Mer d'Iroise

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Mer d'Iroise
Carte de la mer d'Iroise.
Carte de la mer d'Iroise.
Géographie humaine
Pays côtiers Drapeau de la France France
Subdivisions
territoriales
Finistère
Géographie physique
Type Mer bordière
Localisation Mer Celtique, océan Atlantique
Coordonnées 48° 12′ N 5° 00′ O / 48.2, -548° 12′ Nord 5° 00′ Ouest / 48.2, -5  
Superficie 3 550 km2

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Mer d'Iroise

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Mer d'Iroise

L'Iroise est la partie sud-est de la Mer Celtique, en Atlantique-Nord. Elle s'étend à l'ouest de la Bretagne, entre la Manche (Île Vierge) et le Golfe de Gascogne (Pointe de Pen-Marc'h). La dénomination « Mer d'Iroise » est erronée, seul l'hydronyme « Iroise » est attesté par les textes du XVIIe siècle et les cartes les plus récentes du SHOM.

Parsemée d'écueils et comptant d'étroites passes à forts courants de marée, cette partie de la Mer Celtique correspondant à la façade maritime occidentale du Finistère est exposée à de fréquentes et intenses tempêtes hivernales. Les conditions de navigation qui en résultent en font l'une des zones maritimes les plus dangereuses d'Europe.

Très riche en biodiversité, l'Iroise a été classée réserve de biosphère par l’UNESCO en 1988 et premier parc naturel marin de France en octobre 2007.

Océanographie de l'Iroise[modifier | modifier le code]

Littoral continental de l'Iroise[modifier | modifier le code]

Alternant côtes rocheuses avec ou sans falaises, dunes et abers, le littoral continental de l'Iroise se compose du nord au sud des zones topographiques suivantes :

L'Iroise est parsemée d'écueils, d'îlots et d'îles : Chaussée de Sein, Chaussée des Pierres Noires, Île d'Ouessant, Archipel de Molène, Île Vierge, Îles de l'Aber-Wrac'h, Îles de Landéda, Roches de Portsall, Roches d'Argenton, Tas-de-pois, Îlot de Tévennec, Île d'Iock, Île Tristan... Ses brutaux écarts de profondeur et sa position au débouché-sud de la Manche y induisent en outre de vigoureux courants de marée circulant vers le nord-est durant le flot et s'inversant avec le jusant. Ils atteignent des vitesses remarquables dans le Chenal du Four, le Goulet de Brest, le Passage du Fromveur et le Raz de Sein (8 à 10 nœuds dans ces deux derniers). Combinée à ces forts courants, la puissante houle de l'Atlantique-Nord y forme une mer croisée s'avérant redoutable lors des fréquentes et sévères tempêtes hivernales auxquelles l'Iroise est exposée, ces dernières ayant notamment provoqué des submersions marines à Sein et Penmarch...

Les conditions de navigation qui résultent de sa typologie océanographique font de l'Iroise l'une des zones maritimes les plus dangereuses d'Europe : naufrages de Sein, Penmarch, Ouessant, Molène... En matière de signalisation maritime, l'Iroise est ainsi la zone maritime où la densité de phares et balises est la plus importante de France, le nombre de dangers à parer y étant considérable : « Qui voit Molène voit sa peine, qui voit Ouessant voit son sang, qui voit Sein voit sa fin !... ». Elle compte des « phares mythiques » isolés en pleine mer : La-Jument et Kéréon dans le Passage du Fromveur, Le-Four au large de la Presqu'île Saint-Laurent, Les Pierres-noires au sud-est de l'Archipel de Molène, La-Vieille accompagnée de la Tourelle de la Plate et Tévennec dans le Raz de Sein, Ar-Men à l'extrémité occidentale de la Chaussée de Sein... La côte continentale et les îles comptent de nombreux phares et balises : Saint-Mathieu et Kermorvan respectivement au sud et au nord du Chenal du Four, Trézien sécurisant ce dernier (accompagné des balises des Plâtresses), Phare de la pointe de Corsen, Petit-Minou et Portzic dans le Goulet de Brest, Grand-phare et Men-Brial sur l'Île de Sein, phares d'Ouessant, Feu de l'Aber-Ildut, Phare de l'Île Wrac'h et Lanvaon à l'Aber-Wrac'h, Le-Toulinguet et Morgat sur la Presqu'île de Crozon, Le-Millier sur le Cap Sizun au sud de la Baie de Douarnenez, Phare de l'Île Vierge à l'orée de la Manche, Eckmühl et Vieux phare de Penmarc'h à l'orée du Golfe de Gascogne, Phare de l'Île Tristan devant Douarnenez...

Activité humaine en Iroise[modifier | modifier le code]

Marine nationale française[modifier | modifier le code]

Le Port de Brest comporte une importante base navale depuis 1631. En outre, la base sous-marine de la Force océanique stratégique française est située à l’Île Longue sur la Rade de Brest. Les navires de la Marine nationale française croisent ainsi continuellement en Iroise.

Halieutique professionnelle[modifier | modifier le code]

Hormis Saint-Guénolé pratiquant la pêche au large et la pêche hauturière, la pêche professionnelle des ports de l'Iroise est essentiellement une petite pêche. Pour autant, Le Conquet, Audierne, Brest, Douarnenez et Camaret (ces deux derniers étant d'anciens ports de pêche au large du germon et de pêche hauturière de la langouste pratiquées par des dundees) sont d'importants ports de pêche pour certaines espèces comme le bar de ligne (ligneurs du Raz de Sein), le dormeur, l'araignée de mer, la lotte et la sardine.

Pour faire reconnaître la qualité de leur pêche et créer un label, des pêcheurs à la ligne professionnels se sont organisés en association depuis 1993[1].

Plaisance[modifier | modifier le code]

L'Iroise est très fréquentée par les plaisanciers, qui y pratiquent notamment la voile et la pêche de loisir. C'est un passage obligé pour la croisière côtière entre la Bretagne nord et la Bretagne sud, avec au nord le chenal du Four, entre Ouessant et la côte, et au sud le raz de Sein en face de la Pointe du Raz.

Exploitation des algues[modifier | modifier le code]

L'archipel de Molène abrite un des plus grands champs d'algues d'Europe ; ces algues (notamment les laminaires) sont exploitées par une flotte de goémoniers (pour une bonne part basés à Lanildut), pour les besoins des industries chimique et alimentaire (gélifiants). Plusieurs dizaines de milliers de tonnes de goémon sont ainsi récoltées chaque année. Certaines algues sont aussi récoltées manuellement sur l'estran.

Plongée[modifier | modifier le code]

Il existe en Iroise de nombreux sites de plongée, fréquentés par plusieurs clubs. Plusieurs épaves sont relativement accessibles et intéressantes, mais les fonds en eux-mêmes sont souvent spectaculaires. La chasse sous-marine est pratiquée par de nombreux plongeurs. Quelques bateaux à fond de verre permettent de découvrir les fonds marins.

Loisirs nautiques[modifier | modifier le code]

L'Iroise offre de nombreux spots pour la planche à voile, le kite-surf, le surf et le canoë-kayak.

Sauvetage en mer[modifier | modifier le code]

L'Abeille Bourbon

L'Iroise est très fréquentée : elle est un point de passage obligé pour certains navires remontant du sud de l'Europe via le golfe de Gascogne et allant vers le nord de l'Europe en empruntant la Manche. Hormis les délicats passages du Raz de Sein, les chenaux du Four et du Fromveur, il ne faut pas en exagérer les dangers. Les chenaux sont larges et et de nos jours bien balisés. La chaussée de Sein et l'archipel de Molène sont parsemés d'innombrables écueils mais à l'écart des routes principales. Il n'en demeure pas moins que toute navigation doit impérativement tenir compte des courants de marée, très violents par endroits.

Après plusieurs fortunes de mer et la catastrophe de l'Amoco Cadiz, un dispositif de séparation du trafic obligatoire a été mis en place pour les gros navires qui sont obligés de passer à l'ouest d'Ouessant : c'est le rail d'Ouessant. Ainsi, la zone la plus dangereuse est évitée et en cas d'avarie, un remorqueur de haute mer peut intervenir avant le naufrage sur la côte ou les rochers.

Ce rôle a longtemps été tenu par l'Abeille Flandre, qui a été remplacé en 2005 par l'Abeille Bourbon. Dès que les conditions météorologiques se dégradent, ce navire basé à Brest part mouiller dans la baie du Stiff à Ouessant, lui faisant gagner de précieuses heures de mer en cas de problème.

Vedette SNSM dans le port de Douarnenez

L'Iroise abrite également des stations SNSM à Sein, Douarnenez, Camaret, Le Conquet, Portsall, Île-Molène et Ouessant. Dans chacun de ces ports, un bateau de sauvetage tous temps (de 14,80 m à 17,60 m) mené par des bénévoles est prêt à sortir par tous les temps dès lors qu'il y a danger en mer. Des photographes comme Philip Plisson ou Jean Guichard rendent hommage à ces hommes et nous livrent de superbes images de ces bateaux œuvrant dans une mer pas toujours favorable.

Environnement[modifier | modifier le code]

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Malgré plusieurs marées noires et accidents de mer aux conséquences écologiques graves, ainsi que la surexploitation de certaines ressources halieutiques (dont les sardines qui ont fait vivre jusqu'à 8 000 personnes dans la baie de Douarnenez au XIXe et début du XXe siècle), grâce à ses puissants courants, à une côte très découpée et à des fonds marins variés, la mer d’Iroise est constamment brassée, fortement oxygénée et riche en plancton, ce qui en fait un endroit idéal pour le développement d’une faune et d’une flore très riches.

L'Iroise est ainsi réputée pour ses bars et tout particulièrement pour ceux du raz de Sein pêchés au milieu des courants. Elle abrite également deux troupeaux de grands dauphins d’une vingtaine d'individus : l’un dans l’archipel de Molène et l’autre autour de Sein et on croise de temps à autre un poisson lune, un requin pèlerin ou une baleine. Il n'est pas rare de voir les dauphins accompagner les transbordeurs reliant les îles au continent. L’archipel de Molène abrite également une centaine( selon les derniers comptages réalisés par le parc marin ainsi que la réserve naturelle d'Iroise "Bretagne vivante S.E.P.N.B") de phoques qui trouvent là la limite sud de leur habitat.

Protection[modifier | modifier le code]

Ce milieu sensible fait l'objet de nombreux dispositifs de protection s'intéressant aux espaces terrestres, mais la mer n'a pas été directement visée avant la création du parc naturel marin.

Parc naturel marin d'Iroise[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel marin d'Iroise.

Après une quinzaine d'années de débats et de concertation, le premier parc naturel marin de France a vu le jour en Iroise le 2 octobre 2007, ayant pour but de « protéger un patrimoine exceptionnel, et participer au développement durable des activités dépendantes de l’environnement marin. »[2]

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Récits de mer[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Abraham, Armen, Le tout sur le tout, 1988 (Seuil, 1967, pour la première édition) (ISBN 2865220273);
  • Jean-Pierre Abraham, Au plus près, Seuil, 2004;
  • Jean-Pierre Abraham, "Tévennec", in La place royale, Le Temps qu'il fait, 2004;
  • Hervé Hamon (1999) L'abeille d'Ouessant, Le Seuil, (ISBN 2020333317) (édition poche en 2000 : (ISBN 202040804X)) : Hervé Hamon s'est embarqué pendant un an à bord de l'Abeille Flandre, remorqueur gardant le rail d'Ouessant et intervenant au cœur des pires tempêtes de la mer d'Iroise. Un récit superbe et émouvant.
  • Michel Mazeas (1994) Les houles de la mer d'Iroise, Ouest France, 222 pages, (ISBN 2737326435) : récits d'histoires s'étant déroulées dans la mer d'Iroise au XXe siècle.

Photos[modifier | modifier le code]

  • Michel Coz & Sandrine Pierrefeu (2005) Mer d'Iroise, Le Télégramme, 117 pages, (ISBN 2848331194) : très belles photos de la mer d'Iroise
  • Christophe Courteau (2005) Un photographe en mer d'Iroise, Ouest France, (ISBN 2737333350) : très belles photos de mer, mais aussi une attention particulière portée à la faune et la flore

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Alan Stivell interprète une très belle chanson en français et breton, Iroise, sur son album Back to Breizh en 2000.
  • Yann Tiersen (1998) Le phare, Virgin : Brestois d'origine, Yann Tiersen compose un album résolument tourné vers sa mer comme en témoignent les titres L'arrivée sur l'île, La noyée, Les bras de mer et surtout Le Fromveur, du nom du courant au Sud Est de Ouessant.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Célébrités[modifier | modifier le code]

  • Les cendres de Jean Gabin y furent dispersées en 1976, selon ses dernières volontés.
  • Les cendres de Jean-François Deniau y furent dispersées en 2007, selon ses dernières volontés.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Cartographie[modifier | modifier le code]

La mer d'Iroise est particulièrement « mal pavée » et très agitée par de puissants courants aussi le SHOM propose-t-il de nombreuses cartes, y compris à petite échelle, pour que les marins puissent naviguer en sécurité. La liste ci-dessous n'est donnée qu'à titre indicatif, reportez-vous au catalogue du SHOM concernant la région qui fait toujours référence !

Cartes marines du SHOM sur la mer d'Iroise
nom numéro échelle
De l'île Vierge à la Pointe de Penmarc'h - Abords de Brest 7066 1:158837
Du Goulet de Brest à Portsall - Île d'Ouessant 7149 1:49101
Du Goulet de Brest à la Chaussée de Sein 7148 1:49339
De la Pointe de Saint-Mathieu à la Chaussée de Sein - Iroise 7172 1:49326
Baie de Douarnenez 7121 1:30000
Île Molène - Île d'Ouessant - Passage du Fromveur 7123 1:20000
Accès à la Rade de Brest 7401 1:22504
Raz de Sein 7423 1:20000

Autres sites[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Association des ligneurs de la pointe de Bretagne
  2. Site officiel du Parc naturel marin d'Iroise