Fulbert de Chartres

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Fulbert de Chartres
Image illustrative de l'article Fulbert de Chartres
Fulbert dans sa cathédrale (Chartres, Bibliothèque municipale, Ms. 4, fol. 94).
Évêque de Chartres
Naissance vers 960
Décès 1028 
Nationalité Drapeau de la France France
Vénéré à Chartres
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 10 avril

Fulbert de Chartres (vers 970 - † le 10 avril 1028), saint de l'Église catholique, fut le 54e évêque de Chartres à partir de 1006, professeur célébré, administrateur et bâtisseur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il indique lui-même dans ses poèmes qu'il était issu d'un milieu très modeste[1]. Quant à son origine géographique, elle reste très débattue : certains ont pensé qu'il était natif de Rome ou au moins de l'Italie[2] ; d'autres qu'il venait du Poitou[3] ; d'autres encore qu'il était originaire du comté de Roucy en Picardie[4]. Autrefois considéré (à tort) comme un élève de Gerbert d'Aurillac[5], on trouve sa trace à Chartres comme chanoine et écolâtre à partir de 1004. Son enseignement y gagne une grande notoriété et préfigure les futures écoles de la ville, bien que Fulbert ne puisse être directement lié à la renaissance du XIIe siècle. On n'y apprend pas seulement la théologie, mais encore la géométrie, la médecine, la philosophie. Nombreux et fidèles seront ses disciples. Parmi ceux-ci, on connaît notamment : Bernard, écolâtre d'Angers, Bérenger de Tours, Adelman de Liège, Hildegaire, Sigon[6]. Fulbert est aussi réputé comme conseiller des rois et des princes, notamment par sa proximité avec le roi Robert le Pieux ou avec le duc Guillaume V d'Aquitaine.

Le roi de France Robert le Pieux le fait nommer évêque de Chartres en 1006. Il est sacré fin octobre ou début novembre par Liéry, archevêque de Sens. Il sera un évêque consciencieux et intègre, soucieux de l'indépendance de l'Église, mais aussi de paix et de concorde dans le respect des personnes. C'est ainsi qu'il cherche à réconcilier le comte Eudes II de Blois avec le roi de France.

Il utilise le droit féodal qui est très respecté dans le nord du royaume tandis que les territoires du sud le pratiquent moins et l'oublient. À ce titre, le duc Guillaume V d'Aquitaine le consulte par une lettre pour lui demander quelles sont les obligations qu'a le vassal envers son seigneur, son vassal Hugues IV de Lusignan ne souhaitant pas lui obéir. Fulbert de Chartes lui répond dans une célèbre lettre que la fidélité se résume en six mots : « salut, sécurité, honneur, intérêt, facilité et liberté d'action [7]. ».

Le 8 septembre 1020, la cathédrale de Chartres disparaît dans les flammes. Fulbert se démène pour financer la construction d'une nouvelle basilique. La crypte en subsiste encore. Ses dons musicaux furent mis au service de la liturgie et au service du culte marial qu'il contribue à développer.

Œuvre conservée[modifier | modifier le code]

On conserve de Fulbert de Chartres cent treize lettres (cent trente-huit lettres pour l'ensemble de la Correspondance), neuf sermons, plus trois textes de polémique contre les Juifs (comptés autrefois comme un seul Traité contre les Juifs) et une trentaine de poèmes et textes liturgiques. Les deux premières éditions imprimées des œuvres de Fulbert ont été données par Jean Papire Masson (Paris, 1585) et Charles Devilliers (Paris, 1608).

  • Patrologia Latina, vol. 141, col. 163-373.
  • Frederick Behrends (éd., trad.), The Letters and Poems of Fulbert of Chartres (texte latin et traduction anglaise), Oxford, Clarendon Press, 1976.
  • Juliette Clément (coord.), Fulbert de Chartres. Œuvres, correspondance, controverse, poésie (texte latin et traduction française), Société archéologique d'Eure-et-Loir, 2006.

Les lettres de Fulbert sont en grande partie adressées à d'autres évêques de son époque (notamment treize lettres adressées à l'archevêque de Sens Liéry, métropolitain de la province dont dépendait Chartres ; une adressée au pape Jean XIX ; une adressée à Bonipert, premier évêque de Pécs en Hongrie). Il écrit aussi à des abbés de monastère, notamment Odilon de Cluny (quatre lettres). Parmi ses destinataires laïcs, on relève notamment le roi Robert le Pieux (quinze lettres), le duc Guillaume V d'Aquitaine (cinq lettres), mais aussi une lettre au duc Richard II de Normandie et une autre au roi Knut (roi de Danemark et d'Angleterre). Il y a aussi sa correspondance avec Hildegaire, son disciple le plus proche (à qui il adresse sept lettres, et douze lettres d'Hildegaire, dont six à Fulbert, sont rangées dans le même corpus de lettres).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Genin, Fulbert de Chartres (vers 970-1028) : une grande figure de l'Occident chrétien au temps de l'an mil, Société archéologique d'Eure-et-Loir, 2003.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sed recolens quod non opibus neque sanguine fretus/ Conscendi cathedram, pauper de sorde levatus,/ Arbitror hoc a te factum sicut tuus est mos,/ Nec mutare locum, nisi significaris, ausim » ; et dans un autre : « Te de pauperibus natum suscepit alendum/ Christus, et immeritum sic enutrivit et auxit/ Ut collata tibi miretur munera mundus./ Nam puero faciles providit adesse magistros,/ Et juvenem perduxit adhuc ut episcopus esses [...] ». Ce dernier vers précise donc qu'il était encore jeune quand il devint évêque en 1006.
  2. En rapprochant deux passages d'une lettre (Domino suo Einhardo) : « [...] hæsitare diutius cœpi, an mihi adhuc codicem illum unum haberem quem a natali patria inter ceteros devexeram, in quo ejusmodi exemplaria continebantur » ; et à la fin de la lettre « [...] Hæc pauca [...] ad præsens sufficiant, dum ego codicem de ejusmodi exemplaribus a Romano scrinio prolatum perlegam ». Le livre en question est donc dit à la fois « a natali patria » et « a Romano scrinio ».
  3. À cause de ses liens avec Guillaume V d'Aquitaine, qui le nomma trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers, et du fait qu'il l'appelle « herus meus » (« mon seigneur »). Mais l'argument paraît faible.
  4. Jean-Noël Mathieu, « Les relations de l'évêque Fulbert de Chartres avec le lignage des comtes de Roucy », Bulletin de la Société archéologique d'Eure-et-Loir, n° 94, 2007, p. 47-52.
  5. Selon Pierre Riché, historien, professeur émérite de l'université de Paris X ­ Nanterre, « il n'a certainement pas été l'élève de Gerbert de Reims comme on le prétendait autrefois. »
  6. Adelman de Liège donne une liste de disciples dans son poème Rhythmi alphabetici, mais il en a fait deux versions à quinze ans d'intervalle (1033 et 1048), avec en partie des noms différents.
  7. Les Liens féodaux vassaliques entre Fulbert et Renaud sur le site Sources Médiévales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]