Yann Tiersen

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Yann Tiersen
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Yann Tiersen en 2007

Informations générales
Nom de naissance Yann Pierre Tiersen
Naissance (46 ans)
Brest, Drapeau de la France France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Instruments Violon, piano, guitare, accordéon
Labels Ici d'ailleurs, ANTI-, Mute Records
Site officiel yanntiersen.bzh

Yann Tiersen, né le à Brest, est un auteur-compositeur-interprète et multi-instrumentiste français. En 2001, il devient mondialement connu pour sa composition de la bande originale du film de Jean-Pierre Jeunet, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, pour laquelle il obtient le César de la meilleure musique de film en 2002.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son plus jeune âge, Yann Tiersen manifeste un grand intérêt pour la musique, alors qu'il éprouve des difficultés à l'école[1]. Il passe son enfance à Rennes et ses vacances à l'île d'Ouessant[2]. De 6 à 14 ans, il apprend au Conservatoire le violon, le piano, ainsi que plus tard la direction d'orchestre. De formation classique, il devient guitariste de rock à l'âge adulte. Durant les années 1980, il se joint à plusieurs groupes à tendance rock à Rennes. Il commence ensuite à écrire des pièces musicales pour le théâtre ou pour des courts métrages[1].

En 1995, il sort son premier album, La Valse des monstres, qui regroupera une partie de son travail effectué pour le cinéma et le théâtre. Deux ans plus tard, il sort un nouveau disque, Rue des cascades. Le titre éponyme, chanté par Claire Pichet, sera utilisé un an après la sortie de l'album pour le film La Vie rêvée des anges[3]. Bien qu'arrivant à se créer une renommée certaine à Rennes, son travail reste confidentiel et n'attire pas l'attention d'un plus large public[4].

C'est la sortie de son album Le Phare en 1998 qui lui permettra de se forger une réputation notamment grâce à son titre Monochrome sur lequel Dominique A chante en anglais[5]. Cet album, devenu disque d'or avec plus de 100 000 copies vendues[6], lui permettra de passer plus amplement sur les radios et de rééditer ses disques précédents. Cette année-là, Yann Tiersen enchaîne les concerts et lors des Transmusicales de Rennes, il donne un concert exceptionnel pour France Inter dans l'émission C'est Lenoir de Bernard Lenoir, avec de nombreux invités : Françoiz Breut, Dominique A, The Married Monk, les Têtes Raides, Mathieu Boogaerts, Bertrand Cantat (chanteur de Noir Désir) et Neil Hannon (de The Divine Comedy)[7], ce qui abouti à la sortie d'un album de ce concert : Black Session[8].

Yann Tiersen en concert au cabaret Vauban en 2005.

Le 23 mars 1999 sort Tout est calme, un mini-album plus rock avec le groupe The Married Monk et des titres pour la première fois chantés. Une tournée suit après un Olympia à Paris le 16 mars dans le cadre du festival de Jeux[9]. De sa collaboration avec Bertrand Cantat naît en 1999 le remix de la chanson de Noir Désir, À ton étoile, qui figure sur l'album One Trip/One Noise du groupe bordelais. En avril 2000, Yann Tiersen fait la première partie de Juliette Gréco au Barbican Center de Londres.

En avril 2001, il fait entendre sa nouvelle création, L'Absente, un album sur lequel ont participé de nombreux amis artistes, un quatuor à cordes et l'Ensemble Orchestral Synaxis[10]. Il sera salué par la critique comme étant son album à la fois le plus ambitieux et le plus abouti[11]. Le même mois, sort la bande originale du film le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, bande originale dont la moitié des chansons ne sont pas composées pour le film mais proviennent de ses albums précédents. L'album est un succès commercial avec une forte demande à l'international[12] : début juillet 2001 il est certifié double disque d'or soit 200 000 ventes, mi-2002 il atteint 600 000 copies et en 2003 il est certifié triple album de platine (900 000 unités vendues en France)[13], s'écoulant à deux millions d'exemplaires dans le monde[2]. Ce succès aboutit à ce qu'en mars 2002, Yann Tiersen obtient le César de la meilleure musique lors de la 27e cérémonie des César[14]. Nommé dans trois catégories, les Victoires de la musique lui décernent le titre de la meilleure bande originale de film.

En 2002, Yann Tiersen continue à arpenter les salles de concerts, notamment à l'Olympia pour trois soirs, au Royal Albert Hall de Londres, à Montréal[15]. Un nouveau double album live sort à la suite d'un concert exceptionnel à la Cité de la musique de Paris : C'était ici. Celui-ci réunit également des invités déjà présents lors de ses anciens comme de ses concerts plus récents.

En 2003, il compose la bande originale du film allemand Good Bye, Lenin! ; il dirige un orchestre symphonique pour enregistrer les 18 titres[16]. Il remporte la Victoire de la musique catégorie « Album de musique originale de cinéma ou de télévision de l’année 2004 » pour cette bande originale[17]. L'année suivante sort un album en duo avec Shannon Wright[18].

Yann Tiersen avec Christophe Miossec en 2005.

Paraît ensuite l'album studio Les Retrouvailles le . Yann Tiersen y multiplie encore une fois les collaborations avec notamment la présence sur cet album de Jane Birkin, Dominique A, Miossec, Elizabeth Fraser (des Cocteau Twins) et du chanteur Stuart Ashton Staples (des Tindersticks). L'album est récompensé au grand prix du disque du Télégramme[16].

Le sort le film Tabarly de Pierre Marcel consacré à la vie d'Éric Tabarly, à l'occasion de l'anniversaire des 10 ans de sa disparition, dont la bande originale est signée Yann Tiersen. Il compose la musique de l'album de Christophe Miossec, Finistériens, sorti le [19] et il participe à l'album de reprises du groupe Coil, intitulé The Dark Age of Love, sorti le 12 octobre 2009[20].

Le , Yann Tiersen a présenté son projet Dust Lane Inc. lors de La Route du Rock à Saint-Malo, avec 16 musiciens sur scène. Après une tournée mondiale de deux ans, Yann Tiersen a sorti Dust Lane en octobre 2010. Il comporte une collaboration avec Matt Elliott et Syd Matters[21].

Le sort un nouvel album Skyline aux sonorités post-rock[22].

Yann Tiersen fonde aux côtés de Lionel Laquerrière et Thomas Poli un nouveau projet orienté musique électronique et synthé nommé ESB (pour Elektronische Staubband). Le trio se produit lors de plusieurs festivals européens, notamment la Route du Rock à Saint-Malo en 2012, avant de sortir un album dans les conditions live en 2013, Thoré Single Club, et d'enregistrer un album l'année suivante pour une parution le 26 octobre 2015 (Square/Triangle/Sine sur le label Bureau B)[23],[24].

Pour les 100 ans des films Fantômas, la société de production Gaumont lui demande de composer une nouvelle bande originale qui accompagnera les films muets. Le 31 octobre 2013, Yann Tiersen et d'autres artistes jouent en direct pendant 6 heures cette nouvelle bande originale au théâtre du Châtelet à Paris[25].

Le 19 mai 2014, Yann Tiersen sort un huitième album studio, Infinity, enregistré à Ouessant et en Islande[26].

Entre septembre 2015 et mars 2016, il suit une formation intensive pour l'apprentissage de la langue bretonne en six mois, dispensée par l'organisme Stumdi[27]. Cette maîtrise du breton lui permet notamment de comprendre les noms de lieux de l'île d'Ouessant où il vit et de lire des poèmes. Ainsi, il réalise l'album-concept EUSA (nom breton de l'île), intimement lié à sa vie. Ce recueil de morceaux de piano rend hommage à dix lieux sur Ouessant, à travers des enregistrements de l'écosystème, les coordonnées GPS liées, les photos et la voix de sa femme (dans Eusa elle récite un texte de la poétesse bretonne Anjela Duval)[28].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums Studio[modifier | modifier le code]

Bandes originales de films[modifier | modifier le code]

Albums Live[modifier | modifier le code]

Mini-Albums et E.P.[modifier | modifier le code]

Collaborations[modifier | modifier le code]

Participations[modifier | modifier le code]

Récompenses, distinctions[modifier | modifier le code]

DVD Live[modifier | modifier le code]

  • 2005 : La Traversée (réalisé par Aurélie du Boys)
  • 2006 : On Tour (dvd) (réalisé par Aurélie du Boys)

Engagements et vie privée[modifier | modifier le code]

En 1999, il participe à un concert et un disque au profit du Groupe d'information et de soutien des immigrés (Gisti), aux côtés de Noir Désir notamment[30].

Début mai 2002, après le premier tour de l'élection présidentielle, il réalise une tournée improvisée pour dire « non au FHaine », entouré de Noir Désir, les Têtes raides, Dominique A et Thomas Fersen[31].

Natacha Régnier a été son épouse, et elle interprète des chansons dans son album L'Absente paru en 2001. En 2002, ils ont une fille, Lise Tiersen[32].

Récompensé aux Victoires de la musique 2002, il hésite à accepter son prix. Considérant qu'il ne s'agit pas d'une bande originale telle que lui la conçoit, s'étant senti « dépossédé » de compositions déjà existantes[2], il monte sur scène pour pouvoir dire qu'il ne faisait pas de la musique pour ça[33]. Couronné également en 2004 pour la musique du film Good Bye, Lenin!, il profite de l'occasion pour évoquer la lutte des milieux intellectuels victimes de la politique du gouvernement Raffarin : « On dit que Good bye Lenin ! parle de la chute d'un mur. Ce soir, je pense à celui auquel ce sont heurtés les enseignants, chercheurs, juristes et intermittents qui voulaient dialoguer avec le gouvernement. Contre ce mur d'incompréhension, retrouvons-nous lundi, ici même au Zénith, pour un concert militant, pour que la France ne devienne pas un pays sans liberté, sans égalité, sans fraternité », en brandissant l'affiche du concert "Avis de KO social" ayant lieu le lendemain au Zénith de Paris[34].

En 2011, il collabore avec le Yellow Bird Project (YBP) pour concevoir un t-shirt, qui est vendu pour amasser des fonds pour Médecins sans frontières[35].

Le 2 août 2016, Yann Tiersen se marie avec Emilie Quinquis sur l'île d'Ouessant[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Yann Tiersen - Biographie, discographie et fiche artiste », sur RFI Musique (consulté le 9 janvier 2017)
  2. a, b et c Véronique Mortaigne, « Yann Tiersen, musicien au grand large », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  3. Antoine de Baecque, « Le saut de l'ange », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  4. Véronique Mortaigne, « Les émotions universelles de Yann Tiersen et de Cesaria Evora », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. Véronique Mortaigne, « Yann Tiersen Le Phare », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. Frédérique Doyon, « La double vie de Yann Tiersen », Le Devoir,‎
  7. Hugo Cassavetti, « Yann folie. France Inter. Black Sessions. 21 h 30. », Libération,‎
  8. Bertrand Dicale, « Olympia. Yann Tiersen, l'instinct et la simplicité », Le Figaro,‎
  9. Sylvain Siclier, « Yann Tiersen apprivoise la scène de l'Olympia », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. Mercuri Catarina, « Festival Bourges 2001. Un chanteur habité », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. a et b Frédéric Jambon, « Yann Tiersen. La victoire du talent et de la fidélité », Le Télégramme,‎ (lire en ligne).
  12. Véronique Mortaigne, « Le marché français du disque renoue avec la croissance », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. AFP, « Quatre albums au dessus du million d'exemplaires en France en 2003 », Le Parisien,‎
  14. « Une soirée œcuménique pour le cinéma », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  15. Régis Tremblay, « Yann Tiersen : La vie après Amélie Poulain », Le Soleil,‎
  16. a et b Muriel Steinmetz, « Le guitariste breton (se) joue de tout », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  17. « Les gens du monde », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  18. Ludovic Perrin, « Yann Tiersen et Shannon Wright », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  19. Stéphane Davet, « La désolation d'une », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  20. Thedarkageoflove.com
  21. Voir.ca
  22. « Yann Tiersen toujours plus haut », RFI Musique,‎ (lire en ligne)
  23. Pierre Chapin, « Yann Tiersen. En mode electro », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  24. Yann Tiersen est de retour [... avec ESB (Elektronishe Staubband) - Christophe Segard - 1er octobre 2015]
  25. « Une nuit avec Fantômas », sur fantomas.arte.tv (consulté le 9 janvier 2017)
  26. « Yann Tiersen, du rock vers l’infini », RFI Musique,‎ (lire en ligne)
  27. « Formation au breton. Yann Tiersen rempile », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  28. Marie-Sarah Bouleau, « Yann Tiersen, sous ses airs bretons », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  29. « Langue bretonne. Prizioù 2017 :  Yann Tiersen et Émilie Quinquis, brittophones de l'année », Le Telegramme,‎ (lire en ligne)
  30. Stéphane Davet, « De Trust à Noir Désir, comment concilier rock et engagement politique », Le Monde,‎
  31. Olivier Bertrand, « Le «réflexe instinctif» de la scène rock militante », Libération,‎
  32. Antoine de Baecque, « Le saut de l'ange », Libération,‎ (lire en ligne)
  33. Thierry Coljon, « Yann en scène », Le Soir,‎
  34. Victor Hache, « Victoires contre le mur d'incompréhension », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  35. « Yann Tiersen », sur Yellow Bird Project (consulté le 9 janvier 2017)
  36. « Brest. Le mariage « made in Brest » de Yann Tiersen », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]