, en ligne
  11. Google - Blog Europe : Honoring and supporting Belgian Internet pioneers