Offensive de Gorlice-Tarnów

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Offensive de Gorlice-Tarnów
EasternFront1915b.jpg
Informations générales
Date 1er mai - 18 septembre 1915
Lieu Gorlice et Tarnów, actuelle Pologne
Issue Victoire de l'Autriche-Hongrie et de l'Allemagne
Belligérants
Drapeau de l'Empire russe Empire russe Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Radko Dimitriev Drapeau de l'Allemagne August von Mackensen
Forces en présence
IIIe Armée russe XIe Armée allemande
IVe Armée austro-hongroise
Pertes
240 000 tués, blessés, disparus 90 000 tués, blessés, disparus
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Est

Stallupönen (08-1914) · Gumbinnen (08-1914) · Tannenberg (08-1914) · Île d'Odensholm (08-1914) · Lemberg (08-1914) · Krasnik (08-1914) · Komarów (08-1914) · Lacs de Mazurie (I) (09-1914) · Przemyśl (09-1914) · Vistule (09-1914) · Łódź (11-1914) · Limanowa (12-1914) · Bolimov (01-1915) · Bataille de Zwinin (02-1915) · Lacs de Mazurie (II) (02-1915) · Gorlice-Tarnów (05-1915) · Novogeorgievsk (08-1915) · Varsovie (08-1915) · Sventiany (09-1915) · Lac Narotch (03-1916) · Offensive Broussilov (06-1916) · Turtucaia/Tutrakan (09-1916) · Offensive Flămânda (09-1916) · Offensive Kerenski (07-1917) · Opération Albion (09-10-1917) · Marasesti (08-1917) · Traité de Brest-Litovsk (03-1918) · Bakhmatch (03-1918)


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Bataille de l'Atlantique

L'offensive de Gorlice-Tarnów est une offensive de la Première Guerre mondiale menée par l'Allemagne pour atténuer la pression russe sur l'Autriche-Hongrie. Elle marque un tournant sur le front de l'Est. Les Allemands, appuyés par les Autrichiens, y sont victorieux, arrivant à effectuer une percée rapide dans les défenses ennemies et à faire reculer les Russes sur près de 150 km. À l'issue de l'offensive, les Empires centraux peuvent ainsi occuper la Pologne, une partie de la Biélorussie et de la Russie, la Lituanie et une partie de la Lettonie.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 1915, l'OHL et le haut-commandement austro-hongrois changent de stratégie dans la gestion globale du conflit[1], donnant ainsi une certaine priorité au front de l'Est, satisfaisant ainsi la demande de Paul von Hindenburg, en charge du front de l'Est, et de Conrad von Hötzendorf, chef de l'état-major général austro-hongrois[2]. De plus, Erich von Falkenhayn semble conscient de l’impossibilité de vaincre la France si une forte pression russe continue d'exister sur le flanc Est des puissances centrales[1]. Ce n'est qu'à la suite des refus répétés du Tsar de négocier la conclusion d'une paix séparée avec les puissances centrales, que le chancelier, appuyant ainsi les militaires, décide de consacrer l'essentiel de l'effort militaire du Reich au front de l'Est, pour faciliter la sortie de la Russie du conflit, dans des conditions conformes aux objectifs du Reich[3], soit par des succès militaires, soit en encourageant les mouvements révolutionnaires ou sécessionnistes sur les marges de l'empire russe[4].

De plus, à partir du mois de décembre 1914, Erich von Falkenhayn, chef de l'état-major général allemand, opère de larges transferts de troupes en direction du front oriental, afin de constituer une masse de manœuvre en vue d'une offensive de rupture du front russe : sont ainsi déplacées d'Ouest en Est les effectifs de 14 divisions[2].

Préparation[modifier | modifier le code]

Après avoir tiré les leçons des échecs des offensives de dégagement de la citadelle de Lemberg, lancées au début du printemps, les deux états-majors allemand et autrichien planifient conjointement une offensive de rupture sur le point faible du front russe, la région de Tarnopol[5].

Au milieu du mois d'avril, les plans sont définitivement arrêtés et approuvés. Planifiée par Conrad, l'offensive fixe pour objectifs principaux les moyens ferroviaires utilisés par l'armée russe pour son ravitaillement, principalement les gares de triages, les gares de croisement et les voies ferrées[6].

L'exécution des plans élaborés en commun d'après les directives de Conrad est confiée à l'affable August von Mackensen, sous les directives directes du commandement austro-hongrois, les ordres devant cependant être contresignés par les deux états-major[6]. Pour réussir l'offensive planifiée, il dispose d'une armée composée de 18 divisions, parmi lesquelles on compte 2 divisions de cavalerie et 16 divisions d'infanterie dont 6 issue de l'armée allemande; il dispose également des renseignements obtenus par le service d'espionnage militaire de double monarchie, en pointe dans le domaine des écoutes et dans le déchiffrement de tous les codes utilisés par les Russes, et par le réseau de renseignement entretenu dans les territoires conquis par les Russes[6].

Déroulement[modifier | modifier le code]

August von Mackensen lance l'offensive à partir du 2 mai 1915 sur un front de 80 kilomètres de long, entre la Vistule et les Carpathes et conçoit ce premier coup de boutoir comme le moyen de menacer les lignes d'approvisionnement russe[2].

Elle débute par une importante préparation d'artillerie, menée par près de mille canons lourds[6]; la rupture est obtenue le surlendemain, le 4 mai; les Russes se replient sur la ligne du San, entre la Vistule et les Carpathes[2]. La rupture obtenue, la poursuite commence, avec une armée russe sans cesse en mouvement, contrecarrant toutes les tentatives d'encerclement, contre-attaquant avec beaucoup de mordant à chaque occasion[7].

Le succès des opérations au sol est aussi rendu possible par l'incapacité de l'armée russe à déployer dans le ciel des avions d'observations, au contraire des Allemands et des austro-hongrois, qui disposent de moyens aériens conséquents pour tenir en échec les faibles unités aériennes russes, rapidement expulsées du ciel[8].

Les forces allemandes, occupant le centre du front, enfoncent rapidement les lignes russes, permettant aux Austro-Hongrois sur les ailes de repousser la IIIe armée de Dimitriev. Le renfort, côté russe, de deux divisions n'a aucun impact sur le déroulement de l'attaque allemande, qui balaie les défenses adverses rapidement.

À partir du mois d’août, Hindenbourg et Ludendorff, les concepteurs allemands de l'offensive, multiplient les demandes de renforts, refusées par Erich von Falkenhayn, alors chef d'état-major allemand, ces derniers recevant la consignes de mener leur offensive comme ils le souhaitent, mais avec les moyens dont ils disposent; aux yeux de l'OHL, l'offensive a en effet rempli ses objectifs, éloigner la pression russe de la Prusse orientale et de la Hongrie[9].

L'offensive se poursuivit jusqu'au mois d’août, aboutissant à la prise de Kovno le 17 août et de Brest-Litovsk le 26[9]. De plus, la Galicie est totalement libérée de la présence russe, Przemysl est reconquise le 2 juin, Lemberg le 22[7].

Bilan et conséquences[modifier | modifier le code]

Après la bataille, les Empires centraux poursuivent leur avancée à travers l'Empire russe, mais les Allemands ne parvinrent pas à prendre Riga, le grand port russe sur la Baltique. 1915 fut l'année où l'Allemagne connait le plus de succès sur le front oriental.

Bilan militaire[modifier | modifier le code]

Cette opération de grand style, qui s'étale sur plus de deux moins, constitue la plus éclatante victoire de toute la Première Guerre mondiale pour les Allemands et leur allié austro-hongrois. Le succès rencontré dans cette opération aboutit non seulement à éloigner la pression russe de la plaine hongroise, menacée depuis l'automne 1914 depuis le front des Carpathes, mais aussi à saigner l'armée russe, l'obligeant à envoyer face aux troupes austro-allemandes des soldats peu ou pas du tout instruits[7].

Elle a abouti à repousser le front russe de plusieurs centaines de kilomètres des lignes de départ de l'offensive[7], permettant aux troupes allemandes et austro-hongroises non seulement de s'emparer de vastes portions de la Biélorussie, après avoir conquis la totalité de la Pologne au cours du mois d’août[10], mais aussi de libérer la Galicie, austro-hongroise avant le début du conflit, de toute menace russe[9].

À ce succès territorial s'ajoutent des conséquences sur les effectifs mis en ligne par le commandement russe : pendant toute la durée de l'opération, l'armée russe a perdu plus 1,5 millions de soldats, tués, blessés ou prisonniers, représentant près de la moitié des effectifs combattants avant le conflit. Ces pertes sont comblées par l'appel à des hommes peu ou mal formés, entraînant une baisse irrémédiable des capacités de combat de l'armée de campagne russe[8].

Impact politique et stratégique[modifier | modifier le code]

Ce succès austro-allemand non seulement facilite les négociations en cours pour l'entrée de la Bulgarie aux côtés des puissances centrales, mais aussi modifie les relations entre le Reich et la double monarchie.

Au cours de l'été 1915, les victoires des puissances centrales en Russie contribuent à accélérer l'intervention bulgares aux côtés du Reich et de la double monarchie[7], comme le présume Conrad, lorsqu'il fixe, parmi ses objectifs le dégagement de Przesmyl assiégée par les troupes russes, qualifiant ce dégagement d'« événement de portée mondiale »[6]. Parallèlement à ces négociations avec les Bulgares, Bethmann-Hollweg, chancelier du Reich, tente de renouer à plusieurs reprises, en juin, en juillet puis en août 1915 le contact avec le Tsar, en vue de négocier une paix séparée[11].

les territoires régis par l'Ober Ost.

De plus, les territoires conquis en Russie, la Pologne russe, la Lituanie et de la Courlande, incite le Reich et son allié à mettre en place une administration plus pérenne des territoires conquis. sont ainsi mis en place deux structures destinée à la gestion administrative des territoires conquis sur l'empire russe : le gouvernement général de Varsovie et l'Oberost, en abrégé Ober Ost[12]. Ces territoires font aussitôt l'objet de tractations entre les deux alliés, Burian, ministre austro-hongrois des affaires étrangères, se montrant partisan du contrôle austro-hongrois sur la Pologne, tandis que le Reich pourrait contrôler les pays baltes[13], et disposer de garanties, non seulement en Pologne, mais aussi dans la double monarchie[14].

De plus, au fil des opérations engagées au cours de cette offensive, les armées allemandes et austro-hongroises sont de plus en plus imbriquées au sein d'un front étayé par des armées composées d'unités allemandes et austro-hongroises. Préparée par Conrad et l'état-major austro-hongrois, exécutée par Von Mackensen, cette offensive est exécutée sur le terrain par une armée de 18 divisions, dont 6 divisions issues de l'armée impériale allemandes et la par la IVème armée austro-hongroise[5].

Enfin, à la demande de la Russie, les Alliés multiplient les attaques sur d'autres fronts, afin de soulager les unités russes; ainsi, dès le mois de mai, Joffre, dans un premier temps dans les conférences d'état-major, puis dans un second temps sur le terrain, multiplie les attaques contre les positions allemandes en Champagne[15], tandis que les Italiens et les Serbes sont sollicités afin de soulager le front russe, les premiers répondent favorablement, les seconds, manifestant leur mécontentement face aux clauses du traité de Londres, ne lancent pas l'offensive planifiée depuis Paris[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Raymond Cartier, Jean-Pierre Cartier, La Première guerre mondiale 1, 1914-1915, Presses de la Cité, 1982 (ISBN 978-2-258-01101-4)
  • (fr) Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise,‎ , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571)
  • (pl) Michał Klimecki, Gorlice 1915, Varsovie, Wydawnictwo Bellona, 1991, collection Historyczne Bitwy. (ISBN 83-11-07938-2).
  • (fr) Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19),‎ (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114)
  • (fr) Max Schiavon, L'Autriche-Hongrie la Première Guerre mondiale : La fin d'un empire, Paris, Éditions SOTECA, 14-18 Éditions, coll. « Les Nations dans la Grande Guerre »,‎ , 298 p. (ISBN 978-2-9163-8559-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]