Orque

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Orcinus orca

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L'orque, ou épaulard (Orcinus orca), est une espèce de mammifère marin du sous-ordre des cétacés à dents, les odontocètes. Elle a une répartition cosmopolite ; elle vit dans les régions arctiques et antarctiques jusqu'aux mers tropicales. Son régime alimentaire est très diversifié, bien que les populations se spécialisent souvent dans des types particuliers de proies. Certaines se nourrissent de poissons, tandis que d'autres chassent les mammifères marins tels que les lions de mer, les phoques, les morses et même de grandes baleines. Les orques sont considérées comme des superprédateurs.

Les orques sont fortement sociales ; certaines populations sont composées de plusieurs familles matrilinéaires qui sont les plus stables de toutes les espèces animales. Les techniques de chasse sophistiquées et les comportements vocaux, qui sont souvent spécifiques à un groupe particulier et sont passés à travers les générations, ont été décrits comme des manifestations culturelles. L'Union internationale pour la conservation de la nature évalue actuellement le statut de conservation de l'orque comme « données insuffisantes » en raison de la probabilité que les types d'orque soient des espèces distinctes. Certaines populations locales sont menacées ou en voie de disparition notamment à cause de la disparition de leur habitat, de la pollution (par les PCB), de la capture des mammifères marins et des conflits avec les pêcheries.

Les orques sauvages ne sont pas considérées comme une menace pour l'Homme, bien qu'il y eut des cas de spécimens captifs tuant ou blessant leurs dresseurs dans des parcs à thème marin. Les orques sont très présentes dans les mythologies des peuples navigateurs, avec une réputation allant du protecteur d'âmes humaines à celle de tueur impitoyable.

Description[modifier | modifier le code]

Mensurations[modifier | modifier le code]

Comparaison avec l'Homme.
Mensurations [1]
Mâle Femelle
Longueur moyen 6,70-8,50 m 5,50-7,30 m
Longueur max 9,80 m 8,40 m
Poids moyen 5-7 tonnes 2,5-4 tonnes
Poids max 11 tonnes 7,5 tonnes

Les mâles mesurent entre 6 et 9 m de long (le spécimen le plus grand jamais vu mesurait 9,74 m) et pèsent entre 5 et 8,5 tonnes (le plus lourd spécimen pesait 11 tonnes) ; les femelles sont plus petites, mesurant entre 6 et 7 mètres pour une masse située entre 3 et 4 tonnes (le maximum connu pour une femelle est de 7,5 tonnes). À la naissance, le nouveau-né pèse environ 150 à 220 kg et mesure entre 2 et 2,70 m de long. À la différence de la plupart des dauphins, la nageoire caudale d’une orque est large et arrondie (elle peut mesurer plus de 2,40 m d’envergure).

Dans la nature, seules 1% des orques ont leur nageoire dorsale courbée contre 80% en captivité; une des explications avancées est le fait que les orques captives restent plus souvent à la surface de l'eau et la nageoire n'est plus « soutenue » par la forte densité de l'eau salée. Elle finit par s'affaisser sur le côté[2].

Morphologie générale[modifier | modifier le code]

Anatomie interne d'une orque.

Les orques ont une apparence caractéristique avec un dos noir, un ventre blanc et une tache blanche derrière et au-dessus de l’œil. Le corps est puissant et surmonté d’un grand aileron dorsal avec une tache gris foncé en forme de selle juste derrière. Pouvant mesurer plus de 2 mètres, l’aileron dorsal du mâle est plus grand que celui de la femelle (environ 90 cm). Il a une forme de triangle isocèle allongé tandis que l’aileron dorsal de la femelle est plus court et a la forme d’une faux. Néanmoins cet aileron s'affaisse chez la plupart des orques en captivité. Les scientifiques identifient les individus grâce aux entailles, coups et éraflures sur leurs ailerons ainsi qu'à la forme de l’aileron.

L’orque mâle a une silhouette caractéristique qui ne peut être confondue avec celle d’une autre espèce d’animal marin. Dans les eaux tempérées, les femelles et les juvéniles, s’ils sont observés d’une certaine distance, peuvent être pris pour des représentants d’espèces comme le faux-épaulard ou le dauphin de Risso.

Différents types d'orque[modifier | modifier le code]

On distingue plusieurs morphes différents d'orques, qui peuvent être considérés comme des races, sous-espèces voire espèces différentes[3]. L'IUCN a annoncé que la classification de l'orque allait probablement être divisée en plusieurs parties.[réf. nécessaire]

On observe principalement neuf types d'orques, correspondant à neuf populations distinctes, réparties dans trois océans[4] :

Océan Pacifique Nord[modifier | modifier le code]
  • Orques résidentes : subdivisés en orques résidentes du Sud, orques résidentes du Nord et orques résidentes d'Alaska, elles vivent dans les eaux côtières du nord-est du Pacifique, et mangent du poisson, parfois du calmar. Elles vivent en groupes bien structurés.
  • Orques nomades[5] : elles consomment presque exclusivement des mammifères marins, se déplace en petits groupes de 2 à 6 individus. Elles sont observées au large de la Californie et de l'Alaska, et sont parfois surnommées orques de Bigg, en l'honneur du cétologue canadien Michael Bigg.

Les orques nomades et sédentaires vivent dans les mêmes zones mais s'évitent[6],[7],[8]. On pense que les différents types d'orque se sont séparés il y a 2 millions d'années. Il n'y a pas eu de reproduction entre ces types depuis au moins 10 000 ans d'après les analyses génétiques.

  • Orques de haute mer : elles ont été découvertes en 1988 et se nourrissent principalement de poisson, mais probablement aussi de requins et de mammifères marins. Elles vivent en groupes de 20 à 75 individus.
Océan Atlantique Nord[modifier | modifier le code]
  • Type 1 : rencontrées au large des côtes de la Norvège, de l’Écosse et de l'Islande, elles sont considérées comme résidentes et se nourrissent de maquereaux et de hareng.
  • Type 2 : considérées comme nomades, elles se nourrissent exclusivement de mammifères marins.
Océan Antarctique[modifier | modifier le code]
  • Les quatre variations répertoriées de l'hémisphère Sud.
    Type A : typiquement nomades, rencontrées autour de tout le continent Antarctique, elles vivent hors des zones de banquises et semblent manger principalement des baleines de Minke.
  • Type B : subdivisés en grand type et petit type. Celles du grand type sont aussi appelées pack ice killer whales en anglais, en référence à leur habitude de chasser le phoque près de morceaux de banquise dérivante. Celles du petit type sont aussi appelées orques de Gerlache, car elles sont abondantes dans le détroit de Gerlache, où elles chassent le manchot.
  • Type C : aussi appelée orques de la mer de Ross, ce sont les plus petites orques connues.
  • Type D : aussi connues sous le nom d'orques subantarctiques.

Les scientifiques ont constaté qu’il existait des orques de forme naine en Antarctique. Certains spécialistes veulent les considérer comme une espèce à part en les nommant Orcinus glacialis ou Orcinus nanus. Mais d’autres refusent de la considérer comme une espèce différente d’Orcinus orca[réf. nécessaire].

Écologie et comportement[modifier | modifier le code]

Un pod d'orques.

L'orque, à l'instar du grand cachalot, est un superprédateur. Au sommet de la chaîne alimentaire, elle ne connaît aucun ennemi naturel. Son alimentation est essentiellement constituée de poissons, de manchots et d’autres mammifères marins (lions de mer, otaries, phoques, marsouins, petites ou jeunes baleines, lamantins, dauphins). Les proportions de ces proies dans le régime alimentaire ainsi que les techniques de chasse employées varient en fonction des populations. Les orques chassent les mammifères marins tels que les phoques et lions de mer en rôdant très près des plages, et en utilisant la technique d’échouage sur le rivage. L'orque est une des rares espèces qui transmet son savoir aux générations suivantes. Des scientifiques ont observé des orques femelles enseigner l’échouage volontaire à des groupes de jeunes orques. Cet apprentissage peut durer 20 ans.

On distingue trois types d’orques bien définis :

  • les orques nomades sont constamment en déplacement et silencieuses. Elles sont parfois solitaires, ou en petits groupes de deux à sept individus. Leurs sons ne s’entendent que lors des repas. Ce sont ces orques qui s’attaquent aux mammifères marins de grande taille. Elles possèdent un aileron pointu et droit ;
  • les orques résidentes reviennent à chaque période donnée dans la même zone, ce qui rend leur étude assez simple. Elles vivent en groupes de cinq à cinquante individus dirigés par la doyenne des femelles. Elles se nourrissent de saumons et autres poissons, mais elles ont aussi été observées chassant des mammifères marins. Les résidentes vocalisent sans cesse et chaque groupe peut être reconnu par son dialecte unique. Elles utilisent fréquemment l’écholocation qui consiste à émettre des petits sons semblables à des clics et ensuite écoutent leur écho ce qui leur permet de détecter les proies et de se repérer en eaux troubles ;
  • les orques offshore sont majoritairement ichtyophages et vivent en troupe de trente à soixante individus. Elles n’ont été découvertes qu’en 1988 au large de la Colombie-Britannique. Le type offshore ressemble plus aux résidentes qu’aux nomades ; en effet, la taille des groupes semble être assez similaire, leur nageoire dorsale et leur selle grise ont presque la même taille. Elles vocalisent constamment, comme les résidentes. Leur régime demeure cependant un mystère ; il semble qu’elles se nourrissent principalement de poisson.

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Échographie d'une orque.

La plupart des données sur le cycle de vie des orques proviennent de campagnes d’observation de longue durée portant sur des populations grégaires vivant le long des côtes de Colombie-Britannique et de l’État de Washington ainsi que d’études menées sur des orques en captivité. Compte tenu de la minutie des études menées et de la nature fortement structurée des groupes d’orques de ces populations, les données dont on dispose peuvent être considérées comme justes et détaillées ; toutefois les groupes d’orques transhumants et ceux vivant dans d’autres océans peuvent avoir des caractéristiques légèrement différentes.

Reproduction[modifier | modifier le code]

Les femelles deviennent adultes à environ 15 ans. À partir de cet âge, elles ont des périodes de fertilité espacées de 3 à 16 mois. La durée de la période de gestation est variable, de quinze à dix-huit mois. Les mères donnent naissance à un seul nouveau-né, environ une fois tous les cinq ans. Dans les groupes d’orques grégaires étudiés, les naissances s’échelonnent tout au long de l’année, le pic de naissance se situant en hiver. La mortalité des nouveau-nés est très élevée ; d’après une étude, il semble que près de la moitié décèdent avant d’avoir atteint l’âge de six mois. Les nouveau-nés sont allaités durant 2 ans, mais commencent à se nourrir eux-mêmes à compter de l’âge de douze mois.

Les femelles se reproduisent jusqu’à l’âge de 40 ans, elles élèvent en moyenne 5 nouveau-nés. Les mâles deviennent sexuellement actifs à l’âge de 15 ans[9].

Durée de vie[modifier | modifier le code]

La longévité moyenne, la longévité maximale et l'âge moyen varient en fonction de la population d'orques considérée. La majorité des études scientifiques traitant de ce sujet portent sur les orques résidentes du nord de l'océan Pacifique (divisées en orques résidentes du Sud et orques résidentes du Nord). Pour les autres populations d'orques les données sont faibles ou inexistantes.

Espérance de vie[modifier | modifier le code]

Chez les orques résidentes du Pacifique Nord, l'espérance de vie, ou longévité moyenne, est estimée à 50,2 ans pour les femelles et 29,2 ans pour les mâles, selon une étude menée en 1990 par les chercheurs de la Pacific Biological Station du ministère des Pêches et des Océans du Canada[10].

Longévité maximale[modifier | modifier le code]

La longévité maximale des orques résidentes du Pacifique Nord est en moyenne de 80 à 90 ans pour les femelles et de 50 à 60 ans pour les mâles, selon l'étude de 1990 des chercheurs de la Pacific Biological Station du ministère des Pêches et des Océans du Canada[10].

Certaines de ces orques étudiées par les scientifiques atteignent des records de longévité. Granny J2, matriarche du pod J des orques résidentes du Sud (au large de la Colombie-Britannique), est âgée d'environ 105 ans[11]. Lummi, une matriarche du pod K de cette population est morte en août 2008 à l'âge estimé de 98 ans[12],[13]. Au sein du pod L de cette même population, Ocean Sun L25, la mère de l'orque captive Lolita (Miami Seaquarium), atteindrait les 88 ans[11].

Age moyen[modifier | modifier le code]

L'âge moyen d'une population est la moyenne des âges des individus, à un instant donné. C'est un indicateur de l'état de santé d'une population. Chez les orques[Lesquelles ?] il serait[Quand ?] de 17 ans pour les mâles et de 30 ans pour les femelles[réf. nécessaire]. Cet âge moyen, relativement faible, signifie que la natalité est élevé, et que la mortalité des jeunes individus est faible.

Alimentation[modifier | modifier le code]

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Crâne d’orque.

L’orque se nourrit de poissons (quand elle est adulte, de 60 à 80 kg), d’oiseaux de mer, de manchots, de phoques, de dauphins, de lions de mer, de marsouins et aussi d’autres cétacés, la teneur exacte de leur alimentation dépendant de leur habitat. Il s’agit de l’un des rares cétacés à s’attaquer à d’autres mammifères marins (la pseudorque attaquerait elle aussi des petits mammifères marins).

Les orques vivent, se déplacent et chassent en groupe de 3 à 40 individus dans la plupart des océans. L’éventail des techniques de chasse développées par l’orque est vaste, et dépend à la fois de la proie et de l’environnement. Ainsi, dans l’hémisphère sud, la chasse aux pinnipèdes se fait-elle parfois par échouage volontaire sur la plage. Les orques utilisent l’écholocation, un système de sonar naturel, sauf dans le cas de la traque des autres cétacés. Les chasses peuvent se dérouler en pleine mer ou près des côtes, auquel cas la proie est rabattue vers la terre jusqu’à ne plus pouvoir échapper à ses prédateurs. Lorsqu’il s’agit d’un gros cétacé, tous les membres du groupe participent, les uns immobilisant l’animal par la queue pendant que les autres le frappent de tous côtés. Il leur arrive d'attaquer les petits des baleines grises, mais sans toujours le succès escompté face à la réaction combative de la femelle ; ou des grands cétacés adultes diminués, hors d'état de se défendre. Contrairement à la légende[Laquelle ?], on ne connaît qu'un cas assuré de bandes d'orques faméliques qui dans l'hémisphère austral aient attaqué une famille de rorquals bleus (beaucoup plus imposants que la baleine grise) avec un relatif succès (la mère s'étant échouée sur les côtes de l'Argentine pour faire lâcher prise à un assaillant)[14].

Une orque type B examine un phoque de Weddell (Leptonychotes weddellii) sur la péninsule Antarctique.

Bien que le requin blanc et l'orque s’ignorent quand ils se croisent, il n'est pas rare que des orques s’attaquent à des requins blancs. Ainsi, dans la baie de Monterey, en Californie, une orque femelle d’environ 6 mètres et du nom de matricule "CA2" a été observée à plusieurs reprises attaquant des requins blancs. La première observation, datant d’, eut lieu quand CA2 a attaqué et tué un requin blanc de 3,50 mètres. CA2 avait attrapé le requin dans sa gueule et l'a retourné pour l'immobiliser (les requins deviennent inconscients lorsqu'ils sont mis sur le dos) et l'asphyxier, le requin immobilisé ne pouvant plus se déplacer pour récolter l'oxygène. Malgré son cuir extrêmement solide, le requin avait été mis en pièce par l’orque. La deuxième observation eut lieu quand CA2 attaqua un requin blanc plus gros (estimé à près de 4,50 mètres).

Les orques utilisent leur vitesse et leur système d'écholocation dans la chasse. Il n'est pas rare que, tout comme les dauphins, elles fassent éclater par des chocs certains organes de leur proie ou adversaire (comme le foie, particulièrement visé).

On retrouve un comportement de chasse particulier de l'orque sur les côtes du Chili en Amérique du Sud. L'orque y longe les berges à la recherche de groupes d'otaries se trouvant sur la plage. Lorsqu'un groupe est trouvé, l'orque s'en approche furtivement en se déplaçant parallèlement à la berge tout en cachant son aileron dorsal puis se propulse en dehors de l'eau pour capturer une proie. Totalement émergée, elle peut ensuite retourner à l'eau en se balançant et se tortillant.

Taxonomie et évolution[modifier | modifier le code]

Orcinus citoniensis, fossile d'une espèce d'Orcinus éteinte, musée Capellini de Bologne
Squelette d'une orque moderne, Naturalis, Leiden.

Orcinus orca est la seule espèce existante du genre Orcinus, et a été décrit pour la première fois par Linné en 1758, dans Systema Naturae. Konrad Gessner décrit la première fois l'animal dans un livre de pêche de 1558, se basant sur un spécimen échoué dans la baie de Greifswald.

L'orque est apparue il y a environ 11 millions d'années. Des études du Cytochrome b ont montré que le mammifère marin le plus proche (d'un point de vue génétique) est l'Orcaella.

Répartition et habitat[modifier | modifier le code]

Répartition de l'orque.

Les orques vivent dans tous les océans et la plupart des mers. À cause de leur grandes portées, leur nombre et leur densité, les estimations de distribution sont difficiles à comparer, mais ils préfèrent nettement les latitudes plus élevées et les zones côtières que les milieux pélagiques.

Des enquêtes systématiques indiquent les plus fortes densités d'orques (plus de 0,4 individus pour 100 km2) dans le nord-est de l'Atlantique sur la côte norvégienne, dans le nord du Pacifique le long des îles Aléoutiennes, dans le golfe de l'Alaska et dans l'océan Austral hors de la côte de l'Antarctique. Elles sont considérés comme « communs » (0,20-0,40 individus pour 100 km2) dans le Pacifique Est, le long des côtes de la Colombie-Britannique, de Washington et de l'Oregon, dans l'océan Atlantique Nord autour de l'Islande et les îles Féroé. Des densités élevées ont également été signalées, sans être quantifiées, dans le Nord-Ouest du Pacifique., autour de la mer du Japon, dans des zones très limitées de la péninsule de Shiretoko, de la préfecture de Kushiro (des groupes transitoires et résidents ont colonisé ces domaines après 2000), de la mer d'Okhotsk , des îles Kouriles, du Kamtchatka et des îles du Commandeur ; dans l'hémisphère sud au large des côtes de l'Australie du Sud, la Patagonie, au large de la côte sud du Brésil et de la pointe sud de l'Afrique. De manière saisonnière, ils sont présentés comme communs dans l'Arctique canadien, y compris la baie de Baffin, entre le Groenland et du Nunavut, et autour de la Tasmanie et l'île Macquarie. Les populations des zones extra-côtières et des eaux tropicales sont plus rares, mais les observations indiquent que les orques peuvent vivre dans la plupart des températures, avec des observations en Méditerranée, en mer d'Oman, dans le golfe du Mexique et l'océan Indien autour des Seychelles... Une population distincte peut exister en Papouasie-Nouvelle-Guinée[15],[16].

La plus grande population vit dans les eaux de l'Antarctique, où ils vont jusqu'au bord de la banquise et en explorent les ouvertures, comme les bélugas de l'Arctique. En revanche, les épaulards sont des visiteurs saisonniers d'été dans les eaux de l'Arctique, où ils ne s'approchent pas de la banquise. Avec la rapide fonte de la banquise dans le détroit d'Hudson, leur répartition s'étend désormais profondément dans le nord-ouest de l'Atlantique.

Les schémas de migration sont mal connus. Chaque été, les mêmes individus apparaissent au large des côtes de la Colombie-Britannique et du Washington. Malgré des décennies de recherche, les scientifiques ignorent où ces animaux vont pour le reste de l'année. Des pods en migration ont été observés dans le sud de l'Alaska à la Californie centrale. Les épaulards résidents se déplacent parfois jusqu'à 160 km (100 mi) en un jour, mais peuvent être vus dans une même zone pendant un mois ou plus. Le territoire d'un pod d'orques résidents varient de 1 300 km à 810 km).

Parfois, les orques s'aventurent dans les rivières d'eau douce. Ils ont été observés jusqu’à 160 km dans le fleuve Columbia aux États-Unis. On en trouve également dans le fleuve Fraser au Canada et dans l'Horikawa au Japon.

Étymologie et dénomination[modifier | modifier le code]

Le terme d'orque et le nom de son genre Orcinus dérivent du latin antique orca[17]. Dans la première description de Carl von Linné en 1758, elle est nommée « Delphinus orca ». En 1860, Fitzinger emploie le premier terme Orcinus, tandis que Van Beneden et Gervais emploient une autre dénomination : Orca gladiator. Son nom latin subit alors plusieurs révisions successives de la systématique, et l'espèce finit par se retrouver dans le genre Grampus, sous le nom de Grampus rectipinna pour les spécimens munis d’ailerons plus développés. Aujourd’hui, l’orque (Orcinus orca) est considérée comme la seule espèce actuelle du genre Orcinus. Le terme d'épaulard lui vient de l'aspect acéré de la nageoire dorsale, terme dérivé à la fois d'épaule et d'espaart qui signifie épée en ancien français[18]. Le nom Orcinus signifie "du royaume des morts", [19] ou bien "appartenant à Orcus[20].

Le dictionnaire de l'Académie française, dans sa neuvième édition, précise qu'orque est du genre féminin (« une orque »), tandis qu'épaulard est du genre masculin (« un épaulard »)[21]. On lui prête le surnom de « baleine tueuse » par anglicisme en raison de son appellation anglophone killer whale.

L'orque et l'Homme[modifier | modifier le code]

Observation de l'orque[modifier | modifier le code]

Les orques se laissent facilement approcher par l'Homme.

On peut observer les orques plus particulièrement :

  • en Colombie-Britannique, dans les eaux aux environs de l’île de Vancouver (San Juan Island, Victoria, Tofino) ;
  • en Nouvelle-Zélande, les orques y vivent en grand nombre ;
  • près des plages du Maroc et du détroit de Gibraltar, les orques viennent chasser le thon qu’elles prennent quelquefois dans les filets des pêcheurs. L’une d’elles a été abattue en 2007[réf. nécessaire] ;
  • en Argentine, près de la péninsule Valdés, de juin à décembre ;
  • aux îles Crozet ;
  • dans la baie de Pedder fut observée la toute première orque albinos au monde, le 1er mars 1970. C'était une jeune femelle appelée Chimo (T4) qui fut capturée avec un membre de sa famille : Scarredjaw Cow (T3) sa mère présumée. Elle fut envoyée au Sealand of the Pacific, en compagnie de Knootka et Haida. Chimo mourut le 2 novembre 1972, après 2 ans de captivité (elle avait 4 ans lorsqu'elle est morte). Les causes de sa mort sont le syndrome de Chediak Higashi et une pneumonie, qui ont provoqué une septicémie à streptocoques.
  • au large de la Russie au Kamchatka, une orque albinos a été observée le 23 avril 2012 en compagnie d'un groupe de treize orques, les scientifiques l'ont baptisé Iceberg[22].

Danger pour les humains[modifier | modifier le code]

Killer Whale (1986) par l'artiste canadien d'origine amérindienne Bill Reid.

En captivité, elle attaque l'Homme mortellement dans de rares cas.

Ainsi trois dresseurs ont été tués par leurs orques. En 1991, l'orque Tilikum, arrachée à son milieu naturel très jeune, tue sa dresseuse Kelty Burn au parc de Sealand of the Pacific. En 2009, une orque attire son dresseur Alexis Rodriguez au fond de l'eau et le noie au Loro Parque en Espagne (l'autopsie révélera des blessures)[23]. En 2010, Tilikum, qui avait été déplacée au parc de SeaWorld Orlando en Floride, après avoir tué sa dresseuse en 1991, attaque mortellement sa dresseuse Dawn Brancheau durant un spectacle[24]. Tilikum avait en outre été impliquée dans la mort présumée accidentelle (hypothermie) d'un homme qui s'était introduit illégalement et en pleine nuit dans le bassin des orques en 1999. En 2013, le film-documentaire américain Blackfish (L'Orque tueuse en France), réalisé par Gabriela Cowperthwaite, revient sur ces trois incidents, dénonçant les effets néfastes de la captivité des orques.

Depuis 2010 en France, les soigneurs n'ont plus le droit de pénétrer dans le bassin d'une orque, tout comme en Floride. À ces accidents mortels de nombreux accidents graves sont à dénombrer dans les parcs [25]. Ce comportement est souvent apparu lorsque l'orque est fatiguée ou contrariée.

En liberté, elles n'ont pas peur des bateaux et s'en approchent souvent. Quelques attaques d'orque sauvage sur l'Homme ont été recensées :

  • dans une expédition en Antarctique au début du XXe siècle, l'expédition Terra Nova, le photographe Herbert Ponting qui se déplaçait sur la banquise s'approcha d'un groupe d'orques et revint à bord du navire après avoir senti les blocs de glace bouger sous la pression de coups de boutoir des cétacés qui voulaient vraisemblablement le faire tomber à l'eau. Mais des scientifiques ont mis en doute la motivation anthropophage des animaux car l'homme, engoncé dans ses fourrures, aurait pu être pris pour un manchot, tout comme le chien qui l'accompagnait dont l'aboiement pourrait être semblable à un phoque[26]. Ces animaux de la famille des dauphins sont également capables de percevoir le danger qu'il y aurait à attaquer un être humain[27].
  • le 15 juin 1972, une embarcation Schooner en bois appelée Lucette a été trouvée par un groupe d'orques et a coulé à environ 320 km des iles Galapagos. Les personnes à bord ont pu s'échapper à bord d'un radeau de survie gonflable et un zodiac[28].
  • le 9 septembre 1972, un surfer californien, Hans Kretschmer, a témoigné avoir été mordu par une orque à Point Sur. Il a subi 100 points de suture[29],[30]
  • en 2011 pendant le tournage du 3e épisode d'un documentaire de la BBC "Frozen Planet"[31], un groupe d'orques a été filmé en train d'essayer de renverser en formant des vagues le zodiac de l'équipe de tournage. L'équipe avait filmé plus tôt le même groupe d'orques en train de chasser le phoque de la même façon.
  • en août 2005, alors qu'il nageait dans un peu plus d'un mètre d'eau à Helm Bay, près de Ketchikan, en Alaska, un garçon de 12 ans nommé Ellis Miller[32] a été "cogné" dans l'épaule par une orque de plus de 8 mètres de long. Le garçon n'a pas été blessé.[pertinence contestée]

Captivité[modifier | modifier le code]

Des orques dressées dans un delphinarium.
Article détaillé : Delphinarium.

Les orques appartiennent à la même famille que les dauphins et, tout comme ces derniers, sont relativement aisées à dresser. Leur taille imposante, leur beauté et leurs bonds spectaculaires en font des attractions appréciées par les visiteurs des delphinariums[33].

Il existe plus de dix delphinariums qui possèdent des orques à travers le monde : le Kamogawa Seaworld (Japon), le Loro Parque (Espagne), le Marineland d'Antibes (France), le Marineland du Canada, le Miami Seaquarium (Floride, États-Unis), le Mundo Marino (Argentine), l'Aquarium public du port de Nagoya (Japon), le SeaWorld San Diego (Californie, États-Unis), le SeaWorld Orlando (Floride, États-Unis) et le SeaWorld San Antonio (Texas, États-Unis).

L'orque dans la culture[modifier | modifier le code]

L'orque Keiko de la première partie de la série de films Sauvez Willy.

Cinématographie[modifier | modifier le code]

Une ou plusieurs orques sont des personnages principaux dans les films suivants :

Ainsi que les documentaires suivants :

  • National Geographic : Le festin des orques ;
  • National Geographic : Orques, prédateurs des mers ;
  • Blackfish (2013) ;
  • The Whale (2011) ;
  • Le Peuple des Orques.

Philatélie[modifier | modifier le code]

Timbre d'URSS datant de 1990.

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Christophe Guinet, L'Orque, Belin,‎ , 95 p. (ISBN 2701139937)
  • Jean-Pierre Sylvestre (préf. Sylvain Mahuzier), Dans le sillage des Orques, Kameleo,‎ , 163 p. (ISBN 2350950042)
  • Renée Le Bloas-Julienne (ill. Delphine Vaufrey), L'orque : Terreur des mers, Milan Jeunesse,‎ , 29 p. (ISBN 2745933329)
  • Arthur C. Clarke, L'île des dauphins
  • Georges Blond, La grande aventure des baleines
  • Kenneth Cook, Le Trésor de la baie des orques (ISBN 9782746734081)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Poncelet et John Ford
  2. http://www.univers-nature.com/durable-co/faune/orque-epaulard-2-51248.html
  3. https://swfsc.noaa.gov/uploadedImages/Divisions/PRD/Programs/Ecology/Killer%20Whale%20Poster%20-%20final.jpg?n=1491
  4. (en) « About killer whales », sur whaleresearch.com (consulté le 19 décembre 2015)
  5. Ford J.K.B. and, G.M. Ellis. 1999. Transients: Mammal-hunting killer whales of British Columbia, Washington, and Southeastern Alaska. UBC Press, Vancouver.
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  14. Georges Blond, La grande aventure des baleines, Paris, 1951 ; depuis, de nombreuses notices encyclopédiques sur la baleine ou sur l'orque ont mis en exergue la capacité des épaulards groupés à attaquer des baleines adultes ; en fiction voir Pierre Boulle "La baleine des Malouines où un navire de guerre anglais en lutte contre les Argentins tire ses premiers coups de canon contre des orques qui attaquaient un couple de baleines ; seul le livre de Georges Blond est cité.
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